Albert Gleizes, le cubisme en majesté : Exposition, Barcelone, Museu Picasso (28 mars-5 août 2001) ; Lyon, Musée des beaux-arts (6 septembre-10 décembre 2001)
Longtemps Albert Gleizes (1881-1953) ne fut pour les historiens de l'art qu'un petit maître, de ceux qui accompagnent un mouvement sans véritablement participer à son histoire. Rien n'est plus faux que cette vision étroite, comme le démontre le catalogue que vient de publier la Réunion des musées nationaux. Gleizes fut dès 1910 l'un des théoriciens – avec Metzinger – du cubisme en France. Ses écrits, abondamment traduits, étaient âprement discutés dans toute l'Europe. Il est vrai que le cubisme de Gleizes n'est pas celui de Braque ou même de Picasso. Avec d'autres artistes comme Robert Delaunay ou même Fernand Léger, il défend l'idée d'un cubisme où formes simplifiées et couleurs vives se répondent dans des compositions très structurées. Jusqu'à sa mort il défendra l'idée d'un cubisme moins austère, plus centré sur la représentation de la figure. Très richement illustré, ce catalogue comporte un ensemble de textes intelligents étudiant les multiples facettes de l'évolution de cet artiste injustement oublié aujourd'hui. --Damien Sausset