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ISBN : 2752907540
Éditeur : Phébus


Note moyenne : 3.4/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L’enfance n’est pas toujours le nid douillet rêvé. Au sixième étage du 14, rue Hoche à Malakoff, une fratrie a subi, dans les années cinquante, les assauts d’un milieu familial violent. « On a toujours fait front, juchés sur le cheval imaginaire ailé que ma sœur et moi ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 07 décembre 2012

    LydiaB
    C'est mon premier livre de Jeanne Cordelier et je découvre son univers. La narratrice Dany, que je suppose être le double de l'auteur, se retrouve à l'enterrement de son frère, Christian, avec ses frères et soeurs. C'est à partir de là que le film se déroule... film ? Film d'horreur alors ! Malheureusement, il ne s'agit pas d'une fiction. Et si le roman est à tendance autobiographique, on ne peut que compatir. Compatir avec l'auteur mais aussi avec tous ceux qui ont vécu ou vivent encore ce genre de choses. Tout y passe. de l'inceste du père au déni de la mère, violence, alcoolisme, maladie... Non, cela n'arrive pas qu'aux autres et même si cela alimente la rubrique des faits divers et la curiosité du lecteur lambda lisant son journal tous les matins, il faut bien se dire que cela détruit des familles.

    Pourtant, Jeanne Cordelier, ou plutôt Dany ici, n'a pas décidé de s'apitoyer sur son sort. Elle raconte les choses très simplement, de façon naturelle, avec de l'humour parfois. On ne peut que rester sans voix et admirer cette force de la nature, cet instinct de survie qui fait qu'elle continue à avancer, à faire son bout de chemin au rythme des malheurs touchant la fratrie.

    Je referme ce livre avec le coeur gros et il va me falloir un peu de temps pour digérer tout ça. Je vais lire un roman plus léger par la suite, c'est certain. Un grand bravo à cet auteur pour mettre sous sa plume des évènements aussi importants avec une si belle énergie.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 4.00/5
    Par zabeth55, le 19 octobre 2012

    zabeth55
    Jeanne Cordelier (alias Dany) est la troisième d'une fratrie de six enfants.
    Ils se retrouvent lors de l'enterrement du cinquième.
    L'auteur mêle alors ses souvenirs au récit de la vie de ses frères et de sa sœur.
    Que c'est noir, que c'est sombre, que c'est désespérant.
    Mais que c'est bien écrit.
    Dès la première page, le tableau familial est brossé, sans concessions, sans faux-semblants, sans misérabilisme.
    Une fratrie solidaire dans un milieu défavorisé. « Notre enfance calamiteuse »
    Six enfants meurtris.
    Un père qui cogne, qui abuse de ses filles.
    Une mère incapable d'aimer parce qu' « on lui avait coupé les ailes »
    Petit à petit, au fil des pages se dessine le portrait et la vie de chacun, les souvenirs refluent ; ça suinte la misère humaine, ça oscille entre sordide et désespérance.
    Alcoolisme, drogue, coups, déchéance, sida, pédophilie…. Aucun n'est épargné.
    Noirceur des situations et force de l'amour entre frères et sœurs sont omniprésents.
    Le temps du récit, qui s'étale sur plusieurs années, la sœur, le beau-frère, un autre frère puis la mère mourront à leur tour. le cercle se rétrécit.
    C'est un récit noir, dur. Il faut en interrompre la lecture régulièrement pour ne pas sombrer dans le cafard
    Quel courage a eu Jeanne Cordelier de raconter tout ça. Quelle nécessité aussi pour ne pas tout garder en elle. Parce que trop, c'est trop !
    Et ce qui aurait pu être une autobiographie pathétique est un témoignage fort, lucide, plein d'amour où chaque mot frappe juste
    C'est comme un hommage qu'elle ferait à ces paumés de la vie que l'on aime avec elle.
    Et quel bel hommage !
    Ce livre, offert par les éditions phebus, lu dans le cadre de Masse Critique de babelio est une révélation.
    Une autobiographie réussie, sincère qui ne peut laisser indifférent.
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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo, le 22 octobre 2012

    alicejo
    Habitant Malakoff avec un attachement particulier à la rue Hoche, il m'était impossible de passer à côté de ce livre de Jeanne Cordelier ! Merci donc aux Editions Phébus et à Babelio de m'avoir fait parvenir ce livre grâce à cette nouvelle édition Masse-critique.
    Ce court roman (autobiographie ou auto-fiction on ne sait pas exactement) ne vous laissera pas indemne. Dany, la narratrice, troisième d'une fratrie de six, une « cordée » comme elle la définit, le pilier de la famille, nous dresse le portrait de sa famille, des écorchés vifs, abimés par une enfance vécue au contact de la violence, de la pauvreté et du désamour.
    Près de cinquante ans plus tard, le décès d'un premier frère permet de vérifier que le lien, quoique distendu par les années, tient toujours. Que malgré la maladie, le chômage, les divorces, l'alcoolisme des uns, les ennuis judiciaires des autres, tout le monde s'accroche tant bien à cette vie et aux minces petits bonheurs qu'elle offre.
    C'est violent, intense, souvent révoltant et désespérant Mais grâce au parlé populaire et à l'écriture dynamique de son auteur, le récit ne tombe jamais dans le misérabilisme et ce qu'on en retient, c'est toute la tendresse que Dany, celle qui « s'en est sortie », ressent pour ses marginaux.
    C'est aussi un récit qui parle de la mort de ceux qu'on aime. Comment appréhender la disparition programmée de ses frères et sœurs lorsque on a mis tant de force tout au long de sa vie pour garder le lien sinon intact du moins toujours présent ? Que restera-t-il d'eux, de leur histoire, de leurs souvenirs quand tous auront disparus ?
    La misère affective et sociale, les souvenirs qu'on enjolive pour mieux les digérer, le lien à la mère qu'on n'arrive pas à couper malgré la violence et les humiliations, j'ai reconnu dans ce livre beaucoup du vécu de ma propre mère et sa lecture m'a beaucoup touchée et éprouvée.
    Juste un tout petit bémol … En tant que Malakofiotte, j'aurais aimé lire une description de ce qu'était ma ville dans les années 50-60. Mais finalement de cet environnement on ne saura rien sûrement parce que l'indicible ne se vit qu'à huis clos.
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    • Livres 4.00/5
    Par Iboo, le 20 juin 2013

    Iboo
    Il y a un temps pour tout... même pour aborder certains livres.
    Ce n'était pas le moment pour moi d'ouvrir celui-là.
    Sans raison particulière ou, peut-être, le gris du ciel, l'absence du Printemps, la morosité ambiante, que sais-je... j'étais trop perméable, vulnérable même, et ce roman, apparemment autobiographique, m'a plombé le moral plus que de raison.
    Récit effroyablement réaliste de vies sordides, bien qu'étrangement banales, où le verbe "exister" s'apparente à "survivre" et où l'on en vient à se demander si tout ce misérable gâchis avait vraiment un sens.
    A lire... mais au soleil, quand tout va bien et que rien ne peut ébranler votre bonheur de vivre !
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    • Livres 5.00/5
    Par Jan, le 09 août 2012

    Jan
    Livres Hebdo, 01/06/12
    Frères de sang
    Le nouveau roman autobiographique de Jeanne Cordelier rend hommage
    à ses frères et sœurs, complices d'enfance et de douleur.
    Voici de retour, avec sa langue directe et fleurie, Jeanne Cordelier, réchappée d'un destin à la Zola. Dans la lignée de Reconstruction (Phébus, 2010) qui reconstituait sa sortie vers la lumière, après la violence de l'enfance et celle de la prostitution, l'écrivaine autodidacte, auteure du best-seller La dérobade réédité en 2010, plus de trente ans après sa parution, et qui reparaît dans la collection « Libretto », retourne une nouvelle fois sur son passé et gravit les marches de l'Escalier F, pour offrir un tombeau, avec fleurs de trottoirs et couronnes d'épines, à ses quatre frères et à sa sœur aînée, fratrie soudée à la vie, à la mort, aujourd'hui en partie décimée. C'est donc Danielle dite Dany, devenue Jeanne, la troisième, née en 1944, qui raconte. Celle qui, installée en Suède depuis des années, ayant suivi son mari Val dans Tous les recoins de la planète, a fui bien loin du sixième étage de l'immeuble du 14e arrondissement ou elle a vécu avec sa famille, à neuf dans deux pièces. Serrés les uns contre les autres, dans une promiscuité brutale : les six frères et sœurs nés entre 1937 et 1957, la mère Andrée, une Folcoche qui avaient les insultes et la main lestes, le cousin Michel et le père incestueux, déjà dénoncé dans les livres précédents. le ton du livre fait écho aux liens tissés au sein de cette fratrie maltraitée : la tendresse est pudique, l'attention bourrue. On a l'amour vache mais résistant aux chocs, car fondé sur une forme de loyauté primitive, de solidarité face aux coups « qui pleuvent». Puisqu'il a bien fallu faire front, ensemble, devant le malheur du monde s'acharnant sur cette famille, ses membres très tôt salement cabossés, puis tombant les uns après les autres, vaincus par le chômage, l'alcool, le cancer, rattrapés par la misère qui tue : Christian, le premier, puis Michel, le mari de Lucette, la belle Lulu, la grande sœur qui suivra « son homme » de près.
    Avec cette énergie des guerriers de la vie, qui fait penser à celle d'une Christiane Rochefort, Jeanne Cordelier offre une oraison affectueuse et sans fard à ses proches. L'hommage de celle qui est revenue des enfers à ces chers anonymes qui n'ont pu s'en échapper
    V .R .
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Critiques presse (2)


  • Lhumanite , le 01 octobre 2012
    
La rugosité du propos sert en l’espèce de masque 
à une délicatesse extrême. Car Escalier F donne finalement à voir une humanité. Dans les deux sens du terme.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • Lexpress , le 19 septembre 2012
    Escalier F n'est jamais glauque ni déprimant. Bien au contraire, avec sa vivacité de plume, son humour, son parler populaire et la chaleureuse description des sentiments fraternels, ce récit est une véritable leçon de vie !
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 07 décembre 2012

    Andrée reposait sur un brancard accolé à la kitchenette, vêtue de son unique robe noire en coton, rendu pelucheux par trop de lavages, de temps. Les bras croisés sur la poitrine, l'air farouche, elle semblait encore dire :
    - C'est toi qui m'as mise là. C'est à cause de ce que tu as écrit, qu'ici et là-bas j'ai été maltraitée. Tu es fautive, ma fille, fautive ! Et tu le sais.
    Oui je sais, je suis fautive d'abord d'être née fille. Ensuite de ne pas être devenue folle ou de ne pas m'être suicidée, enfin d'avoir écrit ce qu'il faut taire à tout prix. À savoir qu'un père peut abuser de sa fille de onze ans et ce jusqu'à sa majorité, vingt et un ans à l'époque, sans que personne dans l'entourage ne pipe mot. J'entends au premier chef la mère, l'école, l'assistante sociale, le médecin, les voisins et tout le saint-frusquin ! (P121)
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  • Par LydiaB, le 06 décembre 2012

    Inceste, un mot tabou chez nous et partout. Un mot qui résonnait comme celui d'une maladie honteuse, d'une tare que l'on planque. Le psychiatre qui s'était occupé d'Ed parlerait de culture incestueuse dans le milieu d'origine. Je ne sais pas très bien à quoi ça rime. Et après, ça excuse quoi ? Un homme adulte avait abusé d'une enfant de deux ans, voilà tout ! C'était un malade. Et quant à sa femme, qu'avait-elle dans les yeux ? Ma mère, et toutes les mères du monde qui laissent violer leurs enfants sous leurs yeux, qu'ont-elles dedans ? La peur des coups, d'être quittées, de ne plus savoir où aller ? L'arrangement, pendant que tu t'occupes de la petite, tu me laisses tranquille. (P117)
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  • Par Iboo, le 20 juin 2013

    Ainsi revient Mirette, ma première morte. Elle était rousse, douce et chaude. C'était un jour d'été, nous étions toutes deux sur le seuil de la porte, entre mes jambes écartées elle dormait au soleil, des petits bougeaient dans son ventre. Puis le père Duval est sorti de la maison de grand-mère, il s'est dirigé vers la grange, en est ressorti avec le fusil à l'épaule, une pelle à la main. Il a foutu un coup de pied au cul de Mirette et puis tous deux s'en sont allés vers la forêt de l'autre côté de la route. Jambes repliées, j'ai attendu leur retour. Le vieux est revenu seul. Il a rangé la pelle terreuse comme ses sabots dans la grange. Une fois dedans il a dû raccrocher son fusil au râtelier. Il n'a rien dit, je n'ai rien demandé. Quand on n'est pas habitué à le faire. J'ai juste remonté mes genoux sous mon menton et j'ai pleuré.
    Ça commence tôt, l'apprentissage.
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  • Par zabeth55, le 15 octobre 2012

    D’un jour à l’autre, de quarante clopes par jour, j’étais passé à zéro. Une question d’esthétique. La teinte de l’émail de mes dents soudain ne m’avait pas plu. Mais ce sevrage brutal avait je crois déplu à mon cœur. Ce qui fait que depuis ce temps-là je marche à piles et que Lulu m’appelle Alcaline.

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  • Par zabeth55, le 18 octobre 2012

    En chemin j’ai acheté un bouquet de renoncules roses, j’aimais cette fleur à tête lourde, qui ployait sur sa tige. Elle était pour moi à l’image de ce que nous étions, beaux et penchés.

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