> Nadia Akrouf (Traducteur)

ISBN : 2070314391
Éditeur : Gallimard (2004)


Note moyenne : 4.19/5 (sur 135 notes) Ajouter à mes livres
A New York, dans les années quarante, un enfant regarde, à travers les barreaux du soupirail où il est enfermé, les chaussures des passants qui marchent sur le trottoir. Pauvre, sans autre protection que celle d'une mère excentrique, Claude Rawlings semble destiné à dem... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (21)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog

    Les natures passionnées, romanesques, idéalistes (rayez les mentions inutiles) ne manqueront pas de me taxer d'indécrottable cynique grincheux. Alors, autant évacuer tout de suite l'aspect du roman qui fait que Corps et âme n'aura pas été pour moi un coup de cœur mais seulement un excellent roman. J'ai trouvé la succession de concours de circonstance qui va mener Claude des bas-fonds à sa gloire naissante trop belle pour être vraie, donnant à ce roman un côté le pianiste chez les Bisounours qui m'a agacé.
    En effet, Claude est un garçon doué au parcours sans faute, à qui tout sourit. Il ne se contente pas d'exceller au piano, il est aussi un élève aux résultats remarquables. Jamais il ne connaîtra l'échec (son mariage mis à part). Et chaque fois qu'il en aura besoin, il trouvera sur son chemin une personne bienveillante pour lui venir en aide. Trop de la chance !
    Que ce soit bien clair, ce bémol ne m'a pas empêché de dévorer ce roman auquel je suis resté scotché jusqu'au dernier mot. Dès les premières pages, je me suis attaché à ce petit garçon livré à lui-même à longueur de journée, dans cet appartement sombre et crasseux. Je l'ai suivi avec plaisir, des premiers pianotements maladroits de son enfance jusqu'aux concerts virtuoses qui le mèneront à la gloire.
    Le style de l'auteur, sobre, clair, y est certainement pour beaucoup. Mais le vrai tour de force de Frank Conroy réside dans sa brillante retranscription des émotions que génère la musique, omniprésente dans Corps et âme.
    On entend la musique, on la comprend (même si comme moi on n'a pas la moindre notion de solfège). Plus fort encore, on la ressent, on la sent passer à travers son corps. Au fil des pages, Conroy révèle l'âme de la musique, ce “détail” qui fait toute la différence entre une bête à concours à la technique parfaite et un virtuose qui vit la musique. A elle seule, cette prouesse mérite qu'on lise Corps et âme. Dans sa partie, Conroy est lui aussi un virtuose.
    "« (…) Mais ne pensez-vous pas qu'il soit quasi impossible d'écrire directement sur la musique ? Elle ne se prête pas aux mots. Je veux dire, tout ce que l'on peut faire, c'est tourner autour, en quelque sorte. » Il replia le journal. « Je pourrais écrire des trucs techniques sur la structure de la Kreutzer, mais que pourrais-je dire sur sa signification ? Je ne crois pas qu'elle signifie vraiment quelque chose. Je crois qu'elle est, voilà tout."
    "- Eccolà."
    "- Lorsque je pense à son atmosphère, à l'effet qu'elle a sur moi, ce qui me vient à l'esprit, c'est une odeur. L'odeur des radiateurs à vapeur à la maison, en automne, lorsqu'on les mettait en marche pour la première fois, quand j'étais gamin. Pendant une heure ou deux, il y avait cette odeur particulière. C'est cela, la Kreutzer. Mais si je dis ceci, premièrement ils ne comprendront pas, parce qu'on ne peut pas décrire une odeur, deuxièmement ils me prendront pour un fou."
    "- Certainement. » Frescobaldi lui tapota la main."
    "« Seul un autre musicien pourrait comprendre. Et encore, pas tous. Tout le monde prend tout tellement au sérieux, de nos jours."
    "- Je suis sérieux, dit Claude. Je veux dire, pour les odeurs."
    "- Bien sûr. Mais pour eux, cela ne paraîtrait pas sérieux. (…) »"

    Malgré toutes ces qualités, il ne faudrait pas réduire Corps et âme à un simple roman initiatique centré autour de la musique.
    De Aaron Weisfeld, le mentor de Claude pendant vingt années d'une amitié indéfectible, à Emma, la mère alcoolique et dépressive, qui saura se montrer plus sensible qu'elle en a l'air, en passant par Fescobaldi, le violoniste épicurien, Al, le concierge noir, devenu “soutien de famille”, ou encore Catherine, le premier amour de Claude, Conroy donne vie à des personnalités authentiques et attachantes. D'ailleurs, toutes m'ont paru à bien des égards plus sympathiques et intéressantes que Claude lui-même, trop lisse. Mais surtout, toutes sont consistantes, profondément humaines, chacune composant dignement avec sa blessure intime, qui son secret d'enfance, qui ses démêlés avec le maccarthysme, qui sa vie “d'avant”…
    A tout cela, il faut ajouter la peinture d'un New York en pleine mutation, de l'arrivée du jazz après la guerre ("« Oh, ils ont un tas de ficelles avec les instruments, et il y a beaucoup de changements dans les harmoniques et le reste. Mais, en réalité, ça vient tout droit de Bach. Je veux dire, Bach aurait pu facilement écrire les accords du blues." ») aux années 1950-60 quand la ville sera laissée aux mains des spéculateurs peu scrupuleux sur les moyens à employer pour se faire le maximum d'argent.
    L'auteur en profite pour dresser le portrait des différents milieux sociaux, égratignant au passage la bourgeoisie américaine de l'époque.
    Corps et âme est un roman foisonnant qui emporte le lecteur au cœur de la musique et des sentiments humains. Un excellent roman, donc.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Corps%20et%20%C3%A2me%2C%20l..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 06 août 2010

    mimipinson
    A la fermeture de ce livre, je me retrouve identique à la dernière note d'un concert fabuleux : hébétée, les bas en l'air, incapable d'applaudir tellement ce fut beau et bon. Quelqu'un disait qu'après Mozart, le silence qui suivait était encore du Mozart……….l'après de ce livre est encore le livre.
    L'écriture se déroule tel un legato, sans rupture ni temps mort ; l'intensité est modulée au gré des mots et des chapitres.
    Les pages s'enchainent, tel un mouvement perpétuel dans lequel le lecteur rentre, sans y éprouver la moindre lassitude, aucun mot de trop, aucune longueur. Tout y est intense, concentré, fort.
    Je me souviens particulièrement du passage lorsque Claude déchiffre le concerto pour 2 pianos de Mozart…………..j'en entendais presque les notes………frustrée tout de même de pas avoir l'enregistrement à portée de main pour m'accompagner.
    La musique est omniprésente, tel un personnage à part entière. Elle fait corps avec Claude Rawling.
    « Aussi singulier ou mystérieux que fût l'environnement (…), où qu'il se trouvât, dès qu'il s'asseyait au piano, le monde qui l'entourait n'avait simplement plus d'importance. Sa relation physique avec le piano était immuable. Tout le reste était là. Ses repères étaient là » p 210
    Les références musicales sont nombreuses, sans élitisme. Même non averti dans le domaine, le lecteur ‘y retrouvera.
    Quel bonheur de se promener avec Mozart, Chopin, Bach, mais aussi les plus grands jazzmen de l'après guerre……
    En dehors de la musique, l'auteur a su donner de la consistance à son autre personnage clé du roman Claude Rawling. Nous faisons la connaissance d'un jeune garçon, pauvre, un peu livré à lui-même, qui vit avec une mère fantasque dans le New York bouillonnant des années 40.Son destin était tout tracé………….sauf qu'à New York, dans ces années là, pour peu que l'on soit un peu ambitieux, et travailleur, tout était possible. Si l'on rajoute à cela un petit coup de pouce du destin, la confiance d'un voisin dans lequel Claude va trouver le père manquant, l'avenir s'ouvre en grand devant lui. Un prodige, très vite conscient de ce qu'il est, va prendre le lecteur et l'accompagner dans son ascension musicale, et sociale ; dans sa vie d'homme, avec ses joies et ses meurtrissures, ses secrets.
    Assurément ce livre est un immense coup de cœur.






    > lire la suite
    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par zazy, le 25 juillet 2011

    zazy
    Ce petit garçon, Claude Rawlings a tout pour n'être rien. Il le dit lui-même, il a l'impression d'être invisible, impression qu'il gardera toujours au fond de lui. Chaque matin sa mère, chauffeur de taxis, part travailler et l'enferme dans le minuscule appartement en sous-sol où il regarde par le soupirail les pieds des gens qui passent. Chaque soir lorsqu'elle rentre, elle picole sa bière. Triste vie grise pour un petit enfant de 6 ans. Mais il a un immense trésor dans sa chambre : un piano console blanc et c'est ainsi qu'il découvre : LA MUSIQUE. Chaque jour, il joue les airs qu'il entend sur sa petite radio, joue n'importe quoi, mais joue. A 6 ans, sa mère lui annonce qu'il doit aller à l'école, lui qui n'était, pour ainsi dire, jamais sorti de l'appartement-cave. Là, sur le chemin, il découvre la boutique d'instruments de musique de Monsieur WEISFELD et y fait des arrêts quotidiens. Un jour, il ose entrer dans le magasin « Ainsi tu as fini par entrer, dit-il. Je t'ai vu dehors, le nez collé à la vitrine. Que puis-je faire pour toi ? » Claude posa la partition sur le comptoir « Qu'est-ce que c'est ? » Il découvre les notes de musique et ce fut le début d'une longue collaboration, d'une amitié sans faille et sa première rencontre avec de belles et bonnes personnes. Petit à petit, Monsieur Weisfeld deviendra son mentor, lui fera rencontrer les personnes qu'il faut. Tous seront épatés par son talent, sa virtuosité, sa soif de savoir. Boulimique de savoir, il découvre le jazz, la musique sérielle……. Ce petit garçon devenu adulte connait le succès immédiat.
    Mais j'ai l'impression qu'il a une grosse infirmité : il vit dans une bulle. La vraie vie lui est étrangère depuis qu'il est entré en musique, que Frederiks lui a fait traverser le miroir.
    En fin de compte, il a été mis sur des rails qui lui l'enthousiasment, le ravissent. Il vit baigné de musique, pense aimer, mais il semble être à côté de ses pompes.
    Est-ce en cela qu'il parle « d'invisibilité » ? Hors la musique il n'est plus rien, même si il vit une histoire d'amour torride avec Catherine (son amour platonique d'adolescence). Pardon, il y a un moment où il se coltine avec la vie : lorsque les promoteurs du nouveau New-York veulent raser l'immeuble que Monsieur Weisfeld lui a légué à sa mort.
    C'est un livre très élégant, d'une belle écriture directe. Nous découvrons le New-York des années 40, la fin de la guerre, le jazz. J'ai eu quelque peine lorsqu'il s'agissait de techniques musicales, passages que j'ai sautés (La lecture de partitions relevant du Mystère, comme les mathématiques) et je me suis laissée porter par la douce mélodie des mots et de la musique sous-jacente. Un bon livre.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par valdemosa38, le 04 décembre 2011

    valdemosa38
    Claude est seul .
    C'est un enfant.
    Il passe sa journée enfermé dans la cave de sa maison en attendant que sa mère rentre de son travail. Elle fait le taxi.
    Jusqu'au jour ou Claude découvre, enfoui sous des cartons, un vieux piano de bar, plus petit que la norme, et c'est l'émerveillement.
    Chez Claude ,c'est la misère .Tant affective que matérielle. On sent qu'il a su s'adapter à cette mère atypique, brutale, perdue. Mais Claude va se débrouiller, il va trouver le moyen d'acheter une méthode de piano et même de se payer des cours de piano....jusqu'à la gloire.
    Ce livre ,c'est comme une autoroute .On est sur d'arriver à bon port . On voit vraiment pas pourquoi il se planterait au milieu. Parfois on a envie d'en prendre une, d'autoroute, c'est confortable, c'est bien aménagé, avec le souci du détail, on y est presque comme chez soi, on y passe un moment agréable et on arrive pas trop fatigué.
    Le seul problème, c'est qu'on a rien vu ou lu de pertinent, qui dérange un peu le ron ron. La description qui est faite est fidèle a une certaine image d'Epinal du pianiste et de son Art. L'écrivain parle très bien de la musique, des compositeurs, de la composition, de l'apprentissage du piano. Sauf que là, il ne sagit pas du petit élève de base qui a un bon prof de base et qui ne dépassera pas la première moitié de la première partie de l'apprentissage. Surtout, ne vous comparez pas à Claude si vous apprenez le piano sous peine d'une grave dépression nerveuse à la clé. Je me permets de vous le dire en tant que pianiste et prof de piano venant d'une lignée de pianistes et de pédagogue, restons zen.
    Claude est un enfant puis un adulte extrèmement docile, il s'adapte finalement à tout. Donc tout se passe plutôt bien tout au long de son apprentissage. Il ne remet pas en question l'enseignement de ses professeurs, il suit la ligne blanche et il arrive au bout. Normal.
    Il y a bien deux ou trois petites crises dont la plus importante qd son premier professeur de piano ,presque un père pour lui , meurt et qu'il se rend compte qu'il ne le connaissait pas du tout ... tiens tiens ....De même,sa vie affective semble plus compliquée mais la aussi, pas d'analyse, juste des faits.
    Tout chez lui se passe probablement à l'intérieur et ne sort que par la petite fenêtre de la musique qu'il a reussi à ouvrir enfant. Il est d'une grande maitrise sur lui même comme sur la musique, on ne sent pas dans le personnage bcp d'émotions, il gagne toutes les épreuves, il est à toute endurance, c'est le petit lapin avec la pile Duracell dans le dos. Est ce un parti pris de l'auteur ? Possible.
    Mais ....combien de pianiste ont ils voulu jeter leur piano par la fenêtre , Duchable a fait bruler le sien en public ....Combien n'ont plus pu en jouer du jour au lendemain , bloqué du dos, assis devant le monstre. Comment faire pour arréter la musique que j'ai toujours dans la tête ,parce que je vis dans la musique en permanence. Je la travaille la nuit, me récitant mon texte en chantant et en remuant les doigts, ou est le bouton pour eteindre cette radio cannibale ? Et que fairais je sans la musique ?
    Ce n'est pas le propos de ce livre qui reste un livre agréable à lire.Il se situe dans les années 40 aux USA et les descriptions de l'époque au niveau politique et social sont très intéressantes.
    Ceci dit ,si vous cherchez un peu plus à comprendre ce qu'il se passe dans la tête d'un pianiste je peux vous conseiller deux livres :
    Glen Gould Piano Solo par Michel Schneider ....moi qui n'aime pas Glen Gould j'ai bcp aimé ce livre qui m'a fait comprendre pourquoi je n'aimais pas le jeu de Glen Gould .
    Les grands pianistes par Stéphane Villemin qui contient entre autre qqs anecdotes sur les pianistes loin des clichés
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 05 mai 2010

    litolff
    Corps et âme" est un roman magnifique qui nous entraîne à la suite d'un petit garçon doué pour le piano , dans le New York des années 40, à une époque et dans des lieux où classique, jazz et musique contemporaine se côtoient et s'enrichissent. Un livre magnifique où la musique est un personnage à part entière, mais nul besoin d'être musicien pour être transporté par l'histoire bouleversante et l' écriture limpide.
    Un de mes livres préférés.
    Critique de qualité ? (15 votes positifs)

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Nadael, le 06 avril 2010

    Il comprit rapidement que pour elle - et très vite aussi pour lui - ce qui se passait était une façon d'aller au-delà du corps (comme en musique, Fredericks lui avait appris d'aller au-delà du mur). La passion était une force qu'il fallait nourrir ardemment, avec gratitude, nourrir, comme un ange affamé qui serait avec eux dans la pièce et aurait le pouvoir de les soulever hors d'eux-mêmes. Hors du corps, hors du monde, vers un ailleurs d'un bleu profond, où leurs âmes se joignaient dans, et avec le bleu. Voguaient ensemble dans le bleu - le bleu insupportable à une âme seule. Que l'on ne peut connaître seul.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Nadael, le 06 avril 2010

    Les deux accords gravés dans sa mémoire, il marcha lentement vers l'arrière du magasin, descendit l'escalier, prit un crayon et un papier, s'assit au Berchstein. Il lui fallut une demi-heure pour extraire les deux accords de sa tête et les transcrire totalement sur le papier. Lorsque ce fut fait, il resta assis une heure à les contempler, l'esprit fonctionnant à toute vitesse, prolongeant la moindre implication musicale concevable de la tension qui leur était inhérente. Il entrevoyait structure après structure, son excitation croissant au fur et à mesure que grandissait sa capacité à en imaginer de plus complexes, jusqu'à ce que finalement, tremblant d'allégresse et de terreur, il s'obligeât à se lever, à marcher dans le studio pour se calmer. Il avait désormais beaucoup de travail à faire - une pièce entière à écrire - et savait qu'il aurait à se controler. Autrement, la musique l'engloutirait, l'aspirerait hors de l'existence comme un astre géant avale une comète.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par phildec, le 13 avril 2012

    Claude avait travaillé la musique toute sa vie, poussé par le besoin de pénétrer de plus en plus profondément ses mystères, soutenu par son aptitude à le faire. Ses progrès avaient été constants, raisonnablement réguliers et tangibles quant à son instrument. Le développement de son imagination musicale était un fait simple, comme celui du développement physique de son corps — sauf qu'il promettait de durer plus longtemps. En un sens, Claude avait tenu tout ceci pour acquis et supposé que la même chose arrivait à quiconque travaillait dur. Mais supposons qu'il n'en soit rien ! Supposons que des gens puissent être bloqués — se développer jusqu'à un certain point, puis en rester là. Combien de temps serait-il demeuré derrière son mur personnel si Fredericks ne lui avait pas montré comment aller de l'autre côté ? Combien de jeunes musiciens à qui on l'avait indiqué avaient pu y parvenir ? Le désir de croissance ne garantissait pas la croissance, devait-il admettre à présent. C'était plus compliqué. Il y avait des impondérables. Ainsi, Jerry était sans doute l'un de ces malchanceux, bon musicien — qui travaillait peut-être dans un orchestre, amoureux passionné de la musique — mais bloqué, conscient de l'existence de l'autre côté du mur, désirant ardemment y parvenir, mais incapable d'y aller. De là son émotion. Claude s'autorisa à se regarder lui-même avec les yeux de Jerry, et, un moment, fut terrifié. (édition Poche p470)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par mimipinson, le 06 août 2010

    « Aussi singulier ou mystérieux que fût l’environnement (…), où qu’il se trouvât, dès qu’il s’asseyait au piano, le monde qui l’entourait n’avait simplement plus d’importance. Sa relation physique avec le piano était immuable. Tout le reste était là. Ses repères étaient là » p 210
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    C'est presque magique. C'est si bon, parfois, que c'en est presque insoutenable. je veux dire, on joue, on sent une résistance, on pousse de plus en plus fort... et soudain on débouche en pleine lumière, juste comme ça... On passe de l'autre côté du mur ! l n'y a plus de résistance, on navigue... De la pensée pure, qui se transforme en musique pure.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)

> voir toutes (1)

Video de Frank Conroy

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Frank Conroy

Lectomaton Corps et âme, Frank Conroy Librairie A livre ouvert le rat conteur








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Corps et âme par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (244)

> voir plus

Quiz