On l'appelle Didi, pour Géraldine, et c'est le dernier été qu'elle passe à la Douloire chez sa grand-mère, mais elle ne le sait pas encore. Ici, au milieu des pins, Didi se sent vraiment chez elle, plus que dans le Nord où elle v... > voir plus
Lecture jeune, n°121 - Une adolescente de 16 ans, Didi pour ses proches, vit sans plaisir dans le nord de la France avec des parents qu’elle juge distants. Elle préfère les vacances insouciantes dans le Sud chez sa grand-mère. Mais cet été-là, l’incendie de la pinède autour de la propriété familiale va tout bouleverser. La mort de l’aïeule délie les langues et conduit les parents de Didi à révéler enfin le mystère qui entoure sa naissance. Ce roman aux allures de journal met en scène le passage à l’âge adulte d’une adolescente. Didi ne fait rien pour infléchir le cours des choses. Après un parcours initiatique vécu passivement, elle sort de sa chrysalide. Tous les stéréotypes sont là, avec la mise en scène d’un roman familial dans lequel se joue la jalousie d’une fille envers sa mère. Après une séparation « à l’amiable » avec des parents un peu falots, le départ avec l’ami d’enfance transformé en prince charmant représente une conquête limitée de l’autonomie. Le livre séduira les lectrices friandes d’histoires romanesques. Il offre un miroir grossissant de l’univers adolescent sur fond d’incendies. Mais en plaçant la mort au centre du récit, il touche avec délicatesse un point sensible. La langue qui détaille le quotidien ne s’embarrasse pas de détours, mais devient poétique pour évoquer le rapport sensuel à la nature ou la complexité du monde intérieur. Cela tire le roman du côté de l’émotion et en rend la lecture agréable. Nicole Wells