ISBN : 2844120318
Éditeur : Joëlle Losfeld (1999)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Dans les rues de Caire, Gohar, ex-philosophe devenu mendiant, sillonne avec nonchalance les ruelles de la ville et croise des figures pittoresques et exemplaires. Dans ce petit peuple où un manchot, cul-de-jatte, subit les crises de jalousie de sa compagne, on rencontr... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 23 juin 2008

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2007/11/le-souk-du-caire-albert-cossery.html
    Extrait :
    De nombreux critiques sur le net se posent la question de l'utilité de leurs textes. Je crois qu'il n'y en a qu'une : faire découvrir par de modestes billets des auteurs qui nous sont chers. S'il arrivait que mes textes fassent lire ne serait-ce qu'un livre, alors tout cela n'aura pas été vain. En tout cas, c'est grâce à deux articles d'Untel (ici et là) que j'ai découvert cet écrivain égyptien né au Caire en 1913 et vivant actuellement à Paris dont je n'avais jamais entendu parler : Albert Cossery.
    Mendiants et orgueilleux, dont l'action se déroule au Caire, est considéré comme l'un de ses meilleurs livres. Il a été adapté deux fois au cinéma.
    Le début du livre fait immédiatement penser à l'un des meilleurs textes du Plume de Michaux : Gohar qui dort sur des journaux à même le sol est réveillé par l'inondation de sa misérable chambre. Rien de grave, alors il se rendort, espérant qu'une intervention surnaturelle veuille bien mettre fin à tout cela. Les dieux ne se manifestent hélas pas, les eaux continuent de monter et Gohar est alors obligé de se lever et d'aller s'assoir sur sa chaise, l'unique meuble de son logement. La thèse sous-jacente au roman est ainsi donnée : celui qui ne possède rien est libre, heureux, parce qu'il n'a rien à perdre. le dénuement est le secret de la sagesse :
    « Un instant il resta pensif, regardant sa couche ravagée et hors d'usage. Les vieux journaux qui lui servaient de matelas étaient complètement submergés ; ils commençaient déjà à flotter au ras du sol. La vision du désastre lui plut à cause de simplicité primitive. Là où il n'y avait rien, la tempête se déchaînait en vain. L'invulnérabilité de Gohar était dans ce dénuement total ; il n'offrait aucune prise aux dévastations. »
    La pauvreté est à la fois une sagesse et une révolte. Une sagesse puisque ce sont le désir d'acquisition et la crainte de la perdre qui nous rendent seuls malheureux. Celui qui ne veut rien, ne possède rien échappe donc nécessairement au malheur. Une révolte également parce que Gohar n'a que du mépris pour cette société qui trouve son accomplissement dans le travail, l'exploitation de l'autre, le désir d'accumulation, etc. le meilleur moyen de combattre les salauds n'est pas la lutte politique comme le croit son ami El Kordi, jeune idéaliste naïf, car c'est encore une manière de participer au système, mais de se retirer totalement du jeu social. C'est ce que tente de lui expliquer le vieux sage :
    « Gohar éleva la voix pour répondre.
    - Je n'ai jamais nié l'existence des salauds, mon fils !
    - Mais tu les acceptes. Tu ne fais rien pour les combattre.
    - Mon silence n'est pas une acceptation. Je les combats plus efficacement que toi.
    - De quelle manière ?
    - Par la non-coopération, dit Gohar. Je refuse tout simplement de collaborer à cette immense duperie.
    - Mais tout un peuple ne peut se permettre cette attitude négative. Ils sont obligés de travailler pour vivre. Comment peuvent-ils ne pas collaborer ?
    - Qu'ils deviennent tous des mendiants. Ne suis-je pas moi-même un mendiant ? Quand nous aurons un pays où le peuple sera uniquement composé de mendiants, tu verras ce que deviendra cette superbe domination. Elle tombera en poussière. Crois-moi. »
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 06 janvier 2010

    Stemilou
    Résumé

    Gohar, ancien érudit en proie à des vertiges hallucinatoires dû à la consommation irrégulière de drogue, rêve qu'il se noie, emporté par la crue du Nil submergeant jusqu'aux Pyramides. De fait, c'est aujourd'hui jour de grand ménage dans son immeuble et on lave le dallage à grandes eaux. Désormais réveillé de mauvais pied, Gohar a mal à la tête. Les cris de femmes pleurant sans doute un mari, un frère, un ami (?), l'agressent. Un voisin est décédé. Insoutenable ! Gohar sort donc de chez lui. Arrivant dans la rue El Azhar, la chaleur le saisit. Il est déjà midi et l'activité marchande de la large artère cairote bat son plein. Gohar fait quelques pas avant d'être pris de malaise. L'homme, d'un âge avancé, a oublié de prendre sa dose se matin. Gohar est en manque. Il lui faut trouver son ami, Yeghen. Il se met donc en chasse.

    Mais le vieux Gohard a le geste malheureux en étranglant, dans un état second, Arnaba, l'une des pensionnaire du bordel de Set Amina, bordel dans lequel il officie en tant que "prête-plume".
    L'officier de police Nour El Dine, homosexuel patenté, est immédiatement mis sur l'affaire et se doit d'interroger des personnages qui le rebutent. En effet, le quartier d'El Azhar est peuplé d'une faune désargentée, qui, contre toute attente, s'enorgueillit de sa malheureuse situation.


    Avis

    Encore une BD tirée d'un roman du même nom d'Albert Cossery, un ouvrage paru en 1955 et qui raconte le meurtre d'une prostituée d'une maison close du quartier pauvre du Caire. le personnage principal, pour ne pas parler de héros car un assassin n'est pas vraiment un héros, est Gohar ancien professeur ayant tout abandonné pour vivre désormais au jour le jour, dormant sur du papier journal et consommant du hachish. Autour de lui vont s'affairer bon nombre de personnages tout aussi curieux : Yeghen son « pourvoyeur de rêves », El Kordi un fonctionnaire du gouvernement un peu révolutionnaire amoureux d'une des filles du bordel et l'inspecteur Nour El Dine « pédéraste » aimant secrètement Samir.
    L'histoire de cet album n'est pas la résolution du crime puisqu'on le sait dès le départ mais bien un voyage au milieu du Caire, de ses maux et sa misère. Ce qui est extraordinaire c'est de présenter des personnages mendiant et pourtant orgueilleux, ils sont libres et non pas peur de la police puisque de toute façon ils n'ont rien donc rien à perdre, c'est un sacré bon concept !!
    Accumulations de situations grotesques, de dialogues cocasses et de dessins très colorés. Une BD qu'il faut connaître et un auteur que je vais désormais suivre de près.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par tulisquoi, le 06 avril 2011

    tulisquoi
    Ancien professeur à l'université et philosophe, Gohar a décidé de tout quitter pour devenir mendiant. Il estimait que « enseigner la vie sans la vivre était le crime de l'ignorance la plus détestable ». Alors il se contente maintenant de peu, de très peu même, mais profite de la vie, sans contraintes financières ou d'horaires, sans attaches, sans compte à rendre… Quoi que des comptes à rendre, il pourrait bien y en avoir quand même. Une jeune prostituée est morte et Nour El Dine, le policier en charge de l'enquête, compte bien trouver le coupable. Mais, dans tout cela, qui a le plus à perdre ? Celui qui n'a déjà plus rien sauf sa sagesse et sa mémoire ou celui qui possède des biens matériels et des secrets ?
    Il y a une trame policière dans ce roman, avec en fil rouge la résolution du meurtre de la prostituée. Mais le but n'est bien sûr pas ce jeu policier, car on sait dès le départ que Gohar est le coupable. Ce met en place un jeu du chat et de la souris entre celui-ci et le policier, grâce auquel Cossery va nous faire découvrir ce peuple égyptien, pauvre, très pauvre même, mais riche d'auto-dérision, de lumière, de débrouillardise, de fierté et d'optimisme face à l'adversité.
    (lire la suite...)

    Lien : http://www.tulisquoi.net/mendiants-et-orgueilleux-albert-cossery
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Joubarde, le 18 décembre 2007

    Joubarde
    L'action des romansd'Albert Cossery se déroule en Egypte. Ils mettent en scène des personnages marginaux, souvent farceurs et un peu flagorneurs : démunis, ascètes, dormeurs, gens du peuple, prostituées, mendiants, vagabonds...
    Ces récits évoquent tout à la fois l'existence, la nonchalance, la paix et la violence. Les nantis, les corrompus et tous les pouvoirs sont tournés en dérision.
    La révolte d'Albert Cossery est une sorte d'anarchisme individualiste, à la violence et à la bêtise il oppose l'humour.
    Le lire c'est s'accorder une pause, une sieste en pleine canicule, un voyage vers l'Egypte, où n'a d'importance que l'art de ne rien faire, à la manière d'un Oblomov.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 13 juin 2010

    Stemilou
    oute l'histoire tourne autour du meurtre d'une prostituée, crime sans mobile commis par Gohar ancien professeur de philosophie devenu mendiant non par fatalité mais par choix afin de trouver la paix de l'âme.
    Curieux !
    Paru en 1955, Mendiants et orgueilleux nous décrit un trait de personnalité des égyptiens, autour de Gohar tournent nombre de personnages intéressants et simples, on visite les rues et ruelles du Caire, entrons dans le bordel de Set Amina mais surtout ce que l'auteur a voulu montrer c'est la misère, la misère d'un peuple qui reste fier malgré tout, moins on en a moins on craint de tout perdre et dans ce cas on est libre, en quelque sorte une vision magnifiée de la pauvreté !
    Auprès de Gohar se trouvent : un policier « pédéraste » (homosexuel) Nour El Dine, personnage important car la leçon de vie que l'auteur veut nous présenter se fera par l'évolution de celui-ci, de sa compréhension de la société égyptienne et de l'acceptation de la mendicité en tant que moyen libérateur de l'homme, un peu complexe comme contexte.
    Samir un jeune homme fils d'une famille riche que Nour El Dine tente de séduire est l'incarnation de la révolte contre la société, dans le roman celui-ci rêve de tuer Nour El Dine symbole du père (car plus âgé) et de la société (car policier). A côté de Samir un autre personnage révolté, El Kordi qui pense et rêve d'être un révolutionnaire, celui qui défendra le peuple opprimer, en commençant par Naïla une prostituée du bordel qu'il espère sauver de sa misère.

    Un roman haut en couleur qui vaut la peine d'être lu non seulement pour découvrir la société égyptienne des années 50 vu de l'intérieur mais aussi pour sa légèreté vis à vie de la vie, je connaissais déjà ce titre sous forme de BD dessinée par Golo, qu'il faut également découvrir !

    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-mendiants-et-orgueilleux-alber..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (10)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par tulisquoi, le 06 avril 2011

    - Dieu est grand ! répondit le mendiant. Mais qu’importe les affaires. Il y a tant de joie dans l’existence. Tu ne connais pas l’histoire des élections ?
    - Non, je ne lis jamais les journaux.
    - Celle-là n’était pas dans les journaux. C’est quelqu’un qui me l’a racontée.
    - Alors je t’écoute.
    - Eh bien ! Cela s’est passé il y a quelque temps dans un petit village de Basse-Égypte, pendant les élections pour le maire. Quand les employés du gouvernement ouvrirent les ruines, ils s’aperçurent que la majorité des bulletins de vote portaient le nom de Barghout. Les employés du gouvernement ne connaissaient pas ce nom-là ; il n’était sur la liste d’aucun parti. Affolés, ils allèrent aux renseignements et furent sidérés d’apprendre que Barghout était le nom d’un âne très estimé pour sa sagesse dans tout le village. Presque tous les habitants avaient voté pour lui. Qu’est-ce que tu penses de cette histoire ?

    Gohar respira avec allégresse ; il était ravi. « Ils sont ignorants et illettrés, pensa-t-il, pourtant ils viennent de faire la chose la plus intelligente que le monde ait connue depuis qu’il y a des élections. » Le comportement de ces paysans perdus au fond de leur village était le témoignage réconfortant sans lequel la vie deviendrait impossible. Gohar était anéanti d’admiration. La nature de sa joie était si pénétrante qu’il resta un moment épouvanté à regarder le mendiant. Un milan vint se poser sur la chaussée, à quelques pas d’eux, fureta du bec à la recherche de quelque pourriture, ne trouva rien et reprit son vol.

    - Admirable ! s’exclama Gohar. Et comment se termine l’histoire ?
    - Certainement il ne fut pas élu. Tu penses bien, un âne à quatre pattes ! Ce qu’ils voulaient, en haut lieu, c’était un âne à deux pattes.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Yantchik, le 27 mai 2011

    Yéghen se réveilla en poussant un cri perçant. Un froid intense régnait dans la chambre. Il fit un geste pour ramener à lui l’édredon, mais à sa grande surprise il découvrit que celui-ci avait disparu. La stupéfaction lui coupa le souffle : il n’arrivait pas à comprendre ce qu’était devenu l’édredon. De toutes ses forces, il se mit à appeler l’hôtelier.
    Un temps infini passa, mais personne ne répondit. Yéghen haletait, assis dans le lit, les bras croisés sur la poitrine pour se préserver du froid. Il allait appeler de nouveau, lorsque la porte s’ouvrit et que l’hôtelier apparut dans l’embrasure, tenant à la main une lampe à pétrole. Il s’avança d’un pas prudent, un doigt sur la bouche.
    - Où est l’édredon ? s’écria Yéghen. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
    - Ce n’est rien, chuchota l’hôtelier. Je suis en train d’endormir un client avec. Dès qu’il sera endormi, je te le rapporterai, sur mon honneur ! Seulement, je t’en conjure, ne fais pas de scandale.
    Yéghen réalisa alors que c’était arrivé pendant son sommeil. L’hôtelier était venu dans sa chambre, l’avait débarrassé de l’édredon, pour le donner à un nouveau client. Il était complètement ahuri par ces procédés fantastiques.
    - Vous n’avez qu’un seul édredon pour tout l’hôtel, demanda-t-il ?
    - Oh non ! dit l’hôtelier toujours à voix basse. C’est un hôtel de premier ordre ; nous avons trois édredons. Mais nous avons aussi beaucoup de clients.
    - Je comprends, dit Yéghen. Qu’allons-nous faire ? J’ai froid, moi. Et je tiens à dormir. Je veux l’édredon.
    - C’est l’affaire d’un instant, dit l’hôtelier. Sur mon honneur, je te le rapporte tout de suite. Le client à qui je l’ai donné était très fatigué ; il dormait debout. Il doit être tout à fait endormi maintenant. Ne bouge pas ! Je vais voir. Et ne crie pas surtout.
    L’hôtelier sortit sur la pointe des pieds, emportant la lampe. Yéghen demeura dans l’obscurité, grelottant de froid. Il entendit l’hôtelier ouvrir une porte à côté de la sienne ; c’était là sans doute la chambre du nouveau client. Yéghen se prit à murmurer : « Pourvu qu’il se soit endormi. Mon Dieu ! fais qu’il se soit endormi. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par GabySensei, le 11 juillet 2011

    - Maître, dit Yéghen, je veux te faire une confidence.
    - J'écoute.
    - Eh bien! Tel que tu me vois, je suis en pleine aventure sentimentale.
    - Mes félicitations! Quelle est l'heureuse élue?
    - C'est une fille qui n'est pas comme les autres.
    - Je t'arrête là, dit Gohar. Qu'est-ce que c'est une fille qui n'est pas comme les autres? Mon cher Yéghen, je te connaissais plus de discernement.
    - Je voulais dire que ce n'est pas une putain.
    - C'est une bourgeoise?
    - Oui, sans doute la fille d'un fonctionnaire.
    - Oh! L'horrible chose! Tu es amoureux d'elle?
    - Tu me prends pour El Kordi. Maître je ne suis pas un enfant.
    - El Kordi non plus n'est pas un enfant, dit Gohar. Crois-moi, tu le méconnais. Il est simplement sous l'influence de toute une littérature européenne qui prétend faire de la femme le centre d'un mystère. El Kordi s'ingénie à croire que la femme est un être pensant; son besoin de justice le pousse à la défendre en tant qu'individu social. Mais au fond il n'y croit pas. Tout ce qu'il demande à la femme c'est de coucher avec lui. Et encore, la plupart du temps sans payer, parce qu'il est pauvre.
    - Mais dans mon cas le but est différent. Je ne cherche pas à coucher avec elle.
    - Un amour platonique! C'est encore plus grave.
    (P91)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par GabySensei, le 11 juillet 2011

    Sa réputation de poète lui avait acquis un immense prestige parmi ses compagnons illettrés. C'était lui qui mariait -affreux simulacre- les détenus entre-eux. Il est vrai que sa laideur le préservait d'un danger réel: il aurait fallu être aveugle pour vouloir le sodomiser. Heureusement il n'y avait pas d'aveugle en prison.
    (P42)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Yantchik, le 27 mai 2011

    Un instant il resta pensif, regardant sa couche ravagée et hors d’usage. Les vieux journaux qui lui servaient de matelas étaient complètement submergés ; ils commençaient déjà à flotter au ras du sol. La vision du désastre lui plut à cause de sa simplicité primitive. Là où il n’y avait rien, la tempête se déchaînait en vain. L’invulnérabilité de Gohar était dans ce dénuement total ; il n’offrait aucune prise aux dévastations.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Mendiants et orgueilleux par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (77)

> voir plus

Quiz