Cristina Comencini place son dernier roman, Matriochka, sous le signe de l’emboîtement et du multiple : le titre évoque ces poupées russes gigognes, à l’image desquelles chaque femme en contient plusieurs autres. Ainsi en est-il d’Antonia, figure centrale du roman, célè... > voir plus
Chiara, jeune écrivaine en mal de roman accepte d'écrire une biographie, celle d'Antonia, femme, célèbre, sculpteur et obèse. Allers et retours, rapprochements et éloignements, l'espace et la mémoire de Chiara sera envahie par le passé-présent plus ou moins en confusion avec les images de l'existence d'Antonia. Les personnages se complexifient pour, dans une sorte de double biographie-autobiographie nous offrir un (deux) portrait(s) de femme, corps morcelé, recomposé en bronze et en chair, réel et fantasmé. Le titre renvoie aux poupées russes gigognes et à l'emboitement du simple et du multiple, de l'enfance fragilisée et de la vieillesse immobilisatrice.
Elle ouvre la porte, entre avec le chien, ils sont tous deux essoufflés. Ils ont couru, ils sont jeunes, pleins d'énergie. Elle enlève son manteau rouge, le suspend, non, le jette sur une chaise, prépare du café, regarde par la fenêtre, d'une main repousse une mèche de cheveux de son visage, se tourne vers moi, sourit.
C'est sa première phrase, prononcée d'une voix d'homme. C'est le matin, même si la matinée est déjà avancée, et, on me l'a dit, elle est une grande fumeuse.