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> Josée Kamoun (Traducteur)

ISBN : 2070129748
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.37/5 (sur 518 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Max Sim, le protagoniste principal, est un antihéros par excellence, voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille ne le regarde guère, sinon pour rire sous cape), s’acceptant d’a... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ygounin, le 02 juillet 2013

    ygounin

    Gros coup de coeur pour le dernier roman de Jonathan Coe, un auteur dont les précédents livres, en dépit du succès remporté, ne m'avaient pas encore conquis ("Testament à l'anglaise" m'avait beaucoup déçu)
    Son héros est un anti-héros. Maxwell Sim, la quarantaine bien entamée, a perdu son boulot, sa femme, sa fille et sa mère (en ce qui concerne sa mère, la perte est définitive puisqu'elle est morte). Il n'a plus guère de contact avec son père parti vivre en Australie où s'ouvre - avant de se clore - le roman.
    Entretemps, Maxwell Sim reviendra en Grande-Bretagne et profitera d'un long périple à travers l'île pour revisiter les lieux de sa vie, draguer sans succès une jeunette rencontére dans l'avion, renouer avec son ex-femme, élucider quelques questions irrésolues ... et tomber amoureux de la voix de son GPS.
    Comme dans les précédents livres de Jonathan Coe, on retrouve l'humour pince-sans-rire de cet auteur typiquement britannique, dans la veine des meilleurs Lodge, Boyd ou McEwan.
    Mais cet humour est mobilisé au service d'une analyse psychologique d'une grande subtilité.
    La métaphore qu'illustre le livre est celle des 1001 collisions automobiles qui, à chaque instant, sont évitées. Pourquoi, nous dit le héros, les voitures qui se croisent sur la route ne se percutent-elles pas ? pourquoi, faut-il lire au premier degré, le monde n'est-il pas plus chaotique qu'il ne l'est ? pourquoi, faut-il comprendre au second degré, rate-t-on de quelques minutes, de quelques centimètres, les rencontres qu'on aurait pu faire.
    Milan Kundera au début de "L'insoutenable légèreté de l'être" insistait sur la masse des hasards qui avaient conduit Tomas à rencontrer Teresa. Jonathan Coe renverse cette situation : le père de Maxwell Sim ratera par deux fois, à 40 ans d'intervalle, le rendez-vous qui aurait pu/dû changer le sens de sa vie.
    Notre vie est-elle condamnée à être ballotée par le hasard ? Avons-nous un destin que tôt ou tard nous finirons par rencontrer ? Tomas et Teresa chez Kundera incarnaient ces deux facettes : Tomas rencontrait Teresa par hasard alors que Teresa rencontrait Tomas parce c'était écrit. Maxwell Sim incarne, à lui seul, ces deux facettes ... jusqu'à ce que, par une ultime pirouette, Jonathan Coe, ne nous rappelle le pouvoir démiurgique du romancier ...
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    • Livres 3.00/5
    Par Lolokili, le 10 octobre 2013

    Lolokili
    Privée… de tout, mais privée quand même, la vie très privée de Mr Sim mise en scène par Jonathan Coe livre une singulière métaphore de cette « Ultra Moderne Solitude » évoquée, déjà, à la fin des années quatre-vingt (mais si... tu sais, un barde hexagonal avec plein de cheveux... ça va te revenir)
    Avec pour seuls compagnons de route une dépression rampante et un GPS à la voix féminine troublante, Maxwell Sim entreprend un impossible périple automobile à travers l’Angleterre, prétexte pour J. Coe à une satire sociale sarcastique autour des fêlures et naufrages de son anti-héros en perte de repères. Comme une politesse du désespoir, son humour tout en retenue pousse la réflexion jusqu’à l’ironie, y compris dans l’ultime page du roman qui s’achève sur un double épilogue original et pour le moins déroutant.
    Pas précisément comique, quoi qu’en aient pensé certains lecteurs, mais habile et touchant, très certainement.


    Lien : http://www.youtube.com/watch?v=u7b9y8-zaUg
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    • Livres 3.00/5
    Par alaiseblaise, le 18 janvier 2012

    alaiseblaise
    Si la crise, basse et lourde, pèse comme un couvercle sur votre esprit gémissant en proie aux longs ennuis (merci Baudelaire), si le dernier Sollers vous a provoqué des migraines ophtalmiques, si le dernier Delphine de Vigan vous a impulsivement précipité dans l'impérieux bouillonnement des soldes, si vous pensez que le dernier Marc Levy ne vaut pas un triple A, alors, éteignez télévision, ordinateur, GPS et téléphone et ouvrez grand la dernière livraison de Jonathan Coe.
    Suivez les extras aventures ordinaires de Monsieur Sim. Prononcez «sim» comme la carte SIM de votre mobile. Mr Sim, Maxwell Sim,
    c'est, tenez-vous bien, tous à la fois et tout à la fois : Mr Hulot (non pas le Nicolas mais le Mr Hulot de Tati), Laurel et Hardy, les Monty Python et Donald Crowhurst.
    Donald Crowhurst ? Un homme d'affaire anglais qui participa à une course autour du monde à la voile en 1969, le Sunday Golden Globe Race. Il est l'acteur de la plus grande escroquerie de la navigation de compétition. Il écrivit un faux journal de bord qui prétendait avoir effectué le tour du monde alors qu'il avait à peine entamé Le parcours. Devant cette supercherie qui le plaçait premier de la course, il paniqua, sombra dans la folie et se suicida (histoire vraie relatée dans le livre « L'étrange voyage de Donald Crowhurst»).
    Hum, hum, pas gai tout ça me direz-vous !
    Et pourtant...et pourtant...
    Cet émouvant et attachant personnage, tout droit sorti de l'imaginaire de Jonathan Coe, vit, plus vrai que nature, la vie sans mode d'emploi. Ou plutôt, ou peut-être lit-il le mode d'emploi (mais en existe t-il vraiment un ? si oui, faites moi signe !) à l'envers et contre tous, en sautant des pages, dans le désordre ou bien dans une langue étrangère. Mr Sim ne sait pas s'il doit reculer ou avancer, tourner à droite ou à gauche...bref, la vie comme un indécis voyage solitaire au long-cours...
    «Les voitures, c'est comme les gens. On va, on vient dans le grouillement du quotidien, on passe à deux doigts les uns des autres, mais le vrai contact est très rare. Tous ces ratages de peu, tous ces possibles irréalisés, c'est effrayant quand on y pense. Mieux vaut éviter soigneusement d'y penser.» nous confie Mr Sim. La vie comme une interminable et monotone autoroute...où personne ne se croise vraiment. Où tout le monde se croise sans vraiment se voir.
    Hum, hum, pas gai tout ça me direz-vous !
    Et pourtant...et pourtant...
    Mr Sim se sent seul. «Il y a quarante ans, Donald Crowhurst avait apparemment pu se cacher au coeur de l'océan l'Atlantique, grain de poussière dans l'océan, entouré par l'infini de la haute mer et dérobé aux yeux de tous les habitants de la planète. de nos jours, une quantité de satellites en orbite étaient braqués sur nous en permanence et pouvaient établir nos coordonnées avec une rapidité et une précision inimaginables. L'intimité ça n'existait plus. Nous n'étions plus jamais seuls.»
    Alors le Mr Sim il tombe facilement amoureux : d'une inconnue voisine de table dans un restaurant, de la douce et rassurante voix féminine de son GPS. GPS qu'il va surnommer Emma en hommage à Jane Eyre.
    Mr Sim : sa femme le quitte avec sa fille, il est VRP en brosses à dents, sa mère est morte depuis longtemps, son père inexistant vit en Australie et pour achever le tout il n'a pas d'ami.
    Hum, hum, pas gai tout ça me direz-vous !
    Et pourtant...et pourtant...
    Prenez la route au côté de Mr Sim pour un voyage désorganisé de Londres aux îles Shetland au nord de l'Ecosse. Vous n'avez pas fini de vous dérider !
    Ce roman est hilarant. Lu à gorge déployée ! Les seconds rôles sont de première classe : Emma la dame du GPS, Poppy l'ange gardienne des maris volages, Trevor le collègue vendeur de brosses à dents et
    j'en passe...Du grand Jonathan Coe ! Je me suis surpris à rire en lisant. Et que dire de mes proches qui commençaient à s'inquiéter !
    Jonathan Coe nous dépeint un monde désanchanté, nous brosse dru et dur une société anglaise déliquescente, nous observe drôlement en mordant là où ça fait mal mais sans blessure, nous regarde de travers en rigolant mais sans nous pointer du doigt, nous pousse dans nos derniers retranchements mais sans nous juger.
    Une magistrale (auto)dérision !
    Une fin (d)étonnante...Préparez vos mouchoirs !
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 05 mars 2012

    caro64
    En imaginant les pérégrinations aléatoires et drolatiques d'un Anglais très moyen, Jonathan Coe fait étinceler son humour ravageur dans la satire sociale caustique et réjouissante
    de notre société postmoderne. Désenchanté et irrésistible.

    Une fois de plus Jonathan Coe réussit à nous étonner. Avec son talent de raconteur d'histoire, il nous embarque dans la vie de Maxwell Sim, 48 ans. Domicilié à Watford, Angleterre, responsable du service après-vente d'un grand magasin, puis commercial dans le domaine des brosses à dents écologiques, il cultive la banalité au quotidien. Timoré, indécis, sans ambition, il vient d'être abandonné par sa femme et sa fille « en état d'ermite involontaire ». Même s'il compte plus de soixante-dix amis sur Facebook, Max conjugue la solitude à tous les temps ! Débarquant à Sidney où il va tenter de renouer avec son père, il est tout à coup fasciné par la tranquille complicité d'une Chinoise et de sa fille dînant dans un restaurant. Cette sérénité aperçue agira comme un déclic inconscient et inversera la spirale de l'échec. Vont se succéder alors en cascades d'improbables rencontres… Max est ensuite envoyé aux Iles Shelland par sa société : une mission présentée comme une croisade au service de l'hygiène bucco-dentaire du futur. Une quête du Graal qui va vite virer à la sauce Monty Python. de Sarbucks en pause panini tomate-mozzarella, il progresse vers le Nord, de plus en plus déprimé. Drame du VRP seul au volant, il tombe amoureux de la voix sensuelle de son GPS, seule confidente de souvenirs d'enfance et de réflexions sur sa vie de couple qui lui viennent à l'esprit au fil des kilomètres. Peu à peu, en remontant dans son passé familial, il trouve la clé, la terrible révélation de son adaptation au monde et de ses difficultés relationnelles. Jusqu'à ce qu'il parvienne à s'accepter lui-même.
    Coe met le doigt sur tous les leurres d'une société de l'hyper-communication : la finance virtuelle, la grandiloquence trompeuse du marketing, la précarité de l'emploi, la mondialisation qui semble abolir la distance, l'uniformisation des modes de vie et l'imposture des médias. En motif récurrent et emblématique, il cite l'exemple de Donald Crowhurst, navigateur amateur britannique qui a prétendu faire le tour du monde à la voile en falsifiant son journal de bord, en 1968, à l'époque d'avant le satellite.
    On sait que Jonathan Coe excelle à imbriquer récits gigognes, mémoires, journaux intimes, lettres oubliées puis retrouvées, digressions enchâssées les unes dans les autres. Autant d'éclairages qui enrichissent un peu plus les personnalités et permettent la progression de l'intrigue. C'est ainsi que l'auteur de La pluie avant qu'elle tombe impose sa singularité. Mais dans ce dernier roman, c'est l'admirateur et biographe de B.S.Johnson qui laisse transparaître en filigrane l'influence de celui qui a poussé très loin l'interrogation et l'expérimentation sur les rapports entre la fiction et le réel. Jouant avec le vrai et le faux Coe continue d'explorer de nouvelles pistes. Avec délectation.


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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 29 mai 2012

    latina
    Personne n'a envie de vivre la vie de Mr Sim ! Personne ne veut se retrouver dans sa situation : un divorce non accepté, une solitude subie, une profonde dépression, des rapports parentaux au point mort, un père pour le moins bizarre, une amitié détruite…Et pourtant…j'ai ri ! Eh oui, je me suis amusée, j'ai totalement adhéré à la manière de raconter cette histoire, très « humour anglais ».
    A vrai dire, cet amusement a cédé le pas vers la moitié du livre à une réflexion plus profonde. Oui, il se cache quelque chose de pas net, dans la vie de Mr Sim. Et cette…non, ces découvertes m'ont donné l'âme d'une psychologue, le temps d'un road-movie.
    La fin, par contre, m'a déplu (je ne vais pas la dévoiler, évidemment !) par son côté décalé, « à côté de la plaque », sans aucun lien avec le reste, comme si l'auteur avait voulu ABSOLUMENT trouver un dénouement original.
    Mais oublions ce côté fabriqué, artificiel, pour ne retenir que la jubilation ressentie face à ce narrateur si loufoque en prise aux difficultés de la vie. Ca fait du bien !
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Pierre Assouline pour le Magazine Littéraire

    Avec La Vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe décrit la passionnante intimité d'un représentant en brosses à dents. Faut-il éprouver un terrible sentiment de solitude, aux confins de la plus grande misère... > lire la suite

    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)

Critiques presse (2)


  • Telerama , le 04 avril 2012
    Divinement caustique, ce roman de Jonathan Coe est l'odyssée d'un perdant majuscule, désespérément drôle jusqu'à la dernière page, où l'auteur se révèle le plus subtil des manipulateurs.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 30 novembre 2011
    Etonnant mélange de mystère, de romantisme et de suspense dans un cadre faussement banal, le tour de force de l'écrivain anglais au sommet de son art prend le lecteur en otage et ne le relâche, abasourdi et ébloui, qu'après une sidérante pirouette finale.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Under_The_Moon, le 04 avril 2014

    Unhappily married people are everywhere.

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  • Par kathy, le 29 avril 2012

    On aurait dit que la lecture était devenue une obsession, chez Caroline. Elle dévorait régulièrement deux ou trois livres par semaine; des romans, surtout; des romans "littéraires" ou "sérieux", comme on dit (je crois). "C'est pas un peu répétitif, au bout d'un moment? Ils se mélangent pas tous dans ta tête?" je lui ai demandé, une fois. Mais elle m'a répondu que je parlais sans savoir. "Tu es le genre de personne qui ne verra jamais un livre changer sa vie", disait-elle. "Pourquoi veux-tu qu'un livre change ma vie? Ce qui change ta vie, c'est la réalité, c'est se marier, avoir des enfants. - Moi, je te parle d'élargir son horizon, d'élever son niveau de conscience." C'était un point sur lequel nous ne serions jamais d'accord. Une ou deux fois, j'ai tenté plus sérieusement de m'y mettre, mais je n'ai jamais vraiment compris où elle voulait en venir. Je me souviens de lui avoir demandé de me conseiller des livres, des livres susceptibles de changer ma vie. J'ai essayé. De là à dire qu'il a changé ma vie, non.
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  • Par Nionie, le 22 avril 2011

    Les voitures, c'est comme les gens. On va, on vient dans le grouillement du quotidien, on passe à deux doigts les uns des autres, mais le vrai contact est très rare. Tous ces ratages de peu, tous ces possibles irréalisés, c'est effrayant quand on y pense. Mieux vaut éviter soigneusement d'y penser .

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  • Par Ari, le 05 mai 2012

    "Je lui ai dit : tu te rends compte que s'il y a une chose qui insupporte les gens de mon âge, c'est bien que les gens du vôtre leur fassent des sermons ? Regarde le monde autour de toi. Ce monde-là, c'est vous qui nous l'avez légué. Vous croyez qu'on peut se payer le luxe d'avoir des princiqpes ? J'en ai marre d'entendre dire que ma génération a perdu ses repères, qu'elle est matérialiste, qu'elle n'a plus de projet politique. Tu sais pourquoi on est là ? Vas-y, au hasard. Ben oui, c'est parce que vous nous avez élevés comme ça. Pour vous, nous sommes peut-être la génération Tatcher, mais ce qu'on voit, nous, c'est que c'est vous qui l'avez élue, et réélue, et qui avez élu après elle des gens qui marchaient sur ses traces. C'est la faute de votre éducation si nous sommes des zombies consuméristes. Vous avez bazardé toutes les autres valeurs, non ? Le christianisme, rien à foutre. La responsabilité collective, on voit où ça mène. Produire, fabriquer ? C'est bon pour les losers. Ouais, on n'a qu'à aller les chercher en Asie : ils vont tout faire à notre place et on n'aura plus qu'à rester le cul devant a télé pour voir le monde partir en vrille, le tout sur grand écran et avec la HD, bien sûr".
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  • Par kathy, le 01 mai 2012

    J'ai oublié le regard que m'a lancé Alison en reposant son verre, avant de m'embrasser sur la bouche pour la première fois. J'oublie ce que j'ai ressenti au juste quand elle m'a pris par la main pour s'engager dans l'escalier. J'oublie le balancement de ses reins, le galbe de son corps, tandis que je montais derrière elle. J'oublie le froid de la chambre inoccupée, au début, froid qui a fait place à la tiédeur quand elle m'a pris dans ses bras et serré contre elle. J'oublie l'effet que ça m'a fait, au bout de tant d'années, de sentir le contact bienheureux et amoureux d'un corps contre le mien; la barrière des vêtements, bientôt abandonnés. J'oublie, à présent, la texture de sa peau, son parfum léger et familier quand mes lèvres se sont posées sur sa nuque, la douceur de ses seins dans mes mains arrondies, sous mes tendres baisers; j'oublie les heures qui ont suivi, les rythmes lents, inexorables de nos étreintes, le flux et le reflux de l'amour et du sommeil, de l'amour et du sommeil. Notre réveil, dans les bras l'un de l'autre, enfin réunis et inséparables, sous la lumière bleue d'un matin d'hiver à Edimbourg. J'oublie tout cela, je l'oublie.
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Vidéo de Jonathan Coe

Encore plus grave et plus fort que nous pourrions l’imaginer, le roman de Jonathan COE saurait utiliser à merveille un procédé narratif ultra codifié qui consisterait à sonder le frémissement des sentiments. C’est sublime!








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