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> Béatrice Didier (Traducteur)

ISBN : 2253045888
Éditeur : Le Livre de Poche (1988)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 232 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« J'ai été mécontent, malheureux, injuste ; peut-être, en luttant avec trop de violence contre une imagination rebelle, avez-vous donné de la force à des velléités passagères que je méprise aujourd'hui ; mais pouvez-vous douter de mon affection profonde ? Nos dores ne s... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 25 juin 2012

    LiliGalipette
    Le jeune Adolphe est un être sensible, taciturne et doté d'une nature sombre. Ouvertement indépendant, il entend mener sa vie à sa guise et nourrir son orgueil par toutes les considérations que les autres pourront lui accorder. le jour où il décide d'être aimé, il jette son dévolu sur la belle Ellénore. Plus âgée que lui, elle est la maîtresse du comte de P***. « Je ne croyais point aimer Ellénore ; mais déjà je n'aurais pu me résoudre à ne pas lui plaire. » (p. 45) Obtenir l'attention et les sentiments d'Ellénore est donc une conquête d'amour-propre. Passées les premières exaltations et les premières preuves véhémentes d'amour, Adolphe s'agace d'une relation qui entrave son quotidien et le prive d'une liberté à laquelle il est furieusement attaché. « Ellénore était sans doute un vif plaisir dans mon existence, mais elle n'était plus un but : elle était devenue un lien. » (p. 69) Il faut peu de temps pour que le jeune homme cesse d'aimer, mais il ne se résout pas à quitter Ellénore puisque tout le monde le presse d'y parvenir. Son indépendance est mêlée d'orgueil et il refuse qu'on décide pour lui une chose qui est pourtant évidente. Certes, la société et son père s'offusquent de cette liaison qui entrave sa carrière et les ambitions qu'il peut nourrir, mais Adolphe entend décider seul de la rupture. le problème est qu'il ne se résout jamais à cette issue.
    Adolphe fait preuve d'une grande lâcheté et ses tentatives de rupture échouent devant les larmes d'Ellénore. Il se fait un devoir de la protéger et de la soustraire au jugement de la société, mais ce devoir lui pèse et il l'accomplit sans noblesse. Ellénore elle-même ne s'y trompe pas : « Vous vous dévouez à moi parce que je suis persécutée, vous croyez avoir de l'amour, et vous n'avez que de la pitié. » (p. 95) Sous couvert d'indépendance, Adolphe est en fait un capricieux qui s'entête dans une folie de jeunesse en voulant la parer des vertus de la sagesse et de la passion. Son amour pour Ellénore a disparu et sa tiède affection tient plus de l'habitude que du sentiment. « Nous vivions, pour ainsi dire, d'une espèce de mémoire du cœur, assez puissante pour que l'idée de nous séparer nous fût douloureuse, trop faible pour que nous trouvassions du bonheur à être unis. » (p. 108) Ce n'est que tragiquement que cette histoire pourra s'achever et Adolphe comprendra enfin qu'il était le seul obstacle au repos tant espéré par Ellénore.
    Ce roman est l'expression littéraire la plus archétypale du romantisme : le héros est jeune, tourmenté par on ne sait quoi, fréquemment saisi par l'idée de la mort et vaguement décidé à contrer la société. Finalement, sa médiocre révolte avorte et il n'y a rien gagné. Adolphe est un personnage résolument insupportable, voire odieux : ce jeune homme capricieux est faussement amoureux, faussement fidèle, faussement noble, etc. Si j'ai eu peu de sympathie pour lui, je n'en ai eu pour Ellénore qu'à la fin, à la lecture de son ultime lettre : c'est évidement la volonté de l'auteur de ne dévoiler la vraie et pure nature de la malheureuse que lorsque l'irréparable est accompli. Adolphe est intéressant d'un point de vue littéraire et dans une étude du mouvement romantique, mais cette intrigue ne m'a pas plu : les jeunes godelureaux infatués n'obtiennent jamais mes faveurs.
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    • Livres 5.00/5
    Par missmolko1, le 02 février 2014

    missmolko1
    Adolphe est un classique peu connu. Ou alors c'est peut-être juste moi mais je n'en avais jamais entendu parler avant de le voir sur une des étagères d'Emmaus. J'ai lu brièvement le résumé et je me suis laissée séduire. J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman, il m'a rappelé mon année de seconde ou j'avais adoré étudier le romantisme. La on est en plein dedans.
    Adolphe est un jeune homme qui va rencontre Ellénore, maîtresse du comte de P*** : "Offerte a mes regards dans un moment ou mon cœur avait besoin d'amour, ma vanité de succès, Ellénore me parut une conquête digne de moi." Entre eux va naître une complicité "Je la considérais comme une créature céleste." bientôt suivi par l'amour "J'aimai, je respectai mille fois plus Ellénore après qu'elle se fut donnée. Je marchais avec orgueil au milieu des hommes ; je promenais sur eux un regard dominateur. L'air que je respirais était a lui seul une jouissance. Je m'élançais au-devant de la nature, pour la remercier du bienfait inespéré, du bienfait immense qu'elle avait daigné m'accorder." Ellénore, elle, l'aime et renonce a tout pour le jeune homme. Mais Adolphe se rend compte a ce moment la, qu'il ne l'aime pas autant que ça, il voudrait la quitter mais a peur de la faire souffrir. "C'est un affreux malheur de n'être pas aimé quand on aime ; mais c'en est un bien plus grand d'être aimé avec passion quand on n'aime plus."
    Voila une histoire d'amour qui commence bien et qui se termine de façon tragique, un amour destructeur, une incompréhension entre deux êtres qui au lieu de se faire du bien se font souffrir mutuellement. Un très beau classique, l'auteur, Benjamin Constant a une écriture vraiment sublime qui même avec les années n'a pas pris une ride et qui se lit très rapidement.
    En ce qui concerne les personnages, beaucoup jetteront la pierre sur Adolphe. Pourtant moi il m'a beaucoup plu. Alors oui, il fait souffrir Ellenore, oui il lui ment, lui fait croire qu'il l'aime et est un lâche mais en même temps il le fait toujours pour la protéger. Il l'aime peut être pas de la même façon qu'elle mais je ne doute pas d'un profond attachement qui le lit a Ellénore.
    Concernant Ellenore, c'est elle qui m'a vraiment agacé, elle se jette dans cet amour, renonce a tous pour lui (même a ses enfants ?!) et l'étouffe. Quand elle sent qu'Adolphe lui échappe, elle se montre malheureuse, le fait culpabiliser. Elle savait je pense que cette histoire ne durerait pas mais voulait en repousser l'échéance, donc pour le coup souffrait deux fois plus....
    J'ai vu que le roman a été porté a l'écran avec la jolie Isabelle Adjani, c'est exactement comme cela que je me représentais Ellénore et il me tarde de découvrir cette adaptation.

    Lien : http://missmolko1.blogspot.ie/2014/02/adolphe.html
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    • Livres 4.00/5
    Par juliette2a, le 24 août 2012

    juliette2a
    Est-ce concevable de vivre auprès d'une personne que l'on n'aime pas ? Cette question correspond très bien à Adolphe, le héros de ce roman majestueusement écrit par Benjamin Constant. Notre héros donc, mène au début de cette histoire une vie rêveuse, ne cherchant pas la compagnie et ne pensant pas à l'avenir, mais cette vie va soudainement changer avec une idée farfelue d'Adolphe : celle de séduire une femme. Malheureusement, aucune de celles qu'il rencontre ne lui convient et c'est en vain qu'il recherche l'heureuse élue. Toutefois, au cours d'une soirée passée en compagnie du célèbre comte de P***, Adolphe croise la maitresse de celui-ci, une polonaise du nom d'Ellénore et se met à rêver d'elle. Petit à petit, il en tombera amoureux. Ellénore, follement éprise, abandonne tout ce qu'elle possède -enfants, fortune, réputation, et même jusqu'au comte- pour pouvoir vivre avec Adolphe...Ainsi, nous suivons le destin de ces deux jeunes gens qui n'auraient jamais dû se rencontrer et qui seront hélas conduits vers le malheur, les disputes et la jalousie que seule la mort pourra effacer...
    Adolphe n'est pas un héros comme les autres, non, c'est un jeune homme que le désir emporte vers des chemins tellement contraires à sa nature, lui qui est si indépendant et fier de sa liberté, soudain pris dans les filets de l'amour dont il ne peut plus se libérer ; Adolphe est touchant et tendre même s'il ne parait pas ainsi ; son amour disparu, il continue tout de même à protéger Ellénore, la défendant contre les injures, la consolant après maintes disputes et surtout dissimulant ses vrais sentiments envers elle. En ce qui concerne Ellénore,c'est une femme passionnée, qui répond à ses désirs immédiatement ne se doutant pas de leurs conséquences, ainsi, elle est seule pour affronter les moqueries de la société mais les ignore avec courage ; c'est une femme combattante, mais son amour pour Adolphe la rend quelque peu lâche aux yeux du lecteur. Toutefois, j'ai beaucoup apprécié cette pauvre femme qui se battra jusqu'au bout pour plaire à celui qu'elle aime par dessus tout et qui ne la quittera finalement jamais.
    Un livre sublime, une écriture magique, en un mot, merveilleux.
    A lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par Away--x, le 09 février 2014

    Away--x
    Adolphe, c'est une sorte de Belle du seigneur du XIXème. Ils sont deux : Aldolphe et Ellénore. Lui, a 22 ans, inexpérimenté dans le domaine des femmes ; il rêve d'en séduire une non pour l'amour mais pour la gloire. Elle, est dix ans plus âgée, peu reçue dans le monde parce qu'elle vit avec le comte de P*** depuis de nombreuses années sans qu'il l'ait épousée, et c'est sur elle que tombera le sort.
    La charmante Ellénore se laisse charmer par le jeune Adolphe, elle quitte le comte et leurs deux enfants et se retrouve du jour au lendemain sans rien d'autre que son amour passionné pour le jeune homme.
    Nous avons donc deux personnages et il m'a paru impossible de choisir mon "camp". D'un côté, donc, Adolphe, persuadé d'avoir séduit Ellénore parce qu'il l'aimait, l'aime en en fait parce qu'il a réussi à la séduire. Ellénore, évidemment, sent bien qu'il ne l'aime pas autant qu'elle l'aime ; elle lui a tout sacrifié et se montre tour à tour agaçante et jalouse pour le garder. Adolphe ne sait pas l'aimer, il ne sait pas non plus la quitter. Très bon, il a peur de la rendre malheureuse en se séparant d'elle mais, en réalité, c'est sa présence sans amour qui torture sa belle maitresse. "Par quelle pitié bizarre n'osez-vous rompre un lien qui vous pèse, et déchirez-vous l'être malheureux près de qui votre pitié vous retient?" Elle finira par en mourir, après force larmes et cris...
    Cette lecture, malgré le tragique du récit, fut un plaisir. Nous voyons une fois de plus que, quelle que soit la relation, il faut avoir le courage de regarder la vérité en face. J'ai apprécié lire l'histoire d'Adolphe et d'Ellénore tout comme j'avais rêvé avec Solal et Ariane. Une bonne découverte, donc.
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    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 03 mars 2012

    Missbouquin
    Décidément, ce mois-ci les classiques n'ont pas la côte chez moi ! Publié en 1816, ce roman raconte les aventures amoureuses d'Adolphe, jeune homme qui passe d'une femme à l'autre jusqu'à ce qu'il rencontre Ellénore. Petit à petit, une passion se noue entre ces deux êtres indolents et profondément romantiques : “elle me permit de lui peindre mon amour; elle se familiarisa par degrés avec ce langage : bientôt, elle m'avoua qu'elle m'aimait.”
    Mais comme on pouvait s'y attendre, Adolphe sent peu à peu cette passion s'éteindre : “que peut, pour ranimer un sentiment qui s'éteint, une résolution prise par devoir ?” mais il ne se l'avoue pas tout de suite. Or, “dès qu'il existe un secret entre deux cœurs qui s'aiment, dès que l'un d'eux a pu se résoudre à cacher à l'autre une seule idée, le charme est rompu, le bonheur est détruit.” Cependant, ce n'est pas si simple de rompre car Ellénore a tout quitté pour lui, il est donc responsable d'elle, qui n'a aucune ressource. de plus, d'un cœur tendre mais aussi très lâche, il hésite à lui faire du mal, préférant fuir les confrontations et les pressions que la bonne société fait peser sur lui.
    “La grande question dans la vie, c'est la douleur que l'on cause, et la métaphysique la plus ingénieuse ne justifie pas l'homme qui a déchiré le cœur qui l'aimait. Je hais d'ailleurs cette fatuité d'un esprit qui croit excuser ce qu'il explique.”
    Et à la fin, la réponse factice de la personne à qui l'on a raconté l'histoire d'Adolphe et nous en dit plus sur son avenir, conditionné et expliqué par cette aventure :
    “J'aurais deviné qu'Adolphe a été puni de son caractère par son caractère même, qu'il n'a suivi aucune route fixe, rempli aucune carrière utile, qu'il a consumé ses facultés sans autre direction que le caprice, sans autre force que l'irritation.” C'est bien tout cela déjà que l'on voit évoquer dans le récit court de l'histoire d'Adolphe et d'Ellénore. Un jeune homme qui se laisse porter par la vie, mené par tous et n'en fait rien.
    Benjamin Constant se fait bien ici le précurseur du romantisme, dépeignant avec force et précision les passions qui peuvent se déchaîner en l'homme, mais également ses faiblesses, qui ne sont que trop nombreuses. “Ma surprise n'est pas que l'homme ait besoin d'une religion; ce qui m'étonne, c'est qu'il se croie jamais assez fort, assez à l'abri du malheur pour oser en rejeter une.”
    Finalement, ce que j'ai apprécié : la lucidité du narrateur, avec l'esprit critique de la jeunesse = “Les hommes se blessent de l'indifférence, ils l'attribuent à la malveillance ou à l'affectation; ils ne veulent pas croire qu'on s'ennuie avec eux naturellement.”
    Mais ce qui m'a contrarié : la vacuité de la vie de ces deux êtres, qui ne savent que pleurnicher et se rendre malheureux.
    Une chronique en demi-teinte donc. Cependant, je ne suis pas sûre que je ne le relirai pas un jour, car ce n'était peut-être pas le bon moment pour l'apprécier.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/03/02/rdl-3-les-livres-que-..
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Citations et extraits

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  • Par Piatka, le 07 août 2014

    Les circonstances sont bien peu de chose, le caractère est tout ; c'est en vain qu'on brise avec les objets et les êtres extérieurs ; on ne saurait briser avec soi-même. On change de situation, mais on transporte dans chacune le tourment dont on espérait se délivrer, et comme on ne se corrige pas en se déplaçant, l'on se retrouve avoir ajouté des remords aux regrets et des fautes aux souffrances.

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  • Par juliette2a, le 24 août 2012

    Ellénore lui avait donné de telles preuves de dévouement, avait rejeté avec un tel mépris les offres les plus brillantes, avait partagé ses périls et sa pauvreté avec tant de zèle et même de joie, que la sévérité la plus scrupuleuse ne pouvait s'empêcher de rendre justice à la pureté de ses motifs et au désintéressement de sa conduite.

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  • Par Elvira, le 14 décembre 2011

    L'amour supplée aux longs souvenirs, par une sorte de magie. Toutes les autres affections ont besoin du passé : l'amour crée, comme par enchantement, un passé dont il nous entoure. Il nous donne, pour ainsi dire, la conscience d'avoir vécu, durant des années, avec un être qui naguère nous était presque étranger. L'amour n'est qu'un point lumineux, et néanmoins il semble s'emparer du temps.

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  • Par THYSBE, le 19 octobre 2012

    Je ne savais pas alors ce que c'était que la timidité, cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l'âge le plus avancé, qui refoule sur notre cœur les impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments mêmes de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaître.
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  • Par Missbouquin, le 03 mars 2012

    “La grande question dans la vie, c’est la douleur que l’on cause, et la métaphysique la plus ingénieuse ne justifie pas l’homme qui a déchiré le cœur qui l’aimait. Je hais d’ailleurs cette fatuité d’un esprit qui croit excuser ce qu’il explique.”

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