tour du monde en 80 jours est un récit de voyage réalisé en 1936 et qui doit paraître en feuilleton. Plus qu'un carnet de voyage, il s'agit surtout du journal d'un poète.
Jean Cocteau et son partenaire Marcel Khill réalisent le voyage de Philéas Fogg et Passepartout pour le centenaire de la mort de
Jules Vernes. le pari est le même : réaliser le tour du monde en moins de 80 jours sans prendre l'avion et en respectant les étapes.
Le récit prend l'allure des coureurs de fond. La course contre le temps ne permet pas de s'attarder. Visites de nuit. Dans les rues chaudes surtout. Cabarets, lupanar, boites à strip tease.
Opium et Majijuana. L'auteur a du mal à nous faire croire qu'ils ne sont que spectateurs...
La rencontre avec
Charlie Chaplin dans les mers de Chine sur un bateau de croisière apporte un peu de sel à ce récit sans véritable intrigue. Les deux artistes ne parlent pas la même langue officielle mais partagent la langue des poètes et cela leur suffit pour se comprendre. Une amitié se noue. On pense aussi qu'on est en 36, à la veille d'une guerre mondiale, quelques années seulement avant "Le Dictateur".
La poésie est à chaque page. Pas de géopolitique ni d'analyses. le monde de
Cocteau est fascinant car il ne s'attache qu'aux détails et aux couleurs.
On pourra regretter, pour la beauté de l'histoire, que Philéas Fogg et Passepartout ne soient moins courageux que le "originaux". Aucun des deux n'enlèvera la jeune femme qu'ils découvrent prisonnière d'un sort terrible (une geisha et non une princesse Indienne comme dans le livre de Verne). Elle tend les bras vers eux, mais ils filent "à l'anglaise".
5 mai 2012