> Philippe Loubat-Delranc (Traducteur)

ISBN : 2020998971
Éditeur : Editions du Seuil (2011)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans le petit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 25 février 2011

    lehane-fan
    Thomas H. Cook , une excellente leçon de cuisine !
    Je connaissais le verbe , les voyages , pas l'auteur du meme nom , c'est desormais chose faite et de quelle maniere !
    Coben et Connelly ne tarissant pas d'eloges a son sujet , je me suis immediatement méfié car si les arguments sont evidemment tres vendeurs , ils sont , parfois , uniquement au service d'un bete plan marketing ! Dans le cas present , pas de tromperie sur la marchandise mais foin de compliments , entrons dans le vif du sujet ! Apres vous...
    Jack Branch , blanc , 25 ans , issu d'un milieu favorisé , enseigne au lycée Lakeland. Tout comme le fit son pere . Sa matiere : le Mal a travers les ages . Il aime son metier et transmettre son savoir malgré l'assistance plutot hétéroclite et hermétique presente a ses cours . Parmi ses eleves , il y a Eddie Miller , issu , lui , des Ponts , le quartier le plus misereux du coin . Il a le triste privilege d'etre le rejeton de Luther Ray Miller , individu notoirement connu pour avoir massacré , à l'époque , sa petite amie alors desireuse de retrouver sa liberté . Arrété puis emprisonné , il y mourra sous les coups d'un co-détenu laissant précocement veuve et orphelin . Bon , on a tous été jeunes , on a tous fait des bétises...Eddie porte cela comme une tare familiale , un fardeau héréditaire dont il ne peut se défaire ce qui explique sa discretion et sa gene a l'ecole comme dans la vie en général..Ce qui va les reunir , pour le meilleur et pour le pire , c'est le personnage proposé par Jack à Eddie pour incarner un devoir portant sur le mal : le pere de ce dernier ! Se sentant l'ame d'un tuteur desireux de prendre sous son aile cet eleve discret mais dont il sent un potentiel certain , il l'accompagnera dans toutes ses démarches , ses investigations , allant jusqu'a se perdre lui-meme dans les meandres de cette histoire...
    "Les Leçons du mal" n'est pas un policier comme on l'entend habituellement car ici , pas de meurtres en séries , pas d'enquete en cours mais uniquement des faits relatés melant passé et extraits de proces comme on le comprendra ultérieurement . L'auteur entremele habilement present et passé sans jamais en faire perdre le fil . le récit est fluide et ultra accrocheur ! Tout comme Jack et Eddie , l'on decouvre méticuleusement des pans entiers de leurs histoires respectives , certains convenus , d'autres beaucoup plus surprenants ! le rythme est plutot lent et en cela , il me fait penser aux recits de James Lee Burke . Pas de surenchere en hémoglobine , en description de cadavres mais malgré tout , on ne peut decrocher . L'auteur instaure avec brio un climat exsudant la noirceur , le drame que l'on sent poindre inexorablement . Cook , tel le petit Poucet , distille ses indices au compte goutte et les rebondissements , a defaut d'etre spectaculaires , rendent ce récit réellement addictif !
    Les personnages principaux sont plutot attachants . Tous deux developperont une relation amoureuse qui , sans veritablement s'etendre plus que de raison au fil des pages, sont de veritables valeurs ajoutées au récit . Jack s'entichera de Nora , une collegue afro ayant a charge un frangin quelque peu demeuré mais tres attendrissant. , tout cela dans un contexte social ou les relations interethniques n'etaient pas tres bien vues , le KKK y ayant traçé son sillon nauseabond . Eddie , quand à lui , se rapprochera de Sheila , alors petite amie de Dirk ( je sais , ça ressemble aux feux de l'amour mais en beaucoup plus dense , je vous rassure !) , etre totalement associal vouant un veritable culte a la betise et la violence , et donc potentielle source d'emmerdes pour les deux tourtereaux .
    Les personnages secondaires que sont le sherif Drummond , la mere d'Eddie , Wendell , l'inséparable acolyte de Dirk et , bien sur , le fantomatique facteur qui au final vous surprendra , viennent assurément enrichir cette tragédie.
    En accompagnant Eddie , c'est egalement a sa propre histoire que Jack sera confronté , devoilant ainsi bon nombre de zones d'ombre qu'il aurait peut-etre fallu ne pas mettre en lumiere...Mais lui permettant , cependant , d'apprehender un peu mieux son pere , etre solitaire a tendance suicidaire avec qui il communique tant bien que mal (discussions axées essentiellement sur Lincoln , Lincoln ou encore..Lincoln ,au bout d'un moment , ça peut lasser...) et que les demonstrations de tendresse embarassent plus que tout..
    Dernier point positif : la construction de ce roman . Tel un film , ce bouquin donne l'impression d'avoir été écrit comme un scenario revelant ses scenes les unes apres les autres , un excellent format pour le grand écran !
    Un livre fort , intense , lu dans le cadre du jury du polar qui laisse presager encore de belles heures de lecture pour peu que les ecrits suivants soient du meme acabit !!
    Les Leçons du mal vous feront un bien fou !!!
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 24 mai 2011

    caro64
    1954, Delta du Mississipi. Eddie Miller avait à peine cinq ans lorsque son père assassine une jeune fille du lycée de Lakeland. Depuis l'adolescent, discret, presque effacé, est surnommé le " fils du tueur de l'étudiante ".
Jack Branch issu d'une grande famille du Sud, est de retour dans sa ville natale, où il vient de décrocher son premier poste d'enseignant.
Le jeune professeur se lance dans un semestre d'études sur la figure du Mal au travers de l'histoire et de la littérature…
Très vite, il encourage Eddie à se confronter à sa monstrueuse ascendance et à découvrir la vérité sur son père.
Mais quand on tente de faire toute la lumière sur le passé, les ombres enfouies au plus profond des âmes peuvent se révéler au grand jour. 


    Difficile de parler du dernier roman de ce grand auteur par peur de trop en dévoiler. Disons simplement que Les Leçons du mal possède, en plus d'une intrigue ciselée, une réelle force dramatique. Une partition sans failles qui enfle, gonfle, gronde et nous emporte.
    Un Thomas Cook dans la grande tradition serais-je tenté de dire. Ce qui est un gage de qualité. C'est que l'on retrouve ici toutes ses thématiques : une société très hiérarchisée et traditionaliste, les relations père / fils, la force du doute et du soupçon, et le poids du passé. Mais, c'est aussi un superbe voyage en amnésie dans le Sud profond des États-Unis, celui des années cinquante, juste avant le mouvement des droits civiques. Un monde qui reste encore englué dans un fonctionnement hérité du siècle précédent. Un peu d'histoire doublée d'une ballade littéraire. Une promenade sous l'influence de William Faulkner, d'Abraham Lincoln et d'Herman Melville.
Mais surtout, une interrogation qui traverse tout le roman et transperce toutes les certitudes de façon inéluctable : comment une noble et belle action peut-elle se retourner contre nous ?
    Les Leçons du mal est un livre envoûtant, un faux polar mais un vrai roman noir. Oppressant à souhait, servi par une très belle écriture et une analyse psychologique toute en finesse, le roman vous happe des la scène d'ouverture et ce jusqu'à la dernière ligne. Encore un excellent roman de Thomas H.Cook.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par GribouilleChat, le 06 mars 2011

    GribouilleChat
    Les Leçons du mal de Thomas H. Cook
    Voilà donc le premier roman que j'ai lu dans le cadre du jury mis en place par Babelio et les éditions du Seuil.
    J'avais déjà lu il y a quelques années « Les Instruments de la nuit », roman envoûtant malgré ou à cause de sa noirceur et j'attendais avec une certaine impatience ce roman-ci : je n'ai pas été déçue !
    L'action se passe dans le Sud profond, en 1954, soit avant la lutte pour les droits civiques. Dans une petite ville du delta du Mississippi, les classes sociales sont géographiquement réparties : les noirs – qu'on appelle encore des « nègres » – sont cantonnés dans des zones périphériques, rendus quasi invisibles, puis il y a « les ponts », un quartier plutôt misérable où le Ku Kux Klan recrute, le centre-ville et enfin « les plantations » où les grandes familles continuent, dans leurs superbes demeures en déclin, à entretenir des souvenirs de leur grandeur.
    Comme son père avant lui, Jack Branch vient précisément d'une de ces maisons blanches et aristocratiques à la colonnade imposante. Il est professeur au petit lycée de la ville qui accueille principalement des jeunes des « Ponts ». De temps à autre, il rend visite à ce père qui n'a plus quitté sa propriété Great Oaks depuis qu'il a échoué à mettre fin à sa tentation des « grands fonds » dans ce qu'on appelle pudiquement « l'incident ». Il s'y consacre à l'écriture : une biographie de Lincoln – alors qu'il vénère les grands généraux confédérés – et un journal intime que son fils n'a jamais pu lire.
    Jack, engoncé dans ses préjugés de classe, a une haute idée de sa mission civilisatrice ; plutôt imbu d'une érudition maladroite, il a décidé de faire travailler ses élèves « sur le mal », accumulant au fil des leçons les exemples illustrés des pires horreurs que le monde ait connues, leur faisant lire divers romans pour finalement leur demander un travail sur un responsable du mal.
    Gâté par le sort, je n'ai pas su voir les ténèbres ni ce qu'elles dissimulaient. Jusqu'au moment fatidique, le mal s'est tenu à distance, circonscrit à de simples notes de cours sur les crimes perpétrés par des armées, des foules et des individus sanguinaires, auteurs d'actes abominables que j'exposais avec passion à mon auditoire d'élèves captifs. » (p.13)
    Mais Jack ne s'en tient pas là : convaincu de la mission morale de l'enseignement, il veut sauver un de ses élèves et lui ouvrir un destin auquel il n'aurait jamais pu espérer avoir accès.
    « Par la malchance qui avait voulu qu'il ait la chance de le connaitre », c'est Eddie Miller, le fils du « tueur de l'étudiante » qui bénéficiera de cet intérêt…
    Toute cette histoire qui a bouleversé sa vie, Jack la raconte plusieurs décennies plus tard, au gré de ses souvenirs.
    Ce roman terrible est parfaitement synthétisé par son titre m'a vivement impressionnée, au point que régulièrement, j'ai éprouvé le besoin de fermer le livre, de le déposer sur la tablette du train dans lequel je passe deux heures par jour à lire… je me sentais oppressée, proche de ces grands fonds où sombre le père de Jack. Cette tension permanente vient de la prémonition tout aussi permanente d'une catastrophe proche : assez diaboliquement l'auteur fait intervenir dans son récit des bouts de dialogues extraits des minutes d'un procès que j'ai attribuée successivement, au fil du texte, à l'un ou l'autre crime que Cook ou son narrateur me suggérait.
    Que ressent Jack tant d'années plus tard ? Il ne nous le dit pas explicitement mais il est clair qu'il paie très cher ses illusions de classe, sa prétention que, peut-être, comme bien d'autres professeurs sans doute, j'ai partagée, à devenir une sorte de Pygmalion tout puissant. Malheureusement, d'autres que lui ont payé également ses errements. quant aux relations qu'il entretient avec sa famille et son père en particulier, c'est une autre faille qui précipite les évènement.
    Et l'on pense au début de l'Enfer que Jack explore dans ses recherches sur le mal : « Vous qui entrez, perdez tout espoir… » (Dante)
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par bibliomanu, le 04 mars 2011

    bibliomanu
    En inuagurant la nouvelle maquette de leur collection policière avec Les Leçons du mal de Thomas H. Cook, les éditions du Seuil ont frappé fort, très fort. De cet auteur, j'avais lu uniquement quelques titres parus à la Série Noire. Deux d'entre eux m'avaient laissé une impression en demi-teinte. Si j'y avais trouvé un style et une écriture fluide, une musicalité évidente laissant à penser que Thomas H. Cook était un véritable représentant du roman noir américain, qu'il en était l'une des voix indéniable, j'avais néanmoins été déçu par certaines ficelles qu'il utilisait ou bien même par les fins qu'il donnait à ses ouvrages. le mystère qu'il laissait planer était si palpable que j'en étais venu à trouver les révélations finales un peu fades, même si bien sûr, l'intérêt d'un polar ne se résume pas à ces uniques considérations. D'où une légère déception.
    Mais avec Les Leçons du mal, la donne n'est pas la même.
    Jack Branch est professeur au lycée de Lakeland, petite ville du Mississipi où il a grandi, vécu et où, certainement, il mourra. Ses souvenirs l'emmènent en 1954 où se sont déroulés les tragiques événements dont il se sent responsable. A l'époque, l'idée lui était venu de mettre en place un cours de rattrapage consacré au Mal sous toutes ses coutures, envisagé selon ses différentes déclinaisons, toutes époques confondues. Jack, non sans une certaine pédanterie, se sentait investi d'une mission consistant à éveiller les consciences de ses élèves.
    J'espérais que cela les ferait réfléchir, frapperait leur conscience, au moins quelques secondes , et j'avais décidé depuis longtemps déjà que, même si je devais me servir d'un outil rudimentaire pour ouvrir un peu leur esprit provincial farci de religion, je n'hésiterais pas.
    Et pour donner corps à ses pensées, il avait pris sous son aile l'étudiant le plus effacé, celui en qui personne ne croyait : Eddie, Miller, le fils du « Tueur de l'étudiante ». Mieux, il lui avait proposé d'établir son devoir de fin d'année sur son père et les circonstances de son acte. En l'incitant de la sorte à soigner le mal par le Mal, il allait en fin de compte devenir le grain de sable faisant voler en éclats les rouages d''une petite ville du Sud des Etats-Unis reposant encore sur des oppositions de classes et de couleurs de peau avec, en arrière-plan, les cicatrices engendrées par la Guerre de Sécession.
    Avec ce livre là, Thomas H. Cook réussit un véritable tour de force. Jusqu'à la fin, le lecteur ne sait rien du drame qui s'est joué en 1954 et se trouve très vite enferré par la chape de mystère suggéré par le roman. Jack Branch, le narrateur donc, émaille son récit de comptes-rendus d'un procès sans que l'on sache jamais rien de la nature de celui-ci. Quelle crime a été commis ? Qui est inculpé ? Pourquoi ? Toutes les hypothèses sont possibles. Présent et passé s'entremêlent, parfois de façon volontairement abrupte, de sorte à nous décontenancer un peu plus, sans jamais nous perdre en route pour autant. Des pistes s'ouvrent, se referment, le drame toujours en ligne de mire. Et ce sont les personnages, tous magnifiques, vivants, obsédants, faillibles qui lui donnent corps, entretiennent les doutes et donnent envie d'aller jusqu'au bout, de démêler l'écheveau de cette histoire pourtant simple et humaine, mais qui démontre de façon magistrale combien le mal, lui, est difficile à rationaliser et à appréhender ; qu'on a beau l'analyser, le quantifier et vouloir le faire rentrer dans des cases, il trouve toujours les voies les plus insoupçonnées pour se manifester et induire la souffrance.
    Un roman bouleversant et beau. Voilà.


    Lien : http://bibliomanu.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par sandrine57, le 10 mars 2011

    sandrine57
    Au soir de sa vie, Jack Branch se souvient de l'année 1954, lorsqu'il était un jeune enseignant d'une vingtaine d'années au lycée de Lakeland, sa ville natale. Issu d'une riche famille dont le seul nom ouvre toutes les portes, il avait pourtant, comme son père avant lui, choisi l'enseignement. Et, cette année-là, il donnait un cours de rattrapage avec pour thème le Mal sous toutes ses formes. Dans sa classe, il avait été intrigué par Eddie Miller, un élève effacé et solitaire. le garçon, mis à l'écart par ses camarades, portait le poids de la culpabilité de son père, le "tueur de l'étudiante", mort en prison quinze ans auparavant. Jack, n'écoutant que son coeur romantique, décidait de prendre Eddie sous son aile et de l'inciter à enquêter sur son père afin de s'en délivrer. Mais il était loin de se douter qu'un simple devoir d'étudiant allait bouleverser l'équilibre de sa petite ville du Sud et aboutir à un terrible drame...
    Les Leçons du Mal n'est pas un polar au sens classique du terme, c'est plutôt un roman noir -très réussi d'ailleurs. Ce qui fait sa force, ce sont les aller-retour entre le présent et le passé dans le récit du narrateur et surtout la sensation, puis la certitude, du drame à venir. La tension latente tout au long du roman met les nerfs à vif, expose à toutes les hypothèses et donne surtout envie de tourner les pages pour enfin, comme une délivrance, savoir ce qui s'est réellement passé.
    Mais outre cette intrigue très prenante, Thomas H. COOK nous raconte aussi l'histoire d'une petite ville du Sud des Etas-unis figée dans le temps. En 1954, l'esclavage est bien sûr aboli mais les mentalités n'ont pas changé. Les noirs vivent en marge de la ville et les riches propriétaires entretiennent leurs domaines et leurs gloires passées dans le quartier préservé des "Plantations". Entre les deux, survivent ceux des "Ponts" avec leurs lots de chômage, d'alcoolisme, de violence et d'avenirs bouchés. C'est dans ce contexte de clivages sociaux et raciaux exacerbés que Jack Branch décide de changer la vie d'Eddie Miller en lui ouvrant de nouvelles perspectives. Déboussolé par un père proche de lui intellectuellement mais si distant physiquement, inexpérimenté dans son rôle d'enseignant, un peu maladroit et souvent pédant, le jeune Jack se laisse prendre au jeu de Pygmalion jusqu'au moment où il ne pourra plus maîtriser ni les faits ni ses sentiments et on le retrouvera longtemps après, vieux, fatigué, retiré du monde et marqué à vie par le drame de 1954.
    J'ai beaucoup aimé ce récit. J'ai trouvé les personnages et leur psychologie finement travaillés et malgré le drame latent je me suis laissée bercer par l'atmosphère du Sud profond. J'ai quitté Lakeland le coeur d'autant plus serré que la fin, magistrale, réserve une surprise de taille qui laisse un goût amer...
    Une belle découverte pour ce premier titre du jury Seuil Policiers. Merci à l'éditeur et à Babelio.
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 30 juin 2011
    Thomas H. Cook tisse les fils d'une intrigue redoutable, merveilleusement servie par une saisissante description des modes de vie d'une Amérique qui n'est peut-être pas si lointaine qu'on le croit.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par GribouilleChat, le 06 mars 2011

    Autrefois, c’était une ville typique du Sud, avec sa place du tribunal bordée de boutiques construites avec le bois débité et raboté à la scierie locale. À présent, c’est une ville « américaine », plus ou moins semblable à n’importe quelle autre. Les anciens magasins ont cédé la place à des marques franchisées qui vendent les mêmes produits à Providence ou à San Diego. Notre « artisanat régional » est fabriqué en Chine. À la fin de la journée, les citadins font la queue dans des voitures japonaises pour recevoir leur pitance dans des sacs en papier que leur tendent des adolescents coiffés d’une casquette de papier. Leurs enfants sont obèses, incultes et, pour la plupart, inexpérimentés. Ils regardent des films sur des iPods et ne lisent pour ainsi dire jamais. Le plus beau de tout, du point de vue d’un vieil homme, est qu’on leur a appris que l’amour pouvait être offert sans discernement, et que, par conséquent, ils grandissent étrangers à tout sentiment de honte. (p.237)
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  • Par Bibalice, le 26 janvier 2011

    Gâté par le sort, je n'ai pas su voir les ténèbres ni ce qu'elles dissimulaient. Jusqu'au moment fatidique le mal s'est tenu à distance, circonscrit à des simples notes de cours sur les crimes perpétrés par des armées, des foules et des individus sanguinaires, auteurs d'actes abominables que j'exposais avec passion à mon auditoire d'élèves captifs.
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  • Par bibliame, le 07 avril 2011

    Mais autre chose me travaillait : le sentiment que, ironie du sort, Eddie était, en réalité, ma création, que j’étais devenu la victime de mon fantasme romantique de sauver un jeune garçon rebelle, et que, grisé par crée rêve, j’en avais choisi un parmi mes élèves et m’étais tout bonnement imaginé déceler en lui des capacités dont, en réalité, il était dépourvu. M’entêtant aveuglement, je lui avais fait miroiter la possibilité d’un avenir brillant qui risquait fort de lui demeurer inaccessible. Ce faisant , j’avais crée le fils du Tueur de l’étudiante, alors que, en réalité, un tel garçon n’avait jamais existé. En effet : qui était Eddie Miller avant que je le prenne sous mon aile.
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  • Par Couperine, le 15 avril 2011

    Le matin du lundi suivant, j'appris que la nouvelle du devoir d'Eddie s'était répandue comme une traînée de poudre dans le lycée de Lakeland.
    Eddie Miller écrit sur son meurtrier de père. C'était, manifestement, un grand événement.
    Pendant la semaine précédente, et comme on pouvait s'y attendre, l'annonce qu'Eddie avait faite en cours avait été retraitée par l'usine à rumeurs habituelle et en était ressortie sous diverses formes. Selon un "témoin oculaire", Eddie avait déclaré en classe avoir vu de ses propres yeux le corps de la jeune fille assassinée. Une deuxième version voulait qu'il ait aidé son père à le découper et à l'enterrer. Et une troisième répandait le bruit aussi infondé que grave selon lequel Eddie avait été forcé de participer au meurtre.
    Eddie n'avait jamais rien dit de tel, bien entendu, mais cela importait peu. Au lycée, on ne parlait plus que de lui et des circonstances dans lesquelles il avait fait de si troublantes révélations. Soudain, mon modeste cours de rattrapage thématique se retrouvait propulsé hors de la banalité de l'instruction générale dispensée par l'école, et porté au pinacle par l'agitation la plus macabre et la plus outrancière qui ait jamais secoué les flots des bâtiments administratifs du lycée de Lakeland.
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  • Par bibliame, le 07 avril 2011

    - Alors, dis-moi, puisque tu es devenu un expert ès maux, des sept péchés capitaux, lequel selon toi, est le plus tentant ?
    - L’orgueil, répondis-je. Il a valu à un ange d’être chassé du paradis.
    Je souris, content que nous nous engagions exactement dans le genre de badinerie intellectuelle que mon père semblait affectionner lors de ses conversations avec moi.
    - Et selon toi ?
    - La luxure, déclara mon père sans la moindre hésitation.
    - Pourquoi celui-ci ?
    - Parce qu’il n’est pas régi par l’esprit. C’est purement physique et, pour cette raison-là, incontrôlable.
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Videos de Thomas H. Cook

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Vidéo de Thomas H. Cook

Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Thomas H. Cook Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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