Le sous-titre "Ce que Claudine n'a pas dit" donne le ton. Voici donc la jeune Gabrielle (quelque peu "Claudine") au temps de "ses apprentissages" amoureux et littéraires. Dans ce court livre,
Colette nous confie ce qu'elle veut bien. Que ces relations avec le premier homme aimé "Willy" (Henry Gauthier-Villars) furent tourmentées, difficiles, troubles. Nous la suivons depuis le départ de son village, jeune épousée de vingt ans en passant par son arrivée à Paris, introduite directement dans la bohème littéraire et musicale, dans le monde journalistique par le "bon Willy" pour arriver à la naissance de son écriture et de sa participation en tant que nègre dans les "ateliers" de son mari jusqu'à leur séparation. de logis en logis, de noms parvenus jusqu'à nous (Debussy,
Pierre Louys...), de noms quelque peu oubliés (
Jean Lorrain,
Marcel Schwob...), nous parcourons les débuts de
Colette et des "Claudine", livres et créations théâtrales avec Polaire dans le rôle ambigu de la jeune héroïne scandaleuse créée par
Colette, "pimentée" sous l'impulsion de Willy. Nous la suivons dans ses villégiatures (anecdote savoureuse à Belle-Isle) et aux Monts-Boucons (Franche-Comté) qui inspireront Casamène dans la "Retraite sentimentale". L'écrivain règle ses comptes avec son Pygmalion. Il est donc intéressant de lire ce témoignage et ensuite de se référer, soit aux commentaires de la Pléiade, soit à l'excellente et complète biographie de
Claude Pichois et d'
Alain Brunet qui analyse avec une grande rigueur cette période et les relations particulières entre
Colette et Willy.