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> Benoîte Groult (Préfacier, etc.)

ISBN : 2752902638
Éditeur : Phébus (2007)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 72 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"La Dérobade" est de ces livres qui résonnent longtemps. qui s'ancrent dans nos ânes, "tant la douleur est éternelle, et tant "l'espérance est violente", et tant le talent n'a pas d'âge ".
D'aucuns disent que la prostitution est un métier comme un autre - le plu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Sallyrose, le 26 octobre 2012

    Sallyrose
    Roman lu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
    Mes remerciements à Babelio et aux Editions Libretto.
    Il s'agit de la réédition d'un récit autobiographique d'une prostituée dans les années 60.
    Marie, Sophie ou Fanny, selon l'endroit où elle travaille, raconte ce qui a fait son quotidien pendant ses jeunes années.
    Sans complaisance, elle décrit dans un langage cru et (certainement) authentique ce que l'on appelle communément le plus vieux métier du monde : l'exploitation de la femme au nom de son sexe par sa famille, par son souteneur, les mères maquerelles, par les clients, par la police ; la fausse connivence des chauffeurs de taxi, l'indifférence des médecins qui rattrapent les dégâts des avortements clandestins, etc…
    Certaines scènes sont à la limite du supportable…à lire … alors à vivre …
    Pour nous autres installés confortablement, il peut paraître surprenant que ces femmes se laissent ainsi avalées par cet engrenage.
    Difficile à comprendre certes pour qui ne peut se mettre à leur place.
    Et pourtant, l'auteur décrit toutes ses tentatives pour échapper à cet enfer, les difficultés rencontrées pour y parvenir puisque tout l'environnement semble ligué pour la maintenir la tête sous l'eau et notamment « les copines ».
    Celles-ci ont chacune leur propre histoire et pourtant les origines sont semblables : la misère, le mirage de la vie parisienne, le manque d'instruction, les agressions sexuelles souvent incestueuses.
    La détermination de Sophie ne la quittera jamais et elle réussira par s'échapper, se dérober.
    J'ai beaucoup apprécié le style énumération/accumulation qui souvent apporte une forme de poésie désenchantée voire désespérée.
    Le talent de l'auteur est indéniable qui sans chercher à se justifier lance ce cri de rage contre la société qui ferme les yeux sur le fléau de la prostitution.
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    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 02 juillet 2013

    IreneAdler
    Foutre, violence, fric : bienvenue dans la vie de Marie dite Sophie dite Fanny. Mais toujours avec la conviction qu'elle va s'en sortir malgré les filles, les taulières, son mac. Malgré les coups, l'abatage, le découragement. Malgré toute la misère humaine qu'elle côtoie. Malgré la violence qui prend le dessus.
    Une belle leçon de courage. Une belle plume, capable de créer des images, des évasions sur le sordide de sa vie. D'inventer des histoires pour elle, pour les copines (l'amitié est si rare) pour qu'aucune ne flanche ; pour rendre les passes supportables, pour enquiller une nuit au poste. Pour maintenir l'illusion d'une autre vie ; rares en sont pourtant les élues... Une belle leçon de vie et d'espoir récompensé.
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    • Livres 3.00/5
    Par LydieetsesLivres, le 10 octobre 2014

    LydieetsesLivres
    La dérobade est un témoignage poignant sur la prostitution. Jeanne Cordelier nous relate 5 années de sa vie pendant lesquelles elle a exercé ce qu'on appelle pudiquement le plus vieux métier du monde.
    Issue d'une famille nombreuse avec une mère alcoolique et un père incestueux, Marie rêve de paillettes. C'est une voiture de luxe garée devant le bar que fréquente assidûment sa famille qui sera l'objet de sa perdition. Cette voiture est celle de Gégé, proxénète, qui fera rapidement de Marie sa femme, son objet, son gagne pain.
    Marie rebaptisée par le trottoir, Sophie ou Fanny est une femme forte qui supporte l'insupportable. Je dois avouer ne pas toujours l'avoir comprise cependant elle a très vite qu'un seule idée en tête sortir de cet enfer, échappée à l'emprise de Gégé. Ce n'est un mystère pour personne, elle y parviendra et c'est juste après ces 5 années à vendre son corps que Jeanne Cordelier écrira 1000 pages réduites de moitié dans la version publiée.
    Jeanne Cordelier a une réel talent d'écriture. Dans ce récit, elle alterne avec brio de jolies images, dont la dernière phrase du roman est selon moi la plus sublime des illustrations et des mots d'argot qui ancre définitivement le lecteur dans ce monde de la rue mais qui m'ont un peu gêné pendant la lecture car pour beaucoup je n'en connaissais pas la définition.
    Ce roman est assez cru, aucune violence ne nous est épargnée. Les coups de son homme, les nuits en prison, les coups bas des copines et les bizarreries des clients sont décrits sans cachoteries. Des bars à filles, aux hôtels de luxe en passant par les vitrines de la rue Saint Denis jusqu'au maison d'abattage, Sophie/Fanny a tout connu. Et même si les lieux, les personnages, les circonstances sont différentes la violence est identique. C'est pourquoi, j'ai un peu eu l'impression que l'histoire n'avançait pas. Je me dis maintenant que c'est sans doute également ce qu'à pu ressentir Sophie/Fanny pendant toutes ses années. Pourtant le personnage évolue, il s'éloigne peu à peu de ce milieu, de ces obligations.
    La dérobade a été publié en 1976 mais j'imagine que malheureusement les choses n'ont que très peu évoluées pour ces filles qui gagnent leur vie en se baladant sur le trottoir.

    Lien : http://mesexperiencesautourdeslivres.wordpress.com/2014/10/10/la-der..
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    • Livres 5.00/5
    Par Noisettine, le 10 novembre 2012

    Noisettine
    « La dérobade » de Jeanne Cordelier est rééditée par les éditions Libretto. Cette ouvrage est un témoignage autobiographique, qui raconte sans tabou la vie d'une prostituée dans les années 70, la misère, les hommes. Un récit sans complaisance où la vérité est crue, violente comme l'est le milieu de la prostitution.
    Une femme qui malgré tout va rester debout et qui avec ténacité va reconquérir sa liberté, sa dignité et sa vie. Au-delà du témoignage émouvant , une écriture, des mots qui percutent le lecteur dans son cœur, sa chair… On ressort de ce livre avec une vision de la prostitution différente de celle qui est parfois décrite comme volontaire, « métier ». Cette vision qui oublie l'avilissement du corps, l'esclavage et que Jeanne Cordelier courageusement décrit, crie !
    Un livre à lire pour se rappeler !
    Merci aux éditions Libretto et à Babelio.
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    • Livres 3.00/5
    Par LaMoun, le 03 juillet 2013

    LaMoun
    J'ai lu ce roman à sa sortie. J'en garde le souvenir d'une jolie plume, mais d'un style très cru sans fioriture, et d'un sujet extrêmement délicat et perturbant . Un témoignage poignant qui vaut le détour d'une lecture

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Citations et extraits

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  • Par ladesiderienne, le 01 janvier 2013

    Gérard en fin limier avait fort bien flairé qu'il fallait que je change d'air avant les grandes vacances. J'avais un besoin urgent de dépaysement. En attendant, je ne retournerai pas au Sportsman. Ce qu'il me fallait, c'était travailler dans une taule, une vraie, avec des femmes, des chouettes. Rien de tel qu'une bonne promiscuité enrichissante pour la débutante que j'étais. Quoi de mieux qu'un travail de groupe quand on n'est pas affranchie ? Au contact des autres, j'apprendrai, qui sait ? Je deviendrai peut-être une gagneuse ?
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  • Par Lybertaire, le 21 mai 2014

    C’est ainsi que j’avance dans les dédales de la prostitution, bille en tête, l’œil agrandi, ne me ménageant à aucun moment, ne refusant jamais un client, qu’il soit bossu ou tordu, manchot ou cul-de-jatte, sadique ou masochiste, répugnant. un sexe lavé devient un sexe propre et les préservatifs ne sont pas faits pour les chiens.
    Je veux connaître mes limites, les toucher, m’effondrer pour me retrouver. Cela devient une véritable obsession. Il me semble que je vis un cauchemar, traversé de temps à autre par de fulgurants éclairs de réalité. Je souffre en reculant chaque jour mes limites, tente d’élucider le mystère qui fait que je suis inconnue de moi-même. Je me regarde dans la glace sans me reconnaître, je fais des grimaces qui n’évoquent plus rien à celle qui les reçoit. Quand je sombre dans ces périodes de crises, de plus en plus fréquentes, j’imagine que je finirai un jour par être internée dans un asile dont je ne sortirai plus. Avec qui partager mes angoisses ? Qui comprendrait ? À qui pourrais-je confier que j’ai peur d’aller chez ma mère, que sous son regard je deviens transparente, que je n’ose plus embrasser mes petits frères, de peur de les salir ? J’ai un écriteau dans le dos, sur le front, sur la poitrine, une petite ardoise noire où est écrit à la craie blanche le mot putain.
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Vidéo de Jeanne Cordelier

Les auteurs d'Utopos mettent en images la sélection 2012 du Prix Weper-Fondation La poste. Douze livres, douze vidéos. Une lecture, une interprétation de chaque livre sélectionné. Avec les voix des élèves de l'école Auvray-Nauroy. Octobre 2012. Escalier F, Jeanne Cordelier, Phébus











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