> Béatrice Didier (Traducteur)

ISBN : 2253045888
Éditeur : Le Livre de Poche (1988)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
« J'ai été mécontent, malheureux, injuste ; peut-être, en luttant avec trop de violence contre une imagination rebelle, avez-vous donné de la force à des velléités passagères que je méprise aujourd'hui ; mais pouvez-vous douter de mon affection profonde ? Nos dores ne s... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 03 mars 2012

    Missbouquin
    Décidément, ce mois-ci les classiques n'ont pas la côte chez moi ! Publié en 1816, ce roman raconte les aventures amoureuses d'Adolphe, jeune homme qui passe d'une femme à l'autre jusqu'à ce qu'il rencontre Ellénore. Petit à petit, une passion se noue entre ces deux êtres indolents et profondément romantiques : “elle me permit de lui peindre mon amour; elle se familiarisa par degrés avec ce langage : bientôt, elle m'avoua qu'elle m'aimait.”
    Mais comme on pouvait s'y attendre, Adolphe sent peu à peu cette passion s'éteindre : “que peut, pour ranimer un sentiment qui s'éteint, une résolution prise par devoir ?” mais il ne se l'avoue pas tout de suite. Or, “dès qu'il existe un secret entre deux cœurs qui s'aiment, dès que l'un d'eux a pu se résoudre à cacher à l'autre une seule idée, le charme est rompu, le bonheur est détruit.” Cependant, ce n'est pas si simple de rompre car Ellénore a tout quitté pour lui, il est donc responsable d'elle, qui n'a aucune ressource. de plus, d'un cœur tendre mais aussi très lâche, il hésite à lui faire du mal, préférant fuir les confrontations et les pressions que la bonne société fait peser sur lui.
    “La grande question dans la vie, c'est la douleur que l'on cause, et la métaphysique la plus ingénieuse ne justifie pas l'homme qui a déchiré le cœur qui l'aimait. Je hais d'ailleurs cette fatuité d'un esprit qui croit excuser ce qu'il explique.”
    Et à la fin, la réponse factice de la personne à qui l'on a raconté l'histoire d'Adolphe et nous en dit plus sur son avenir, conditionné et expliqué par cette aventure :
    “J'aurais deviné qu'Adolphe a été puni de son caractère par son caractère même, qu'il n'a suivi aucune route fixe, rempli aucune carrière utile, qu'il a consumé ses facultés sans autre direction que le caprice, sans autre force que l'irritation.” C'est bien tout cela déjà que l'on voit évoquer dans le récit court de l'histoire d'Adolphe et d'Ellénore. Un jeune homme qui se laisse porter par la vie, mené par tous et n'en fait rien.
    Benjamin Constant se fait bien ici le précurseur du romantisme, dépeignant avec force et précision les passions qui peuvent se déchaîner en l'homme, mais également ses faiblesses, qui ne sont que trop nombreuses. “Ma surprise n'est pas que l'homme ait besoin d'une religion; ce qui m'étonne, c'est qu'il se croie jamais assez fort, assez à l'abri du malheur pour oser en rejeter une.”
    Finalement, ce que j'ai apprécié : la lucidité du narrateur, avec l'esprit critique de la jeunesse = “Les hommes se blessent de l'indifférence, ils l'attribuent à la malveillance ou à l'affectation; ils ne veulent pas croire qu'on s'ennuie avec eux naturellement.”
    Mais ce qui m'a contrarié : la vacuité de la vie de ces deux êtres, qui ne savent que pleurnicher et se rendre malheureux.
    Une chronique en demi-teinte donc. Cependant, je ne suis pas sûre que je ne le relirai pas un jour, car ce n'était peut-être pas le bon moment pour l'apprécier.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/03/02/rdl-3-les-livres-que-..
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Melisende, le 28 novembre 2011

    Melisende
    Cette lecture remonte à pas mal de temps maintenant (presqu'un mois en fait), je vais peut-être peiner à mettre mes idées en place (avec ma mémoire de poisson rouge) mais je vais tenter de faire de mon mieux.
    Depuis plusieurs mois, mes lectures sont surtout tournées vers l'Imaginaire (le grand groupe de la SFFF and Co'), ayant laissé les classiques et autres joyeusetés de côté (alors que j'en lisais encore beaucoup il y a un an ou deux… comme quoi, chaque période de la vie d'une lectrice est propice à un genre !). Me replonger dans un texte du début du XIXème siècle n'a pas été dénué d'appréhensions mais j'ai finalement passé un très bon moment avec ce très court « roman ».
    Adolphe vient tout juste de terminer ses études à l'université. A 22 ans à peine, il cherche à expérimenter les choses de la vie et se pose de grandes questions au sujet de l'Amour… Par orgueil, ou peut-être simplement par goût du défi, il croit se prendre de passion pour Ellénore - une femme de trente ans installée avec son bienfaiteur et leurs enfants - qu'il s'évertue à séduire. Malheureusement, il se rend compte bien vite qu'il s'est lancé dans une relation étouffante. Ellénore est très amoureuse et prête à tout quitter - famille et réputation - pour lui mais lui s'enlise, n'osant pas lui avouer qu'il doit la quitter…
    L'intérêt de ce court texte (à peine 150 pages dans l'édition que l'on m'a prêtée), c'est le point de vue adopté. Adolphe est l'unique narrateur, tout passe par son ressenti. « Mémoires » ou « journal intime », peu importe le nom que l'on peut donner à ce texte, retenez surtout qu'avec le « je » le lecteur n'a que le point de vue d'Adolphe, jamais celui des autres personnages (Ellénore par exemple). On suit donc les pensées du personnage, ses interrogations et on découvre petit à petit sa souffrance. Aimé passionnément d'une femme qu'il n'aime pas, il ne sait comment se sortir de cette situation, trop lâche pour prendre une décision qui ferait souffrir son amante. Voilà une citation (celle que je retiens surtout de cette lecture) qui résume assez bien les évènements : « C'est un affreux malheur de n'être pas aimé quand on aime ; mais c'en est un bien plus grand d'être aimé avec passion quand on n'aime plus. » (Chapitre V) de son côté, Ellénore semble prendre plaisir à culpabiliser l'homme qu'elle aime, profitant à outrance de l'emprise qu'elle a sur lui.
    Sans vouloir spoiler (même si le dénouement n'est pas une surprise en soi et n'est pas ce qui est le plus important à mon sens, l'intérêt étant plutôt dans le cheminement qui conduit à cette fin), sachez que ces 150 pages se terminent tragiquement (évitez cette lecture si vous avez déjà le moral dans les chaussettes…). On peut alors se demander qui est le coupable… Adolphe pour sa lâcheté pendant toutes ces années (il aurait pu les libérer tous les deux de cette relation destructrice) ? Ou Ellénore pour son emprise sur le jeune homme (comprenant la souffrance de son amant, elle aurait pu cesser son emprise sur lui) ?
    On m'a demandé si j'étais touchée par l'un des deux personnages (ou les deux) et en y réfléchissant… non, je ne crois pas. Je peux les comprendre, chacun de leur côté, mais je ne peux pas m'empêcher de les trouver agaçants ; à mon sens, ils sont toutes les deux responsables de ce qui leur arrive. Je ne suis pas touchée par Adolphe ou Ellénore aujourd'hui, mais j'aurais pu l'être il y a quelques années tant leur histoire se rapproche de celle que j'ai pu vivre. Et si leur façon d'agir m'agace autant aujourd'hui, c'est peut-être parce que j'y reconnais ce que j'ai pu être à une époque et que je me suis jurée de ne jamais plus être ! Alors, touchée dans le sens « j'ai de la sympathie pour eux » non, touchée dans le sens « leur histoire m'a fait réagir d'une façon ou d'une autre » oui ; et c'est sans doute le principal.
    Si l'intrigue n'est pas des plus passionnantes et le dénouement sans surprise, le cheminement jusque là et les interrogations avancées par Adolphe méritent de se pencher sur ce court texte, qui plus est relativement bien écrit et abordable (pas de tournures trop désuètes).
    Petite précision supplémentaire : ce titre m'a été prêté et donc conseillé par un jeune homme qui avait beaucoup aimé sa lecture ; Adolphe n'est donc pas un titre féminin et peut interroger la gent masculine quelques points…

    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/adolphe-de-benjamin-consta..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par TheBee, le 21 juillet 2010

    TheBee
    L'histoire en elle-même ( le récit d'une liaison des début passionnés au déclin) n'est pas passionnante. Néanmoins, le texte très bien écrit compense très largement.
    L'écrivain, engagé en politique, est aussi l'auteur d'essais politiques. Il est donc surprenant de trouver un roman d'amour écrit de sa plume. Et pourtant, la plus grande surprise n'est pas là!
    Notre siècle est le siècle de la psychologie, se dit-on. Benjamin Constant ferait-il donc partie des précurseurs, au... 18ème siècle !?! La richesse du récit tient en effet de la précision avec laquelle il décrit les affres de la passion amoureuse, décorticant simplement et justement les sentiments les plus communs, les souffrances inhérentes à certains tempéraments, les souffrances que l'on veut épargner à l'autre aussi, quand l'amour n'est plus. Sans employer les termes que l'on connait aujourd'hui et qui à eux seuls résument, catégorisent, enferment -parfois- les tourments de l'âme, Benjamin Constant, au contraire, exprime ces tourments, les fait vivre sous sa plume. On se reconnait, quelques fois, dans certaines tournures.
    Les adeptes de Rousseau, ou de Goethe, devraient apprécier cette lecture sensible.
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Citations et extraits

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  • Par MlleOceane, le 22 mai 2012

    Ce n'était pas les regrets de l'amour, c'était un sentiment plus sombre et plus triste; l'amour s'identifie tellement à l'objet aimé que dans son désespoir même il y a quelque charme. Il lutte contre la réalité, contre la destinée; l'ardeur de son désir le trompe sur ses forces, et l'exalte au milieu de sa douleur...

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  • Par Elvira, le 14 décembre 2011

    L'amour supplée aux longs souvenirs, par une sorte de magie. Toutes les autres affections ont besoin du passé : l'amour crée, comme par enchantement, un passé dont il nous entoure. Il nous donne, pour ainsi dire, la conscience d'avoir vécu, durant des années, avec un être qui naguère nous était presque étranger. L'amour n'est qu'un point lumineux, et néanmoins il semble s'emparer du temps.
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  • Par Missbouquin, le 03 mars 2012

    “La grande question dans la vie, c’est la douleur que l’on cause, et la métaphysique la plus ingénieuse ne justifie pas l’homme qui a déchiré le cœur qui l’aimait. Je hais d’ailleurs cette fatuité d’un esprit qui croit excuser ce qu’il explique.”
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  • Par XCCX, le 27 août 2010

    Pendant les heures qui nous séparent, j'erre au hasard, courbé sous le fardeau d'une existence qui m'accable. Ces indifférents qui m'observent, qui me regardent avec une curiosité sans intérêt, avec un étonnement sans pitié, ces hommes qui osent me parler d'autre chose que de vous, portent dans mon sein une douleur mortelle. Je les fuis; mais, seul, je cherche en vain un air qui pénètre dans ma poitrine oppressée.
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  • Par Elvira, le 14 décembre 2011

    Je ne savais pas alors ce que c'était que la timidité, cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l'âge le plus avancé, qui refoule sur notre coeur les impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments mêmes de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaître.
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Jacques Doillon et Anne Brochet sur "Du fond du coeur"
Interview d'Anne BROCHETde de Jacques DOILLON à propos du film "Du fond du coeur" qui a trait à la passion de Madame de Staël et de Benjamin Constant. Ils parlent de la manière dont ils ont travaillé. Jacques DOILLON est convaincu que la sensibilité et l'amour occupaient la plus grande part de la vie des deux protagonistes. Discussion avec Roland JACCARD qui vient de rééditer la...








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