Colette disait qu'elle avait beaucoup plus de difficultés à traiter "
La Fin de Chéri" que "
Chéri". L'enfant gâté a grandi. La guerre (14/18) est passée par là et comme beaucoup d'hommes,
Chéri en revient envahi d'un mal être qui le rend tour à tour misanthrope, jaloux et atteint d'un spleen dont il ne se libérera que par la mort salvatrice. Il ne lui était plus possible de croire en l'homme. Quant à l'amour, le seul véritable qu'il ait connu, le Temps l'a balayé, transformé. La belle Léa est devenue la vieille Léa dont "la jupe unie, la longue veste impersonnelle entr'ouverte sur du linge à jabot, annoncait l'abdication, la rétractation normales de la féminité, et une sorte de dignité sans sexe". Il n'en faut pas plus pour que la neurasthénie dont souffre violemment
Chéri s'entretienne et le maintienne : "Désormais, je n'occuperai partout que la moitié d'une place...". Léa et la guerre l'ont à jamais "maintenu hors du temps". C'est un de ces
Romans foisonnants de détails psychologiques qui prêtent à analyse, réflexions et échanges divers sur la condition de l'homme meurtri et désabusé par des conflits qui le dépassent et sur l'amour, l'unique amour dont il est dit que l'on en meurt.