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ISBN : 2070329518
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" A cette heure précise où les buses s'installent autour de la piscine, les parachutistes français, dans leurs transats de résine, se donnent des airs de Rambo, des coopérants québécois rivalisent de rires bruyants avec des coopérants belges. En ce dimanche tranquille, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nath78, le 12 novembre 2013

    Nath78
    J'ai apprécié le roman parce qu'il plonge le lecteur dans l'histoire et la réalité rwandaise de cette période et permet de mieux les saisir qu'un simple récit historique l'aurait fait.
    Le livre introduit un peu de contexte historique et contient assez de descriptions de Rwanda pour faire comprendre l'envoûtement de l'auteur pour ce pays.
    Courtemanche est très critique par rapport au rôle joué par des pays développés, diverses agences de développement et les Nations Unis et il décrit plusieurs « blancs » hauts placés avec beaucoup de cynisme. Autant ses reproches concernant l'inaction et la complicité des pays développés me semblaient bien fondés, autant ces remarques que ces pays étaient les « vrais tueurs » me semblaient exagérés.

    L'écriture, en général, était correcte bien que certains discours que l'auteur prêtait aux personnages semblaient parfois trop pompeux et moralisateurs pour être naturels.
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    • Livres 5.00/5
    Par LindaLapostolle, le 14 juillet 2011

    LindaLapostolle
    Un roman dans lequel plusieurs personnages sont réels, certains portent leur vrai nom. Un roman, mais aussi un livre témoignage sur le génocide au Rwanda, cette étape meurtrière de l'histoire de ce pays. Un récit touchant, où l'horreur et l'amour se cotoient, où la mort devient parfois un moindre mal, une porte de sortie, une façon de sauver les siens. Un roman qui se lit d'un seul trait, mais qui nous laisse dans une bouffé d'émotion.
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    • Livres 4.00/5
    Par exarkun1979, le 21 septembre 2012

    exarkun1979
    J'ai trouvé ce roman vraiment troublant. Je me suis aussi rendu compte à quel point je ne connaissais vraiment rien de cet horrible carnage. Je me demande vraiment comment on peut encore en venir là après avoir vu l'horreur de l'Holocauste. Ce qui est aussi troublant c'est de voir l'inaction et même l'indifférence des pays occidentaux face à ce génocide.
    C'est un livre vraiment dur à lire, surtout pour la seconde partie. En même temps, c'est important de ne pas laisser à l'oubli un événement aussi horrible.
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    • Livres 4.00/5
    Par moravia, le 01 avril 2013

    moravia
    Premier ouvrage que j'ouvre de cet auteur et j'ai eu la main heureuse...
    Je suis vraiment très bon public pour ce genre de roman qui mélange réalité et fiction.
    Mais ici pas besoin d'être préparé à ce genre de lecture, car tout de suite l'évidence nous frappe : c'est un grand roman et Gil Courtemanche est digne de porter le nom d'écrivain.
    Qualité de narration, pas de pathos pour ce sujet périlleux qu'est le génocide des Tutsies au Rwanda.
    Aucune extravagance, on sent l'auteur soucieux de ne pas faire une production hollywoodienne pleine d'anachronismes.
    Une grande réussite malgré une fin difficile ( d'où (que) 4 étoiles ).
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    • Livres 4.00/5
    Par Shan_Ze, le 15 juin 2013

    Shan_Ze
    C'est un livre assez dur à lire. C'est comme une lumière vive dans les yeux. Bien sûr, j'avais déjà entendu parlé du génocide du Rwanda mais avec le livre de Courtemanche, j'en ai appris plus. La prostitution, l'argent, le pouvoir... mais surtout la haine entre les deux ethnies, Hutus et Tutsis. Les deux sont différentes du point de vue morphologique et c'est sur cette base-là que le massacre sera déterminé. J'ai toujours du mal à comprendre comment on peut haïr l'autre différent, comment on peut massacrer si facilement. La façon dont le sexe fait du partie du livre est un peu dérangeante par moments. Certains passages sont inimaginables, d'autres sont détestables. Cependant, je ne regrette pas de l'avoir lu, ça m'a permis d'en apprendre plus ce génocide, même si ça fait mal au cœur de lire ces horreurs.
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Citations et extraits

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  • Par Cielvariable, le 26 mai 2013

    À cette heure précise où les buses s’installent autour de
    la piscine, les parachutistes français, dans leurs transats de
    résine, se donnent des airs de Rambo. Ils reniflent toutes
    les chairs féminines qui s’ébattent dans l’eau puant le
    chlore. La fraîcheur importe peu. Il y a du vautour dans ces
    militaires au crâne rasé à l’affût au bord d’une piscine qui
    est le centre de l’étal, là où s’exhibent les morceaux les plus
    rouges et les plus persillés, autant que les flasques et les
    maigres bouts de chair féminine dont l’unique distraction
    est ce plan d’eau. Dans la piscine, le dimanche et tous les
    jours vers cinq heures, quelques carcasses rondouillettes
    ou faméliques troublent l’eau sans se douter que les paras
    n’ont peur ni de la cellulite ni de la peau que seule l’habitude
    retient aux os. Si elles savaient quel danger les
    menace, elles se noieraient d’extase anticipée ou entreraient
    au couvent.
    En ce dimanche tranquille, un ancien ministre de la
    Justice se livre à d’intenses exercices d’échauffement sur le
    tremplin. Bien sûr, il ignore que ces amples moulinets font
    glousser les deux prostituées dont il attend un signe de
    reconnaissance ou d’intérêt pour se jeter à l’eau. Il veut
    séduire car il ne veut pas payer. Il percute l’eau comme un
    bouffon désarticulé. Les filles rient. Les paras aussi.
    Autour de la piscine, des coopérants québécois rivalisent
    de rires bruyants avec des coopérants belges. Ce ne
    sont pas des amis ni des collègues, même s’ils poursuivent
    le même but: le développement, mot magique qui habille
    noblement les meilleures ou les plus inutiles intentions. Ce
    sont des rivaux qui expliquent à leurs interlocuteurs
    locaux que leur forme de développement est meilleure
    que celle des autres. Ils ne s’entendent finalement que
    sur le vacarme qu’ils créent. Il faudrait bien inventer un
    mot pour ces Blancs qui parlent, rient et boivent pour que
    la piscine prenne conscience de leur importance, non,
    même pas, de leur anodine existence. Choisissons le mot
    «bruyance», parce qu’il y a du bruit, mais aussi l’idée de
    continuité dans le bruit, l’idée d’un état permanent, d’un
    croassement éternel. Ces gens, dans ce pays timide, réservé
    et souvent menteur, vivent en état de bruyance, comme
    des animaux bruyants. Ils vivent également en état de rut.

    Le bruit est leur respiration, le silence est leur mort, et le
    cul des Rwandaises, leur territoire d’exploration. Ce sont
    des explorateurs bruyants du tiers-cul. Seuls les Allemands,
    quand ils descendent en force sur l’hôtel comme
    un bataillon de comptables moralisateurs, peuvent rivaliser
    de bruyance avec les Belges et les Québécois. Les Français
    d’importance ne fréquentent pas cet hôtel. Ils se barricadent
    au Méridien avec les hauts gradés rwandais et
    avec les putes propres qui sirotent du whisky. À l’hôtel, les
    putes sont rarement propres. Elles boivent du Pepsi en
    attendant qu’on les choisisse et qu’on leur offre de la bière
    locale, ce qui leur permettra peut-être de se voir offrir plus
    tard un whisky ou une vodka. Mais, en femmes réalistes,
    elles se contentent aujourd’hui d’un Pepsi et d’un client.
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  • Par Cielvariable, le 26 mai 2013

    Autour de la piscine, on discute de deux sujets importants.
    Les Blancs consultent la liste des fromages et inscrivent
    leur nom sur le feuillet de réservation. On viendra
    même du parc des Gorilles à la frontière du Zaïre pour
    déguster le traditionnel buffet de fromages français, dont
    la première pointe sera coupée par l’ambassadeur luimême.
    Aux tables occupées par des Rwandais, en majorité
    des Tutsis ou des Hutus de l’opposition, on a baissé le ton.
    On parle de la maladie du président considérée déjà
    comme un fait avéré, et de la date probable de sa mort et
    de sa succession. André, qui distribue des capotes pour
    une ONG canadienne et qui à ce titre est un expert en
    matière de sida, calcule fébrilement. D’après la rumeur, il
    baiserait depuis trois ans avec sa secrétaire. S’il a été assidu
    et que le mari de sa secrétaire ait déjà le sida et que les
    dieux soient avec nous, le président Juvénal en a pour au
    plus un an. On applaudit à tout rompre. Seul Léo, un Hutu
    qui se dit modéré pour pouvoir baiser la soeur de Raphaël,
    seul Léo n’applaudit pas. Léo est journaliste à la télévision
    qui n’existe toujours pas et que Valcourt devait mettre sur
    pied. Léo n’est pas modéré, c’est seulement qu’il bande
    pour Immaculée. Léo, même s’il vient du Nord, la région
    natale du président, est devenu récemment membre du
    PSD, le parti du Sud. Au bar de la piscine, ce geste courageux
    en a impressionné plus d’un et Léo pavoise. Il faut
    préciser que la seule pensée de pouvoir dévêtir Immaculée
    donnerait des convictions à plus d’un pleutre. Mais Léo est
    aussi tutsi par sa mère. Léo, dans la tourmente naissante,
    cherche le camp qui sauvera sa petite personne et lui permettra
    de réaliser son rêve: devenir journaliste au Canada.
    Les Rwandais sont gens de façade. Ils manient la dissimulation
    et l’ambiguïté avec une habileté redoutable. Léo est
    une caricature de tout cela. Il est absolument double. Père
    hutu, mère tutsie. Corps tutsi, coeur hutu. Carte du PSD et
    rédacteur des discours de Léon, l’idéologue extrémiste
    hutu, dit l’Épurateur, ou le Lion Vengeur. Discours de colline,
    vêtements du 6e arrondissement. Peau de Noir, rêves
    de Blanc. Heureusement, pense Valcourt, Immaculée
    n’entretient que mépris et dédain pour Léo qui s’escrime
    en fleurs et en chocolats.
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  • Par Cielvariable, le 26 mai 2013

    Au centre de Kigali, il y a une piscine entourée d’une
    vingtaine de tables et de transats en résine de synthèse.
    Puis, formant un grand L qui surplombe cette tache bleue,
    l’hôtel des Mille-Collines avec sa clientèle de coopérants,
    d’experts internationaux, de bourgeois rwandais, d’expatriés
    retors ou tristes et de prostituées. Tout autour de la
    piscine et de l’hôtel se déploie dans un désordre lascif la
    ville qui compte, celle qui décide, qui vole, qui tue et qui vit
    très bien merci. Le centre culturel français, les bureaux de
    l’Unicef, la Banque centrale, le ministère de l’Information,
    les ambassades, la présidence qu’on reconnaît aux chars
    d’assaut, les boutiques d’artisanat qu’on fréquente la veille
    du départ pour se débarrasser du surplus de devises achetées
    au marché noir, la radio, les bureaux de la Banque
    mondiale, l’archevêché. Encerclant ce petit paradis artificiel,
    les symboles obligés de la décolonisation: le rond-point de la Constitution, l’avenue du Développement, le boulevard de la République, l’avenue de la Justice, la cathédrale laide et moderne. Plus bas, presque déjà dans les basfonds, l’église de la Sainte-Famille, masse de briques rouges
    qui dégorge des pauvres endimanchés vers des venelles de
    terre bordées de maisons façonnées de la même terre argileuse.
    Juste assez loin de la piscine pour qu’elles n’empestent
    pas les gens importants, des milliers de petites maisons
    rouges, hurlantes et joyeuses d’enfants, agonisantes de
    sidéens et de paludéens, des milliers de petites maisons qui
    ne savent rien de la piscine autour de laquelle on organise
    leur vie et surtout leur mort annoncée.
    Autour du jardin de l’hôtel croassent des choucas
    énormes comme des aigles et nombreux comme des moineaux.
    Ils tournoient dans le ciel en attendant, comme les
    humains qu’ils surveillent, le moment de l’apéro. À cet instant,
    les bières apparaissent tandis que les corbeaux se
    posent sur les grands eucalyptus qui encerclent la piscine.
    Quand les corbeaux se sont perchés, arrivent les buses qui
    s’emparent des branches les plus hautes. Gare au vulgaire
    choucas qui n’aura pas respecté la hiérarchie. Ici, les
    oiseaux imitent les hommes.
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  • Par iarsenea, le 25 décembre 2010

    Je m'appelle Méthode, cadre à la Banque populaire, disc-jockey les week-ends à la discothèque de Lando. Ma musique préférée est le country et les chansons sentimentales. Je suis tutsi, vous le savez, mais avant tout, je suis rwandais. Je vais mourir dans quelques heures, je vais mourir du sida, une maladie qui n'existait pas il y a quelques années selon le gouvernement, mais qui déjà me défaisait le sang. Je ne comprends toujours pas très bien comment la maladie fonctionne, mais disons que c'est comme un pays qui attrape tous les défauts des gens les plus malades qui le composent et que ces défauts se transforment en maladies différentes qui s'attaquent à une partie du corps ou du pays. Voilà à peu près ce que j'ai compris de la maladie, c'est une forme de folie du corps humain qui succombe morceau par morceau à toutes ses faiblesses.
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  • Par Cielvariable, le 26 mai 2013

    Le Rwandais de Paris crie: «Petite conasse, et je
    connais le ministre du Tourisme, sale Tutsie qui couche
    avec un Blanc pour travailler à l’hôtel.» Il hurle devant sa
    Mutzig qui n’est pas une verveine-menthe. Et Gentille, qui
    a un nom aussi joli que ses seins, si pointus qu’ils font mal
    à son chemisier empesé, Gentille, qui a un visage encore
    plus beau que ses seins, et un cul plus troublant dans son
    insolente adolescence que son visage et que ses seins, Gentille,
    qui n’a jamais souri ni parlé tellement sa beauté la
    gêne et la paralyse, Gentille pleure. Seulement quelques
    larmes et un petit snif qu’ont encore les jeunes filles avant
    que s’installent entre leurs cuisses des odeurs d’homme.
    Depuis six mois que Valcourt ne pense qu’à une chose
    entre les cuisses d’Agathe qui vient dans sa chambre
    quand elle n’a pas de client, plutôt que de prendre le risque
    de rentrer la nuit à pied à Nyamirambo, depuis six mois
    qu’il bande à moitié dans Agathe parce qu’il veut transformer
    les seins de Gentille en seins de femme, depuis six
    mois qu’il bande seulement quand Gentille promène ses
    seins gentils entre les tables de la terrasse ou de la salle à
    manger, Valcourt n’entretient plus qu’un seul projet,
    «enfiler» Gentille, expression favorite de Léautaud qu’il a
    découvert à cause d’une femme plus cruelle que tous les
    mots de l’horrible Paul et qui l’a laissé en morceaux épars
    comme une carcasse mal débitée sur un étal sanglant.
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