Helene Cooper, a passé la majeure partie de son enfance au Libéria et est aujourd'hui une journaliste aux New York Times, correspondante de la Maison Blanche.
Nous la voyons découvrir ses ancêtres, esclaves affranchis d'Amérique et venus créer le Libéria. La raison qui sépare sa famille de privilégiés Congos, par rapport aux autochtones, plus noirs qu'eux, moins sensibles à l'esclavages de leurs frères, aux études de leurs enfants, à la possession des terres.
La coutume veut que les familles riches adoptent des enfants autochtones des leur plus jeunes âges. Ils deviennent des frères pour les enfants de la famille. Certaines familles plus émancipées considèrent ces enfants comme des membres à part entière de la famille et leur paient des études. D'autres les utilisent comme des serviteurs pour leur enfants répétant l'esclavage que leur ancêtre ont connu et banni.
Helen s'attache beaucoup à Eunice, sa sœur d'adoption. Elles connaissent les joies et bonheurs des sœurs de leur âge et le luxe des familles aisées de leur pays. La révolution éclate avec l'augmentation du prix du riz, alimentation essentielle pour les libériens. Puis se sont les guerres de pouvoir et de massacres, viols sur les populations des rebelles.
Helene ne comprend pas le refus de ne pas suivre sa famille dans leur fuite vers les USA. Elle lui en veut de ne pas avoir de nouvelles d'elle, d'apprendre par d'autre sa descente dans la grande misère, la naissance de son enfant, la peur d'être tuée, de ne pas la considérer comme une confidente pendant qu'elle, Helene connait une vie américaine normale.
Helene par son travail, sa volonté de reconnaissance, découvre la sérénité en Amérique, prend la nationalité américaine puis s'intéresse de plus en plus aux guerres dans d'autres pays si différents du Libéria et pourtant si proches. Au cours d'une expédition de reportage en Irak elle ne se reconnait plus à sa place dans cette guerre, alors que le Libéria connait toujours les génocides.
N'ayant plus de nouvelles d'elle par son entourage, elle va alors pardonner à Eunice et retourner au Libéria, pour savoir aussi ou en est ce pays qu'elle garde dans son cœur.
Un livre émouvant, pas voyeuriste quand aux massacres. J'ai eu du mal au deuxième quart avec le vocabulaire volontairement écrit comme le prononcent les riches familles libériennes, mais je me suis laissé prendre par ce reporter qui garde un regard lucide des gens qui l'entourent, des pays qu'elle visite.