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> Pierre Scipion (Préfacier, etc.)

ISBN : 2266153579
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 3.49/5 (sur 331 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La scène est quelque part en Touraine, dans la grotte du magicien Alcandre, qu'un père vient consulter sur le sort de son fils disparu. La grotte se métamorphose alors en théâtre et le jeune homme apparaît, sous l'habit de comédien, en serviteur rusé du bouillant capita... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 05 juin 2014

    Gwen21
    La comédie. Voilà un registre où l'on n'attend pas forcément le grand Corneille de prime abord et pourtant d'un battement d'aile le voici nous servant une tragi-comédie pleine d'humour et de finesse.
    Par le biais d'une mise en abîme que j'ai peu l'habitude de croiser au théâtre, l'illustre tragédien donne donc dans le comique. Pour ce faire, et comme le nom de la pièce l'indique, le jeu des illusions est de mise.
    J'ai particulièrement aimé les personnages secondaires, Lyse, la servante d'Isabelle, et le capitaine Matamore (le bien-nommé) qui m'ont fait beaucoup sourire. Les amours plus ou moins crédibles s'entrecroisent et les espoirs tournent casaque à chaque scène. Le pied-de-nez final est croustillant, je ne vous en dirais donc rien.
    Alcandre, le mage grand illusionniste qui coordonne tout le récit, aura ce mot fataliste et philosophe que je goûte tout particulièrement parce qu'il nie sa capacité à dévier le destin par sa magie :
    "Ainsi de notre espoir la fortune se joue :
    Tout s’élève ou s’abaisse au branle de sa roue :
    Et son ordre inégal, qui régit l’univers,
    Au milieu du bonheur a ses plus grands revers."
    Une belle découverte classique.
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    • Livres 5.00/5
    Par michfred, le 25 avril 2015

    michfred
    Comme Molière a écrit son" Impromptu de Versailles", Corneille a écrit son "Illusion comique"- deux plaidoyers pro domo, deux mises en abyme de la scène et du jeu théâtral.
    L'Illusion comique -ou illusion propre au monde des comédiens- , redécouverte depuis quelques dizaines d'années, jouée et rejouée par les meilleurs metteurs en scène -avec une mention spéciale pour le regretté Giorgio Strehler, à l'Odéon, qui reste parmi mes plus grands souvenirs de théâtre- est une vraie pièce baroque. du baroque flamboyant!
    Théâtre dans le théâtre, personnages fantasmatiques et fantasques comme l'inénarrable Matamore, tragédie dans la comédie, et comédie dans la tragédie, thérapie de choc contre les préjugés, plaidoyer vibrant pour le plus noble des divertissements populaires, fausse magie, vraie conversion, tout est dans l'Illusion et rien n'y est illusoire!
    Un vieux grigou plein de préjugés demande à un "mage" de lui faire voir, dans sa "grotte"magique, quel sort a pu frapper son fils disparu...
    Il assiste amusé puis horrifié aux aventures de celui-ci puis à sa mort...avant de comprendre qu'il n'y a de magique que le spectacle de théâtre auquel il vient d'assister à l'insu de son plein gré!!Le voilà réconcilié avec le théâtre!
    Une petite pensée pour les stéréotypes de personnages théâtraux que nous reconnaissons au passage: la jeune héroïne tragique, la soubrette coquette et coquine , le père sévère, l'amoureux volage, le bretteur assassin et surtout, le soldat fanfaron -un héritage du théâtre de Plaute, et avant lui de la comédie grecque- dont le dernier avatar, appelé ici Matamore, est irrésistible de drôlerie et de verve imaginative! A lui tout seul, il donne envie de relire et revoir L'Illusion comique!
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  • Par ManouParis, le 06 juillet 2014

    ManouParis
    Pridamant, sans nouvelles de son fils Clindor depuis dix ans, fait appel au magicien Alcandre pour savoir ce qu'il est devenu. le magicien va lui montrer un Clindor en pleine forme, qui s'est mis au service d'un capitaine gascon, Matamore - personnage comique par ses fanfaronnades permanentes. le jeune homme est amoureux d'Isabelle, fille de Géronte, que son maître (Matamore) courtise aussi. Pour compliquer un peu la donne, un autre prétendant, Adraste, court après la belle. Sans fortune depuis qu'il s'est enfui du domicile paternel, Clindor ne manque cependant pas de débrouillardise et de verve pour se sortir d'éventuelles mauvaises passes...
    L'Illusion comique est une pièce de Corneille, en cinq actes et en vers. Ecrite en 1635, elle est jouée dès l'année suivante, en 1636 au Théâtre du Marais et publiée en 1639. Son auteur interroge la question de l'illusion et joue avec les codes théâtraux. "La pièce entière repose sur des changements imprévus d'un genre à l'autre, d'un type de personnage à un autre." Mais malgré le classement de cette pièce au registre de comédie, je dois admettre que je n'ai pas ri souvent...souri à certains moments oui, surtout des échanges entre Matamore (qui se la pète grave, dirait-on aujourd'hui) et Clindor, mais pour le reste... Cependant je n'ai trouvé aucune difficulté majeure à sa lecture. C'est une pièce classique assez simple d'approche. Et si certains termes vous échappent, un lexique est proposé à la fin. En fait, il suffit juste d'être un peu concentré pour mémoriser les personnages et suivre ainsi l'intrigue.
    En matière de textes anciens, il existe une foule d'éditions aux formats, prix et contenus différents (et la plupart se valent). Mais je souhaitais préciser que l'édition GF a le mérite pour la modique somme de 2,30€, de proposer en plus un dossier complet qui présente la pièce, offre des repères biographiques et explique l'oeuvre. Ainsi, vous apprendrez que "le personnage du soldat ventard et peureux (Matamore) appartient à une tradition ancienne qui remonte à Aristophane" ou comment pouvait être la mise en scène au temps de Corneille. Dans la lecture de classiques de la littérature ou du théâtre, il me semble indispensable d'avoir accès à une grille d'analyse qui donne des réponses au lecteur - rôle que remplit très bien ce type d'éditions à destination d'un public scolaire ou étudiant.
    En définitive, je ne garderais pas de cette pièce un souvenir impérissable, mais j'ai passé un bon moment de lecture tout de même...
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    • Livres 5.00/5
    Par Holmes02, le 26 avril 2015

    Holmes02
    Lorsque j'ai ouvert ce livre pour la première fois, je dois bien reconnaître que je ne savais pas trop à quoi m'attendre : la comédie et Corneille étant deux mots que l'on n'associe pas communément. Cependant, mes préjugés se sont bien vite évaporés devant la beauté de cette pièce, qui subjugue et nous tient en halène jusqu'à la fin.
    En effet, Primadant, un vieil homme, a perdu contact avec son fils depuis dix ans, du fait de sa trop grande sévérité à son égard. A bout de moyens, il demande l'aide du magicien Alcandre qui lui propose alors de "projeter" la vie du jeune homme devant eux, pour que le père puisse voir ce que devient son enfant. La pièce s'organise alors sur une mise en abyme et nous propose de suivre les aventures du jeune Clindor, engagé au service du fanfaron capitan du nom de Matamore. Mais voilà, il y a une femme. Son nom est Isabelle. Amoureux d'elle, Clindor fera son possible pour vivre ses sentiments pour la jeune femme, promise à un autre.
    Une œuvre très sympathique dont le dénouement, pour la première fois, m'a paru totalement inattendu et m'a même fait rire. le coup de théâtre final est vraiment bien trouvé, et la petite conclusion apporté par Alcandre à la fin de l'œuvre est parfaitement vraie. Un plaisir.


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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 22 juin 2011

    cicou45
    Du théâtre dans le théâtre, une magnifique prouesse réalisée par Corneille ici. C'est l'histoire d'un homme, Pridamant, qui, désespéré par la disparition de son fils Clindor, décide d'aller consulter un mage qui se trouve dans une grotte en espérant obtenir des nouvelles de la chair de sa chair. Une chose incroyable se passe puisque la grotte d'Alcandre, le mage, se transforme elle-même en pièce de théâtre, dans laquelle le père peut suivre les aventures qui sont arrivées à son fils. Puis la magie se dévoile et le père apprend finalement que ce n'étaient que des comédiens qui ne faisaient que jouer une pièce sous les yeus de ce père désemparé et du mage.
    Du tragique dans le comique, mélangez le tout et vous obtiendrez finalement une prodigieuse comédie réalisée par l'un des plus grands de son temps, Corneille. Un classique incontournable à découvrir !
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Citations et extraits

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  • Par michfred, le 25 avril 2015

    ALCANDRE

    Cessez de vous en plaindre. À présent le théâtre

    Est en un point si haut que chacun l’idolâtre,

    Et ce que votre temps voyait avec mépris

    Est aujourd’hui l’amour de tous les bons esprits,

    L’entretien de Paris, le souhait des provinces,

    Le divertissement le plus doux de nos princes,

    Les délices du peuple, et le plaisir des grands :

    Il tient le premier rang parmi leurs passe-temps ;
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  • Par michfred, le 25 avril 2015

    MATAMORE

    Les voilà, sauvons-nous. Non, je ne vois personne.

    Avançons hardiment. Tout le corps me frissonne.

    Je les entends, fuyons. Le vent faisait ce bruit.

    Marchons sous la faveur des ombres de la nuit.

    Vieux rêveur, malgré toi j’attends ici ma reine.

    Ces diables de valets me mettent bien en peine.

    De deux mille ans et plus, je ne tremblai si fort.

    C’est trop me hasarder : s’ils sortent, je suis mort ;

    Car j’aime mieux mourir que leur donner bataille,

    Et profaner mon bras contre cette canaille.
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  • Par michfred, le 25 avril 2015

    PRIDAMANT

    Que vois-je ? Chez les morts compte-t-on de l’argent ?



    ALCANDRE

    Voyez si pas un d’eux s’y montre négligent.



    PRIDAMANT

    Je vois Clindor ! Ah dieux ! Quelle étrange surprise !

    Je vois ses assassins, je vois sa femme et Lyse !

    Quel charme en un moment étouffe leurs discords,

    Pour assembler ainsi les vivants et les morts ?



    ALCANDRE

    Ainsi tous les acteurs d’une troupe comique,

    Leur poème récité, partagent leur pratique :

    L’un tue, et l’autre meurt, l’autre vous fait pitié ;

    Mais la scène préside à leur inimitié.

    Leurs vers font leurs combats, leur mort suit leurs paroles,

    Et, sans prendre intérêt en pas un de leurs rôles,

    Le traître et le trahi, le mort et le vivant,

    Se trouvent à la fin amis comme devant.
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  • Par michfred, le 25 avril 2015

    MATAMORE

    Je te le dis encor, ne sois plus en alarme :

    Quand je veux, j’épouvante ; et quand je veux, je charme ;

    Et, selon qu’il me plaît, je remplis tour à tour

    Les hommes de terreur, et les femmes d’amour.

    Du temps que ma beauté m’était inséparable,

    Leurs persécutions me rendaient misérable :

    Je ne pouvais sortir sans les faire pâmer.

    Mille mouraient par jour à force de m’aimer :

    J’avais des rendez-vous de toutes les princesses ;

    Les reines à l’envi mendiaient mes caresses ;

    Celle d’Éthiopie, et celle du Japon,

    Dans leurs soupirs d’amour ne mêlaient que mon nom.
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  • Par michfred, le 25 avril 2015

    ALCANDRE

    Je vais de ses amours

    Et de tous ses hasards vous faire le discours.

    Toutefois, si votre âme était assez hardie,

    Sous une illusion vous pourriez voir sa vie,

    Et tous ses accidents devant vous exprimés

    Par des spectres pareils à des corps animés :

    Il ne leur manquera ni geste ni parole.

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