Une fois n'est pas coutume, je ne ferai pas de critique sur ce livre car je pense qu'elle tournerait très vite en diatribe. Je m'exprimerai donc par l'entremise d'une lettre.
Bruay Labuissière, le 19 avril 2012
Cher Monsieur Coelho,
Autant j'apprécie votre écriture quand vous la mettez au service de la littérature brésilienne, autant je n'adhère pas à ce genre littéraire.
Je vous ai découvert comme nombre de vos lecteurs au début des années 90 avec
L'alchimiste, qui par son style simple et naturel m'avait séduit. Puis à chaque nouvelle parution qui se présentait à moi, je vous ai lu sans retrouver cette saveur si particulière, hormis peut-être avec Maria, cette prostituée brésilienne dans
Onze minutes.
Mais déjà, avec le
Manuel du guerrier de la lumière les prémices d'une déchirure s'annonçaient.
Maktub ne fait que confirmer cet abysse qui s'est creusé entre nous.
Dans votre avant-propos, vous nous relater le défi qu'à représenter l'écriture de ce livre. Je vous cite: «
Maktub est né d'une proposition que m'a faite au téléphone Alcino Leite Neto, directeur du cahier Illustrada de la Folha de São Paulo. Je me trouvais alors aux Etats-Unis et je l'ai acceptée sans savoir au préalable ce que j'allais écrire, mais le défi était stimulant et j'ai décidé de le relever. (...)
Voyant le travail que me donnait cette rubrique, je faillis renoncer. En outre, comme je devais me rendre à l'étranger pour la promotion de mes livres, cet effort quotidien devint une torture. "
Alors peut- on s'étonner que l'on ait du mal à adhérer à ce livre. Je pense que non. À trop vouloir tirer sur la corde, celle-ci fini par lâcher et c'est ce qui risque d'arriver avec votre lectorat. Que l'on adhère ou pas à votre foi, là ne réside pas le problème.
Il y a peu de chance pour que vous lisiez un jour cette lettre Monsieur Coelho, mais je ne peux faire autrement pour parler de ce livre.
Veuillez agréer, cher Monsieur Coelho, mes salutations distinguées.
Relações amistosas Pascal.
Voilà, mes lectures ne respectent pas l'ordre chronologique de parution, mais le sentiment qui en découle reste identique et à lire les autres critiques, j'ai l'impression qu'il est partagé.