ISBN : 2881827039
Éditeur : Editions Zoé (2011)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Ce récit autobiographique d’un enfance dorée au Liberia bercée par la musique de Michael Jackson est brusquement interrompu par la guerre civile de 1980. Fille, petite-fille et arrière-petite fille des fondateurs du pays, H. Cooper est ce que l’on appelle une congo : el... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par ancoline, le 22 décembre 2011

    ancoline
    Helene Cooper, a passé la majeure partie de son enfance au Libéria et est aujourd'hui une journaliste aux New York Times, correspondante de la Maison Blanche.
    Nous la voyons découvrir ses ancêtres, esclaves affranchis d'Amérique et venus créer le Libéria. La raison qui sépare sa famille de privilégiés Congos, par rapport aux autochtones, plus noirs qu'eux, moins sensibles à l'esclavages de leurs frères, aux études de leurs enfants, à la possession des terres.
    La coutume veut que les familles riches adoptent des enfants autochtones des leur plus jeunes âges. Ils deviennent des frères pour les enfants de la famille. Certaines familles plus émancipées considèrent ces enfants comme des membres à part entière de la famille et leur paient des études. D'autres les utilisent comme des serviteurs pour leur enfants répétant l'esclavage que leur ancêtre ont connu et banni.
    Helen s'attache beaucoup à Eunice, sa sœur d'adoption. Elles connaissent les joies et bonheurs des sœurs de leur âge et le luxe des familles aisées de leur pays. La révolution éclate avec l'augmentation du prix du riz, alimentation essentielle pour les libériens. Puis se sont les guerres de pouvoir et de massacres, viols sur les populations des rebelles.
    Helene ne comprend pas le refus de ne pas suivre sa famille dans leur fuite vers les USA. Elle lui en veut de ne pas avoir de nouvelles d'elle, d'apprendre par d'autre sa descente dans la grande misère, la naissance de son enfant, la peur d'être tuée, de ne pas la considérer comme une confidente pendant qu'elle, Helene connait une vie américaine normale.
    Helene par son travail, sa volonté de reconnaissance, découvre la sérénité en Amérique, prend la nationalité américaine puis s'intéresse de plus en plus aux guerres dans d'autres pays si différents du Libéria et pourtant si proches. Au cours d'une expédition de reportage en Irak elle ne se reconnait plus à sa place dans cette guerre, alors que le Libéria connait toujours les génocides.
    N'ayant plus de nouvelles d'elle par son entourage, elle va alors pardonner à Eunice et retourner au Libéria, pour savoir aussi ou en est ce pays qu'elle garde dans son cœur.
    Un livre émouvant, pas voyeuriste quand aux massacres. J'ai eu du mal au deuxième quart avec le vocabulaire volontairement écrit comme le prononcent les riches familles libériennes, mais je me suis laissé prendre par ce reporter qui garde un regard lucide des gens qui l'entourent, des pays qu'elle visite.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ppette007, le 04 mars 2012

    ppette007
    Helene Cooper, journaliste au New York Times, choisit de nous faire partager son enfance passée à Monrovia, au Libéria. La maison de Sugar Beach qui donne son titre au livre est celle dans laquelle elle a passé une partie de son enfance et adolescence avant de devoir la quitter précipitamment en 1980. Il s'agit d'une maison somptueuse, au bord de l'Atlantique mais éloignée de la ville et de ses cousines. Helene s'y sent seule et terrifiée à l'idée que des « chasseurs de coeur » puissent venir l'enlever pendant la nuit. Pour la rassurer, sa mère décide de lui trouver une « compagne de jeux », Eunice, une petite fille de son âge issue d'une famille pauvre de la communauté bassa. Les deux enfants deviennent peu à peu meilleures amies. Helene jouit d'une enfance privilégiée parmi la communauté des Congos, ces descendants d'esclaves affranchis d'Amérique qui forment la classe dirigeante au Libéria et possèdent la majorité des terres et du pouvoir. Elle n'est pas choquée par les inégalités pourtant criantes entre les Congos et les « Indigènes » ou « Libériens autochtones ». Jusqu'au jour où sa vie bascule avec le coup d'état qui condamne sa famille à partir pour les Etats-Unis en abandonnant derrière elle sa soeur d'adoption.
    Dans cette autobiographie, Helene Cooper mêle habilement petites et grande histoires. La première partie du livre relate essentiellement ses préoccupations naïves d'enfant riche et protégée. Mais ses romances d'adolescente ont pour toile de fond un contexte de plus en plus tendu. Les inégalités entre les différentes communautés rejaillissent au fil des anecdotes. A commencer par l'évocation du Matilda Newport Day, qui célèbre toujours la victoire des colons noirs venus d'Amérique sur les autochtones ou encore la différence de caste entre Helene et Eunice, mentionnée à plusieurs reprises. La fin de l'innocence pour Helene vient avec le coup d'état dont elle réchappe au prix du viol de sa mère et de l'exécution de certains de ses oncles. La seconde partie du livre se concentre alors sur son exil aux Etats-Unis où elle ne jouit plus d'aucun statut et où tout est à reconstruire pour elle.
    Le lecteur sera peut-être surpris par le style adopté par la journaliste qui s'applique à reprendre les expressions (« Pas une affaire », « Je te tiens le pied ») ou les accents propres au Liberia. Mais cela contribue à rendre son récit authentique et personnel. Dans ses descriptions, l'auteur parvient également à nous transmettre les sons et les odeurs de l'Afrique qu'elle a connue.
    En conclusion, le récit d'Helene depuis ses 7 ans jusqu'à son retour au Libéria en 2003 sur les traces de sa soeur adoptive nous offre une plongée passionnante et émouvante dans l'histoire du Libéria.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par chocobogirl, le 11 mai 2012

    chocobogirl
    Hélène Cooper est née au Libéria dans les années 60. Issue d'une famille aisée, ses ancêtres étaient des esclaves américains affranchis qui ont quittés l'Amérique pour s'installer au Liberia au 19ème, des congos. Des hommes qui par leur statut de héros, de responsables politiques ont acquis une position fort enviable par rapport aux indigènes locaux. Mais de toute ceci, Hélène n'a cure, petite fille qui vient de s' installer dans une immense villa et qui s'effraie de ces nuits dans la grande chambre où elle doit désormais dormir seule. Sacrifiant à la coutume, ses parents lui trouve alors une compagne en la personne d'Eunice, jeune indigène de basse condition. Si les débuts de la cohabitation sont difficiles, les filles finissent par nouer une amitié forte. Leur vie se poursuit insouciante jusqu'au coup d'état de 1980 qui obligent Hélène et sa famille à fuir le pays, en laissant Eunice...
    Hélène Cooper nous livre ici un récit autobiographique qui mélange destinée individuelle et Histoire nationale du Libéria. le lecteur découvre son enfance libérienne, le quotidien d'une famille d'importance que tout le monde connaît et respecte. On navigue entre les jeux naïfs de l'enfance, les premières amours, le déchirement du divorce parental et les grandes lignes de l'histoire libérienne à travers le parcours des ancêtres d'Hélène qui ont participé à la création de cet état.
    A la moitié de l'ouvrage, tout bascule et Hélène doit faire face à des violences insoupçonnées. Sa famille fuit aux Etats-Unis où elle peine tout d'abord à reconstruire sa vie. Son cœur est encore au Libéria ainsi que sa sœur Eunice. Peu à peu, elle réussit à devenir une vraie américaine et se lance à corps perdu dans le projet de devenir une grande journaliste reporter. Oubliant son pays d'origine pour mieux avancer, Hélène finira pourtant par revenir à cette terre qui l'a vu grandir.
    Autant annoncer la couleur tout de suite : ce livre m'a profondément ennuyé....
    Contrairement à d'autres lecteurs, je n'ai pas réussi une seule seconde à m'intéresser au parcours d'hélène Cooper. La longue trajectoire de ses ancêtres, la multiplicité de leurs noms qui m'ont totalement perdue, l'insouciance de cette famille aisée qui a des "boys" pour la servir, leur formidable maison de 22 pièces, cette petite Eunice qu'on vient adopter pour mieux réconforter les 2 filles de la famille, l'occultation d'Hélène par rapport à Eunice pendant x années, son retour coupable au Libéria : tout ça m'a laissé de marbre et je n'ai ressenti aucune empathie devant leur parcours plus ou moins chaotique.
    Je dois dire que, pour une raison que j'ignore, le continent africain ne m'intéresse pas. Aussi plonger dans l'histoire du Libéria envers lequel je n'ai aucune curiosité outre mesure ne m'a pas aidé à m'enthousiasmer pour cet ouvrage.
    Certes, j'ai découvert l'histoire de ce pays à travers le destin des Cooper mais pour autant, je ne m'en trouve pas plus riche. Bref, je pense que ce livre n'était tout simplement pas pour moi. Inutile de m'étaler donc et de trouver des raisons.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-maison-de-sugar-bea..
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    • Livres 4.00/5
    Par lacazavent, le 06 mai 2012

    lacazavent
    Aujourd'hui journaliste, correspondante de la Maison Blanche, au NewYork Times Hélène Cooper nous retrace dans La maison de Sugar Beach son enfance, sa fuite aux États-Unis lors des troubles qui se succèdent au coup d'État de 1980, son désir de devenir journaliste, la redécouverte de son pays.
    C'est un témoignage extrêmement marquant, poignant malgré un style inégal dans son écriture. Au fil de cette autobiographie, on va en apprendre beaucoup sur la vie d' Helene Cooper, mais aussi et surtout on découvre sous une facette plus humaine à défaut de pouvoir dire moins violente un pays le Liberia dont on ne connait que les échos de ses heures les plus sombres. Elle prend prétexte de nous raconter son enfance privilégié d' enfant « Congos » pour nous expliquer l'histoire de son pays, le style journalistique ressort dans ses passages. Elle nous raconte les tractations, les « petites » et grandes injustices qui ont dès les premières années de l'histoire du Libéria divisé les communautés jetant les graines des futurs coups d' États.
    Derrière la grande histoire, il y a celle de sa famille de ses sœurs, d'Eunice sa sœur d'adoption qui restera au Libéria alors que toute la famille Cooper se réfugie aux États-Unis. Il faut du temps au lecteur pour se plonger dans cette autobiographie, on est gênée au début par le trait de l'écriture enfantine qui est un peu trop marqué, presque exagéré dans les pages consacré à son enfance libérienne, un défaut qui heureusement estompe dès qu' elle nous raconte son arrivée aux États-Unis. Dès lors, on a le plus grand mal à le reposer.
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Critiques presse (1)


  • Liberation , le 28 novembre 2011
    Une fois entamé, impossible de lâcher ce texte aux images, aux couleurs et aux senteurs puissantes qui lève le voile sur le Liberia, petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, rongé depuis plus de quarante ans par la misère et la violence [...].
    Lire la critique sur le site : Liberation

> voir toutes (7)

Citations et extraits

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  • Par ancoline, le 22 décembre 2011

    Son fils, Ishamel, avait cinq ans. Un âge terriblement proche de celui auquel étaient recrutés les légions d'enfants soldats en Afrique de l'Ouest. Même lorsqu'ils pouvaient survivre à leur enlèvement, aux drogues et à leur enrôlement sous divers généraux rebelles, jamais ces garçons ne retrouveraient leur enfance. Cette enfance qu'on leur volaient pour les contraindre à se battre au nom d'une guerre absurde.
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  • Par ancoline, le 22 décembre 2011

    A ce qu'on sait, les parents d'Elijah Johnson étaient des mulâtres qui avaient été libérés des plantations américaines parce qu'ils étaient à moitié blancs, comme l'étaient beaucoup d'autres à l'époque dans la catégorie grandissante des Noirs afrranchis. Ils étaient nombreux à avoir la peau claire; certains pouvaient même passer pour des blancs. Les propriétaires d'esclaves des plantations du sud faisaient des enfants à des esclaves femmes puis libéraient ceux-ci, soit par culpabilité, soit par un sentiment de paternité détourné, soit encore pour qu'ils disparaissent de la plantation et à la vue de Madame.
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  • Par ancoline, le 22 décembre 2011

    Lorsqu'ils eurent le choix entre l'Amérique et l'Afrique, ils choisirent l'Afrique. Ainsi, cent cinquante ans plus tard, mon enfance ne serait pas celle d'une petite Noire américaine soumise aux préjugés raciaux contre les parasites de l'assistance sociale. Je n'allais pas non plus connaître le lourd destin des petites Africaines subsahariennes, qui ont une espérance de vie d'une quarantaine d'années, quittent l'école à onze ans pour aller chercher de l'eau et cuire le repas sur un feu de charbon, et mettre au monde des bébés à peine plus jeunes qu'elles.
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  • Par ancoline, le 22 décembre 2011

    - Et qui est cette personne ? demande la maîtresse de classe qui s'approche de moi.
    - Je m'appelle Helene Calista Cooper.
    - Et d'où viens-tu Helene ?
    - Monrovia.
    - Et c'est où, çà ?
    - Au Libéria.
    - Et c'est où, çà ?
    - En Afrique de l'Ouest.
    - Tu viens d'Afrique?
    - Oui.
    - On dirait que tu viens de Boston. Comment se fait-il que tu n'es pas l'accent africain?
    "Parce-que je sais parler cullor, crétine". Et qu'est-ce qu'elle s'imagine que j'ai fait pendant 14 ans au Libéria, si ce n'est d'apprendre à parler l'américain?
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  • Par ancoline, le 22 décembre 2011

    La Grande-Bretagne avait récemment interdit la traite des esclaves. Freetown était ainsi un havre pour les esclaves qui venaient d'être capturés puis relâchés. Mais le commerce humains restait intense. C'était dur à avaler pour les nouveaux colons, qui pensaient avoir définitivement quitté le monde de l'esclavage quand ils avaient quitté l'Amérique: ils voyaient se succéder les goélettes espagnoles et portugaises chargées d'esclaves que des Britaniques remorquaient jusqu'au port après les avoir interceptées. Les bateux saisis jetaient l'ancre juste à côté de l'Elisabeth. Ils sentaient mauvais, un mélange ignoble de déjections humaines et de rance. La cale où étaient détenus les esclaves semblait d'une exiguïté invraisemblable.
    Pourquoi les Africiains continuaient-ils de vendre leurs frères et leurs soeurs aux trafiquants d'esclaves européens ? Les colons avaient espéré trouver autre chose en Afrique. Ils y virent un nouveau signe de leur supériorité sur les Africains autochtones, leur condescendance allait persister pendant des décennies.
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