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ISBN : 2253004286
Éditeur : Le Livre de Poche (1978)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 254 notes)
Résumé :
Colette se propose, d'abord, au lecteur, comme la souveraine d'un royaume sensible, la reine des choses prochaines, un écrivain de la nature. Pourtant, (elle) n'est pas orientée vers la campagne à la manière des romanciers paysans. La campagne de Colette est une campagne pour citadines, une campagne dont les baumes cicatrisent les plaies du cœur. Rien ne viendra à bout d'une certitude solidement appuyée sur la terre, d'une confiance animale dans la vie qui assurera ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
kathy
kathy19 juin 2013
  • Livres 3.00/5
La Maison de Claudine publié en 1922, raconte, par une suite de courtes nouvelles autobiographiques, la jeunesse de l'auteur à la campagne, ses souvenirs d'une enfance heureuse, en Bourgogne dans les années 1870. Colette dépeint tour à tour, sa mère, son père et quelques-uns de ses animaux de compagnie.
Malgré le titre « La maison de Claudine », il n'est dans ces nouvelles, nullement question d'un retour à l'époque des « Claudine », personnage principal d'une longue série de livres, qui lancèrent la carrière de l'auteur.
On peut regrouper les nouvelles de la Maison de Claudine autour de certains personnages :
-La mère, Sido :
Son amour maternel : « Où sont les enfants ? », « L'Enlèvement », « Amour ».
Son passé : « le Sauvage », « La "Fille de mon père" ».
Sa personnalité : « Ma Mère et les livres », « Ma Mère et les bêtes », « Ma Mère et le curé », « Ma mère et la morale », « le Rire », « Ma Mère et la maladie », « Ma Mère et le fruit défendu ».
-Le père : « Propagande », « Papa et Mme Bruneau », « le Manteau de spahi ».
Le portrait de Colette enfant : « La Petite », « le Curé sur le mur ».
-Ses souvenirs d'autres personnes : « La Noce », « Mode de Paris», « La Petite Bouilloux », « L'Ami », « Ybanez est mort ».
-Le frère et la soeur : « Épitaphes », « Ma Soeur aux longs cheveux », « Maternité ».
-Les animaux :
Les chiens : « La Toutouque », « La "Merveille" », « Bellaude ». Les félins : « Bâ-Tou », « Les Deux Chattes », « Chats ».
-Et d'autres réminiscences : Bel-Gazou : « le Veilleur », « Printemps passé », « La couseuse », « La Noisette creuse ».
Au final, Colette nous invite - par ses fines descriptions de la nature, de ses personnages et des animaux - à faire une PAUSE. Une pause pour nous raconter des histoires simples où le temps semble s'être arrêté. Une pause pour nous convier à goûter les bonheurs simples mais intenses - source d'amour, d'émerveillement, de quiétude, d'harmonie et d'inspiration.
Bref, 35 courtes nouvelles pleines de poésie.

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brigittelascombe
brigittelascombe28 juin 2011
  • Livres 4.00/5
Sidonie Gabrielle Colette, écrivain français du XIX° siècle connue sous le nom de Colette pour son oeuvre prolifique, a écrit la série des "Claudine" entre 1900 et 1903, en collaboration avec son premier mari Willy. "La maison de Claudine" ne s'apparente pas à cette série, à moins qu'elle n'ait écrit "Les Claudine" dans cette maison d'enfance, coiffée d'un grenier haut, à la grille brandie en l'air par une glycine centenaire, dont ce livre nous relate les souvenirs.
La mère, bien sûr, encore et toujours.
La mère, Sido,tour à tour, jeune fille, dont le buste pliait gracieusement qui a épousé en premières noces "le sauvage" auprès duquel, elle si vive, languissait.
Sido, femme amoureuse du capitaine qui lui fait deux autres enfants et dont Colette surprend la complicité même au temps de la vieillesse.
"Sous un sourcil de vieillard, la férocité de l'amour, et sur des joues flétries de feme la rougeur de l'adolescence".
Sido, mère omniprésente qui crie :"Où sont les enfants?" dés qu'ils lui échappent, qui surnomme Colette 'Minet chéri' ou 'La petite'.
Sido, l'épouse meurtrie par les dettes du capitaine qui doit affronter les ragots du village et les facheries avec sa fille Juliette, dédaigneuse.
Sido, dans toute sa grandeur qui se campe dans le jardin, telle un monument qui tangue, souffre, oscille en cadence pour aider celle qui accouche de l'autre côté du mur, celle dont elle entend la plainte et brise par la pensée le mur des incompréhensions.
Voilà pour moi le passage le plus émouvant et le plus fort de ce récit truffé d'anecdotes parfois gaies ou tristes à l'image d'une vie.
Colette, surnommée Bel gazou par son père, un nom aux consonnances des mille et une nuits, donné par la suite à sa fille, dévoile son amour des mots et des chats, son imagination fertile et son approche de la lecture.
Ne chuchote t elle pas au fil des pages?: "Je restais rêveusement suspendue à un parfum, une image suscitée: l'odeur du chocolat en briques molles, la fleur éclose sous les pattes du chat errant" , c'est ce genre de rêve là que sa poésie nous permet de vivre comme si ses souvenirs étaient les notres.
Ce roman s'inscrit dans une lignée familiale, trasmet son héritage et nous ouvre comme par magie la porte d'un jardin à la prose merveilleuse.
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Lune
Lune09 février 2011
  • Livres 5.00/5
S'il fallait jouer au jeu des "Cinq livres à emporter sur une île déserte", celui-ci en ferait partie. de l'émouvant "Où sont les enfants?" en passant par "Le curé sur le mur" jusqu'aux textes évoquant Bel-Gazou, sa fille, tout n'est que délices. Claudine devient ici Colette à part entière. Guidée par la main de Gabrielle, nous découvrons ce qui bâtira une grande partie de l'univers de celle qui deviendra Colette, rare écrivain dont le nom de famille deviendra un patronyme connu du monde entier. Tous apparaissent : Sido, la mère tutélaire; le capitaine, père doux rêveur aux rêves d'écrivain inassouvis (comme c'est curieux!). Achille, le frère séducteur, Léo, "l'elfe" marginal, Juliette, l'étrange demi-soeur. le village et ses habitants se dressent en fond de ces souvenirs : ainsi le curé Millot dont on découvre, émus, la plaque commémorative dans l'église de Saint-Sauveur en Puisaye - c'était donc vrai! -, le clocher toujours foudroyé... Nous assistons à une enfance heureuse dans un gros bourg campagnard paisible et guetteur derrière ses fenêtres mi-closes par des rideaux mousseux de la blancheur du lait... Tout est là qui fera de Colette un des grands écrivains de la nature et de l'observation, parfois caustique, de l'âme humaine.
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stendhalsyndrome
stendhalsyndrome02 octobre 2014
  • Livres 4.00/5
Une collection de souvenirs qui semblent s'appeler les uns les autres, transfigurés par une écriture élégante et sensuelle, sachant éveiller le goût, l'odorat, la vue et l'ouïe à la fois.
La maison de Claudine, c'est avant tout le château de ma mère de Colette, un hommage malicieux à une femme pleine de vie et d'humour. Mais c'est aussi une galerie de personnages humains et animaux brossés avec tendresse.
C'est mon premier livre de Colette, je l'avoue, et qui contribuera sans doute à m'attacher à l'auteure de sorte à influencer positivement mon avis sur mes prochaines lectures !
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sabine59
sabine5911 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
Attention, pépite !! Les souvenirs, souvent nostalgiques mais aussi frais et humoristiques de Colette sont rapportés en textes courts, évoquant surtout sa mère, la maison de l'enfance, la famille, les animaux du jardin.J'écris " pépite" car tout est magnifique , dans ce livre ! Chaque mot est parfaitement à sa place, le style est sublime, presque toutes les phrases pourraient figurer comme citations ...J'ai aimé en particulier " le curé sur le mur", où Colette enfant avait imaginé une définition toute personnelle d'un mot inconnu, entendu par hasard: "presbytère"...et quelle déception ensuite de découvrir qu'il ne s'agissait que de la maison du curé ! La figure inquiète de la mère est merveilleusement illustrée dans " Où sont les enfants ?" .Et la faune du jardin, notamment les chats, finement observée.On sent , à travers ces évocations du passé un attachement sincère à l'enfance perdue, celle d'une fillette sauvage, courant les bois, humant subtilement les odeurs avec " la supériorité de ses sens qui savent goûter un parfum sur la langue, palper une couleur et voir la ligne d'un chant imaginaire ".
S'il fallait ne retenir qu'un seul livre sur le thème des souvenirs d'enfance, pour moi , ce serait celui-là...
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN11 mai 2016
Un jour vint que le petit Ménétreau s'assit le premier sur le banc de gauche, mordant son reste de pain et gobant des cerises.
Voussard arriva en retard, au coup de cloche de l'école. Il marchait vite et gauchement, comme quelqu'un qui se hâte dans l'obscurité. Un journal ouvert qu'il tenait à la main balayait la rue. Il posa une main sur l'épaule du petit Ménétreau, se pencha et lui dit d'une voix profonde et précipitée :
- Ybanez est mort. Ils l'ont assassiné.
Le petit Ménétreau ouvrit une bouche pleine de pain mâché et bégaya :
- C'est pas vrai ?
- Si. Les soldats du roi. Regarde.
Et il déploya tragiquement, sous le nez du saute-ruisseau, le feuilleton du journal qui tremblait entre ses doigts.
- Eh ben !... soupira le petit Ménétreau... Qu'est-ce qui va arriver ?
- Ah !... Est-ce que je sais !...
Les grands bras de Voussard se levèrent, retombèrent :
- C'est un coup du cardinal de Richelieu, ajouta-t-il avec un rire amer.
Puis il ôta son chapeau pour s'essuyer le front et demeura un moment immobile, laissant errer sur la vallée ses yeux que nous ne connaissions pas, les yeux jaunes d'un conquérant d'îles, les yeux cruels et sans bornes d'un pirate aux aguets sous son pavillon noir, les yeux désespérés du loyal compagnon d'Ybanez, assassiné lâchement par les soldats du Roy.
("Ybanez est mort" - pp.113 & 114)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN10 mai 2016
Il y avait pourtant [les livres] que mon père enfermait dans son secrétaire en bois de thuya. Mais il enfermait surtout le nom de l'auteur.
- Je ne vois pas d'utilité à ce que les enfants lisent Zola.
Zola l'ennuyait, et plutôt que d'y chercher une raison de nous le permettre ou de nous le défendre, il mettait à l'index un Zola intégral, massif, accru périodiquement d'alluvions jaunes.
- Maman, pourquoi est-ce que je ne peux pas lire Zola ?
Les yeux gris, si malhabiles à mentir, me montraient leur perplexité :
- J'aime mieux, évidemment, que tu ne lises pas certains Zola...
- Alors, donne-moi ceux qui ne sont pas "certains" ?
Elle me donna "La Faute de l'abbé Mouret" et "Le Docteur Pascal", et "Germinal". Mais je voulus, blessée qu'on verrouillât, en défiance de moi, un coin de cette maison où les portes battaient, où les chats entraient la nuit, où la cave et le pot à beurre se vidaient mystérieusement, - je voulus les autres. Je les eus. Si elle en garde, après, de la honte, une fille de quatorze ans n'a ni peine ni mérite à tromper des parents au coeur pur. Je m'en allai au jardin, avec mon premier livre dérobé.
("Ma mère et les livres" - pp. 39-40)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN09 mai 2016
Le mot "presbytère" venait de tomber, cette année-là, dans mon oreille sensible, et d'y faire des ravages.
"C'est certainement le presbytère le plus gai que je connaisse..." avait dit quelqu'un.
Loin de moi l'idée de demander à l'un de mes parents : "Qu'est-ce que c'est, un presbytère ?" J'avais recueilli en moi le mot mystérieux, comme brodé d'un relief rêche en son commencement, achevé en une longue et rêveuse syllabe... Enrichie d'un secret et d'un doute, je dormais avec le mot et je l'emportais sur mon mur. "Presbytère !" Je le jetais, par-dessus le toit du poulailler et le jardin de Miton, vers l'horizon toujours brumeux de Moutiers. Du haut de mon mur, le mot sonnait en anathème : "Allez ! vous êtes tous des presbytères !" criais-je à des bannis invisibles.
Un peu plus tard, le mot perdit de son venin, et je m'avisai que "presbytère" pouvait bien être le nom scientifique du petit escargot rayé jaune et noir.
("Le curé sur le mur", pp. 32-33)
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lecottageauxlivresFannylecottageauxlivresFanny25 mai 2014
- Où sont les enfants?
Deux reposent. Les autres jour par jour vieillissent. S'il est un lieu où l'on attend après la vie, celle qui nous attendit tremble encore, à cause des deux vivants. Pour l'aînée de nous tous elle a du moins fini de regarder le noir de la vitre, le soir: "Ah! Je sens que cette enfant n'est pas heureuse...Ah! je sens qu'elle souffre...."
Pour les aîné des garçons elle n'écoute plus, palpitante, le roulement d'un cabriolet de médecin sur la neige, dans la nuit, ni le pas de la jument grise. Je sais que pour les deux qui restent elle erre et quête encore, invisible, tourmentée de n'être pas assez tutélaire: "Où sont, où sont les enfants?....."
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MadezMadez18 septembre 2014
- Quand je t'ai mise au monde, toi la dernière, Minet-Chéri, j'ai souffert trois jours et deux nuits. Pendant que je te portais, j'étais grosse comme une tour. Trois jours, ça paraît long... Les bêtes nous font honte, à nous autres femmes qui ne savons plus enfanter joyeusement. Mais je n'ai jamais regretté ma peine : on dit que les enfants, portés comme toi si haut, et lents à descendre vers la lumière, sont toujours des enfants très chéris, parce qu'ils ont voulu se loger tout près du cœur de leur mère, et ne la quitter qu'à regret...
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Vidéo de Sidonie-Gabrielle Colette
à propos de Colette par Jérôme Garcin
Soirée Colette en scène au Théâtre du Châtelet le 9 novembre 2010 avec Mathieu Amalric, Carole Bouquet, Leslie Caron, Danièle Delorme, Arielle Dombasle, Andréa Ferréol, Guillaume Gallienne, Andy Gillet, Sabine Haudepin, Juliette, Doris Lamprecht, François Le Roux, François Marthouret, Clémence Massart, Micheline Presle, Stanislas Roquette, Didier Sandre, Sabine Vatin, Karen Vourc'h
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