Par Comte de Lautreamont

Note moyenne : 4/5 (sur 22 notes)
LGF - Livre de Poche 2001
ISBN : 2253160733  
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De la peste, du pus et des poux : tel pourrait être le leitmotiv de cet invraisemblable petit brûlot, tout entier nourri de violence, d'idées morbides et de délires à la limite du supportable. Et que n'ont pas supporté les bien-pensants de l'époque, les mêmes qui, à Charleville, méprisaient Rimbaud et l'accusaient, comme on accusa Lautréamont, de vouloir tuer la poésie. Mais le vertige et la démesure furent plus forts que les réactionnaires : Maldoror, le double maléfique de Lautréamont, en crachant son poison et son fiel, jetait les bases d'une des oeuvres les plus énigmatiques et les plus fascinantes de notre poésie. Alchimie délirante d'un esprit dément, sublime perle noire née d'un champ d'ordures, Les Chants de Maldoror demeurent l'une des rares traces de la fulgurante trajectoire d'Isidore Ducasse, mystérieusement foudroyé en pleine jeunesse. Sa mort, après son oeuvre illuminée, allait alimenter sa légende et le faire entrer dans le club très fermé des poètes mythiques. --Karla Manuele

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Critiques et avis sur Les Chants de Maldoror et autres textes


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    • Livres 1.00/5
    Par Piling, 2008-12-06 16:50:59

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    Il y avait longtemps que je n'avais relu Lautréamont. J'en suis au deuxième chant et je me force à relire patiemment, jusqu'au bout, mais que tout ça m'ennuie ! Les Chants de Maldoror, en dépit de la virtuosité de la plume, ont quelque chose des extravagances d'un adolescent boutonneux, qui guette du coin de l'oeil si ses outrances ont fait quelque effet sur la digestion du bourgeois. Il n'y a même pas le rire de Sade, cette bonne santé truculente, joyeuse, dans le crime et son plaisir. A la place, on a ce romantisme noir, cabotin : "je suis grand, méchant et malheureux et je hais le bonheur", soit : "étonnez-vous de me trouver tel que je suis !", qui cache mal une complaisance pleurnicharde sur soi, du genre personne ne m'aime, personne ne me comprend : "Je cherchais une âme qui me ressemblât et je ne pouvais pas la trouver." ; "Il fallait quelqu'un qui eût mon caractère, il fallait quelqu'un qui approuvât mes idées"... Qui approuvât mes idées, tout est dit... Et pourquoi pas fonder un parti, pendant qu'il y est ? Rimbaud, que je mets pourtant bien en-deça de Baudelaire, a eu cent fois plus de maturité.



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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, 2008-02-11 23:23:33

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    Voici une œuvre, Les Chants de Maldoror, d’ Isidore Ducasse (alias comte de Lautréamont) qui laisse une impression étrange, peut-être à cause des secrets qu’elle cherche à taire tout en tentant de les dévoiler. A la manière d’un Antonin Artaud cherchant à exprimer sa souffrance, Isidore Ducasse présente une succession de scènes macabres et désolées, où une force maléfique sous la forme d’un prince de la Nuit, Maldoror, tente par tous les moyens possibles de détruire les apparences trompeuses des hommes et de leur soi-disant bonheur, jouant avec les angoisses de l’époque, comme la mort de Dieu. Ducasse, double de Maldoror, apparaît ainsi accablé derrière ces tableaux marécageux. Un être profondément frustré, contrarié, ne supportant pas l’inassouvissement de ses pires fantasmes. Cette incroyable énergie engendre un véritable hymne blasphématoire, porté par une prose hallucinée qui témoigne aussi, rétrospectivement, des intérêts de la société du milieu du XIXe siècle : les découvertes scientifiques (mathématiques, médecine, psychanalyse, sciences naturelles). Cet enfer pourrait rapidement nous lasser, mais, ayant fait le choix du récit épique, comme Dante, Isidore Ducasse nous tient par le merveilleux. Inspiré de ses longs voyages transatlantiques, domine dans Les Chants un bestiaire à dominante marine (baleines, poissons abyssaux, oiseaux migrateurs). Isidore Ducasse démontre indirectement que la question sexuelle est bien au centre de toutes nos pulsions, causes de nos comportements et de nos emportements sources des guerres, des crimes, tueries et autres actes de domination et de puissance.
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Citations et extraits de Les Chants de Maldoror et autres textes


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  • Par Piling, 2008-12-06 14:57:32

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    Incipit : Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés, de ces pages sombres et pleines de poison ; car à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns savoureront ce fruit amer sans danger.
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  • Par chartel, 2008-02-08 19:44:29

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    Race stupide et idiote ! Tu te repentiras de te conduire ainsi. C’est moi qui te le dis. Tu t’en repentiras, va ! tu t’en repentiras. Ma poésie ne consistera qu’à attaquer, par tous les moyens, l’homme, cette bête fauve, et le Créateur, qui n’aurait pas dû engendrer une pareille vermine. Les volumes s’entasserons sur les volumes, jusqu’à la fin de ma vie, et, cependant, l’on n’y verra que cette seule idée, toujours présente à ma conscience !
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  • Par chartel, 2008-02-08 19:43:07

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    L’homme s’est cru beau dans tous les siècles. Moi, je suppose plutôt que l’homme ne croit à sa beauté que par amour-propre ; mais qu’il n’est pas beau réellement et qu’il s’en doute ; car pourquoi regarde-t-il la figure de son semblable avec tant de mépris ?
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  • Par chartel, 2008-02-08 19:43:57

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    La poésie doit avoir pour but la vérité pratique.
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  • Par chartel, 2008-02-08 19:43:39

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    Je sens déjà que la bonté n’est qu’un assemblage de syllabes sonores ; je ne l’ai trouvée nulle part.
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