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Jean Pavans (Traducteur)
ISBN : 2070428125
Éditeur : Gallimard (2003)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Robin Grant est étudiant à Coventry, où il traîne sa thèse en littérature depuis quatre ans. Solitaire, égocentrique, amorphe, il mène une existence sans amour et sans amitié. Profondément dépressif, il exprime sa vision du monde et son sens de la fatalité en écrivant des récits à l'humour cotonneux. Le monde extérieur va pourtant le toucher de plein fouet lorsque, soupçonné de s'être exhibé devant un petit garçon, il est accusé d'outrage à la pudeur.
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
latina
latina03 janvier 2013
  • Livres 3.00/5
Cette touche d'amour est pour le moins…déroutante.
Déroutante par sa narration : nous passons d'un personnage à l'autre, en nous demandant qui est le principal…Oui, il s'agit de Robin Grant, étudiant à Coventry, qui ne sait plus très bien où il en est. Mais un ancien camarade d'études vient le voir, il est marié à une femme que Robin aimait. Puis Robin a une amie, aussi, Aparna, qui a également des problèmes avec son directeur de thèse. Puis nous entrons aussi dans l'intimité d'autres étudiants. Pourquoi ? Et Robin écrit 4 nouvelles, qui nous sont présentées in extenso, avec également un tas de personnages…Et enfin Robin a des problèmes avec la justice, et cap à ce moment-là sur son avocate qui a des problèmes de couple... Bref, je n'arrive pas à me focaliser sur un personnage en particulier. On dirait que l'auteur joue avec le lecteur. C'est d'ailleurs probablement son objectif, mais qui ne me convient pas, du moins de cette manière-là.
Déroutante aussi par ses idées : j'ai l'impression que l'auteur s'est abandonné à une logorrhée intellectuelle. La valeur principale, qui revient chez plusieurs personnages, c'est qu'il vaut mieux avoir une relation intellectuelle que physique, car dès que 2 personnes qui s'apprécient deviennent amants, il y a une prise de pouvoir. Mais paradoxalement, cette relation purement intellectuelle ne satisfait personne.
Et puis il y a aussi l'idée qu'il vaut mieux s'abandonner au hasard, c'est néfaste de vouloir contrôler sa vie et celle des autres : « Tous nos actes sont déterminés par le hasard ; ou, si tu préfères l'appeler ainsi, par la chance. Nos prétendus choix, ces décisions soi-disant responsables…sont en définitive le produit d'une série de facteurs sur lesquels nous n'avons pas le moindre contrôle. Admets cela, et la vie prendra tout son sens pour toi. L'homme qui a compris ça a vraiment de la chance : c'est un véritable chanceux. » Oui, mais…la plupart des personnages qui essaient d'adopter cette philosophie sont à la limite du désespoir !
Et la troisième grande idée, c'est qu'il ne faut jamais se fier à ce qu'on voit. Les personnes ne sont JAMAIS ce qu'on croit qu'elles sont et les faits sont perçus de manière très différente selon les gens.
Bref, oui, j'apprécie réfléchir, j'apprécie la tournure intellectuelle originale de Coe, mais je dois reconnaître que certains thèmes sont poussés à leur paroxysme et que la façon de les présenter est déconcertante. D'autant plus que le fameux humour de Jonathan Coe, dont je me suis délectée dans plusieurs de ses romans, est ici totalement absent, il fait place à une espèce de persiflage, de raillerie, de sarcasme.
Donc, la touche d'amour, je ne l'ai pas trouvée. La touche d'humour non plus. Plutôt la grosse louche de cynisme.
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viou1108
viou110824 août 2012
  • Livres 2.00/5
La 4ème de couv' est trompeuse (étonnant, n'est-il pas ?) On s'attend à ce que cette histoire d'outrage à la pudeur soit au centre du roman, mais, même si elle aura des effets désastreux, elle est accessoire, un peu comme si elle ne servait qu'à mettre en scène un personnage supplémentaire (l'avocate, avec ses états d'âme). Parce que le roman est en réalité centré sur le mal-être de Robin, éternel étudiant traînant depuis quelques années sur une thèse « totale », si ambitieuse qu'elle en est impossible à rédiger. Robin est asocial, dépressif, dans l'état schizophrénique de l'écrivain qui se sait raté mais qui ne voit pourtant pas d'autre raison d'être que l'écriture.
En témoignent les 4 récits écrits par Robin, intercalés dans la 2ème partie de chacun des 4 chapitres du roman (admirez la technique au passage). Il s'agit à chaque fois d'une relation entre un homme et une femme, où le prénom de l'homme commence toujours par « R » (comme Robin), et celui de la femme par « K » (comme celle dont Robin a été l'amoureux transi pendant des années). Ces récits, dont la qualité littéraire est (volontairement) douteuse, reflètent à la fois les « regrets éternels » de Robin, ainsi que sa vie amoureuse et son talent lamentables.
Faut-il préciser que toutes ces histoires (tant les 4 récits que le roman) finissent mal ?
J'ai eu du mal à rentrer dans ce livre, peut-être en raison de sa construction, pourtant ingénieuse, mais qui en hache le fil. Il me reste un sentiment de déception, et j'en ai presque honte parce que c'est la première fois que ça m'arrive avec J. Coe (c'est peut-être moi qui n'ai rien compris, n'étais pas assez concentrée, bref pas à la hauteur ?) Mais apparemment je ne suis pas la seule à penser cela : ce roman (le 2ème de Coe) est simplement moins bon que les autres…
Pas mauvais, donc, simplement moins abouti, moins réussi au niveau de sa complexité et de son aspect choral. L'humour est moins présent également. Par contre, l'écriture et le style, talentueux, sont déjà reconnaissables, ainsi que l'autre marque de fabrique de l'auteur : la critique virulente de la société anglaise ultra-libérale en général, et en particulier ici, du milieu universitaire.
Surtout que ceci ne vous ôte pas l'envie de lire les autres romans de Jonathan Coe !
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paulotlet
paulotlet07 février 2016
  • Livres 3.00/5
Une touche d'amour est le deuxième roman de Jonathan Coe. Même s'il n'est pas très abouti par rapport aux grands textes comme Testament à l'Anglaise ou Bienvenue au Club, on y trouve déjà les éléments qui feront la force de l'oeuvre. Destins entre croisé, personnages obsessionnels, description minutieuse de la société anglaise contemporaine et surtout, cette inimitable façon de sauter du particulier au collectif sont donc au rendez-vous.
Pour autant, le roman ne m'a pas vraiment emballé. On comprend mal où l'auteur veut en venir, on peine à s'attacher aux personnages tous un peu trop névrosés pour qu'on puisse s'y identifier. Coe explore les conditions du vrai amour. La difficulté à concilier complicité intellectuelle et intimité amoureuse obsède Robin, un universitaire raté qui rate à peu près tout ce qu'il entreprend. Amoureux d'une ancienne camarade de fac, incapable de terminer sa thèse, il gribouille des récits dans de petits carnets rouges tout en cherchant comment parler à Aparna.
Il manque encore quelque chose à Coe dans ce récit des débuts. Cet incroyable talent à faire de chaque détail d'un livre un élément crucial de l'intrigue, cette façon de mener son lecteur exactement là où il veut sans rien le laisser soupçonner. Ceci dit, on passe un bon moment, c'est bien écrit, souvent drôle et plein de petits détails surprenants.
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carre
carre11 février 2012
  • Livres 3.00/5
Robin Grant étudiant, solitaire, déprimé travaille depuis quatre ans sur une thèse considérable mais qui n'avance peu. Sans amour, ni amitié il vit dans une bulle. Il consigne aussi sur un carnet des histoires qui vont s'ingénieusement s'incorporer au récit. Mais un jour, il est accuser d'outrage à la pudeur sur un jeune garçon.
Coe porte un regard critique sur l'intellingentsia universitaire, et en général sur ces compatriotes, avec ce roman cruel ou hypocrisie et bonne conscience sont les garants pour retrouver toute sérénité. Coe embrique de nombreuses scènes qui forme un ensemble ou l'humour est bien sur présent. Comme toujours chez lui, même si ce n'est pas le meilleur Coe, on prend plaisir à lire cet auteur décidement doué.
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ziggypop
ziggypop14 novembre 2011
  • Livres 3.00/5
Un deuxième livre qui n'a pas la force de ses ouvrages suivants (et l'humour, surtout). Mais l'on retrouve les bases qui feront son style : un personnage dépressif et coupé du monde qui se retrouve plongé, malgré lui, dans le monde extérieur; une histoire racontée avec différents points de vue, même si là, ce n'est pas encore fait avec autant de complexité et de doigté; une grande tendresse pour les fragilités de ses personnages; un point de vue déjà politisé sur la société anglaise libérale.
Il n'a donc pas la force des livres qui suivront mais se lit malgré tout avec beaucoup d'intérêt.
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
paulotletpaulotlet07 février 2016
Hugh n'est pas le seul dans ce cas. Il y a un tas de types comme lui à l'université. Des types qui n'en font plus partie mais qui l'aiment trop pour pouvoir la quitter. Encore que "aimer" ne soit pas le mot qui convienne... c'est trop positif... parce que, en réalité, quelqu'un qui aime l'université à ce point déteste la vie en général.
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paulotletpaulotlet07 février 2016
Tu ne peux pas décider de la façon dont les gens doivent se comporter. La vie est un chaos, mené par le hasard. Tu n'avais donc pas remarqué?
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latinalatina03 janvier 2013
Le racisme n'a pas besoin d'être flagrant. Il na pas besoin d'être brusque, non plus, et il peut s'insinuer partout. Elle en a eu assez d'être considérée comme une étrangère; elle a eu assez que ce soit toujours la première chose que les gens remarquent chez elle.
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carrecarre02 décembre 2012
Quand j'ai aperçu les lumières de la ville, j'étais glacée, je me suis mise à trembler de tout mon corps, et c'est avec un mélange de joie et de crainte que j'ai pensé aux visages de mon père et de ma mère. J'avais oublié que le pays natal pouvait être la terre la plus étrangère de toutes.
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latinalatina02 janvier 2013
On devrait réfléchir très soigneusement avant de parler, tu ne trouves pas? Un mot peut être une arme mortelle. Un mot peut détruire le travail, un mot mal placé peut tout défaire : une famille, un mariage, une amitié.
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