Il n'est pas évident de décrire certains milieux que, nous autres lecteurs fréquentons peu. Nous devons alors faire confiance aux auteurs qui prennent généralement la peine de se renseigner avant d'écrire leur roman, une invraisemblance nous sautant vite aux yeux. Certains milieux sont plus difficiles à appréhender, c'est le cas d'un hôpital psychiatrique. Ici, l'auteur se sert de sa propre expérience puisque
Paulo Coelho a été interné à plusieurs reprises. Il utilise ses souvenirs pour créer son décor, mais aussi pour développer les pathologies de ses personnages.
Au début du livre, un chapitre parle de l'auteur et de son expérience personnel. Sur le coup, j'ai trouvé l'intégration de ce texte très étrange, limite prétentieuse. Mais finalement, il contribue à donner du crédit au récit de
Paulo Coelho, malgré l'étrangeté de certains comportements.
Veronika décide de mourir est un livre très court qui se lit très rapidement, notamment parce que le récit lui-même se déroule sur seulement une semaine. Il ne reste que très peu de jours à l'héroïne et le lecteur a envie de savoir ce qu'elle va faire ce temps. L'urgence de la vie et de la mort du personnage principal nous entraîne dans une lecture rapide, comme si on ne pouvait pas la faire attendre. Comme certains patients de Villete, on développe un étrange sentiment vis-à-vis de Veronika qui fait qu'il nous est impossible de lâcher le livre avant son dénouement.
Il est évident aussi que le style de l'auteur contribue beaucoup à cette facilité de lecture : phrases courtes, chapitre de quelques pages, vocabulaire simple... mais quand l'ensemble est harmonieux, pourquoi s'en plaindre ?
Bien que le roman soit court, on assiste à un véritable changement chez l'héroïne qui passe d'un état d'esprit à un autre. C'est à une incroyable métamorphose que le lecteur assiste. On s'attache à cette jeune femme désœuvrée qui nous met à la propre vacuité de notre existence. Car qui n'a pas, un jour dans sa vie, ressenti ce genre de malaise ?
De plus, malgré la brièveté des évènements, on apprend beaucoup de choses sur les personnages secondaires, sur leur passé, leur vision de la vie et de la folie. Malgré le peu de pages,
Paulo Coelho parvient à développer une vraie empathie pour tous ses personnages qu'on sent, d'une certaine façon, dans l'urgence de la vie..
Je dois avouer que ce roman m'a bouleversée et m'a fait profondément réfléchir sur ma propre condition. le discours de l'auteur à travers ses personnages m'est longtemps resté en tête et m'a même empêchée de dormir ! On en vient vite à oublier le récit lui-même, pour n'en garder que la réflexion sur la place de l'homme dans la société et sa recherche du bonheur, malgré l'acceptation d'une conscience collective qui l'empêche par là-même d'être lui-même.
On ne peut pas toujours être d'accord avec le roman en lui-même, certains comportements des patients ou encore la décision du médecin pouvant paraître excessifs. Mais il est certain que
Véronika décide de mourir ne laissera personne indifférent.
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