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> Pierre Scipion (Préfacier, etc.)

ISBN : 2266153579
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 280 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La scène est quelque part en Touraine, dans la grotte du magicien Alcandre, qu'un père vient consulter sur le sort de son fils disparu. La grotte se métamorphose alors en théâtre et le jeune homme apparaît, sous l'habit de comédien, en serviteur rusé du bouillant capita... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 05 juin 2014

    Gwen21
    La comédie. Voilà un registre où l'on n'attend pas forcément le grand Corneille de prime abord et pourtant d'un battement d'aile le voici nous servant une tragi-comédie pleine d'humour et de finesse.
    Par le biais d'une mise en abîme que j'ai peu l'habitude de croiser au théâtre, l'illustre tragédien donne donc dans le comique. Pour ce faire, et comme le nom de la pièce l'indique, le jeu des illusions est de mise.
    J'ai particulièrement aimé les personnages secondaires, Lyse, la servante d'Isabelle, et le capitaine Matamore (le bien-nommé) qui m'ont fait beaucoup sourire. Les amours plus ou moins crédibles s'entrecroisent et les espoirs tournent casaque à chaque scène. Le pied-de-nez final est croustillant, je ne vous en dirais donc rien.
    Alcandre, le mage grand illusionniste qui coordonne tout le récit, aura ce mot fataliste et philosophe que je goûte tout particulièrement parce qu'il nie sa capacité à dévier le destin par sa magie :
    "Ainsi de notre espoir la fortune se joue :
    Tout s’élève ou s’abaisse au branle de sa roue :
    Et son ordre inégal, qui régit l’univers,
    Au milieu du bonheur a ses plus grands revers."
    Une belle découverte classique.
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  • Par ManouParis, le 06 juillet 2014

    ManouParis
    Pridamant, sans nouvelles de son fils Clindor depuis dix ans, fait appel au magicien Alcandre pour savoir ce qu'il est devenu. le magicien va lui montrer un Clindor en pleine forme, qui s'est mis au service d'un capitaine gascon, Matamore - personnage comique par ses fanfaronnades permanentes. le jeune homme est amoureux d'Isabelle, fille de Géronte, que son maître (Matamore) courtise aussi. Pour compliquer un peu la donne, un autre prétendant, Adraste, court après la belle. Sans fortune depuis qu'il s'est enfui du domicile paternel, Clindor ne manque cependant pas de débrouillardise et de verve pour se sortir d'éventuelles mauvaises passes...
    L'Illusion comique est une pièce de Corneille, en cinq actes et en vers. Ecrite en 1635, elle est jouée dès l'année suivante, en 1636 au Théâtre du Marais et publiée en 1639. Son auteur interroge la question de l'illusion et joue avec les codes théâtraux. "La pièce entière repose sur des changements imprévus d'un genre à l'autre, d'un type de personnage à un autre." Mais malgré le classement de cette pièce au registre de comédie, je dois admettre que je n'ai pas ri souvent...souri à certains moments oui, surtout des échanges entre Matamore (qui se la pète grave, dirait-on aujourd'hui) et Clindor, mais pour le reste... Cependant je n'ai trouvé aucune difficulté majeure à sa lecture. C'est une pièce classique assez simple d'approche. Et si certains termes vous échappent, un lexique est proposé à la fin. En fait, il suffit juste d'être un peu concentré pour mémoriser les personnages et suivre ainsi l'intrigue.
    En matière de textes anciens, il existe une foule d'éditions aux formats, prix et contenus différents (et la plupart se valent). Mais je souhaitais préciser que l'édition GF a le mérite pour la modique somme de 2,30€, de proposer en plus un dossier complet qui présente la pièce, offre des repères biographiques et explique l'oeuvre. Ainsi, vous apprendrez que "le personnage du soldat ventard et peureux (Matamore) appartient à une tradition ancienne qui remonte à Aristophane" ou comment pouvait être la mise en scène au temps de Corneille. Dans la lecture de classiques de la littérature ou du théâtre, il me semble indispensable d'avoir accès à une grille d'analyse qui donne des réponses au lecteur - rôle que remplit très bien ce type d'éditions à destination d'un public scolaire ou étudiant.
    En définitive, je ne garderais pas de cette pièce un souvenir impérissable, mais j'ai passé un bon moment de lecture tout de même...
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 22 juin 2011

    cicou45
    Du théâtre dans le théâtre, une magnifique prouesse réalisée par Corneille ici. C'est l'histoire d'un homme, Pridamant, qui, désespéré par la disparition de son fils Clindor, décide d'aller consulter un mage qui se trouve dans une grotte en espérant obtenir des nouvelles de la chair de sa chair. Une chose incroyable se passe puisque la grotte d'Alcandre, le mage, se transforme elle-même en pièce de théâtre, dans laquelle le père peut suivre les aventures qui sont arrivées à son fils. Puis la magie se dévoile et le père apprend finalement que ce n'étaient que des comédiens qui ne faisaient que jouer une pièce sous les yeus de ce père désemparé et du mage.
    Du tragique dans le comique, mélangez le tout et vous obtiendrez finalement une prodigieuse comédie réalisée par l'un des plus grands de son temps, Corneille. Un classique incontournable à découvrir !
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    • Livres 3.00/5
    Par Laeti1304, le 08 décembre 2012

    Laeti1304
    L'Illusion comique est une pièce de théâtre de Corneille datant de 1635. Après un long succès lors de sa création, elle sera peu à peu oubliée car la pièce est totalement étrangère à la dramaturgie classique.
    Le théâtre n'est pas un genre littéraire que j'affectionne particulièrement et je ne pense pas faire beaucoup de chroniques sur des pièces de théâtre. du coup, pour l'instant, elle restera dans la catégorie "Roman - Classiques"
    J'ai travaillé sur cette oeuvre lors d'un cours et je suis retombée dessus cet après-midi en faisant un peu de rangement. N'ayant rien d'autre à lire sous la main, je me suis dis "pourquoi pas !"
    Premier problème, j'ai un gros soucis avec les vers. Pour moi, c'est beaucoup de complications pour pas grand chose et cela me rend la lecture assez difficile. Pour être franche, généralement, lorsqu'une tirade fait plus de 6-7 vers, je la saute ! Sans oublier que certains vers sont assez complexes. Lorsque je l'ai lu la première fois, j'ai réellement eut du mal à comprendre la fin du fait de la difficulté de ces derniers.
    Mais on trouve des vers vraiment beaux et même drôles (oui, c'est drôle encore aujourd'hui !). J'ai spécialement aimé une tirade d'Isabelle, dans la scène 3 de l'Acte 2, lorsqu'elle tente d'expliquer à Adraste, un de ses prétendant, qu'elle ne veux vraiment pas de lui :
    "Nous donnons bien souvent de divers noms aux choses / Des épines pour moi, vous les nommez roses, / Ce que vous appelez service, affection, / Je l'appelle supplice et persécution."
    J'ai toujours un peu de mal à me retrouver avec les personnages dans les pièces de théâtre. Dans le premier acte, à chaque scène, je dois souvent faire des allers-retours sur la page des acteurs pour m'y retrouver. Mais ça, ce n'est pas bien grave...
    Les personnages sont attachants, parfois un peu énervant. J'aime particulièrement Matamore, le capitan gascon. Il veut toujours se faire passer pour ce qu'il n'est pas et les autres personnages sont constamment en train de se moquer de lui et lui n'en s'en rend même pas compte ! On irait bien le secouer un coup ^^.
    L'histoire est rigolote. Un peu d'amour pas trop "cul-cul la praline", de la jalousie, des trahisons et de l'humour qui fonctionne malgré les siècles écoulés. Oui ! cette pièce m'a arraché des sourires ! Pas de grosses poilades à en avoir mal aux abdos, certes, mais des risettes.
    J'ai aimé redécouvrir cette lecture dans un contexte autre que scolaire. le problème de l'école, c'est que bien souvent, elle nous fait détester des classiques de ce genre ! Difficile de se décider à se remettre dedans plusieurs années après. L'avantage d'une pièce de théâtre, c'est que c'est court et donc rapide à lire.
    D'un autre côté, mes connaissances scolaires m'ont aidées à mieux décoder l'œuvre. Surtout du point de vue du "théâtre dans le théâtre" et dans l'art de l'illusion. On retrouve ces deux thèmes très souvent et je n'y aurais probablement pas fait attention si je n'avais jamais travailler sur cette œuvre.
    Cette pièce reste une œuvre assez difficile tout de même.

    Lien : http://deslivresenpagaille.e-monsite.com/pages/classiques-1/l-illusi..
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    • Livres 1.00/5
    Par raynald66, le 30 janvier 2014

    raynald66
    Le magicien Alcandre raconte à Pridamant le passé mouvementé de son fils, qui est tombé amoureux d'Isabelle, qui a pour prétendant officiel le riche Adraste.
    Pièce de théâtre que j'ai trouvée ennuyeuse.
    Je préfère nettement les pièces de Racine. Seule la pièce "Le Cid" m'a vraiment enchantée et je la relirai bien avec plaisir.
    EXTRAIT =
    Cessez de vous en plaindre. A présent le théâtre
    Est en un point si haut que chacun l'idolâtre,
    Et ce que votre temps voyait avec mépris
    Est aujourd'hui l'amour de tous les bons esprits,
    L'entretien de Paris, le souhait des provinces,
    Le divertissement le plus doux de nos princes,
    Les délices du peuple, et le plaisir des grands :
    Il tient le premier rang parmi leurs passe-temps ;
    Et ceux dont nous voyons la sagesse profonde
    Par ses illustres soins conserver tout le monde,
    Trouvent dans les douceurs d'un spectacle si beau
    De quoi se délasser d'un si pesant fardeau.
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Citations et extraits

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  • Par Gwen21, le 03 juin 2014

    ALCANDRE
    Dorante, c’est assez, je sais ce qui l’amène ;
    Ce fils est aujourd’hui le sujet de sa peine.
    Vieillard, n’est-il pas vrai que son éloignement
    Par un juste remords te gêne incessamment ?
    Qu’une obstination à te montrer sévère
    L’a banni de ta vue, et cause ta misère ?
    Qu’en vain, au repentir de ta sévérité,
    Tu cherches en tous lieux ce fils si maltraité ?
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  • Par raynald66, le 30 janvier 2014

    ISABELLE.
    Enfin le terme approche : un jugement inique
    Doit abuser demain d'un pouvoir tyrannique,
    A son propre assassin immoler mon amant,
    Et faire une vengeance au lieu d'un châtiment.
    Par un décret injuste autant comme sévère,
    Demain doit triompher la haine de mon père,
    La faveur du pays, la qualité du mort,
    Le malheur d'Isabelle, et la rigueur du sort.
    Hélas ! que d'ennemis, et de quelle puissance,
    Contre le faible appui que donne l'innocence,
    Contre un pauvre inconnu, de qui tout le forfait
    Est de m'avoir aimée, et d'être trop parfait !
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  • Par Cielvariable, le 11 mai 2013

    DORANTE.
    Ce mage, qui d’un mot renverse la nature, N’a choisi pour palais que cette grotte obscure. La nuit qu’il entretient sur cet affreux séjour, N’ouvrant son voile épais qu’aux rayons d’un faux jour, De leur éclat douteux n’admet en ces lieux sombres Que ce qu’en peut souffrir le commerce des ombres. N’avancez pas : son art au pied de ce rocher A mis de quoi punir qui s’en ose approcher ; Et cette large bouche est un mur invisible, Où l’air en sa faveur devient inaccessible, Et lui fait un rempart, dont les funestes bords Sur un peu de poussière étalent mille morts. Jaloux de son repos plus que de sa défense, Il perd qui l’importune, ainsi que qui l’offense ; Malgré l’empressement d’un curieux désir, Il faut, pour lui parler, attendre son loisir : Chaque jour il se montre, et nous touchons à l’heure Où pour se divertir il sort de sa demeure.
    PRIDAMANT.
    J’en attends peu de chose, et brûle de le voir. J’ai de l’impatience, et je manque d’espoir. Ce fils, ce cher objet de mes inquiétudes, Qu’ont éloigné de moi des traitements trop rudes,Et que depuis dix ans je cherche en tant de lieux, A caché pour jamais sa présence à mes yeux. Sous ombre qu’il prenait un peu trop de licence, Contre ses libertés je roidis ma puissance ; Je croyais le dompter à force de punir, Et ma sévérité ne fit que le bannir. Mon âme vit l’erreur dont elle était séduite : Je l’outrageais présent, et je pleurai sa fuite ; Et l’amour paternel me fit bientôt sentir Il l’a fallu chercher : j’ai vu dans mon voyage Le Pô, le Rhin, la Meuse, et la Seine, et le Tage : Toujours le même soin travaille mes esprits ; Et ces longues erreurs ne m’en ont rien appris. Enfin, au désespoir de perdre tant de peine, Et n’attendant plus rien de la prudence humaine, Pour trouver quelque borne à tant de maux soufferts, J’ai déjà sur ce point consulté les enfers. J’ai vu les plus fameux en la haute science Dont vous dites qu’Alcandre a tant d’expérience : On m’en faisait l’état que vous faites de lui, Et pas un d’eux n’a pu soulager mon ennui. L’enfer devient muet quand il me faut répondre, Ou ne me répond rien qu’afin de me confondre.
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  • Par Gwen21, le 05 juin 2014

    LYSE
    [...]
    Qui cache sa colère assure sa vengeance ;
    Et ma feinte douceur prépare beaucoup mieux
    Ce piège où tu vas choir, et bientôt, à mes yeux.

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  • Par Gwen21, le 05 juin 2014

    LYSE
    Quand on aime une fois, et qu’on se croit aimé,
    On fait tout pour l’objet dont on est enflammé.

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