Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2070643891
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 4.32/5 (sur 359 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui dé... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (137)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 10 juillet 2013

    cicou45
    Ouawh ! Une lecture qui ne vous laissera pas indemne, je vous le garantis ! Et pourtant, cela s'est réellement passé, il faut bien se le dire. Même si cet ouvrage est avant tout un roman, destiné à la jeunesse (qu'on se le dise), il n'en est pas moins qu'il s'inspire de nombreux faits réels...et pas des plus gais que l'on puisse trouver puisqu'il s'agit à mon avis, des pires événements qu'a connu notre XXe siècle.
    Max, ou devrais-je plutôt dire Konrad von Kebnersel, est né le 20 avril 1936, le jour anniversaire d'Adolf Hitler, à minuit une. Il est le premier représentant de la race aryenne, telle que l'a imaginée le Führer. Né sans amour puisque sorti du ventre d'une Frau sélectionnée pour les critères répondant à ceux qu'Hitler a déterminé répondant comme ceux de la race aryenne et d'un officier SS, sélectionné sur les mêmes critères, Konrad (ou Max comme sa mère biologique se plait à l'appeler) n'est que le fruit d'une organisation machiavélique : le programme "Lebensborn". Après sa naissance, Konrad a été examiné sous toutes les coutures ( taille, poids - jusque là, rien de choquant - mais aussi espacement entre les deux sourcils, taille de la bouche, esoacement entre le cou et le menton...bref toutes sortes de mesures inimaginables et qui font de Konrad le prototype parfait, pur représentant de la race aryenne.
    Après que Konrad ait été "Baptisé Par le Führer En Personne (ce qui lui vaudra plus tard son surrnom de "BPFP"), celle-ci sera rapidement et que sa mère biologique l'ait allaité quelques temps, cette dernière sera rapidement "remerciée" et l'enfant confié aux plus hautes institutions sensées faire de lui le Parfait Allemand Nazi, véritable machine à tuer, antisémite et ne jurant que par le Führer.
    Il sera par la suite envoyé dans des écoles d'élite (car il faut vous dire qu'il est également extrêmement intelligent) telles que celle de Kalish et la Napola qui feront de lui ce qu'il est sensé devenir. C'est dans celles-ci qu'il fera la connaissance de Lukas (bien entendu, ce n'est pas son vrai prénom, vous comprendrez plus tard en lisant la suite de mon récit) qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau et que le "Herr Doktor Ebner", celui qui l'a mis au monde, acceptera de lui octroyer comme frère. Cependant, et voici le basculement de l'histoire, Lukas est polonais et qui plus est, juif !

    Etant donné que de nombreuses critiques ont été faites sur cet ouvrage, je vais m'arrêter là pour ce qui est de l'intrigue mais sachez que j'ai vraiment été bouleversée en lisant cet ouvrage tant il est émouvant (même si il est très dur), que l'ai trouvé vraiment très bien écrit, très documenté et que je le recommande vraiment à tous - même si je n'aurais pas eu tendance à classifier cet ouvrage dans les livres Jeunesse -. A découvrir !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 53         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par argali, le 22 janvier 2013

    argali
    Quelle douche froide ! En entrant dans ce livre, on s'en prend plein la figure du début à la fin. Je connaissais les Lebensborn, ces « fontaines de vie » cachant l'innommable, c'est-à-dire la sélection des meilleurs petits aryens et leur reproduction pratiquées par les nazis… Mais l'entendre « raconter » par un enfant qui le vit c'est parfois insurmontable et glaçant. Belle idée de l'auteure d'avoir imaginé comme narrateur un fœtus d'abord puis un bébé et un enfant que l'on suit jusqu'à ses douze ans. Malgré une réflexion d'adulte endoctriné et un vocabulaire soigné, ce narrateur garde la naïveté de l'enfance et cela rend le récit encore plus bouleversant.
    J'ai dévoré ces 469 pages en deux soirées tant l'histoire est accrocheuse et ce, malgré les horreurs décrites. Sarah Cohen-Scali nous offre un récit richement documenté qui nous plonge au cœur d'un processus aussi abominable que le furent les camps. Que sont devenus tous ces enfants à la fin de la guerre ? Ces orphelins nazifiés ? Qui s'en est soucié ? Voilà une question qui me taraude depuis que je sais que l'eugénisme a existé à grande échelle en Allemagne et dans les pays conquis. Quel avenir a-t-on donné à ces enfants sacrifiés sur l'autel de la folie humaine ?

    Avant de rédiger cette histoire, l'auteur a beaucoup lu sur le sujet et notamment « La chute de Berlin » d'Anthony Beevor. Un ouvrage qui fait référence si j'en crois les nombreux auteurs que j'ai lus et qui s'en sont inspirés. Il faudra que je le lise à mon tour.

    Ce roman jeunesse destiné aux 15-16 ans devra faire l'objet d'un accompagnement dans les classes. Introduire le récit d'abord, pour mettre en garde les âmes sensibles sur l'implacable relation des faits et permettre aux élèves de s'exprimer ensuite sur leur lecture. S'il est bon que les jeunes sachent ce qui s'est réellement passé durant La Seconde guerre mondiale, notre rôle d'adulte est de les accompagner dans leurs découvertes de l'indicible horreur qu'elle a engendrée.


    Lien : http://argali.eklablog.fr
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 43         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 29 juillet 2012

    canel
    Allemagne, 1936. Programme Lebensborn ou l'eugénisme nazi en action : on sélectionne deux géniteurs impeccablement blonds, grands et solides, au teint et aux yeux clairs, dont les ancêtres sont "irréprochables" depuis au moins 200 ans. Et on les fait s'accoupler un minimum de fois, dans le noir, sans amour, sans tendresse, pour concevoir des bébés 'parfaits', dont les jeunes mamans feront don à la patrie.

    Pour augmenter l'effectif des futures troupes, on prend également des bambins dont la morphologie répond aux critères définis (selon des mesures anthropométriques très précises correspondant à l'Aryen idéal), en Allemagne, d'abord, puis dans d'autres pays - où les enfants sont littéralement arrachés à leurs parents. Adoptés pour la plupart, dans un premier temps, ces jeunes sont ensuite envoyés dès six ans dans des établissements éducatifs très stricts, où ils sont abreuvés de propagande.

    Cette fable historique s'attache au parcours de Max/Konrad, le narrateur. Si cet enfant, tout premier-né du programme Lebensborn, est fictif, le programme fut hélas bien réel, lui... Max s'exprime dès sa naissance avec un langage d'adulte et possède une maturité époustouflante. Mais cette forme de récit est particulièrement bien adaptée aux propos du récit. On suit ce symbole nazi du milieu des années 1930 à la prise en charge par les alliés de toutes ces jeunes victimes.

    Un roman bouleversant qui se dévore, grâce auquel j'ai encore beaucoup appris sur le nazisme, ses théories, ses pratiques. Je ressors à chaque fois de ce type de fictions documentées plus abasourdie, écoeurée, révoltée par des épisodes dont j'ignorais beaucoup.

    Edition jeunesse, dès 15-16 ans.
    (PS : Encore dans les années 1970, ces maternités étaient considérées comme une simple rumeur, donnant lieu à une grande puissance fantasmatique (...) jusqu'à ce que Georg Lilienthal, un jeune historien spécialiste de la médecine SS, y consacre sa thèse en 1985. - source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lebensborn)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 30         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par AlexandreF, le 10 janvier 2014

    AlexandreF
    Max est un roman de Sarah Cohen-Scali, publié le 31 Mai 2012 qui a remporté le Prix Sorcières en 2013. Ce roman de 480 pages, publié chez Gallimard Jeunesse dans la collection Scripto, n'est pas destiné aux plus jeunes de par son sujet difficile ; il est en effet destiné aux adolescents à partir de 15 ans. On peut le considérer comme un roman historique, contextualisé à la première personne, ce qui est assez déroutant de prime abord.
    Nous pouvons résumer l'histoire de la façon suivante : En 1936, à Steinhöring en Bavière une voix nous parvient de l'intérieur du ventre d'une mère, d'une « frau ». C'est Max, ou Konrad von Kebnersel, qui nous parle et c'est lui qui nous racontera toute son histoire. Sa mère est dans une « pouponnière » des plus immondes. Cette pouponnière en est une parmi d'autres, toutes issues du programme « Lebensborn » initié en Décembre 1935 par Heinrich Himmler, le tristement célèbre proche et collaborateur d'Adolf Hitler. La mère fait partie de ces nombreuses jeunes filles répondant aux exigences sélectives qui « travaillent » pour le compte du Reich en portant l'enfant d'un SS qu'elles ne verront qu'une seule fois pour la conception de cet enfant. Les enfants, si ils répondent aux exigences de la pureté aryenne mises en place par le régime, sont enlevés de leurs mères pour intégrer des écoles ou des Napolas afin de parfaire leur éducation nationaliste et fanatique.
    Max désire du plus profond de son être naître le 20 Avril 1936 à minuit et une minute afin d'être le premier enfant issu de ce programme mais aussi afin de naître le même jour que son idole, son maître à penser qu'il admire tant dés le stade embryonnaire, Adolf Hitler. Il « réussit » à naître comme il le décide et devient l'être parfait et exemplaire de la race aryenne : cet être fabriqué a de beaux cheveux blonds, des yeux bleus profonds et comme il le dit lui-même « un visage d'ange ». Il va passer le début de son enfance dans ce centre Lebensborn en rejetant toute affection, tendresse ou tout autre sentiment synonyme pour lui de faiblesse. Il ne veut pas décevoir son idole et se doit d'être dur comme l'acier et coriace comme le cuir. Il va même jusqu'à être baptisé par le Furher en personne ce qui l'emplira d'une extrême fierté.

    Dés la couverture le ton est donné : un embryon anonyme car sans visage, un brassard nazi sur le bras droit. le tout est déposé sur un fond rouge sang. Ce fœtus est entouré d'indications métriques concernant la forme de son crâne, sa taille, l'angle entre son nez et sa tête, la mesure de ses mains ou de ses pieds. A cela s'ajoute, écrit en blanc, le titre de l'ouvrage qui est aussi le nom du personnage principale par lequel nous aurons connaissance de l'Histoire et de l'histoire : Max. Ce prénom est écrit en caractère gothique, plus précisément en antiqua qui était la police de caractère dite aryenne. L'horreur est présente dés la couverture. Elle choque, elle frappe mais elle représente vraiment les centres Lebensborn, de l'eugénisme du nazisme mis en pratique.
    L'écriture est crue, dure et sans détour. La narration est à la fois simple et lourde de sens, sans pour autant omettre des détails historiques. En effet, Sarah Cohen-Scali, diplômé de philosophie et d'art dramatique, nous offre à la fin de son ouvrage ses pistes de réflexions et ouvrages de références qu'elle a utilisé pour se documenter. Les péripéties sont inventées mais sont représentatives du destin de milliers d'enfants nés dans ces laboratoires. Max est un enfant parmi d'autre, il est l'emblème de tous ces enfants nés dans l'horreur et par l'horreur : tués (pour ceux qui ne correspondent pas aux exigences) ou utilisés pour le compte du régime de l'infâme.
    Les personnages secondaires ne sont pas caricaturaux : ils sont simples et clairement identifiables avec une psychologie qui leur est propre. On comprend ce que l'on nous narre sans un effort particulier d'immersion active. le lecteur est absorbé, il est intégré dés le début de l'ouvrage. Même si les mots de l'auteur n'ont été couchés que récemment, la noirceur de l'Histoire qu'ils décrivent est réelle et pas si éloignée.
    Ce roman est hybride : on se plaît à lire l'horreur car elle nous fait réfléchir. Ces personnages nous interpellent, nous assomment presque dans l'abject qu'ils font subir ou qu'ils subissent. Ce plaisir de lire un auteur talentueux est donc mêlé à la réflexion et l'incompréhension de la réalité qu'elle décrit. Ce livre n'est pas destiné aux plus jeunes. L'éditeur nous mentionne dés 15 ans, mais j'opterais pour une lecture accompagnée par un adulte ayant pleinement compris les enjeux de l'ouvrage, même pour les adolescents. le thème est en effet très difficile, l'horreur est indescriptible mais la connaissance de celle-ci est absolument nécessaire. le vertige et le malaise que cette lecture suscite prouvent que l'ouvrage est réussi, très bien documenté et d'une utilité publique certaine.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Cecile0778, le 12 janvier 2014

    Cecile0778
    « 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais règnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler ! »
    Le roman débute en 1936 à Steinhöring en Bavière dans un ancien hôpital psychiatrique transformé pour l'occasion en nurserie. Des femmes sélectionnées par les nazis y mettent au monde des enfants aryens dans le cadre du programme « Lebensborn » initié par les services de Himmler. On suit l'histoire de ce petit narrateur qui n'est pas encore sorti du ventre de sa « frau ». Il s'appelle Max comme sa mère aime à le nommer ou Konrad von Kebnersel comme il est inscrit sur les registres après avoir passé les tests de naissance : poids, taille, futur couleur des yeux, futur couleur des cheveux. Il est le premier né du Lebensborn et grâce à cela il aura l'honneur d'être baptisé par le führer en personne (ce qui lui donnera d'ailleurs son surnom de BPFP). Max est fier de son statut de premier, d'être un aryen et d'avoir était baptisé par le führer, il est un pur produit de l'Allemagne qu'il considère comme sa mère et du führer qu'il considère comme son père. A l'âge où il peut être adopté par de bonnes familles nazies, aucun homme n'est assez bien gradé pour lui. Il arrive à esquiver chaque adoption potentielle et reste dans l'institut comme mascotte. Il voit ainsi défiler les différentes « portées » de nourrisson. Il se fera même, au sein de l'institut, kidnappé par une prisonnière qui a perdu son enfant à cause des nazis et voit en lui son fils. Mais amaigri par son statut de prisonnière elle ne peut le nourrir, surtout en se cachant au fond d'une cave sans nourriture. Il a la chance d'être retrouvé dans les bras de la femme morte de faim et d'épuisement. Il est très affaibli mais reprend rapidement des forces grâce au bon traitement du médecin en chef et des infirmières mais aussi à son esprit combattant.
    C'est à 4 ans qu'on lui confie une mission hors de l'institut. Dans une maison réquisitionnée, qu'il va aider les brownschwester à kidnapper des enfants polonais aryens. Il devient ami avec ces derniers pour soutirer des informations comme le nombre d'enfants et leur adresse. Grâce à lui, beaucoup d'enfants sont kidnappés et envoyé dans des centres d'éducation pour en faire des parfaits petits germaniques.
    A 6 ans il va rentrer dans ces centres pour aider les formateurs à prendre la main sur ces enfants en étant le parfait exemple de l'enfant germanisé. Un soir il sort de sa chambre et décide d'assister aux examens d'entrée et découvre Lukas, son double en plus âgé. Il se prend aussitôt d'affection pour cet enfant qui ne baisse pas les yeux et ne montre aucun signe de peur. Mais il se rend vite compte que son instinct vindicatif, fait de Lukas un bien mauvais élève qui ne se laisse pas formater facilement. Il commence à avoir de la haine pour celui qui ne se laisse pas mater qui ne rentre pas dans le rang malgré l'aide qu'il essaye de lui donner. Ils vont jusqu'à se battre presque à mort en apprend que Lukas en plus d'être polonais est juif. C'est sous le regard du médecin qu'ils vont se battre, celui-ci verra dans ce combat deux futurs SS et les enverra dans un centre paramilitaire pour apprendre à devenir de vrais soldats. Mais malgré tout Max a de l'amour fraternel pour Lukas, malgré le fait qu'il soit juif. Il devient son petit frère et est perdu sans lui.
    Ce livre m'a beaucoup plu par son aspect historique très bien documenté. de plus, il y a très peu de bons documentaires ou de bons ouvrages sur les Lebensborn. Peu de personne sont au courant de cette page de l'histoire du nazisme, et Max de Sarah Cohen-Scali est d'une véracité rare. Il est déconseillé à un public de moins de 15 ans ce qui me semble juste. Bien qu'il peut être à mes yeux, lu par des 3e dans le cadre des cours d'histoire. Sa lecture doit être accompagnée et explicitée pour ne pas laisser l'enfant déboussolé. Je trouve que ce livre est très intéressant pour comprendre l'endoctrinement des jeunes dans ces périodes troublées. Et cela est très rare de pouvoir se mettre dans la peau de l'ennemi. On évolue en même temps que lui, Max se pose des questions sur le régime de manière rapide mais elles sont là. Comment Lukas peut-il être aryen et juif en même temps ? Comment peut-il aimé son ennemi ? Je trouve que c'est quelque chose qui n'est pas assez abordé et pourtant cela permet de comprendre beaucoup de chose de notre histoire. La haine raciale qu'il y a eu à cette époque. Mais aussi comprendre comment certain ont pu fraterniser avec l'ennemi (des deux côtés). J'aime le fait qu'on replace cet ennemi à son vrai statut de base, avant tout un être humain.
    le texte est très rythmé, il arrive toujours quelque chose à Max et chacune de ses histoires sont de plus en plus noires. Même la couverture à quelque chose de sombre. Ce fœtus noir au brassard nazi, pose des questions avec les mesures prisent de son crâne, mains pieds. Tout est déjà choquant, le fond rouge sanguinaire tranche avec le fœtus. Max est écrit en antiqua qui est la typologie favorite du régime nazi.
    Voilà un livre de littérature de jeunesse parfait à mon sens : il s'agrippe à nous et nous empêche de le refermer avant de l'avoir fini mais aussi il ne nous laisse pas indemne. Ce livre nous interroge (et nous à sa place, qu'est-ce qu'on aurait fait ?), il nous bouleverse, bref il nous change à jamais.
    Ce livre est reservé à un public de lecteur amateur, les débutants pourraient être troublés par les nombreux termes allemands qui se présentent tout au long du texte. A moins que ce dernier ne soit passionné par la 2nd guerre mondiale.
    « 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais règnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler ! »
    Le roman débute en 1936 à Steinhöring en Bavière dans un ancien hôpital psychiatrique transformé pour l'occasion en nurserie. Des femmes sélectionnées par les nazis y mettent au monde des enfants aryens dans le cadre du programme « Lebensborn » initié par les services de Himmler. On suit l'histoire de ce petit narrateur qui n'est pas encore sorti du ventre de sa « frau ». Il s'appelle Max comme sa mère aime à le nommer ou Konrad von Kebnersel comme il est inscrit sur les registres après avoir passé les tests de naissance : poids, taille, futur couleur des yeux, futur couleur des cheveux. Il est le premier né du Lebensborn et grâce à cela il aura l'honneur d'être baptisé par le führer en personne (ce qui lui donnera d'ailleurs son surnom de BPFP). Max est fier de son statut de premier, d'être un aryen et d'avoir était baptisé par le führer, il est un pur produit de l'Allemagne qu'il considère comme sa mère et du führer qu'il considère comme son père. A l'âge où il peut être adopté par de bonnes familles nazies, aucun homme n'est assez bien gradé pour lui. Il arrive à esquiver chaque adoption potentielle et reste dans l'institut comme mascotte. Il voit ainsi défiler les différentes « portées » de nourrisson. Il se fera même, au sein de l'institut, kidnappé par une prisonnière qui a perdu son enfant à cause des nazis et voit en lui son fils. Mais amaigri par son statut de prisonnière elle ne peut le nourrir, surtout en se cachant au fond d'une cave sans nourriture. Il a la chance d'être retrouvé dans les bras de la femme morte de faim et d'épuisement. Il est très affaibli mais reprend rapidement des forces grâce au bon traitement du médecin en chef et des infirmières mais aussi à son esprit combattant.
    C'est à 4 ans qu'on lui confie une mission hors de l'institut. Dans une maison réquisitionnée, qu'il va aider les brownschwester à kidnapper des enfants polonais aryens. Il devient ami avec ces derniers pour soutirer des informations comme le nombre d'enfants et leur adresse. Grâce à lui, beaucoup d'enfants sont kidnappés et envoyé dans des centres d'éducation pour en faire des parfaits petits germaniques.
    A 6 ans il va rentrer dans ces centres pour aider les formateurs à prendre la main sur ces enfants en étant le parfait exemple de l'enfant germanisé. Un soir il sort de sa chambre et décide d'assister aux examens d'entrée et découvre Lukas, son double en plus âgé. Il se prend aussitôt d'affection pour cet enfant qui ne baisse pas les yeux et ne montre aucun signe de peur. Mais il se rend vite compte que son instinct vindicatif, fait de Lukas un bien mauvais élève qui ne se laisse pas formater facilement. Il commence à avoir de la haine pour celui qui ne se laisse pas mater qui ne rentre pas dans le rang malgré l'aide qu'il essaye de lui donner. Ils vont jusqu'à se battre presque à mort en apprend que Lukas en plus d'être polonais est juif. C'est sous le regard du médecin qu'ils vont se battre, celui-ci verra dans ce combat deux futurs SS et les enverra dans un centre paramilitaire pour apprendre à devenir de vrais soldats. Mais malgré tout Max a de l'amour fraternel pour Lukas, malgré le fait qu'il soit juif. Il devient son petit frère et est perdu sans lui.
    Ce livre m'a beaucoup plu par son aspect historique très bien documenté. de plus, il y a très peu de bons documentaires ou de bons ouvrages sur les Lebensborn. Peu de personne sont au courant de cette page de l'histoire du nazisme, et Max de Sarah Cohen-Scali est d'une véracité rare. Il est déconseillé à un public de moins de 15 ans ce qui me semble juste. Bien qu'il peut être à mes yeux, lu par des 3e dans le cadre des cours d'histoire. Sa lecture doit être accompagnée et explicitée pour ne pas laisser l'enfant déboussolé. Je trouve que ce livre est très intéressant pour comprendre l'endoctrinement des jeunes dans ces périodes troublées. Et cela est très rare de pouvoir se mettre dans la peau de l'ennemi. On évolue en même temps que lui, Max se pose des questions sur le régime de manière rapide mais elles sont là. Comment Lukas peut-il être aryen et juif en même temps ? Comment peut-il aimé son ennemi ? Je trouve que c'est quelque chose qui n'est pas assez abordé et pourtant cela permet de comprendre beaucoup de chose de notre histoire. La haine raciale qu'il y a eu à cette époque. Mais aussi comprendre comment certain ont pu fraterniser avec l'ennemi (des deux côtés). J'aime le fait qu'on replace cet ennemi à son vrai statut de base, avant tout un être humain.
    le texte est très rythmé, il arrive toujours quelque chose à Max et chacune de ses histoires sont de plus en plus noires. Même la couverture à quelque chose de sombre. Ce fœtus noir au brassard nazi, pose des questions avec les mesures prisent de son crâne, mains pieds. Tout est déjà choquant, le fond rouge sanguinaire tranche avec le fœtus. Max est écrit en antiqua qui est la typologie favorite du régime nazi.
    Voilà un livre de littérature de jeunesse parfait à mon sens : il s'agrippe à nous et nous empêche de le refermer avant de l'avoir fini mais aussi il ne nous laisse pas indemne. Ce livre nous interroge (et nous à sa place, qu'est-ce qu'on aurait fait ?), il nous bouleverse, bref il nous change à jamais.
    Ce livre est reservé à un public de lecteur amateur, les débutants pourraient être troublés par les nombreux termes allemands qui se présentent tout au long du texte. A moins que ce dernier ne soit passionné par la 2nd guerre mondiale.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique


Critiques presse (2)


  • Actualitte , le 03 août 2012
    Ce livre est assez effrayant, dérange et repousse par moments mais retient la plupart du temps et mène le lecteur, sans ménagement, jusqu'aux confins de l'horreur. Une histoire qui interpelle, secoue, interroge et ne laisse pas indifférent, qu'on soit ado ou parent.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Ricochet , le 26 juillet 2012
    Le narrateur, au lieu de provoquer l’adhésion du lecteur, le choque, le provoque et finalement l'intrigue (tout comme d'ailleurs la couverture de ce roman), l'incitant à chercher une faille dans ce monstre enfanté par le IIIème Reich.
    Lire la critique sur le site : Ricochet

> voir toutes (65)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Pays_des_contes, le 05 août 2012

    Je crois que maman a eu mal, lorsqu'elle s'est unie à mon père.
    Je crois qu'elle ne connaissait pas la signification du mot codé schwester.
    Je crois qu'elle a failli renoncer et s'enfuir, elle aussi. Mais mon futur père et moi, nous avons encouragé. Mon père, en lui faisant boire une bonne rasade de schnaps, pour la réchauffer, pour qu'elle se détendre et se prête à son devoir. Quant à moi, moi qui n'étais alors qu'une vague idée dans l'esprit de maman, juste une voix intérieure, je n'ai cessé aussi de la stimuler en lui répétant : « Il faut le faire, maman ! Il le faut ! Pour le mouvement national-socialiste ! Pour le Reich ! Pour ses mille ans de règne ! Pour le futur ! » Alors elle a gardé les yeux rivés sur le portrait du Führer, accroché au mur dans la chambre claire et froide. Elle a serré les dents et elle a tenu bon.
    Elle l'a fait.
    Et je suis là.
    Et maintenant il est minuit passé, j'y vais.
    Je sors !
    Vite ! le plus vite possible ! Je veux être le premier de notre Heim à naître le 20 avril. Dans les salles d'accouchement, j'ai déjà plusieurs rivaux potentiels. Il me faut les devancer, ne serait-ce que d'une seconde.
    Encouragez-moi !
    Pensez à ce que je vous ai dit : je DOIS être blond. Je DOIS avoir les yeux bleus. Je DOIS être vif.
    Élancé.
    Dur.
    Coriace.
    De l'acier de Krupp.
    Je suis l'enfant du futur. L'enfant conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage.
    Heil Hitler !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par MyDiogeneClub, le 16 juin 2013

    'Mort miséricordieuse': Cela signifie que les bebes, une fois arrives au pavillon 15, sont tués. 'La mort misericordieuse' n'est pas exactement synonyme de 'désinfection' ou 'reinstallation', c'est différent, plus subtil, c'est 'donner la mort suite a une maladie declaree'. Parce que voila, les medecins des Heime se sont rendus compte que, meme si nous autres, enfants de pure race aryenne, avons ete programmés avec le plus grand soin, la plus grande rigueur, meme si nous sommes le fruit d'un accouplement irreprochable, une fois nes, nous ne sommes pas a l'abri d'une maladie qui se declare avec la croissance. Triste constat. Enorme déception. Klaus, par exemple, était affligé d'un bec-de-lievre, Edith etait atteinte de surdité, et Markus souffrait d'asthme. D'autres defauts encore avaient ete decouverts chez tel ou tel bebe, ailleurs qu'a Steinhoring. Ces tares etaient inadmissibles pour la nouvelle generation des seigneurs et maitres que nous etions censes representer.
    Pourquoi? s'interrogeaient les medecins. Quelle pouvait-etre la cause, l'origine precise de ces maladies de croissance? Comment vaincre les anomalies congenitales? Pour remedier au probleme, il fallait chercher. Faire des experiences. Des tests.
    Sur les bebes malades amenés au pavillon 15.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par canel, le 28 juillet 2012

    (...) la liste des principes auxquels toutes les 'Frauen' doivent se soumettre pour servir la patrie :
    1) Il n'est pas de métier plus noble pour une fille que celui d'épouse ou de mère.
    2) La femme ne doit être ni intellectuelle ni indépendante.
    3) La position sociale d'une femme est fonction du nombre d'enfants qu'elle aura mis au monde.
    4) La femme ne travaillera pas en dehors du foyer.
    (p. 56)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par canel, le 29 juillet 2012

    Exercice de maniement du couteau. La cible sur laquelle nous nous exerçons n'est pas un disque où sont tracés une succession de cercles concentriques. L'instructeur en a fait fabriquer une spécialement pour notre groupe, afin de nous motiver tout en nous amusant. C'est une silhouette d'homme, grandeur nature. Elle représente un Juif. Un vieux Juif au nez plongeant sur la bouche, vêtu de hardes noires et crasseuses, aux doigts crochus en forme de pinces. Il a un abdomen difforme et, à la place du coeur, une grosse pièce d'or. C'est bien évidemment cette pièce que nous devons viser si nous voulons réussir notre tir. (p. 294)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par Chatton, le 07 juin 2013

    - Je sais qui sont ces bébés. Je sais comment ils ont été fabriqués. Je sais qui les a fabriqués, qui a demandé qu'on les fabriques, qui les a triés pour ne garder que les plus réussis. Je sais où vos soldats peuvent en trouver d'autres. Je sais tout. J'ai été le premier de ces bébés.

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
15,10 € (neuf)
11,60 € (occasion)

   

Faire découvrir Max par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Lecteurs (665)

> voir plus

Quiz