Cachée derrière le fauteuil, Emma n'a rien vu de l'assassinat, de sa mère, mais a tout entendu. Rwanda, avril 1994, la folie meurtrière explose. Pas un habitant tutsi ne doit être épargné. Pourtant la fillette survit.
Car la vie réserve aussi des moments de grâce... > voir plus
Un sujet difficile, plutôt bien traité ! Plutôt que de s'étendre sur les atrocités de la guerre au Rwanda, on suit la vie après-guerre d'une petite fille, son traumatisme, la difficulté à survivre des rescapés... le tout abordé tout en pudeur. C'est court, ça se lit très bien, à conseiller aux jeunes !
Cela faisait longtemps que j'avais mis ce livre de côté mais que j'en repoussais la lecture, redoutant la violence du sujet. Je ne regrette vraiment pas d'avoir passé le pas : le sujet du génocide est vraiment bien abordé, tout en pudeur, sans bien sûr en négliger l'horreur. Plus que du massacre, il s'agit plutôt de s'interroger sur l'après traumatisme : comment vivre avec ses cauchemars ? Comment se reconstruire après le pire ? A recommander aux jeunes (à partir de la 4e voire 3e).
Ce sujet est encore très peu traité en littérature jeunesse, ce roman vient donc combler un certain vide. D'un point de vue du style et du vocabulaire, il ne présente pas de difficultés particulières de compréhension. C'est donc une excellente approche de cet événement si récent. le lecteur a davantage conscience du traumatisme causé par ce génocide, la peur qui subsiste encore.
Lecture jeune, n°123 - Emma n’a pas assisté à la scène mais elle l’a entendue. En avril 1994 au Rwanda, sa mère est assassinée parce qu’elle est Tutsi. « Tu ne dois pas mourir, Emma ! », lui dit-elle avant de succomber. Pourtant « ceux qui ont survécu, c’est comme s’ils étaient morts aussi ». Chaque nuit la petite fille, qui a trouvé refuge auprès d’une vieille femme, fait le même cauchemar. Les jours passent, la vie reprend son cours. Des prisonniers vont être jugés au village. Parmi eux, Emma reconnaît une voix. La rencontre de Ndoli, un enfant « cabossé » et d’un vieil homme qui aide les jeunes rescapés ravive sa mémoire trouée, son envie de comprendre et d’avancer. Elisabeth Combres livre un récit pudique et ténu. Son parti pris stylistique est fort. L’écriture, blanche et descriptive, nous tient à distance d’Emma qui se positionne comme une observatrice du monde qui l’entoure, sans pouvoir y prendre part. Les gestes du quotidien rythment le récit et laissent peu de place à des sentiments encore indicibles. Un temps suspendu s’impose, puis pour Emma comme pour son pays, la vie reprend ses droits. Ce propos maîtrisé éclaire justement un passé proche et douloureux dont les zones d’ombre – implication de la France –demeurent. Hélène Sagnet
"Faufile-toi là, ferme les yeux, mets tes mains sur tes oreilles, ne fais pas le moindre geste, pas le moindre bruit, et dis-toi que tu n'es pas dans cette pièce, tu ne vois rien, tu n'entends rien, bientôt tout sera fini. Tu ne dois pas mourir, Emma !"