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> Jamila Ouahmane Chauvin (Traducteur)
> Serge Chauvin (Traducteur)

ISBN : 2070785041
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 680 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen.

S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujour... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 25 avril 2014

    marina53
    Gill apprend brutalement la mort de sa tante Rosamond. Elle décide de se rendre seule dans le Shropshire afin d'organiser les obsèques, son mari Stephen ne pouvant se libérer. C'est le médecin traitant de la vieille dame qui l'a retrouvée raide morte dans son fauteuil. C'est en compagnie de sa famille, son mari, son frère David, son papa Thomas et ses deux filles Catharine et Elizabeth qu'elle assiste à l'enterrement. A la fin de la cérémonie, Gill est surprise d'entendre le médecin lui dire que l'électrophone, branché sur un magnétophone, était encore en marche lorsqu'elle est entrée dans la maison. Toute la petite famille rentre alors dans l'Oxfordshire. Pour l'occasion, les deux filles décident de passer le week-end chez leurs parents. Ils discutent alors de la clause du testament: Rosamond, n'ayant jamais eu d'enfant et sa compagne Ruth étant décédée depuis quelques années, elle a partagé ses biens en trois parts égales: 1/3 respectivement pour Gill, David et Imogen. Cette dernière, une cousine très éloignée, n'a pourtant laissé que très peu de souvenirs à Gill puisqu'elle ne l'a vue qu'une seule fois, lors des 50 ans de sa tante. Elle ne comprend pas son geste, la petite fille, aveugle, n'avait que 7 ou 8 ans. Aussitôt, aidée de ses filles, elle se met en tête de retrouver la petite fille et décide de retourner chez sa tante pour trier ses affaires. Arrivée dans cette maison si froide, elle découvre quatre cassettes enregistrées que Rosamond a laissées à l'intention d'Imogen mais elle ne peut pas les écouter tant qu'elle n'a pas retrouvé cette dernière. Malgré des recherches et des annonces passées dans les journaux, aucune trace d'Imogen. Aussi quelques mois plus tard, alors qu'elle se rend à Londres chez ses filles, elles décident d'écouter les bandes. de sa voix fébrile et fantomatique, Rosamond fait dérouler le fil de sa vie. Pour ce faire, elle a choisi de décrire 20 photos pour expliquer à Imogen sa vie et, de ce fait, la sienne...
    L'on suit avec passion et grand intérêt le destin de trois générations de femmes, des années 1930 aux années 1980. Trois femmes dans la tourmente, trois femmes emplies de rage mais aussi d'envie de vivre plus que tout, engoncées dans leur rôle de mère. Jonathan Coe traite ici d'un thème particulièrement original, à savoir notre destin serait-il relié aux générations précédentes? Ne sommes-nous pas finalement liés entre nous et notre vie serait-elle orientée? L'auteur, présentant ainsi 20 photos, réussit à merveille à décrire le destin de chacune, la trame pouvant être assez risquée. Mais l'on tourne les pages de cet album de photos avec délectation. D'une écriture fine, intime et mélancolique, il nous livre un mélodrame empli de poésie, poignant et tout en délicatesse.
    Et que dire de ce titre aussi lyrique et touchant...
    La pluie, avant qu'elle tombe, caresse le soleil...
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 20 novembre 2011

    meyeleb
    Je viens tout juste de terminer la lecture de "La pluie avant qu'elle tombe". Peut-être devrais-je laisser passer un peu de temps avant de me lancer dans sa critique. Peut-être pas. Après tout, j'ai comme l'impression d'être à la place de Gill, qui vient d'écouter les cassettes que sa tante Rosamond a enregistrées avant de mourir. Elle y raconte une longue histoire familiale, où les femmes ont hérité de la difficulté d'aimer, où la violence côtoie l'amour. En moi, des sentiments mêlés, qui me donnent à réfléchir sur l'incidence que notre vie peut avoir sur celle de nos enfants. Sur la difficulté d'être heureux. Quel drôle d'héritage! A bien y réfléchir, un bien lourd héritage!
    Le récit est d'autant plus prenant qu'il fait de nous, malgré nous, les confidents d'une série de révélations. Vingt photos, prises dans l'ordre chronologique, servent de tremplin à l'histoire racontée. Une progression parfaitement orchestrée, au terme de laquelle tout se dénoue.
    Un excellent roman sur bien des points donc, qui m'invite à découvrir sans tarder d'autres oeuvres de Jonathan Coe.
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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 21 février 2014

    Tempuslegendae
    Lors d’une de ses expéditions en terre anglo-saxonne, François Busnel, journaliste littéraire, disait (approximativement) ceci: «C’est le roman le plus grave et le plus fort que je connaisse de Jonathan COE. Ce dernier se produit réellement dans chacune de ses lignes, tant dans la virtuosité de la construction que pour son don inné d’inscrire l’intime dans l’histoire…».
    Maintenant, parlons un peu de ce que renferme ce livre intitulé «The rain before it falls». Car, si vous pensez que l’auteur se pare encore une fois du masque de la comédie, vous risquez d’être quelque peu surpris…
    L’histoire recrée le fil de trois générations de femme : Rosamond (la narratrice), Béatrix (cousine de la première et mère de Théa) et Théa (la mère d’Imogen, à laquelle se destine le récit). Il aura fallu trois lignées, autant d’époques pour mettre en lumière une histoire faite de douleurs et de larmes, pour qu’une nouvelle génération se lève et s’abstienne de juger les précédentes. Ce sont ces trois mouvements qui vont se détacher, se rencontrer ailleurs et certainement s’interpénétrer. Trois ordres riches d’expériences humaines qui imposent une réflexion délicate à Imogen, si celle-ci peut écouter et dénouer le fil de plusieurs vies menant à la sienne.
    Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai eu l’impression de ne pas avoir lu un livre, mais plutôt d’avoir entendu des déchirements, des guerres sourdes et amoureuses, des déceptions ; j’ai vu des photos et des cartes postales. Peut-être une vingtaine au total. Nous avons l’impression de lire une tragédie cachée dans chaque image. Alors, que dire d’une vie en mouvement, tel qu’elle le fut pour chacune de ces femmes, unies par le sang, parfois même par le drame?
    Et permettez-moi d’insister lorsque je dis ne pas avoir eu le sentiment d’avoir tourné les pages d’un livre! Jonathan COE aurait-il conçu un album de famille, histoire d’outre tombe, où le lecteur ne peut que mesurer la densité de l’image et du son? Car, ne perdons pas de vue que ce qui nous intéresse au plus au niveau dans ce roman c’est la raison pour laquelle Imogen a perdu la vision. C’est là tout le travail de construction littéraire de COE: la mémoire des morts, ses tremblés et ses défaillances, bref, la distillation d’un suspense qui, peu à peu, nous dévoilera un secret retentissant. Donc, je confirme mon idée en d’autres termes: ne restons jamais sur l’impression laissée par «Une Touche d’amour» (autre roman de Coe). L’absence du ton caustique de l’anglais ne m’a pas manqué ici, je saurais le retrouver sans modération dans des romans plus pétillants. Je garde de cette lecture un épanouissement total, la découverte d’un magnifique registre mélodramatique, un sans faute au niveau de l’intrigue.
    Enfin, si on me demandait de choisir une citation, celle qui s’accommoderait le mieux à l’esprit de ma chronique, sans hésiter j’opterais pour celle-ci: «On dit que dans les moments d’émotion intense une fraction de seconde équivaut à une éternité.»
    La magie de la photo n-aurait-elle pas dépassé celle de la mémoire?
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 13 juillet 2010

    caro64
    Après ses excellents romans politico-satiriques, Jonathan Coe change de registre. Avec cette saga familiale, il met en scène trois générations de femmes de la fin des années 1930 aux années 1980 mêlant romantisme, symbolisme et violence.


    Une vieille tante qui décède, un héritage de cassettes enregistrées (qui sont en fait des commentaires de vingt photos), une petite fille blonde, aveugle. Quel est le secret de sa destinée? L'histoire de trois générations de filles, de femmes, défilent sur ces cassettes où l'on retrouve la voix fatiguée de tante Rosamond. Elle raconte l'histoire, leur histoire et peu à peu dévoile les liens qui les unissent, les désunissent.


    Nous devenons les intimes de Rosamond, nous reconnaissons sa voix, nous suivons sa vie. Toujours nous sommes dans l'impatience d'entendre défiler les bandes magnétiques, et de feuilleter l'album de famille. Peut être sommes- nous les yeux d'Imogen ?


    Un roman rempli d'émotions intenses, de mystères et de souvenirs, portés par une musique inlassablement écoutée (les «Chants d'Auvergne» de Canteloube, à découvrir, voir lien).


    La pluie, avant qu'elle tombe pose les questions du déterminisme familial, de l'existence du hasard, des coïncidences et de leur impact sur les individus. Sans pathos, ni mièvrerie.


    Jonathan Coe nous entraîne dans cette histoire grâce à un procédé narratif original, une architecture rigoureuse. le roman est sombre, grave et poignant… mais je suis restée sur ma faim dans les dernières pages.
    Quoi qu'il en soit, le livre est très bien écrit et se lit d'une traite grâce au style fluide, efficace et oral du monologue de Rosamond. J'y ai trouvé de beaux moments mais tout comme Luocine "J'ai beaucoup hésité à mettre quatre étoiles ou seulement trois." 




    Voici le "Bailero", ce morceau des "Chants d'Auvergne" devenu "un symbole" ou "plutôt un fétiche… oui, un fétiche sacré" pour Rosamond, qu'elle veut faire entendre à Imogen lorsqu'elle aura fini de décrire les photos et qui va l' accompagner jusqu'à son dernier souffle…


    "Il y avait un air particulier, l'un des plus célèbres – "Bailero", ça s'appelle, une chanson d'amour magnifique, très lente, et très triste : ça commence par une attaque nette des bois, tandis que les violons jouent de longs accords merveilleux et chatoyants, et soudain la voix de la soprano surgit de façon tellement inattendue, tellement dramatique, et elle chante cette mélodie extraordinairement mélancolique… Oh, ça ne sert à rien, bien sûr de décrire la musique avec des mots, le mieux serait peut-être tout simplement que je te fasse entendre le morceau quand j'aurai fini de décrire la photo, pour que tu puisses l'écouter directement."
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    • Livres 5.00/5
    Par Philippe67, le 12 février 2012

    Philippe67
    C'est le premier livre de J Coe que je lis et c'est une très belle découverte : mignifiquement écrit et construit, c'est prenant et bouleversant.
    Cet auteur nous entraine avec lui là où il veut et pour ce qui me concerne je l'ai suivi avec grand plaisir.
    Je le recommande sans réserve!
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - Rosamond a orchestré sa mort en laissant à l'attention d'une jeune aveugle, Imogen, vingt photographies, qu'elle a commentées à haute voix en s'enregistrant sur cassettes. À partir de la description de ces images, la narration s'articule en vingt chapitres chronologiques. A travers le regard de Rosamond, le lecteur suit une famille sur trois générations ; dans l'Angleterre des années 40 jusqu'à nos jours. Enfant, Rosamond était profondément attachée à sa cousine Beatrix, alors adolescente, et l'a considérée jusqu'à l'âge adulte avec une adoration sans bornes. Lorsque Béatrix tombe amoureuse d'une femme et lui laisse en garde la fille qu'elle a eue d'un premier mariage, Rosamond s'attache à Théa, et lui voue un amour maternel. Au sein du couple homosexuel de Rosamond et Rebecca, qui suscite la réprobation, Théa sera choyée... Un bonheur fugitif qui s'effacera rapidement, un espoir à jamais perdu. Beatrix ne fait que reproduire le désamour de sa propre mère, et Théa fera de même avec sa fille, Imogen. À la fin du livre, le lecteur apprend la cause de la cécité de cette dernière. La boucle est bouclée. La problématique centrale du roman - peut-on échapper à la reproduction du schéma familial ? - intéressera les jeunes adultes, tout comme la question sous-jacente : l'amour peut-il aveugler à ce point les femmes qu'elles en oublient d'être mères ? Le récit familial, porté par les photos, constitue un procédé habile. Il joue sur le plaisir « enfantin » éprouvé en feuilletant un album à reconstituer les histoires de sa généalogie. Le livre, qui explore l'âme féminine, touchera plus directement les adolescentes. Si le ton de l'ouvrage reste pessimiste, la trame romanesque en porte la lecture. Cécile Robin-Lapeyre

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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 23 décembre 2010

    Je revois Thea fronçant les sourcils en méditant ces paroles, et puis elle a proclamé : "Eh bien moi, j'aime la pluie avant qu'elle tombe." Rebecca s'est contentée de sourire, mais moi j'ai répliqué (de façon assez pédante, je suppose) : "Tu sais, ma chérie, avant qu'elle tombe, ce n'est pas vraiment de la pluie. - Qu'est-ce que c'est alors?" Et j'ai expliqué : " C'est de l'humidité, rien de plus. De l'humidité dans les nuages." Thea a baissé les yeux et s'est de nouveau affairée à trier les galets de la plage : elle en a ramassé deux et s'est mise à les frapper l'un contre l'autre.
    Elle semblait trouver plaisir à ce bruit et à ce contact. J'ai continué : "Tu comprends, ça n'existe pas, la pluie, avant qu'elle tombe, sinon ça n'est pas de la pluie."
    C'était un peu ridicule de vouloir expliquer ça à une enfant, et je regrettais de m'être lancée là-dedans. Mais Thea ne semblait avoir aucun mal à saisir ce concept - bien au contraire : au bout de quelques instants, elle m'a regardée avec pitié en secouant la tête, comme si c'était éprouvant pour elle de discuter de ces matières avec quelqu'un d'aussi obtus.
    " Bien sûr que ça n'existe pas, elle a dit. C'est bien pour ça que c'est ma préférée. Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux, pas vrai?"
    Et puis elle a couru dans l'eau avec un sourire jusqu'aux oreilles, ravie que sa logique lui ait valu une si insolente victoire. p.164
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  • Par Pchabannes, le 30 avril 2010

    “Eh bien moi, j’aime la pluie avant qu’elle tombe. Bien sur que ça n’existe pas. C’est bien pour ça que c’est ma préférée. Une chose n’a pas besoin d’exister pour rendre les gens heureux.”

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  • Par caro64, le 12 juillet 2010

    Comme c'est étrange : la plupart de nos souvenirs les plus vifs ne sont pas visuels ; voilà une chose dont je voudrais te parler, Imogen - parmi tant d'autres. Car tes souvenirs, j'en suis sûre, sont aussi vifs que les miens, aussi vifs que les souvenirs que nous avons, nous les "voyants", comme on nous appelle je crois. Peut-être plus vifs encore.

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  • Par caro64, le 12 juillet 2010

    La vie ne commence à avoir un sens qu’en admettant que parfois, souvent, toujours, deux idées absolument contradictoires peuvent être vraies en même temps.

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  • Par Ciella, le 29 août 2012

    Et certes, partout dans le monde, il y a des enfants auxquels leurs parents infligent des choses bien pires, j’en suis consciente. Mais malgré tout, il me paraît important, il me paraît essentiel de ne pas sous-estimer ce qu’on doit ressentir quand on se sait mal-aimé par sa mère. Par sa mère, celle qui vous a donné le jour ! C’est un sentiment qui ronge toute estime de soi et détruit les fondements mêmes d’un être. Après ça, il est très difficile de devenir une personne à part entière.
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Jonathan Coe - Expo 58 .
Jonathan Coe vous présente son roman "Expo 58", publié aux éditions Gallimard. http://www.mollat.com/livres/coe-jonathan-expo-roman-9782070142798.html Notes de Musique : La vie d'artiste (l'autograf) de Tim Gane et Sean O'Hagan








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