> Catherine Lauga du Plessis (Traducteur)

ISBN : 2020864770
Éditeur : Editions du Seuil (2006)


Note moyenne : 3.07/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
For Australian writer JM Coetzee, winner of two Booker Prizes and the 2003 Nobel Prize for Literature, the world of receiving literary awards and giving speeches must be such a commonplace that he has put the circuit at the centre of his book, Elizabeth Costello. As the... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Lostinmypal, le 23 mars 2012

    Lostinmypal
    Voilà un livre très brillant, consistant, froid et intellectuel.
    Autant, j'ai apprécié ces deux dernières qualités dans mes précédentes lectures de cet écrivain, autant j'ai parfois trouvé ce roman plus proche de l'essai que de la fiction.
    C'est-à-dire qu'Elizabeth Costello m'est apparue comme une machine à faire des discours et non pas comme un être humain.
    Pourtant, elle a entamé la vieillesse et tente de faire le point sur sa vie mais surtout sur son travail de romancière.
    Il y a donc une dimension humaine évidente dans ce livre.
    Néanmoins, cette succession de discours nous en apprend peu sur l'héroïne - d'un point de vue émotionnel - et, à ce titre, je me suis sentie frustrée.
    Même ses relations avec ses proches semblent dénuées d'affection et leurs échanges relèvent encore de discours, de combats entre des convictions différentes, de joutes intellectuelles.
    Costello théorise la moindre chose et on aimerait qu'elle se laisse un peu aller : la vraie vie est ailleurs !
    De plus, le livre est un curieux mélange de doutes et de certitudes.
    Costello s'interroge sur le pouvoir de la littérature face à la vie (et la mort, son corollaire).
    En même temps, elle semble pétrie de convictions définitives.
    Une chose m'a semblé à peu près sûre : Costello croit plus en la littérature qu'en la vie ; ça la perdra.
    Elle est un mélange de vieille dame fragile et d'intellectuelle donnant leçons sur leçons.
    Certaines de ces leçons sont passionnantes, d'autres m'ont semblé pour le moins barbantes, embrouillées, voire obscures.
    Je me suis souvent demandée à quoi rimait tout cela, tout en restant fascinée par le génie de Coetzee qui, en l'occurrence se fait oublier derrière cette vieille dame. J'ai eu l'impression qu'Elizabeth Costello "débordait" Coetzee, qu'elle avait pris le pouvoir et parlait d'elle-même en quelque sorte.
    Bref, un livre qui m'a plu et laissé perplexe à la fois. le post-scriptum, en particulier, est impénétrable...
    Je ne le recommanderais pas à tout le monde mais Coetzee est un écrivain à tester, sans aucun doute.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par keisha, le 13 avril 2012

    keisha
    Coetzee, écrivain sud africain, propose une sorte de portrait d'Elisabeth Costello, auteur australienne (fictive), proche des soixante-dix ans, au travers de huit conférences données sur tous les continents. Qu'elle ait un fils, John, une soeur religieuse en Afrique, une fille et deux ex-maris (on ne rencontrera pas ces trois derniers), qu'elle soit vieillissante et fatiguée par les déplacements n'est finalement pas l'essentiel de cet original roman, qui consiste plutôt en des présentations d'Elisabeth Costello (ou d'un collègue, ou même de sa soeur) à un public trié, ou diverses discussions ou questions réponses sur des sujets fort divers. par exemple "Le roman en Afrique", "La vie des animaux", "Les humanités"... Quels que soient les thèmes que Coetzee choisit d'aborder par le biais de sa "créature", il n'impose pas une opinion de façon tranchée. Elisabeth Costello est parfois contredite, il lui arrive de perdre le fil. Mais à la fin le lecteur a eu les neurones bien secoués, il ne sait plus trop où il en est, et finalement chaque thème mériterait de faire l'objet d'une débat entre lecteurs, tout cela est extrêmement vivifiant.

    Elisabeth Costello n'est pas forcément sympathique, mais tout de même sa sincérité est évidente et le roman se termine par une drôle d'attente d'un passage vers la mort (?) dans un univers kafkaïen.

    Un roman à découvrir, pour l'occasion de réflexions fort intéressantes.


    Deux passages parmi d'autres:
    Coetzee narre sa première histoire:
    "Nous sautons la scène de la remise du prix à proprement parler. Ce n'est pas une bonne idée d'nterrompre trop souvent la narration, puisque l'art de raconter des histoires consiste à induire chez le lecteur ou l'éditeur un état proche du rêve dans lequel le temps et l'espace du monde réel tendent à disparaître, supplantés par le temps et l'espace de la fiction. Faire irruption dans le rêve, c'est attirer l'attention sur le caractère construit de l'histoire, et bouleverser complètement l'illusion réaliste."

    Au sujet d'un roman d'un collègue parlant d'une tentative d'assassinat de Hitler, jusqu'à l'exécution des conjurés:
    "Plus précisément, elle n'est plus aussi sûre que les gens sont améliorés par les lectures qu'ils font. de plus, elle n'est pas sûre que les écrivains qui s'aventurent dans les contrées les plus obscures de l'âme en reviennent indemnes. Elle commence à se demander si écrire ce qu'on a envie d'écrire, tout comme lire ce qu'on a envie de lire, est en soit une bonne chose."

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-elisabeth-costel..
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Citations et extraits

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  • Par keisha, le 13 avril 2012

    Nous sautons la scène de la remise du prix à proprement parler. Ce n'est pas une bonne idée d'nterrompre trop souvent la narration, puisque l'art de raconter des histoires consiste à induire chez le lecteur ou l'éditeur un état proche du rêve dans lequel le temps et l'espace du monde réel tendent à disparaître, supplantés par le temps et l'espace de la fiction. Faire irruption dans le rêve, c'est attirer l'attention sur le caractère construit de l'histoire, et bouleverser complètement l'illusion réaliste
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  • Par keisha, le 13 avril 2012

    Plus précisément, elle n'est plus aussi sûre que les gens sont améliorés par les lectures qu'ils font. De plus, elle n'est pas sûre que les écrivains qui s'aventurent dans les contrées les plus obscures de l'âme en reviennent indemnes. Elle commence à se demander si écrire ce qu'on a envie d'écrire, tout comme lire ce qu'on a envie de lire, est en soit une bonne chose
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