> Jamila Ouahmane Chauvin (Traducteur)
> Serge Chauvin (Traducteur)

ISBN : 2070785041
Éditeur : Editions Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 216 notes) Ajouter à mes livres
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoir... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 13 juillet 2010

    caro64
    Après ses excellents romans politico-satiriques, Jonathan Coe change de registre. Avec cette saga familiale, il met en scène trois générations de femmes de la fin des années 1930 aux années 1980 mêlant romantisme, symbolisme et violence.


    Une vieille tante qui décède, un héritage de cassettes enregistrées (qui sont en fait des commentaires de vingt photos), une petite fille blonde, aveugle. Quel est le secret de sa destinée? L'histoire de trois générations de filles, de femmes, défilent sur ces cassettes où l'on retrouve la voix fatiguée de tante Rosamond. Elle raconte l'histoire, leur histoire et peu à peu dévoile les liens qui les unissent, les désunissent.


    Nous devenons les intimes de Rosamond, nous reconnaissons sa voix, nous suivons sa vie. Toujours nous sommes dans l'impatience d'entendre défiler les bandes magnétiques, et de feuilleter l'album de famille. Peut être sommes- nous les yeux d'Imogen ?


    Un roman rempli d'émotions intenses, de mystères et de souvenirs, portés par une musique inlassablement écoutée (les «Chants d'Auvergne» de Canteloube, à découvrir, voir lien).


    La pluie, avant qu'elle tombe pose les questions du déterminisme familial, de l'existence du hasard, des coïncidences et de leur impact sur les individus. Sans pathos, ni mièvrerie.


    Jonathan Coe nous entraîne dans cette histoire grâce à un procédé narratif original, une architecture rigoureuse. le roman est sombre, grave et poignant… mais je suis restée sur ma faim dans les dernières pages.
    Quoi qu'il en soit, le livre est très bien écrit et se lit d'une traite grâce au style fluide, efficace et oral du monologue de Rosamond. J'y ai trouvé de beaux moments mais tout comme Luocine "J'ai beaucoup hésité à mettre quatre étoiles ou seulement trois." 




    Voici le "Bailero", ce morceau des "Chants d'Auvergne" devenu "un symbole" ou "plutôt un fétiche… oui, un fétiche sacré" pour Rosamond, qu'elle veut faire entendre à Imogen lorsqu'elle aura fini de décrire les photos et qui va l' accompagner jusqu'à son dernier souffle…


    "Il y avait un air particulier, l'un des plus célèbres – "Bailero", ça s'appelle, une chanson d'amour magnifique, très lente, et très triste : ça commence par une attaque nette des bois, tandis que les violons jouent de longs accords merveilleux et chatoyants, et soudain la voix de la soprano surgit de façon tellement inattendue, tellement dramatique, et elle chante cette mélodie extraordinairement mélancolique… Oh, ça ne sert à rien, bien sûr de décrire la musique avec des mots, le mieux serait peut-être tout simplement que je te fasse entendre le morceau quand j'aurai fini de décrire la photo, pour que tu puisses l'écouter directement."
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 20 novembre 2011

    meyeleb
    Je viens tout juste de terminer la lecture de "La pluie avant qu'elle tombe". Peut-être devrais-je laisser passer un peu de temps avant de me lancer dans sa critique. Peut-être pas. Après tout, j'ai comme l'impression d'être à la place de Gill, qui vient d'écouter les cassettes que sa tante Rosamond a enregistrées avant de mourir. Elle y raconte une longue histoire familiale, où les femmes ont hérité de la difficulté d'aimer, où la violence côtoie l'amour. En moi, des sentiments mêlés, qui me donnent à réfléchir sur l'incidence que notre vie peut avoir sur celle de nos enfants. Sur la difficulté d'être heureux. Quel drôle d'héritage! A bien y réfléchir, un bien lourd héritage!
    Le récit est d'autant plus prenant qu'il fait de nous, malgré nous, les confidents d'une série de révélations. Vingt photos, prises dans l'ordre chronologique, servent de tremplin à l'histoire racontée. Une progression parfaitement orchestrée, au terme de laquelle tout se dénoue.
    Un excellent roman sur bien des points donc, qui m'invite à découvrir sans tarder d'autres oeuvres de Jonathan Coe.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Horsdutemps, le 06 septembre 2011

    Horsdutemps
    Aujourd'hui je suis allée visiter le stade de la Beaujoire avec des apprentis. C'était génial!!! Non, je déconne. Juste avant de tomber dans le coma, j'ai pensé à Jonathan Coe. du coup, quand je me suis surprise à penser à lui, je me suis demandée pourquoi je pensais à lui (je pense beaucoup, hein?); j'ai donc fait ce petit jeu que j'adore et qui consiste à remonter le fil de ses pensées pour voir d'où ça vient qu'on pense à une flammekueche à 7h30 du mat' alors qu'on roule vers une visite d'entreprise... (votre défi, si vous l'acceptez sera de construire une phrase avec encore plus d'occurences du mot "penser").
    Aujourd'hui, ça a donné : Beaujoire = foot = gradins = Heysel = Angleterre = Jonathan Coe. Voilà, simple cette fois-ci (je précise "cette fois-ci" parce que d'habitude, mes libres-associations pourraient réconcilier le père Onfray avec la psychanalyse.)
    Je pensais donc à mon petit Jojo et à sa dette envers moi... Il me doit un roman tant son dernier m'a déçue. Oui, je sais, c'est comme pour le Cusset, "La pluie, avant qu'elle tombe" est LE chef-d'oeuvre de Coe, le "roman de la maturité" (ahahaha qu'elle est conne cette expression) mais moi... Moi je dis non...
    J'ai découvert Coe en 1999, je suis passée à l'an 2000 dans les bras du "Testament à l'anglaise" et j'avais été sidérée alors par son inventivité narrative hors du commun, son talent inouï pour inscrire la petite histoire, l'intime dans la grande Histoire, dans la marche du monde. J'avais été emportée par ce souffle hors du commun. Cela s'était poursuivi avec "Bienvenue au club" que j'avais A-DO-RE, et par le "Cercle Fermé" bien-sûr.
    Un peu comme le Cusset, j'étais hystérique à la sortie en poche même si j'avoue que le foin fait autour du livre m'avait quelque peu agacée... Entendre parler de Coe comme la découverte de l'année alors qu'il pond des romans terribles depuis des années, j'ai du mal. Et puis, comme avec Kate Atkinson, quand un auteur trouve un large public, je suis heureuse pour lui mais je ressens un petite pointe de jalousie, j'ai l'impression qu'il m'échappe (c'est désespérant, je sais, mais depuis quand devons-nous être rationnels? )
    Bref, "la Pluie", outre ce magnifique titre ben ... Ennui. Ennui. J'ai lu le texte de l'extérieur sans jamais être touchée par les personnages de cette histoire d'héritage. le mode de narration, ce commentaire photo par photo qui nous permet de construire le fil d'une histoire familiale habitée par la folie, m'a donné l'impression d'un étalage de savoir-faire : "t'as vu comme que j'suis original dans ma narration, t'as vu comment que je mérite mon titre de virtuose, hein?". Sauf que moi, j'ai trouvé que les départs de ces longs monologues étaient toujours artificiels et que chaque nouvelle lettre me demandait de RE-rentrer dans l'histoire après un nouveau départ poussif...
    Le fait que je ne me sois attachée à aucun personnage n'a pas arrangé les choses, écouter la voix de Rosamond, dont je me fichais éperdument, parler à une Imogen d'une histoire familiale ultra répétitive dont on comprend vite le noeud, ça m'a vite lassée.
    Alors oui, oui, c'est bien écrit et j'y ai trouvé de beaux moments (lorsque Rosamond recueille Théa la fille de Béatrix), mais bon l'héritage de la folie féminine, bof. Et puis la fin.. je dis au secours... Ah non, les histoires de filiation, les destins de femmes forgés par les héritages de l'histoire familiale, on a vu mieux ailleurs ("Quand tu es parti" de Maggie O'farrel par exemple...)
    Bon Jonathan, les choses sont graves mais pas désespérées (on a déjà traversé une crise, souviens-toi : "La Maison du sommeil", on s'en est sortis) : déjà t'arrêtes d'écrire pour les critiques et tu te remets à écrire pour moi, comme à la belle époque. Et puis tu vas me consulter pour le prénom de tes héroïnes parce que là, "IMOGEN", c'était juste pas possible. Je t'explique, Imogen pour moi c'est Dominique Lavanant qui se bourre la gueule au Chouchen... Là, tu comprends que, quoique tu fasses, ça ne pouvait pas marcher...


    Lien : http://horsdutemps.hautetfort.com/archive/2010/06/10/jo-faut-qu-on-c..
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    • Livres 5.00/5
    Par valdemosa38, le 04 décembre 2011

    valdemosa38
    Dabord ...j'adore Jonathan Coe . Il a presque mon age, il situe donc souvent ses textes dans une histoire que je connais . J'ai tout lu de Jonathan Coe ,le très bon et le moins bon mais qd on aime ...
    Mes préférés : le Testament à l'anglaise, Les Nains de la mort aussi mais bon ,j'ai tout aimé.
    Se coucher et se dire qu'on a un bon bouquin a lire comme celui là ,c'est un pur moment de quiétude .Rien ne peut arriver de désagréable ,on se glisse sous la couette, pas un bruit dans l'appart et ça y est , on est parti ....
    Rosamond va mourir ....Avant de mourir ,elle enregistre des cassiettes audio qui sont destinées à Imogen . Rosamond choisit une vingtaine de photos et à travers ses photos ,elle va raconter à Imogen son histoire ,l'histoire d'Imogen ,de sa famille ,de la violence de sa famille , de la difficulté d'aimer , de la folie ,de l'instabilité de cette famille,on va petit à petit comprendre pourquoi Imogen a eut ce destin là .
    Bon, l'analyse psy n'est pas des plus pertinente et la fin ne m'a pas transcendée ....Par contre la construction du roman est vraiment bien faite .ça me rappelle un peu Nancy Huston qui sait à chaque livre renouveller la construction de son roman .A chaque bouquin de Nancy Huston ,j'attends avec délice de lire comment elle va me raconter son histoire et bien là c'est un peu pareil .Jonathan Coe n'a pas un livre pareil . On reconnait certains écrivains dès les premières pages mais à mon avis pas lui .
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    • Livres 3.00/5
    Par quiliravivra, le 09 novembre 2011

    quiliravivra
    L'air est pesant dès les premières pages. Les confessions de Rosamond sont oppressantes.Comme l'air saturé d'humidité avant qu'il ne pleuve....effectivement !
    Sauf que ce n'est pas vraiment cette signification là si on s'en réfère au texte.
    Mais après tout chacun a le droit d'interpréter à sa manière n'est ce pas ?
    J'ai beaucoup aimé ce livre sans vouloir comprendre tout.
    Car il est question de secrets terriblement lourds, de blessures d'enfance qui ne se referment pas, qui ne peuvent pas guérir.
    Je n'avais qu'une hâte chaque soir :connaitre la suite , savoir s'il y aurait enfin à un moment donné une quelconque rédemption, un répit..
    Je ne vous en dis pas plus .
    Je suis heureuse d'avoir fermé la dernière page de ce livre et de me plonger dans quelque chose de plus léger.

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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 23 décembre 2010

    Je revois Thea fronçant les sourcils en méditant ces paroles, et puis elle a proclamé : "Eh bien moi, j'aime la pluie avant qu'elle tombe." Rebecca s'est contentée de sourire, mais moi j'ai répliqué (de façon assez pédante, je suppose) : "Tu sais, ma chérie, avant qu'elle tombe, ce n'est pas vraiment de la pluie. - Qu'est-ce que c'est alors?" Et j'ai expliqué : " C'est de l'humidité, rien de plus. De l'humidité dans les nuages." Thea a baissé les yeux et s'est de nouveau affairée à trier les galets de la plage : elle en a ramassé deux et s'est mise à les frapper l'un contre l'autre.
    Elle semblait trouver plaisir à ce bruit et à ce contact. J'ai continué : "Tu comprends, ça n'existe pas, la pluie, avant qu'elle tombe, sinon ça n'est pas de la pluie."
    C'était un peu ridicule de vouloir expliquer ça à une enfant, et je regrettais de m'être lancée là-dedans. Mais Thea ne semblait avoir aucun mal à saisir ce concept - bien au contraire : au bout de quelques instants, elle m'a regardée avec pitié en secouant la tête, comme si c'était éprouvant pour elle de discuter de ces matières avec quelqu'un d'aussi obtus.
    " Bien sûr que ça n'existe pas, elle a dit. C'est bien pour ça que c'est ma préférée. Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux, pas vrai?"
    Et puis elle a couru dans l'eau avec un sourire jusqu'aux oreilles, ravie que sa logique lui ait valu une si insolente victoire. p.164
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  • Par meyeleb, le 20 novembre 2011

    Cela faisait au moins dix ans que je n'étais pas passée par ces chemins. Ils paraissaient absolument familiers; et en même temps, absolument inconnus et irréels. Je n'arrivais pas à concilier ces deux impressions. Je me rappelle très nettement cette sensation - cette pensée. La conscience que, parfois, il est possible - il est même nécessaire - d'associer des contraires; d'admettre la vérité de deux choses qui se contredisent complètement. Je commençais tout juste à le comprendre, à reconnaître que c'est là l'une des conditions fondamentales de notre existence.
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  • Par Pchabannes, le 30 avril 2010

    “Des nuages. Des nuages blancs qui flottent sur un ciel gris pâle. Ce ciel qu’encadre la petit fenêtre treillissée de la chambre de Théa, à l’arrière de cette maison si belle, si triste. Je regarde les motifs des nuages, les motifs qui changent sans cesse, qui se forment et se dissipent, tandis que l’après-midi s’écoule dans un silence presque total. Parfois un cri dans le jardin, le bruit des autres enfants, qui continuent à jouer. Théa endormie à coté de moi : si jeune, si vulnérable, si apeurée, et les motifs des nuages qui se forment et se dissipent, se forment et se dissipent. Blanc sur gris, et la pression de son corps…”
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  • Par DIEGO, le 16 janvier 2012

    Mais non… Ne laisse pas le présent recouvrir le passé. Pas encore. La réponse était là, à portée de main. On loi offrait une chose précieuse entre toutes, une révélation suprême. Il y avait un sens à tout ça…
    De nouveau le téléphone sonna. Elle regarda le numéro affiché : catharine, cette fois. Gill attendit, encore quelques secondes, avant de décrocher, et dans cet instant qu'elle prolongeait elle sentit la révélation se dérober, s'évaporer, disparaître ; désespérée, elle vit cette promesse lui glisser à tout jamais entre les doigts. Avant même d'entendre les premiers mots sanglotants de sa fille, elle sut qu'il était trop tard. Le sens qu'elle recherchait était perdu. Pire encore : il n'avait jamais existé. C'était impossible. Ce qu'elle espérait trouver n'était qu'une chimère, un rêve, une chose irréelle : comme la pluie avant qu'elle tombe.
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  • Par caro64, le 12 juillet 2010

    Comme c'est étrange : la plupart de nos souvenirs les plus vifs ne sont pas visuels ; voilà une chose dont je voudrais te parler, Imogen - parmi tant d'autres. Car tes souvenirs, j'en suis sûre, sont aussi vifs que les miens, aussi vifs que les souvenirs que nous avons, nous les "voyants", comme on nous appelle je crois. Peut-être plus vifs encore.
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Lo scrittore inglese Jonathan Coe ci racconta come è nato "I segreti di Maxwell Sim" (Feltrinelli), un romanzo sulla crisi economica, l'ecologia, i rapporti umani e la paura di essere chi si è veramente. Coe ci ha svelato qualche curiosità sul suo modo di inventare storie e sui temi che più lo interessano. (en italien)








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