Wilson n'est pas un homme de pouvoir déterminé, sexuel et ardent. Encore moins rassuré et conquérant. Autrement dit, c'est plutôt tout l'inverse : un personnage modeste, autocentré et complexé (rongé par ses fantasmes ?). On le découvre à la fois austère, stressé, immobile. Bref, l'auteur de Ghost world et du Rayon de la mort nous décrit un nouveau loser dont il sait explorer tous les travers médiocres et la misanthropie ordinaire. Son style est toujours aussi convaincant, varié et inspiré, faussement classique. Il sait dresser ce constat amer de notre époque. Sinon au delà des rires qui nous viennent en lisant cet album, au delà même de la réflexion qui s'esquisse sur la misère des êtres évoqués, la toile de fond du livre tourne aussi autour de la transmission (identitaire, sociale, culturelle...). Et c'est au lecteur d'en tirer ses propres conclusions.
Adepte du cynisme et de l'auto dérision, j'ai beaucoup aimé cet album.
Au travers de l'histoire de Wilson, un personnage qui n'aime pas beaucoup les gens, est fait une réflexion sur la vie et le temps qui passe. Les conventions sociales qui nous poussent à fonder une famille et à rentrer dans un certain cadre sont également remises en causes. Cet album très sombre ne laisse pas indifférent.
La bd se présente comme une succession de sketch à priori sans lien sinon son cynisme et l'amour pour son chien (seul "compagnon" qui lui reste).
Ces pages apparaissent au fur et à mesure comme des morceaux choisis de l' existence de ce solitaire taciturne, qui fait rire malgré lui.
Un peu compliqué d'entrée de jeu si l'on ne connait pas, mais très agréable à la relecture... avec même cette fâcheuse envie de se l'approprier!
Ahhh ... Wilson ... WiiiiiiLLLLLSOOOONN' !! Wilson, c'est le monsieur sur la photo en page de couverture, ou en image de votre blog !!! Non, vous ne trouvez pas que le dessin fais genre gravatar !
Ca m'a carrément pas plu. Je ne m'attendais pas à une telle noirceur. Wilson est seul, il retrouve son ex et découvre qu'il a une fille. Mais on ne peut pas dire qu'on nage en pleins bonheur pour autant.
- Mon dieu c'est fou comme on peut passer de "se sentir jeune" à "se sentir vieux" en quelques années à peine. Il faut se répéter sans cesse "ce sont mes meilleurs années. Rétrospectivement je me rendrai compte qu'on était bien".
- En effet c'est un peu bizarre, un clodo peut crever sur un trottoir et les gens ne s'arrêtent pas, mais pour un chiot, ils s'extasient comme des crétins.