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Pierre Scipion (Préfacier, etc.)
ISBN : 2266153579
Éditeur : Pocket (2005)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 391 notes)
Résumé :
La scène est quelque part en Touraine, dans la grotte du magicien Alcandre, qu'un père vient consulter sur le sort de son fils disparu. La grotte se métamorphose alors en théâtre et le jeune homme apparaît, sous l'habit de comédien, en serviteur rusé du bouillant capitaine Matamore... La fantasmagorie commence, pièce follement originale toute en reflets et jeux de miroir que Corneille lui-même qualifiait d'" étrange monstre et d'" extravagante galanterie". Après que... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
Gwen2105 juin 2014
  • Livres 4.00/5
La comédie. Voilà un registre où l'on n'attend pas forcément le grand Corneille de prime abord et pourtant d'un battement d'aile le voici nous servant une tragi-comédie pleine d'humour et de finesse.
Par le biais d'une mise en abîme que j'ai peu l'habitude de croiser au théâtre, l'illustre tragédien donne donc dans le comique. Pour ce faire, et comme le nom de la pièce l'indique, le jeu des illusions est de mise.
J'ai particulièrement aimé les personnages secondaires, Lyse, la servante d'Isabelle, et le capitaine Matamore (le bien-nommé) qui m'ont fait beaucoup sourire. Les amours plus ou moins crédibles s'entrecroisent et les espoirs tournent casaque à chaque scène. le pied-de-nez final est croustillant, je ne vous en dirais donc rien.
Alcandre, le mage grand illusionniste qui coordonne tout le récit, aura ce mot fataliste et philosophe que je goûte tout particulièrement parce qu'il nie sa capacité à dévier le destin par sa magie :
"Ainsi de notre espoir la fortune se joue :
Tout s'élève ou s'abaisse au branle de sa roue :
Et son ordre inégal, qui régit l'univers,
Au milieu du bonheur a ses plus grands revers."
Une belle découverte classique.
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cmpf
cmpf23 mars 2016
  • Livres 4.00/5

Une pièce de théâtre sur le théâtre. Par une double mise en abîme, l'auteur nous fait voir dans le temps de la représentation, le pouvoir du spectacle théâtral.
Pridamant, par sa sévérité, a poussé son fils à partir. Pris de remord il a cherché à le retrouver, en vain. Sur conseil d'un ami, il se rend à la grotte du magicien Alcandre pour le consulter. Celui-ci lui fait voir la vie de son fils Clindor jusqu'à la mort de celui-ci. Mais n'est-ce pas le privilège du théâtre que de faire vivre au spectateur des aventures, des amours et de lui faire ressentir toutes les émotions qui en découlent, alors qu'elles sont irréelles ?
Bien sûr que serait une représentation sans intrigue amoureuse ? La belle Isabelle a trois prétendants : Adraste, Clindor, et Matamore. Lyse sa suivante trouve Clindor, valet de Matamore, à son goût et doutant de sa qualité de gentilhomme pense qu'il lui serait mieux assorti qu'à sa maitresse. Hésitant entre la vengeance et l'amour, elle le sauve pourtant. Et l'on n'échappe pas non plus au père autoritaire qui entend que sa fille épouse qui il choisit pour elle.
Soit une intrigue classique dans une mise en scène, interne à la pièce tout à fait originale.
Dans cette comédie apparaît entre autres le personnage de Matamore, soldat pleutre mais fanfaron, que Corneille a repris du théâtre espagnol et de la Commedia dell'arte, que l'on peut aussi faire remonter à Plaute, et dont le nom est resté dans le langage courant.

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ManouParis
ManouParis06 juillet 2014
Pridamant, sans nouvelles de son fils Clindor depuis dix ans, fait appel au magicien Alcandre pour savoir ce qu'il est devenu. le magicien va lui montrer un Clindor en pleine forme, qui s'est mis au service d'un capitaine gascon, Matamore - personnage comique par ses fanfaronnades permanentes. le jeune homme est amoureux d'Isabelle, fille de Géronte, que son maître (Matamore) courtise aussi. Pour compliquer un peu la donne, un autre prétendant, Adraste, court après la belle. Sans fortune depuis qu'il s'est enfui du domicile paternel, Clindor ne manque cependant pas de débrouillardise et de verve pour se sortir d'éventuelles mauvaises passes...
L'Illusion comique est une pièce de Corneille, en cinq actes et en vers. Ecrite en 1635, elle est jouée dès l'année suivante, en 1636 au Théâtre du Marais et publiée en 1639. Son auteur interroge la question de l'illusion et joue avec les codes théâtraux. "La pièce entière repose sur des changements imprévus d'un genre à l'autre, d'un type de personnage à un autre." Mais malgré le classement de cette pièce au registre de comédie, je dois admettre que je n'ai pas ri souvent...souri à certains moments oui, surtout des échanges entre Matamore (qui se la pète grave, dirait-on aujourd'hui) et Clindor, mais pour le reste... Cependant je n'ai trouvé aucune difficulté majeure à sa lecture. C'est une pièce classique assez simple d'approche. Et si certains termes vous échappent, un lexique est proposé à la fin. En fait, il suffit juste d'être un peu concentré pour mémoriser les personnages et suivre ainsi l'intrigue.
En matière de textes anciens, il existe une foule d'éditions aux formats, prix et contenus différents (et la plupart se valent). Mais je souhaitais préciser que l'édition GF a le mérite pour la modique somme de 2,30€, de proposer en plus un dossier complet qui présente la pièce, offre des repères biographiques et explique l'oeuvre. Ainsi, vous apprendrez que "le personnage du soldat ventard et peureux (Matamore) appartient à une tradition ancienne qui remonte à Aristophane" ou comment pouvait être la mise en scène au temps de Corneille. Dans la lecture de classiques de la littérature ou du théâtre, il me semble indispensable d'avoir accès à une grille d'analyse qui donne des réponses au lecteur - rôle que remplit très bien ce type d'éditions à destination d'un public scolaire ou étudiant.
En définitive, je ne garderais pas de cette pièce un souvenir impérissable, mais j'ai passé un bon moment de lecture tout de même...
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Lagagne
Lagagne08 avril 2016
  • Livres 5.00/5
En ce moment je me replonge avec délice dans le théâtre classique. Et quoi de mieux que monsieur Corneille à mes yeux? Bon, j'avoue "L'illusion comique" est dans mon coeur un poil au-dessous du Cid. Mais cela ne m'empêche pas d'apprécier la modernité des propos (pour le 17ème, s'entend), la mise en abyme, la défense du métier de comédien. Et la langue! toujours cette belle langue, les mots qui roulent presque seuls sur la langue.
La comédie peut paraître un registre étonnant pour Corneille, mais rien ne lui résiste. Lyse et Matamore sont mes favoris dans cette partition. Matamore, c'est une évidence, et Lyse est le parfait personnage de la suivante pleine de bon sens, d'esprit et d'impertinence.
On peut lire, relire, rerelire, rererelire cette pièce et la découvrir à chaque fois. En fait, Corneille, c'est Alcandre!
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michfred
michfred25 avril 2015
  • Livres 5.00/5
Comme Molière a écrit son" Impromptu de Versailles", Corneille a écrit son "Illusion comique"- deux plaidoyers pro domo, deux mises en abyme de la scène et du jeu théâtral.
L'Illusion comique -ou illusion propre au monde des comédiens- , redécouverte depuis quelques dizaines d'années, jouée et rejouée par les meilleurs metteurs en scène -avec une mention spéciale pour le regretté Giorgio Strehler, à l'Odéon, qui reste parmi mes plus grands souvenirs de théâtre- est une vraie pièce baroque. du baroque flamboyant!
Théâtre dans le théâtre, personnages fantasmatiques et fantasques comme l'inénarrable Matamore, tragédie dans la comédie, et comédie dans la tragédie, thérapie de choc contre les préjugés, plaidoyer vibrant pour le plus noble des divertissements populaires, fausse magie, vraie conversion, tout est dans l'Illusion et rien n'y est illusoire!
Un vieux grigou plein de préjugés demande à un "mage" de lui faire voir, dans sa "grotte"magique, quel sort a pu frapper son fils disparu...
Il assiste amusé puis horrifié aux aventures de celui-ci puis à sa mort...avant de comprendre qu'il n'y a de magique que le spectacle de théâtre auquel il vient d'assister à l'insu de son plein gré!!Le voilà réconcilié avec le théâtre!
Une petite pensée pour les stéréotypes de personnages théâtraux que nous reconnaissons au passage: la jeune héroïne tragique, la soubrette coquette et coquine , le père sévère, l'amoureux volage, le bretteur assassin et surtout, le soldat fanfaron -un héritage du théâtre de Plaute, et avant lui de la comédie grecque- dont le dernier avatar, appelé ici Matamore, est irrésistible de drôlerie et de verve imaginative! A lui tout seul, il donne envie de relire et revoir L'Illusion comique!
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Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
badpxbadpx11 mai 2016
(Isabelle )
Hélas ! Que j'aide bien à m'abuser moi-même !
Je vois qu'on me trahit, et veux croire qu'on m'aime ;
Je me laisse charmer à ce discours flatteur,
Et j'excuse un forfait dont j'adore l'auteur.
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Gwen21Gwen2103 juin 2014
ALCANDRE
Dorante, c’est assez, je sais ce qui l’amène ;
Ce fils est aujourd’hui le sujet de sa peine.
Vieillard, n’est-il pas vrai que son éloignement
Par un juste remords te gêne incessamment ?
Qu’une obstination à te montrer sévère
L’a banni de ta vue, et cause ta misère ?
Qu’en vain, au repentir de ta sévérité,
Tu cherches en tous lieux ce fils si maltraité ?
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raynald66raynald6630 janvier 2014
ISABELLE.
Enfin le terme approche : un jugement inique
Doit abuser demain d'un pouvoir tyrannique,
A son propre assassin immoler mon amant,
Et faire une vengeance au lieu d'un châtiment.
Par un décret injuste autant comme sévère,
Demain doit triompher la haine de mon père,
La faveur du pays, la qualité du mort,
Le malheur d'Isabelle, et la rigueur du sort.
Hélas ! que d'ennemis, et de quelle puissance,
Contre le faible appui que donne l'innocence,
Contre un pauvre inconnu, de qui tout le forfait
Est de m'avoir aimée, et d'être trop parfait !
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CielvariableCielvariable11 mai 2013
DORANTE.
Ce mage, qui d’un mot renverse la nature, N’a choisi pour palais que cette grotte obscure. La nuit qu’il entretient sur cet affreux séjour, N’ouvrant son voile épais qu’aux rayons d’un faux jour, De leur éclat douteux n’admet en ces lieux sombres Que ce qu’en peut souffrir le commerce des ombres. N’avancez pas : son art au pied de ce rocher A mis de quoi punir qui s’en ose approcher ; Et cette large bouche est un mur invisible, Où l’air en sa faveur devient inaccessible, Et lui fait un rempart, dont les funestes bords Sur un peu de poussière étalent mille morts. Jaloux de son repos plus que de sa défense, Il perd qui l’importune, ainsi que qui l’offense ; Malgré l’empressement d’un curieux désir, Il faut, pour lui parler, attendre son loisir : Chaque jour il se montre, et nous touchons à l’heure Où pour se divertir il sort de sa demeure.
PRIDAMANT.
J’en attends peu de chose, et brûle de le voir. J’ai de l’impatience, et je manque d’espoir. Ce fils, ce cher objet de mes inquiétudes, Qu’ont éloigné de moi des traitements trop rudes,Et que depuis dix ans je cherche en tant de lieux, A caché pour jamais sa présence à mes yeux. Sous ombre qu’il prenait un peu trop de licence, Contre ses libertés je roidis ma puissance ; Je croyais le dompter à force de punir, Et ma sévérité ne fit que le bannir. Mon âme vit l’erreur dont elle était séduite : Je l’outrageais présent, et je pleurai sa fuite ; Et l’amour paternel me fit bientôt sentir Il l’a fallu chercher : j’ai vu dans mon voyage Le Pô, le Rhin, la Meuse, et la Seine, et le Tage : Toujours le même soin travaille mes esprits ; Et ces longues erreurs ne m’en ont rien appris. Enfin, au désespoir de perdre tant de peine, Et n’attendant plus rien de la prudence humaine, Pour trouver quelque borne à tant de maux soufferts, J’ai déjà sur ce point consulté les enfers. J’ai vu les plus fameux en la haute science Dont vous dites qu’Alcandre a tant d’expérience : On m’en faisait l’état que vous faites de lui, Et pas un d’eux n’a pu soulager mon ennui. L’enfer devient muet quand il me faut répondre, Ou ne me répond rien qu’afin de me confondre.
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michfredmichfred25 avril 2015
ALCANDRE

Cessez de vous en plaindre. À présent le théâtre

Est en un point si haut que chacun l’idolâtre,

Et ce que votre temps voyait avec mépris

Est aujourd’hui l’amour de tous les bons esprits,

L’entretien de Paris, le souhait des provinces,

Le divertissement le plus doux de nos princes,

Les délices du peuple, et le plaisir des grands :

Il tient le premier rang parmi leurs passe-temps ;
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Videos de Pierre Corneille (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Corneille
Émission "Une Vie, une Œuvre", diffusée le 3 décembre 2006 sur France Culture.
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