Ajouter une critique

Critiques sur L'Ingénue libertine (3)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette le 01/01/2012


    Minne est l'enfant chérie d'une veuve inquiète et très protectrice. Blonde enfant aux cheveux d'argent, Minne s'étourdit en lisant les aventures et les hauts-faits des canailles qui sévissent la nuit dans les faubourgs. « Pour Minne, tout cela est monstrueux et simple à la manière d'un roman d'autrefois. Elle sait, à n'en pas douter, que la bordure pelée des fortifications est une terre étrange, où grouille un peuple dangereux et attrayant de sauvages, une race très différente de la nôtre. » (p. 18) Dans ses rêves échevelés de petite fille, elle se voit au bras du Frisé, le célèbre coquin que les forces de l'ordre échouent à attraper, et régnant sur le monde des malfrats et des assassins parisiens. Que lui importe alors la fébrile admiration de son cousin Antoine, adolescent hésitant et maladroit ! Chipie aux idées terribles, Minne joue à la femme et essaie son pouvoir naissant sur ce pauvre cousin balbutiant et timide. « Antoine éprouve l'indigence des moyens de plaire, et qu'un amoureux ne saurait être beau, s'il n'est aimé… » (p. 51)
    Mais les rêves de Minne la conduisent une nuit hors du nid maternel. Au terme de cette équipée tiède, il ne lui reste qu'à épouser Antoine. Si le garçon est follement reconnaissant d'avoir reçu Minne pour épouse, la jeune mariée cherche dans d'autres bras la passion qui manque à son couple. Mais d'amant en amant, se donnant sans chaleur, Minne ne trouve pas le plaisir que Tous les Romans chantent avec ardeur. Où la trouver cette fameuse extase ? « J'ai couché avec lui et trois autres, en comptant Antoine. Et pas un, pas un, vous entendez bien, ne m'a donné de ce plaisir qui les jetait à moitié mort à côté de moi ; pas un ne m'a assez aimée pour lire dans mes yeux ma déception, la faim et la soif de ce dont, moi, je les rassasiais. » (p. 158) Peut-être lui faut-il d'abord trouver l'amour mais, là encore, où se trouve-t-il ?
    C'est avec plaisir que j'ai suivi les folles errances de Minne, enfant gâtée à l'imagination viciée. Mais bien davantage, j'ai éprouvé une tendresse agacée pour Antoine, mari amoureux disposé à Tous les sacrifices tant qu'il garde auprès de lui une épouse indifférente. Colette parle avec humour de l'adultère : « Pourvu qu'une femme ait des faiblesses, la force du mari, moi, je m'en fiche ! » (p. 103) Voilà qui est dit et on se demande qui est la moins farouche, l'héroïne ou l'auteure…
    C'est avec audace que Colette aborde la question de la quête du plaisir féminin. Au lieu de le considérer comme une fin en soi, elle en fait la preuve de l'existence de l'amour selon une conception très romantique et romancée de la relation physique. L'écriture est enlevée et un brin insolente : Colette se doutait qu'un tel sujet ne laisserait personne indifférent. Aujourd'hui, un siècle plus tard, la formule fonctionne toujours !

    critique de qualité ? (18 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin le 03/03/2012


    Pour ce livre, je me suis trouvée à devoir battre en brèche Tous mes préjugés concernant Colette, qui, je ne sais pourquoi, s'était imposée dans mon esprit comme un écrivain un peu “planplan”. Alors que je n'avais rien lu d'elle. C'est chose faite maintenant, et je suis encore sous le choc : je ne m'attendais pas au traitement d'un tel sujet, une jeune fille, Minne, qui cherche à tout prix le plaisir dans les rapports sexuels et passe de bras en bras. le roman est composé de deux parties : la jeunesse de Minne (où elle rêve de bandits et de mauvais garçons dont elle deviendrait la Reine de la nuit) puis sa vie de femme mariée (proprement libertine). Ce roman était, à l'origine, deux courts récits : Minne et Les Egarements de Minne, qui ont ensuite été accolés, dans la logique de l'histoire.

    Pas si ingénue que ça, au final, mais bien libertine ! C'est en cela que Colette est résolument moderne, en faisant de cette jeune femme le symbole de la revendication du plaisir féminin.

    « J'ai couché avec lui et trois autres, en comptant Antoine. Et pas un, pas un, vous entendez bien, ne m'a donné de ce plaisir qui les jetait à moitié mort à côté de moi ; pas un ne m'a assez aimée pour lire dans mes yeux ma déception, la faim et la soif de ce dont, moi, je les rassasiais. »

    Cependant, si le roman se termine sur une note positive, c'est aussi un bémol posé au libertinage, puisque Minne ne va trouver ce plaisir qu'avec son mari. En bref, Mesdames, ne cherchez pas plus loin que votre lit conjugal ! Une leçon pour toutes les jeunes filles qui se donnent des airs de Minne …

    Donc certes, j'ai comblé une lacune. Mais finalement je n'ai pas tellement apprécié le style de Colette ni pris de réel plaisir à cette histoire, à la fois énervée contre Minne et contre la société bourgeoise engoncée dans ses traditions.


    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/03/02/rdl-3-les-livres-que-..

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Lune le 09/02/2011


    Lorsque ces Romans parurent, Minne (1904) et les Égarements de Minne (1905), le public s'imagina qu'une nouvelle série naissait, faisant le pendant à celle des Claudine. Peu à peu Colette brisait le joug et de ces deux livres, elle en fit un seul qui devint L'ingénue libertine. Livre où l'on ressent encore l'influence des ateliers de Willy, littérature qui si elle n'était sauvée par ce style unique et incomparable, pourrait être qualifiée de littérature mineure.

    La recherche sensuelle d'une adolescente "ingénue" à l'âme parfois noire sous l'aile d'une jeune mère trop tôt veuve, en admiration devant ce qu'elle a créé et qui l'effraye, l'éveil sensuel lent d'une femme peu farouche, 251 pages (en livre de poche) qui nous plongent dans un monde parisien futile et factice où ce "baby de magazine anglais" ne pense qu'à nourrir le petit animal qui vit en elle. Aucune pensée, aucun autre occupation qu'elle-même, une galerie de portraits d'hommes insignifiants et celui de Maugis, le vieil homme bedonnant qui fait tant penser à Willy, le premier mari de Colette de quinze ans son aîné. A titre documentaire, l'évocation des "fortifs" et des "apaches" nous conduit à nous intéresser à une frange sociale de cette époque.

    Comme dans les Claudine et plus tard dans Mitsou, Colette utilise le "je" qui disparaît dans ses autres livres.

    On peut dire que ce roman représente l'agonie de sa servitude de nègre. Ces deux livres repris et modifiés paraîtront sous le titre de L'ingénue libertine en 1909

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'Ingénue libertine par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (77)

> voir plus

Quiz