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O vous, frères humains1Ajouter à mes livres
Ô vous, frères humains est un livre d'Albert Cohen paru en 1972.
Au milieu de réflexions désabusées et souvent drôles sur le monde, Albert Cohen, qui se sent mourant, revient sur un épisode de son enfance, quand à l'âge de dix ans, il fut traité de "youpi... > voir plus
En une journée , jour de son dixième anniversaire , un enfant va découvrir la haine .Un livre tres émouvant . Cet enfant va voir le monde qu'il s'était construit s'écrouler par la faute d'un imbécile .
Ce n'est pas une critique que j'ai envie d'écrire , mais plutôt d'un message que j'ai envie d'envoyer à l'auteur là ou il se trouve : " cher Monsieur Cohen , sachez que je vous aime .Sachez également que je n'ai pas pour habitudes de dire cela à un homme ! "
Oh, ces comiques mâles qui circulent velus descendants d'anthropopithèques, et adorateurs de la force, animal pouvoir de meurtre, qui circule en croyant qu'ils seront toujours vivants, et ils discutent avec une basse passion de cette chère équipe de football qui n'aurait pas du être battue, et qu'elle coup pour l'honneur national, et c'est la faute de ce fumier d'arbitre, et ils discutent aussi, avec une fureur d'amour, de la glorieuse victoire de leurs héros national, cet admirable coureur cycliste qui sait tout aussi bien qu'un singe remuer vite ses pattes sur deux roues, et ils le vénèrent et l'adorent ces crétins, et de sa victoire ils sont heureux, ces malheureux, et ils ne se doutent pas que le bois de leur cercueil existe déjà dans une scierie ou dans une forêt et les attend.
Oh, ces jeunes dames provisoires qui circulent en croyant qu'elles seront toujours vivantes, mignonnettes allantes et du talon tapantes, fières et armées de leurs deux gourdes laitières présomptueusement avancées, toutes de la race des majorettes, toutes arborant leurs cocasses derrières fortement moulés, toutes démangées, de montrer le plus possible de leurs viandes, toutes sur leurs lèvres peintes cet appel rouge des femelles, louche fanal allumé, toutes par l'exhibition violente d'une muqueuse significative affirmant leur grotesque souci de susciter le désir des mâles, toutes allant, jacassantes et médisantes, avec tant de hâte et de gaieté, toutes vers leur durable silence, à jamais assagies, à jamais vertueuses.
Albert Cohen lit un extrait de Belle du Seigneur
un extrait d'une ancienne émission d'Apostrophes de 1977 où Bernard Pivot est allé interviewer Albert Cohen chez lui, à Genève. Editions Gallimard et INA.