> Françoise Cartano (Traducteur)

ISBN : 2266147978
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 4.35/5 (sur 136 notes) Ajouter à mes livres
Il y avait le père, Henry Wingo, pêcheur de crevettes, violent, buté. La mère, Lila, belle, ambitieuse, monstreuse. Et les disputes, les cris, les coups...
Luke, le fils aîné, Tom et Savannah, les jumeaux, auraient peut-être pu, malgré tout, sortir indemnes de le... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par vilvirt, le 20 août 2011

    vilvirt
    Le Prince des Marées a véritablement été une révélation pour moi et un grand coup de coeur. J'en avais beaucoup entendu parler avant de l'acheter, mais je n'aurais jamais cru que ce récit allait me transporter comme ça. C'est une saga passionnante, lumineuse, dédiée à l'amitié, à la fraternité et à l'amour pour une terre sauvage et éclatante. le style de l'auteur est poétique, entraînant, on ne s'ennuie pas une seule seconde au gré de ces 1000 pages qui, au final, se dévorent comme de rien, et je dois dire que j'en aurais bien repris un peu !
    L'histoire est celle de la famille Wingo dont les aléas, les drames et les bonheurs nous sont rapportés par leur fils Tom. Dans le cabinet d'une psychiatre de New-York qu'il est venu rencontrer afin de comprendre la tentative de suicide de sa soeur jumelle Savannah, Tom se pose des questions, tente de dédramatiser, use d'humour (je l'adore, il est hilarant !) et oscille parfois à la limite de l'effondrement moral, jusqu'à ce que de confessions en révélations il lève peu à peu le voile sur les tragédies de son passé entre un père brutal, une mère magnifique et insatisfaite, et un frère et une soeur dont l'amour et la loyauté à toute épreuve sont célébrés à chaque page.

    Au coeur de la Caroline du Sud, sur une île minuscule cernée par le fleuve et une nature exubérante, les trois enfants s'élèvent aux rudes lois de la vie, se protègent mutuellement et apprennent à survivre, à rêver et à se construire. Grâce aux histoire de leurs grand-parents, à leur présence généreuse - l'un pieu à l'extrême, l'autre joyeuse et excentrique (un couple étonnant auquel je me suis particulièrement attachée !) la rudesse de leur enfance va s'accompagner d'une certaine forme de douceur, de joie de vivre et de fantastiques moments de complicité.
    Le chemin est rude - je vous épargne les détails, à vous de découvrir cette histoire - et malgré l'aspect sordide de certains épisodes du passé, c'est la joie de vivre que je retiendrai avec le plus de force. le bonheur tranquille sur une île presque paradisiaque, la communion avec le fleuve, ses odeurs, ses couleurs, et la poésie du style de Pat Conroy qui parvient à mettre tout cela en lumière, à sublimer ce petit coin de terre avec énormément de talent.

    Le thème central, c'est avant tout la folie - celle de Savannah (artiste et poète qui part s'expatrier à New York pour fuir ce sud qui l'écoeur) mais aussi celle qui pousse les parents Wingo à se comporter de façon cruelle avec leurs enfants, avec toutes les conséquences que cela engendre. Et ce sujet dramatique est courageusement exploité par l'auteur et nous plonge dans l'esprit des Wingo sans que la succession de tragédies qui ponctuent leur existence nous fasse un seul instant tomber dans le ridicule ou le mélodramatique. Leur vie va se construire sur les ruines de leur enfance, et malgré cela, leur apporter le succès et l'accomplissement. Et puis l'humour reste omniprésent, aussi bien dans les dialogues que dans certaines situations (je pense notamment à l'épisode de la tortue qui m'a fait mourir de rire), il s'élève comme un rempart contre la folie et la violence, et il adoucit les souvenirs les plus cruels...
    La suite ici :

    Lien : http://tranchesdelivres.blogspot.com/2011/08/le-prince-des-marees-pa..
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 10 mai 2010

    litolff
    Un magnifique roman sur le sud des Etats-Unis :
    Une île perdue au fin fond de la Caroline du Sud et une famille de pêcheurs qui lutte pour survivre. Un père violent et une mère pétrie d'ambition, pour qui rien d'autre n'a d'importance, vont marquer à jamais leurs trois enfants. le Sud, un peu décadent, plante un décor idéal pour cette histoire aussi trouble et humide que les marais qui l'enveloppent.
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    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 05 septembre 2011

    Missbouquin
    "A quoi ressemblait la vie dans votre famille, Savannah ?
    - C'était Hiroshima, répondit-elle.
    - Et à quoi ressemble votre vie depuis que vous avez quitté cette merveilleuse famille ?
    - Nagasaki, dit-elle, toujours sans se retourner.
    - Donnez-nous le titre du poème que vous avez écrit en l'honneur de votre famille, dis-je.
    - "Histoire d'Auschwitz", dit-elle.
    - Et maintenant, nous arrivons à la question cruciale. Qui aimez-vous plus que tout au monde ?
    - J'aime mon frère, Tom Wingo. Mon jumeau merveilleux, formidable."
    Voici le résumé de ce magnifique livre que je viens de terminer, véritable hymne à la famille et incomparable description de la Caroline du Sud, Etat de pêcheurs de crevettes, racistes et conservateurs.
    Pat Conroy, né en 1945 en Géorgie, nous livre ici un extraordinaire roman, impressionnant par sa profondeur, la richesse de ses enseignements et de ses expériences presque traumatisantes, à l'instar du héros, Tom Wingo. Dès le début, ce dernier nous fait comprendre qu'il a vécu une enfance horrible et que deux événements majeurs ont marqué sa vie d'adulte. A 37 ans, il considère qu'il a raté sa vie. A l'occasion d'une nouvelle tentative de suicide de sa sœur jumelle, il va se confier au psy qui tente de comprendre cet acte désespéré. Il revient alors longuement sur sa vie, sur sa famille surtout. Et petit à petit, les pièces se mettent en place.
    On assiste ici à un véritable appel au secours d'un homme qui se noie dans son passé, qui ne parvient pas à le dépasser, à pardonner. Comme s'il s'enfonçait sans cesse dans les marais de son enfance, dans la boue de sa mémoire.
    Pat Conroy est un formidable conteur, (je sentais presque l'odeur des crevettes à la fin ...), qui heureusement a doté son personnage d'un humour cynique essentiel permettant de relativiser l'horreur des événements racontés. Je garderai toujours en mémoire des scènes extrêmement fortes, qu'elles soient positives ou négatives, comme l'affaire avec Todd Newbury, ou la lutte pour sauver le marsouin blanc, et enfin l'action de Luke ... Pat Conroy a parfaitement rendu l'esprit d'une ville des années 1980 dans ce coin perdu des Etats-Unis, en décrivant ses luttes, ses ruptures, ses habitants.
    De plus, il a réussi à dessiner des personnages qui n'ont rien de positif, mais l'on se sent pourtant très proches d'eux : Tom, peureux, lâche mais pourtant terriblement sensible; Savannah, blessée, moraliste, qui méprise le Sud qui l'a fait devenir ce qu'elle est; Luke, finalement le plus grand de la fratrie, le plus touchant; mais je ne vous en dit pas plus ...
    En bref, un roman qui m'a proprement bouleversé, au point que j'ai eu du mal à en commencer un autre pendant les quelques jours qui ont suivi. Certes, il est extrêmement dur, mais le lecteur se retrouve emporté au coeur de cette petite ville, dans cette famille, et on ne peut reposer le livre qu'une fois terminé (ce qui est embêtant car il fait quand même 500 pages, avec une écriture bien serrée ...)
    Pour conclure, un livre à lire absolument car il vous fait vivre une expérience de lecture extraordinaire, et qu'il restera longtemps dans votre mémoire ...

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 19 juin 2011

    spleen
    Terrible histoire d'une famille en Caroline du Sud ou les racines sont lourdes a porter. Un père violent aux projets systematiquement voués à l'echec, une mère ambitieuse et insatisfaite et la fratrie, deux garçons et une fille soudés par un amour sans faille renforcé par les drames de la vie.
    Le passé est raconté par bribes par le heros Tom, le jumeau de Savanah pour sortir sa soeur de son enfermement en psychiatrie et pour faire rebondir sa vie qui s'enlise comme dans les marais de son pays
    Un roman tres fort , superbement ecrit et qui reste dans les esprits!
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 19 août 2011

    mimipinson
    Le titre à lui seul pousse à investir le paysage de rêve choisi pour la couverture. Seule l'épaisseur de ce roman pourrait faire reculer. C'est l'été, les vacances ne sont plus très loin ; soyons fou, relevons le défi !!! Je ne l'ai pas regretté, j'ai été très vite emporté par cette histoire, pour ne me consacrer qu'à elle. J'ai lu ce livre très vite, tournant les pages sans m'en rendre compte.
    Le Prince des Marées nous transporte en Caroline du sud sur les traces d'une famille de pêcheurs à la découverte de ses drames et de ses secrets.
    Pour éviter au maximum lassitude et linéarité qu'un grand nombre de page aurait pu engendrer, l'auteur a choisi une narration unique, mais alternée dans l'espace, et inversée dans le temps.
    Le roman en lui-même est précédé d'un prologue relativement court, dans le quel Tom Wimgo (le narrateur) se présente au lecteur tant sur le plan familial que sur le plan géographique, et d'une certaine manière de manière assez claire plante le décor et la problématique.
    « Elle (sa mère) règne en souveraine dans l'exquise imagerie d'un fils béat de dévotion, pourtant je ne peux lui pardonner de n'avoir rien dit du rêve qui la nourrissait du temps de mon enfance, ce rêve qui allait provoquer la ruine de ma famille et la mort de l'un d'entre nous. »
    « Je vous raconterai mon histoire. Il n'y manquera rien. Je vous le jure. »
    Il suivra un épilogue relativement court aussi, s'ouvre sur une note positive, lumineuse, et achève ainsi une belle et passionnante lecture.
    Nous démarrons donc notre histoire au présent avec un drame, puis tout ne sera que chassé-croisé, entre ce présent et un passé qu'il va falloir aller déterre pour sauver Savannah, la sœur jumelle de Tom auquel Susan Lowenstein, sa psychiatre new-yorkaise demande son concours pour tenter de comprendre le drame de Savannah.
    Nous suivrons donc Tom, Savannah, et Luke, leurs parents Lila et Henry à la personnalité si différentes, les grands parents qui eux aussi ont leur part d'ombre. Il y a dans cette famille une conception assez particulière de ce qu'est la vérité.
    « Nos parents n'étaient pas partisan d'en dire trop à leurs enfants ; ils n'allaient pas au-delà de ce qu'ils estimaient indispensable de porter à notre connaissance. »
    Il se passera des choses, graves, qui auront des répercutions sur chacun, mais surtout, garder la tête haute, ne rien dire, faire comme s'il ne s'était rien passé.
    Au fur et à mesure de la narration de Tom, de l'évocation de ses propres problèmes personnels, et de sa relation avec Susa, tout s'éclaire, tout s'explique.
    Ici ou là, malgré les tensions, glisse ici ou là un humour sudiste caustique qui me donnera souvent le sourire aux lèvres. J'ai apprécié le mode narratif alterné ; même si les différentes situations ne sont pas franchement posées, cela n'empêche absolument pas le lecteur de s'y retrouver.
    Le climat familial est bien décrit. le sud est bien évoqué, et bien différencié de la frivolité newyorkaise du Dr Lowenstein.
    « Ma mère ne serait pas un cas facile à expédier. Nous étions nés dans une maison de souffrance, de drames et de complications. Nous étions des Sudistes typiques. En chaque Sudiste, sous le vernis du cliché se trouve un autre cliché beaucoup plus profondément enfoui. »
    J'ai beaucoup aimé la manière avec l'auteur a retransmis l'amour inconditionnel entre les jumeaux.
    Enfin, pour être entièrement objective, ce roman, comme la majorité des gros volumes, n'échappent pas à un certain nombre de longueurs. Certains passages auraient gagné à être abrégés. La fluidité de l'écriture aura, cependant rendu l'écueil largement surmontable.
    En outre, la révélation se fait dans des termes qui peuvent heurter certains ou certaines. Il est court, et unique, ce qui la rend elle aussi surmontable.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/08/le-prince-des-marees...
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Citations et extraits

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  • Par hootyowl, le 13 avril 2010

    J’ai grandi en Caroline du Sud où je suis devenu un homme, un Blanc sudiste, et je vivais avec brio la haine que j’avais consciencieusement appris à nourrir contre les Noirs lorsque le mouvement en faveur des droits civiques m’est tombé dessus sans crier gare, au détour d’une barricade, me démontrant à la fois mon ignominie et mon erreur. Comme j’étais un garçon réfléchi, sensible et épris de justice, j’ai fait mon possible pour me réformer et jouer un petit rôle insignifiant dans ce mouvement, ce dont je me suis empressé de tirer un orgueil plus qu’excessif. Puis je me suis retrouvé à l’université où je suivais la préparation militaire des Officiers de Réserve composé exclusivement de jeunes mâles de race blanche, et je me suis fait craché dessus par des militants pacifistes que mon uniforme dérangeait. J’ai fini par rejoindre les rangs de ces manifestations, mais je n’ai jamais craché sur quiconque ne partageait pas mes opinions. Je pensais passer tranquillement le cap de la trentaine, en brave contemplatif à l’humanisme irréfutable, lorsque le mouvement de libération de la femme m’a coincé au détour d’une avenue et, une fois de plus, je me suis retrouvé du mauvais côté de la barricade. Apparemment, j’incarne tout ce que le XXe siècle compte de turpitudes.
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  • Par hootyowl, le 13 avril 2010

    - Vous ne m'avez pas raconté toutes les histoires. Vous ne m'avez pas raconté toutes celles qui comptent vraiment. Vous m'avez servi l'histoire de votre famille telle que vous aimeriez vous en souvenir et la conserver. Le grand-père haut en couleur, la grand-mère complètement extravagante. Un papa un peu bizarre qui battait tout le monde quand il était soûl, mais une maman qui était un vraie princesse et dont l'amour assurait la cohérence de la famille.
    - Je ne suis pas encore arrivé à la fin, Susan. Je m'efforce de replacer les choses dans leur contexte. Le premier jour que nous nous sommes vus, vous m'avez jeté une poignée de bande sur lesquelles Savannah hurlait des insanités. Une partie m'échappe. J'essaie de faire un tri, mais je ne peux pas vous raconter la fin si vous ne commencez pas par comprendre le début.
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  • Par litolff, le 10 mai 2010

    Le lendemain, mon père partit pour la Corée et disparut un an dans une nouvelle guerre. Il nous éveilla tous les trois de bon matin. Il posa un baiser brutal sur nos trois joues. Ce fut la dernière fois que mon père m’embrassa jamais. Luke fut incapable de marcher pendant une semaine. Mais je pus arpenter sans père les trottoirs d’Atlanta, heureux comme un pape qu’il fût parti.

    Le soir, dans le secret de murmures défendus, je priais pour que son avion fût abattu. Mes prières fleurissaient comme des tirs antiaériens dans le profond sommeil des enfants. En rêve, je le voyais surgir du ciel en flammes, il avait perdu le contrôle, il mourait. Il ne s’agissait pas de cauchemars. Tels étaient les doux rêves de bonheur d’un enfant de six ans qui avait subitement compris qu’il était né dans la maison de son ennemi.

    J’ai souvent gravi les flancs de Stone Mountain depuis ce jour. Toujours m’attendait au sommet un petit garçon de six ans qui redoutait l’approche de son père. Ce petit garçon, cet homme inachevé, il vit dans la mémoire de la montagne. Quand je grimpe, je découvre les brèches invisibles dans le granite où j’entendis jadis mon père me traiter de fillette. Je n’oublierai jamais les paroles de mon père ce jour–là, ni la douleur sur mon visage après qu’il m’eut giflé, ni la vue du sang sur le pantalon de mon frère. Je ne comprenais pas, mais je savais au moins que je voulais prendre modèle sur ma mère. De ce jour-là, je répudiai la part de moi qui me venait de lui, de ce jour-là je détestai être né mâle. (Pages 195-196)
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  • Par crapette, le 12 novembre 2010

    Rappelez-vous bien ce que je vous ai dit. Moi, personne ne m'a prévenu quand j'étais petit, dis-je sérieusement, mais les parents ont été mis sur terre dans le seul but de rendre leurs enfants malheureux. C'est une des principales lois voulues par Dieu. Alors, écoutez-moi bien. Votre tâche à vous, c'est de faire croire à Maman et à moi que vous faites et que vous pensez tout ce qu'on a envie que vous fassiez et pensiez. Mais en fait, ce n'est pas vrai. Vous avez des opinions personnelles et vous partez en missions secrètes. Parce que Maman et moi, on vous bousille.
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  • Par nefertari83136, le 05 octobre 2011

    ... pourtant au début, je ne l'entendis ps et la sentais sensible à la présence du public, intimidée pae lui. Mais lentement elle fut saisie par le langage, son langage, ses poèmes, et sa voix se haussa, se posa, prit de l'assurance. Et alors Savannah Wingo capta son public du West Village, new-yorkais et cultivé, blasé, durci par la ville, et elle l'emportta dans la tornade. Je connaissais tous ses poèmes par coeur et mes lèvres bougeaient à l'unisson des siennes. Je racontzais les histoires de notre vie comme elle les racontait et je sentis le pouvoir magique de la poésie subjuguer la foule tandis que la voix de Savannah montait vers le choeur, montait vers les créneaux brillants de l'Empire State Building, vers les étoiles au-dessus de l'Hudson, avant de nous ramener vers les Basses-Terres de Caroline du Sud où cette soeur merveilleuse naquit au chagrin et à la tristesse, où tous ces poèmes, rassemblés en fragments et images, dans l'obscurité, se formèrent en éclats de corail et attendirent l'annoncition du poète, ce soir, attendirent ce soir et le souffle collectif de cette assemblée pendant qu'elle partageait les poèmes du coeur en faisant simultanément saigner et chanter le langage.
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Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Pat Conroy Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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