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BELLA-VISTA parut en 1937 aux Éditions Ferenczi, "Trois, six, neuf" en 1944 chez Corréa. Les deux sont réunis dans le "Livre de Poche".
BELLA-VISTAQuelques mots sur ces histoires qui ne laissent pas indifférents et contiennent chacune une part de mystère :
•
BELLA-VISTA : Je fus très impressionnée lors de la lecture de cette nouvelle dans laquelle
Colette se met en scène en utilisant le "je". Les lieux, les évocations la rendaient d'une réalité étonnante et ce fut longtemps après que je pus décrypter la réalité de la fiction (comme souvent chez
Colette). une auberge en provence, un homme étrange qui provoque une répulsion chez les perruches du lieu et chez la chienne de l'écrivain, des propriétaires étonnantes et
Colette observant le tout, créant en nous le malaise, l'envie de savoir et un sentiment d'inquiétude...
•Gribiche : Tristesse sans sensiblerie, témoignage de la dureté de la vie pour une figurante malmenée par l'existence et l'amour dont le fruit est difficilement tolérable...
•Le rendez-vous : le poids de l'égoïsme...
•Le sieur Binard : Histoire trouble, dérangeante. Témoignage d'un souvenir des quinze ans de
Colette. Une histoire que "
Sido" n'aimait guère évoqué... au temps où les choses se disaient difficilement.
Trois six neuf"Quand le logis a rendu tout son suc, la simple prudence conseille de le laisser là. C'est un zeste, une écale. Nous risquons d'y devenir nous-mêmes la pulpe, l'amande, et de nous consommer jusqu'à mort comprise. Plutôt partir, courir l'aventure de rencontrer, enfin, l'abri qu'on n'épuise point :
Tous les périls sont moindres que celui de rester."
Cette superbe et si juste phrase m'a accompagnée lors de
Tous mes déménagements et elle reste continuellement présente...
Colette, une leçon de vie, une philosophie, une façon d'être... peu importe la phrase qu'on lui accole... Il y a quelque chose à prendre dans
Tous ses écrits et celui-ci est particulièrement juste, encourageant pour ceux qui ferment les yeux, se bouchent les oreilles, geignent au seul mot de "déménagement"! Dans ce court recueil, nous la suivons dans quelques uns de ses logis. Elle nous raconte ses péripéties, ses nouvelles appropriations de lieux avec bon sens et humour (
Colette "avouait" quinze déménagements). Et j'aime à imaginer la "magicienne" décrite par
Maurice Goudeket, son troisième mari, dans la préface :
"Et puis, au plaisir de défaire un logis s'ajoutait immédiatement celui d'en refaire un autre et de lui donner, en un minimum de temps,
Tous les caractères de la durabilité."