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ISBN : 2844120350
Éditeur : Joëlle Losfeld (2000)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les "hommes oubliés de Dieu" sont les victimes des grandes cités orientales qu'Albert Cossery, lui, ne peut effacer de son esprit.

Qu'il s'agisse de Zouba, le facteur qui, pour se venger des injures dont il est l'objet, s'autoproclame prophète, ou de Fai... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 5.00/5
    Par GabySensei, le 03 décembre 2011

    GabySensei
    Les livres d'Albert Cossery sont tous un peu les mêmes. Ils nous parlent des laissés pour compte du Caire.
    Cette ville, dont on a arrêté de compter les habitants, comprend un centre-ville moderne et une ville "indigène" qui s'étend de façon anarchique. C'est là que Cossery nous fait découvrir toute une galerie de personnages plus ou moins loufoques. Ces héros sont toujours en marge de la société. On comprend vite qu'ils n'ont pas vraiment le choix tant la corruption règne en maître. L'homme "honnête" est souvent voué à la pauvreté et à l'inverse l'homme "parvenu" a dû se livrer à bien des compromissions.
    Mais si la vie est difficile dans ces bidonvilles, leurs habitants ont développé un solide sens de l'humour pour y faire face. Cossery a l'art de décrire ses personnages dans des situations les plus cocasses à la limite du surréalisme.
    Ainsi de cet homme, qui aspire à dormir toute la journée, et qui a chassé tous les bruits néfastes de sa rue afin de s'adonner à son seul plaisir : la sieste! L'infortuné est inopinément réveillé par un facteur (c'est à dire un fonctionnaire vendu au gouvernement) bouffi d'orgueil et qui se sent investi d'une mission civilisatrice à porter le courrier à des analphabètes. Leur dialogue vous fera pleurer de rire.
    Ou bien encore deux mendiants qui ont chacun créé une école de mendicité, comme s'il s'agissait là d'une profession comme une autre, que l'on peut enseigner. L'un professant qu'il faut avoir l'air le plus misérable possible pour attirer la générosité du bon musulman, l'autre qu'il faut au contraire sauver les apparences pour ne pas effrayer le donneur potentiel...
    Ou encore cet homme qui voit son fils revenir le jour de l'Aïd avec des herbes aromatiques en espérant qu'ils pourront manger du mouton. L'enfant demande naïvement à son père pourquoi tout le monde festoie alors qu'ils meurent de faim. le père prend alors conscience de sa pauvreté et n'a aucune explication rationnelle à donner à son fils si ce n'est qu'ils sont "oubliés de Dieu".
    La force de cet auteur est de vous faire rire des choses les plus graves. Il nous fait découvrir la puissance de la dérision. Les "faibles", qui n'ont rien, l'emporteront toujours sur les riches qui ont tout à perdre. La seule chose que désirent nos gouvernants est qu'on les prenne au sérieux. Cossery nous montre combien ils deviennent risibles lorsqu'on les considère pour ce qu'ils sont : des pantins. Nous ne sommes pas loin de l'anarchisme car rien n'a d'importance pour Cossery.
    Le plus étonnant est que l'auteur a vécu conformément aux préceptes qu'il défendait. Il a vécu pendant 50 ans dans un hôtel à Saint Germain des près sans jamais vraiment travailler. Il a écrit 8 livres en 50 ans ce qui est finalement assez peu. Il disait qu'il n'écrivait pas plus d'une phrase par jour et qu'il la peaufinait jusqu'à ce qu'elle soit parfaite. Il réussit parfaitement car ses 8 livres sont des bijoux de concision.
    Si vous avez la chance de ne pas encore avoir lu Albert Cossery jetez-vous dessus. C'est selon moi un auteur majeur du XX ème siècle. J'aimerais parfois avoir le bonheur de le redécouvrir comme si c'était la première fois.
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    • Livres 4.00/5
    Par tulisquoi, le 20 septembre 2010

    tulisquoi
    Cinq nouvelles pour parler de ces hommes et ces femmes oubliés de Dieu : Zouba, le facteur, qui supporte la violence parce qu'il se croit supérieur à ceux de son quartier, car lui sait lire et connait donc tout leurs secret ; Faiza qui pense que le désir et le plaisir qu'elle sent au fond d'elle sont l'œuvre du démon ; Chaktour qui subit sa misère mais comprend que son enfant refusera cet héritage et sent un vent nouveau arriver ; Abou Chawali qui possède une école de mendicité et se bat pour que les traditions perdurent, que les mendiants continuent à montrer la misère sous son pire aspect ; Sayed Karam, ancien acteur, qui voulait réaliser de grandes choses pour étonner les hommes et se rend compte finalement qu'il vaut mieux réaliser de grandes choses pour les aider et les conduire vers une vie meilleure.
    C'est un de ces livres qui ne vous lâche pas. De ceux qui restent en tête longtemps après l'avoir refermé. « Il n'y a pas de phrases pour rien dans mes livres », disait celui qui pouvait prendre plusieurs jours pour trouver le bon mot, lors d'une interview pour le Magazine Littéraire. Il en reste des textes denses de personnages se trouvant dans le dénuement le plus total, mais digne au-delà de tout. Des personnages qui s'échappent dans le sommeil ou le haschich, mais où on sent la possibilité de révolte encore bien présente. Il ne suffirait parfois que d'un tout petit élément pour la déclencher.
    (lire la suite...)

    Lien : http://www.tulisquoi.net/les-hommes-oublies-de-dieu-albert-cossery
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    • Livres 4.00/5
    Par krzysvanco, le 26 août 2014

    krzysvanco
    - La fête n'est pas pour nous, mon fils, dit-il. Nous sommes pauvres.
    L'enfant pleura, pleura amèrement.
    - Que m'importe, je veux un mouton
    - Nous sommes pauvres, répéta Chaktour
    - Et pourquoi sommes-nous pauvres ? demanda l'enfant.
    L'homme réfléchit avant de répondre. Lui-même, après tant d'années d'indigence tenace, ne savait pas pourquoi ils étaient pauvres. Cela venait de très loin, de si loin que Chaktour ne pouvait pas se rappeler comment cela avait débuté. Il se disait que, sans doute, sa misère n'avait jamais eu de commencement. C'était une misère qui se prolongeait au-delà des hommes.
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Citations et extraits

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  • Par Austral, le 24 mars 2014

    Il n'était pas gêné par sa misère. Elle était grande et large et il s'y promenait librement. Elle était comme une prison spacieuse ; il était libre d'aller d'un mur à l'autre de sa misère sans demander la permission à personne. Il était seulement gêné de la sentir si abondante. C'était une misère riche. Il ne savait comment la dépenser.

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Chronique de Laurence Goullieux, directrice de la Bibliothèque Municipale de Liévin, à propos de l'écrivain Albert Cossery. L'actu de la Bibliothèque Municip...








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