ISBN : 2231000466
Éditeur : LGF - Livre de Poche


Note moyenne : 3.97/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Comme Colette après sa séparation d'avec Willy, Renée Néré doit subvenir à ses besoins en se produisant sur des scènes de music©halls ; marginale et déclassée, elle devient aussi une vagabonde sentimentale qui, après quelque temps d'une liaison pourtant heureuse, retrou... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 09 février 2011

    Lune
    "J'ai devant moi, de l'autre côté du miroir, dans la mystérieuse chambre des reflets, l'image d'une femme de lettres, qui a mal tourné". On dit aussi de moi que je "fais du théâtre", mais on ne m'appelle jamais actrice. Pourquoi?"
    L'extrait de ce magnifique monologue intérieur que Renée Néré poursuit devant son miroir reflète, cent ans après sa parution, la condition de la femme "seule", la femme divorcée, la femme qui, pour subvenir à son existence et conserver sa liberté, va choisir d'exercer un métier qui n'en est pas un dans la tradition bourgeoise, la pantomine. Théâtres parisiens, soirées privées où le mépris se fera sentir envers cette "femme de lettres qui a mal tourné", tournées minables de crève-la-faim... seront momentanément la vie de cette femme qui s'affranchit du joug du premier homme, celui "dont on peut mourir".
    Elle refusera de perdre cette nouvelle vie durement conquise en échappant à l'amoureux mièvre qui se présente. Les épreuves passées, la solitude pénible valent mieux que de ne pas vivre pleinement cette liberté si chèrement acquise.
    Comme toujours le style est parfait, les images évocatrices, les portraits terriblement charnels. C'est une Renée Néré indépendante qui jaillit à travers ces pages et fait fi de tout ce que la société a proposé à l'un de ses êtres, celui qu'on appelle femme.
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    • Livres 5.00/5
    Par Louise, le 16 mars 2008

    Louise
    Un livre plein de la poésie de Colette.
    L'écrivain y expose avec finesse, à travers le portrait d'une femme divorcée travaillant comme mime pour gagner sa vie, les raisons pouvant pousser une femme à épouser un homme qu'elle n'estime pas : le besoin d'affection au quotidien, la sécurité et le confort matériels, le plaisir des sens, la pitié pour l'homme qui la désire…Même si le Pacs ou le concubinage remplacent aujourd'hui souvent le mariage, un sujet toujours d'actualité, pour les hommes comme pour les femmes !
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    • Livres 4.00/5
    Par lailasamburu, le 15 octobre 2010

    lailasamburu
    Après l'échec d'un premier amour ce livre décrit tout en sensibilité les hésitations et les doutes qui ressurgissent à l'aube d'un deuxième amour. Ecrit tout en sensibilité, pour nous faire partager le cheminement intérieur d'un choix : l'amour et ses entraves, ou la liberté dans la solitude…
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    • Livres 1.00/5
    Par wictoria, le 08 janvier 2012

    wictoria
    Paris, années 1910. Après son divorce d'avec un peintre renommé, une femme dans la trentaine trouve sa subsistance sur scène où elle se produit avec son ami Brague dans des spectacles de danse ou de mimes. Ancienne épouse amoureuse mais largement trompée, Renée est devenue sans illusions sur sa vie à venir et sur sa capacité à devenir mère un jour, même après avoir rencontré une sorte de "prince charmant" en la personne d'un héritier propriétaire terrien qui a tout pour plaire et qui est très amoureux d'elle.
    la suite de mon billet

    Lien : http://lecturesencontrepoint.blogspot.com/2012/01/colette-la-vagabon..
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Citations et extraits

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  • Par Louise, le 15 mars 2008

    La tête me tourne un peu, depuis Avignon. Les pays de brume ont fondu là-bas, derrière les rideaux de cyprès que le mistral penche. Le soyeux bruissement des longs roseaux est entré, ce jour-là, par la glace baissée du wagon, en même temps qu'une odeur de miel, de sapin, de bourgeon vernis, de lilas en bouton, ce parfun amer du lilas avant la fleur, qui mêle la térébenthine et l'amande. L'ombre des cerisiers est violette sur la terre rougeâtre, qui déjà se fendille de soif. Sur les routes blanches que le train coupe ou longe, une poussière crayeuse roule en tourbillons bas et poudre les buissons...Le murmure d'une fièvre agréable bourdonne sans cesse à mes oreilles, comme celui d'un essaim lointain...
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  • Par cequejelis, le 02 décembre 2011

    Comme d’habitude, c’est avec un grand soupir que je referme derrière moi la porte de mon rez-de-chaussée. Soupir de fatigue, de détente, de soulagement ? — ou l’angoisse de la solitude ? Ne cherchons pas, ne cherchons pas !

    Qu’est-ce que j’ai donc, ce soir ?… C’est ce brouillard de décembre, glacial, tout en paillettes de gel suspendues, qui vibre autour des becs de gaz en halo irisé, qui fond sur les lèvres avec un goût de créosote… Et puis, ce quartier neuf que j’habite, surgi tout blanc derrière les Ternes, décourage le regard et l’esprit.
    Sous le gaz verdâtre, ma rue, à cette heure, est un gâchis crémeux, praliné, marron-moka et jaune caramel, — un dessert éboulé, fondu, où surnage le nougat des moellons. Ma maison elle-même, toute seule dans la rue, a « l’air que ce n’est pas vrai ». Mais ses murs neufs, ses cloisons minces offrent, pour un prix modeste, un abri suffisamment confortable à des « dames seules » comme moi.
    Quand on est « dame seule », c’est-à-dire tout ensemble la bête noire, la terreur et le paria des propriétaires, on prend ce qu’on trouve, on gîte où l’on peut, on essuie la fraîcheur des plâtres…
    La maison que j’habite donne miséricordieusement asile à toute une colonie de « dames seules ». A l’entresol, nous avons la maîtresse en titre de Young, Young-Automobiles ; au-dessus, l’amie, très « tenue », du comte de Bravailles ; plus haut, deux sœurs blondes reçoivent, chaque jour, la visite d’un seul Monsieur- très-bien -qui-est-dans -l’industrie : plus haut encore, une terrible petite noceuse mène, jour et nuit, un train de fox-terrier déchaîné : cris, piano, chants, bouteilles vides jetées par la fenêtre :
    — C’est la honte de la maison, a dit un jour Mme Young-Automobiles.

    Le Livre de Poche n° 283 p. 11 et 12
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  • Par line70, le 19 mars 2011

    Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l'eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle... Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays, celle-là au creux moite d'un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l'oiseau, la voile, le vent et la vague. Tu gardes la plus tenace: une ombre nue, onduleuse, que le plaisir agite comme une herbe dans le ruisseau... Mais le temps la dissoudra comme les autres, et tu ne sauras plus rien de moi, jusqu'au jour où mes pas s'arrêteront et où s'envolera de moi une dernière petite ombre... qui sait où?
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  • Par Louise, le 16 mars 2008

    Colette évoquant la tentation des sens : "Mais il y a des jours lucides, où je raisonne durement contre moi-même :"prends garde ! veille à toute heure ! Tous ceux qui t'approchent sont suspects , mais tu n'as pas de pire ennemi que toi-même ! Ne chante pas que tu es morte, inhabitée, légère : la bête que tu oublies hiverne, et se fortifie d'un long sommeil..."
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  • Par cequejelis, le 06 octobre 2011

    Tu n'y mettais pas tant de façons, lorsque l'amour, fondant sur toi, te trouva si folle et si brave! Tu ne t'es pas demandé, ce jour là, si c'était l'amour! Tu ne pouvais t'y tromper: c'était lui, l'amour, le premier amour. C'était lui, et ce ne sera plus jamais lui!
    Ta simplesse de petite fille n'a pas hésité à le reconnaître et ne lui a marchandé ni ton corps, ni ton cœur enfantin. C'était lui, qui ne s'annonce point, qu'on ne choisit pas, qu'on ne discute pas. Et ce ne sera plus jamais lui!
    Il t'as pris ce que tu peux seulement donner une fois; la confiance, l'étonnement religieux de la première caresse, la nouveauté de tes larmes, la fleur de ta première souffrance!… Aime, si tu peux; cela te sera sans doute accordé, pour qu'au meilleur de ton pauvre bonheur tu te souviennes encore que rien ne compte, en amour, hormis le premier amour, pour que tu subisses, à chaque instant, la punition de te souvenir, l'horreur de comparer!
    Même quand tu diras: “Ah! ceci est meilleur!” tu pâtiras de comprendre que rien n'est bon, qui n'est unique! Il y a un dieu qui dit au pêcheur: “Tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais déjà trouvé…” Mais l'amour n'a pas tant de miséricorde: “Toi qui m'a trouvé une fois, dit-il, tu me perds à jamais!” Tu croyais, en le perdant, avoir tout souffert? ce n'est pas fini! Savoure, en cherchant à ressusciter ce que tu fus, ta déchéance; taris, à chaque festin de ta nouvelle vie, le poison qu'y versera le premier, le seul amour!…”

    Le Livre de Poche n° 283 p. 143
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