> Robert Pépin (Traducteur)

ISBN : 2757800027
Éditeur : Points (2006)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
Dans la Los Angeles de l’été 1968, une jeune fille de 16 ans, Becky Verloren, est enlevée chez elle, puis retrouvée morte quelques jours plus tard. Elle a été tuée d’une seule balle tirée en pleine poitrine. Tout fait penser à un suicide et si les premiers enquêteurs on... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par EFar, le 04 novembre 2011

    EFar
    Je lis des polars parce qu'ils me donnent l'illusion d'approcher une face obscure de l'humanité. Alors je crois que je viens de me réconcilier avec le travail de Michael Connelly : Deuil interdit renoue avec l'humanité. Exit Harry Bosch en superman. Dans le précédent volume des aventures de Hiéronymus (Los Angeles River)(ben oui, j'aime lire les livres d'une série dans l'ordre), j'avais été vraiment déçu par sa nouvelle carrure de surhomme, un super-héros sans super-pouvoir, avec pour krypotnite une gamine de 5 ans. L'histoire rebondissait de performance en exploit, ça donnait au bouquin un petit air du Magnifique, mais en moins drôle.
    Dans les volumes précédents, le personnage de Bosch était poignant parce qu'il se dédiait totalement à sa mission, qu'il luttait contre sa hiérarchie envers et contre tout pour aller au bout d'une enquête. Connelly en avait fait un révolté, hanté par son passé, tout juste maitrisable et qui survivait dans un système policier trop imparfait grâce à son incomparable compétence. Sa hiérarchie était l'agréable caricature d'arrivistes sans état d'âme. Ça faisait de bons romans, bien manichéen, avec Bosch en chevalier blanc, éclat de lumière plongeant corps et âmes dans les ténèbres, et malgré tout attachant parce qu'il revenait passablement cabossé de ces descentes aux enfers. Et puis il y avait LA, quasiment un personnage à part entière ; et les médias croqués sans fards dans leur avidité d'information.
    Dans Deuil interdit, Bosch réintègre le LAPD, la police de Los Angeles. On pourrait penser à un simple retour aux sources, mais le changement de décor est finalement profond. Tout semble être au rendez-vous : la ville, fantastique miroir aux alouettes, est bien de retour, les médias barbotent dans l'intrigue, et Bosch, lui, est de retour parmi les humains : il remet son costume élimé de chevalier blanc et engage le corps à corps avec les Ténèbres. le grand changement, c'est sa place dans la police : le révolté fait profil bas, et sa hiérarchie n'est plus si détestable, bref cet à-côté de l'histoire n'est plus aussi obscur, il devient même un peu optimiste, et ce n'est pas désagréable, un peu d'optimisme. Et je ne vous parle pas de l'intrigue, comme toujours redoutable d'efficacité.
    Puisque c'est une critique, quelques bémols, quand même : j'ai trouvé que Connelly abuse un peu de la relation de Bosch avec sa fille, comme pour en remettre une couche – un peu tape à l'œil – sur le côté vulnérable de son personnage. Et puis je l'ai repris en flag de surenchère : et voilà que Bosch a été surfer, brièvement, mais à un sacré niveau puisqu'il allait « rider » dans les tubes, ces grands cylindres liquides que forment les rouleaux dans les meilleurs spots de surf, et qui sont réservés aux meilleurs. Tout ça pour caser la métaphore récurrente du livre : je trouve ça trop cher payé. Et puis il y a la fin un peu trop sentencieuse à mon goût – mais aussi délicieusement hollywoodienne.
    Enfin je chipote : ces détails n'empêchent pas que j'ai beaucoup aimé ce bouquin.
    J'aime aussi Connelly pour sa manière de glisser dans l'intrigue de petits paragraphes sur le monde de la police et des médias qui ressemblent plus à du journalisme que du roman. Leur côté documentaire me donne l'impression de passer dans le réel, de devenir une sorte d'initié grâce au partage de ces menus secrets.
    Reste la question ambiguë qui tourne autour de Bosch : sa mission, retrouver les coupables, est présentée sous un angle qui a quelque chose à voir avec la vengeance ; et pourtant elle paraît souvent plus juste que la justice elle-même. La justice est-elle si mauvaise, qu'on ne puisse avoir foi que dans la police ? Évidemment, là on parle du système judiciaire américain, hein, rien à voir avec le nôtre, hein, bien loin au dessus de tout soupçon, évidemment.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par nescio667, le 02 juin 2008

    nescio667
    Trois ans après avoir officiellement pris sa retraite du LAPD, Harry Bosch, poussé par son ancienne collègue Kiz Rider, fait son grand retour dans la police de Los Angeles. Affecté à un nouveau service, celui des ‘Affaires non résolues', les deux équipiers se voient attribuer un meurtre datant de 1988 : celui d'une jeune fille de 16 ans, enlevée chez elle et dont le corps avait été retrouvé deux jours plus tard dans les bois jouxtant la propriété de ses parents. A l'époque, les analyses d'ADN n'étaient pas d'actualité ; mais aujourd'hui, un peu de sang, retrouvé sur l'arme du crime, pourrait bien changer la donne. Et effectivement : le travail du labo fait ressortir le nom d'un délinquant, âgé de 18 ans à l'époque et militant notoire d'un groupuscule fasciste. Curieusement, la jeune victime étant métisse, les inspecteurs de l'époque ne semblaient pas s'être intéressés à l'aspect racial de l'affaire. Délibérément ?
    La direction du LAPD a changé en trois ans : les têtes des chefs ne sont plus les mêmes. Méfiant au départ, Bosch se rendra rapidement compte que cette fois, il ne sera jugé que sur son travail : résoudre cette affaire lui octroiera toute crédibilité face à ses nouveaux supérieurs. Pas de coups fourrés, pas de manipulation, pas de guerre entre les services. Mais ces pratiques avaient bien cours dans les années '80. Et certains représentants de cette époque, bien qu'écartés officiellement du pouvoir, ont gardé une certaine influence et voient d'un bien mauvais œil le retour de Bosch. Surtout si c'est pour qu'il se plonge dans leurs vieilles affaires.
    Le titre originel de ce roman était ‘The Closers', soit ‘Les Ferme-portes', titre bien peu commercial vous en conviendrez, mais qui donne une meilleure idée de l'intrigue passionnante qu'il renferme. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : de toutes ces portes qui, dix-sept ans plus tôt, avaient été fermées et que Bosch et Rider vont devoir rouvrir. Et de toutes ces autres portes –les pistes qui ne mènent nulle part- qu'ils vont devoir refermer avant de trouver la bonne –celle qui mène droit vers le coupable. Avec ce ton à la fois lyrique et ultra-réaliste, Connelly nous offre un des meilleurs épisodes des enquêtes de son inspecteur fétiche. Plus apaisé, plus en confiance, Bosch nous fait ici penser aux personnages que l'on rencontre dans la série télé ‘Cold Case', série mettant en scène une équipe de flics attachés aux enquêtes jamais refermées. Comme eux, ce que Bosch désire, c'est refermer les plaies, permettre aux proches des victimes de comprendre et de terminer leur deuil. Il rencontrera bien des obstacles, mais ceux-ci se révèleront trop minces face à sa détermination. Ce boulot, c'est toute sa vie, et il ne laissera pas passer cette nouvelle chance de le pratiquer qui lui est donnée.
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    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 06 août 2007

    BMR
    Il y avait longtemps qu'on n'avait ouvert un Connelly.
    Avec Deuil interdit, il n'aura suffit que de quelques pages pour nous replonger avec délices dans les rues de Los Angeles aux côtés de Harry Bosch, notre détective préféré.
    Et on a bien vite retrouvé cette espèce de noirceur poisseuse qui semble coller aux basques des enquêteurs du LAPD, dans cette ville désabusée qui semble concentrer tout le désespoir du monde.
    Après une longue série d'excellents polars, Connelly est toujours en grande forme et on a bien aimé cette intrigue-là, particulièrement bien construite jusqu'à un dénouement étonnant.
    Harry Bosch reprend du service : il retrouve Kiz Rider, sa coéquipière black, et à eux deux vont réouvrir les dossiers des "affaires classées".
    Le second épisode, Echo Park, est sorti ce mois-ci en France.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par France16, le 26 juin 2011

    France16
    J'aime beaucoup Michael Connelly. J'ai pratiquement lu tous ses romans policiers et en VO.
    Je viens de terminer The CLosers, que j'avais acheté il y a quelques années, mais que je n'avais jamais pris le temps de lire. Je dois dire que j'ai eu vraiment du mal à me dé-scotcher de cette lecture et de ce nouvel épisode que j'ai trouvé passionnant, et où l'action, le suspense ainsi que le dénouement sont bien aux rendez-vous de mes attentes.
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    • Livres 4.00/5
    Par LindaLapostolle, le 05 août 2011

    LindaLapostolle
    Encore l'inspecteur Harry Bosch qui, cette fois, revient de sa retraite. Celle-ci n'aura durée que 3 ans. Sera-t-il aussi efficace? Lui-même se pose la question et il n'a pas droit à l'erreur. Il retrouve sa partenaire Kiz Rider et ses habitudes. Plusieurs pistes, de nombreux suspects et si la loi du silence venait y mettre son grain de sel? Plein de rebondissements, ce récit nous tient du début à la fin.
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 06 août 2007

    [...] - Le choeur des voix oubliées, dit-il.
    - Pardon ?
    - C'est ce qui me vient à l'esprit quand je pense aux dossiers qui nous attendent aux Affaires non Résolues. Une vraie galerie des horreurs. C'est notre plus grande honte. Toutes ces affaires ! Toutes ces voix ! Chacune est une pierre jetée dans un lac. Les ondes de choc se propagent à travers le temps et les personnes. Familles, amis, voisins. Comment pouvons parler de cité quand il y a encore tellement d'ondes de choc, tellement de voix que la police a oubliées ?
    Bosch lui lâcha la main et garda le silence. Il n'y avait pas de réponse à la question du chef.
    - J'ai rebaptisé le service dès que je suis arrivé. Il ne s'agit pas d'affaires éteintes, inspecteur. Jamais elles ne le sont. Pour certains, en tout cas.
    - Je comprends.
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