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ISBN : 2070329518
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" A cette heure précise où les buses s'installent autour de la piscine, les parachutistes français, dans leurs transats de résine, se donnent des airs de Rambo, des coopérants québécois rivalisent de rires bruyants avec des coopérants belges. En ce dimanche tranquille, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 20 juillet 2014

    MissG
    Bernard Valcourt est un journaliste québécois expatrié au Rwanda pour y monter un service de télévision libre.
    C'est un homme qui est revenu de tout, il a couvert la famine en Ethiopie, la guerre au Liban, il a connu quelques échecs sentimentaux et c'est d'un œil à la fois lointain et critique qu'il observe les expatriés se réunissant au bord de la piscine de l'hôtel des Mille Collines à Kigali.
    Il observe et il n'en pense pas moins, et il suit du regard la belle et douce Gentille qui porte à ravir son prénom.
    Gentille a le physique d'une Tutsie alors qu'elle est Hutue, et dans le Rwanda de 1994 il ne fait pas bon être ou ressembler à une Tutsie, car le grand massacre se prépare, la Radio des Mille Collines a commencé depuis des mois à appeler aux massacres des Tutsis, des "cafards" comme ils les appellent ou encore des "grands arbres", la haine a été exacerbée et portée à son paroxysme.
    Tous les Rwandais le sentent et le savent, une extermination de grande ampleur se prépare : "Ici, nous allons tuer dans un grand excès de folie, de bière, de mari, dans un déferlement de haine et de mépris qui dépasse ta capacité de comprendre, et la mienne aussi. Je dis "nous" parce que je suis rwandais et parce que les Tutsis le feront aussi quand ils en auront l'occasion. Je dis "nous" parce que nous sommes tous devenus fous.", la Communauté Internationale est alertée mais elle va commettre l'une de ses plus grandes fautes : celle de choisir de ne pas voir, de ne pas entendre, d'ignorer et de minimiser ce qui va se passer au Rwanda.
    C'est dans ce climat de tension que Valcourt et Gentille vont s'aimer, tel des Roméo et Juliette africains, en gardant toujours à l'esprit le côté dramatique de leur relation : "Chaque moment qu'on vole à la peur est un paradis.".
    Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas reçu une claque littéraire, ce livre en est une.
    En y regardant de plus près, peu de livres traitent du génocide au Rwanda en 1994 : trop proche ou bien parce que les français, les canadiens, les américains, le monde en général a mauvaise conscience d'avoir choisi de fermer les yeux sur le massacre qui se préparait plutôt que de l'enrayer ?
    Sans doute un peu de tout cela, et avec ce premier roman, l'écrivain québécois francophone et journaliste Gil Courtemanche a frappé fort.
    Pour comprendre comment ce pays en est arrivé à une telle situation, il faut revenir au début du 20ème siècle, retourner à l'époque où les Tutsis étaient majoritaires et dominaient les Hutus, puis à la domination Belge qui a discrédité les Tutsis et portés les Hutus au pouvoir.
    Tutsis, Hutus, deux mots pour classifier des personnes selon leur origine ethnique, jusqu'à en oublier qu'ils étaient tous Rwandais, tout simplement.
    Ce roman a le mérite de présenter de façon claire et précise les origines du génocide, en donnant la parole à des Rwandais clairvoyants sur la situation de leur pays et sur la folie dans laquelle il est en train de basculer : "Ici, les rumeurs tuent. Ensuite, on les vérifie.".
    Il a également le mérite de dresser le portrait sans concession d'un pays meurtri par les guerres civiles, la pauvreté et le SIDA qui ravage la population, en mettant en exergue les croyances africaines qui rendent la tâche encore plus compliquée aux médecins et aux infirmières pour faire passer les messages de prévention et les bons gestes à adopter.
    Ce qui fait toute la puissance de ce roman, c'est qu'hormis le personnage de Valcourt, encore que dans une certaine mesure il représente en partie Gil Courtemanche ayant lui-même été correspondant en Afrique, toutes les personnes nommées et tous les événements ont réellement eu lieu, hormis l'histoire d'amour avec Gentille.
    Ce n'en est que plus effrayant quand à la lecture on a l'impression d'être face à une bombe amorcée et que le décompte avant l'explosion a déjà commencé.
    Ce roman ne brille pas par une plume extraordinaire et inoubliable, j'ai clairement délaissé la forme, somme toute banale et sans surprise, pour le fond et je me suis laissée prendre par le destin de toutes ces personnes.
    Gil Courtemanche est très critique vis-à-vis de la position internationale et se positionne comme un Africain plus que comme un Occidental, c'est ce qui contribue sans doute à rendre cette histoire si proche du lecteur, en ne se contentant pas de s'arrêter au génocide mais en évoquant également l'après : la vie qui reprend, un peuple qui se reconstruit, panse ses plaies, pardonne et fonde un espoir dans l'avenir : "Si l'on veut continuer à vivre, pensait Valcourt en longeant le marché qui reprenait ses anciennes couleurs, il faut croire à des choses aussi simples et évidentes : frères, sœurs, amis, voisins, espoir, respect, solidarité.".
    A titre personnel, jusqu'à il y a quelques années je ne savais que peu de choses sur ce génocide, d'autant que j'étais jeune en 1994 (ceci n'étant pas complètement une excuse puisque des enfants du même âge que moi étaient massacrés à cette époque) : j'en gardais des images atroces de cadavres sur les routes, de crânes, et le souvenir de l'épidémie de choléra qui s'était déclenchée dans les camps de réfugiés (j'en avais même rêvé la nuit) ainsi que le mot de "machette" dont je n'avais qu'une vague idée de ce que cela était.
    Aujourd'hui je suis un peu moins ignorante sur le sujet et je ne peux que me rendre compte de toute l'horreur que cela a été, et de me poser de nombreuses questions dont : pourquoi rien n'a-t-il été fait ? Pourquoi le monde a choisi de fermer les yeux plutôt que d'agir ? Ce n'est pas comme si c'était la première fois que cela arrivait, j'ai d'ailleurs apprécié à la lecture de ce roman les parallèles qui sont faits par les Africains eux-mêmes de cette extermination massive qui se prépare par rapport à celle des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale.
    En 1994, les machettes ont remplacé les chambres à gaz et les crématoires, puisque l'Humain semble incapable de stopper l'impensable, la question pourrait presque se poser de savoir ce que sera le prochain massacre de masse, quand et comment sera-t-il organisé.
    "Un dimanche à la piscine à Kigali" est un roman fort et difficile de Gil Courtemanche et offre une vision d'ensemble du génocide Rwandais glaciale dans toute son étendue et son horreur, à lire absolument pour éveiller les consciences et ne jamais oublier.
    Il me tarde désormais de voir l'adaptation cinématographique faite de ce roman.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2014/07/un-dimanche-la-piscine-kig..
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    • Livres 3.00/5
    Par Nath78, le 12 novembre 2013

    Nath78
    J'ai apprécié le roman parce qu'il plonge le lecteur dans l'histoire et la réalité rwandaise de cette période et permet de mieux les saisir qu'un simple récit historique l'aurait fait.
    Le livre introduit un peu de contexte historique et contient assez de descriptions de Rwanda pour faire comprendre l'envoûtement de l'auteur pour ce pays.
    Courtemanche est très critique par rapport au rôle joué par des pays développés, diverses agences de développement et les Nations Unis et il décrit plusieurs « blancs » hauts placés avec beaucoup de cynisme. Autant ses reproches concernant l'inaction et la complicité des pays développés me semblaient bien fondés, autant ces remarques que ces pays étaient les « vrais tueurs » me semblaient exagérés.

    L'écriture, en général, était correcte bien que certains discours que l'auteur prêtait aux personnages semblaient parfois trop pompeux et moralisateurs pour être naturels.
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    • Livres 5.00/5
    Par LindaLapostolle, le 14 juillet 2011

    LindaLapostolle
    Un roman dans lequel plusieurs personnages sont réels, certains portent leur vrai nom. Un roman, mais aussi un livre témoignage sur le génocide au Rwanda, cette étape meurtrière de l'histoire de ce pays. Un récit touchant, où l'horreur et l'amour se cotoient, où la mort devient parfois un moindre mal, une porte de sortie, une façon de sauver les siens. Un roman qui se lit d'un seul trait, mais qui nous laisse dans une bouffé d'émotion.
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    • Livres 4.00/5
    Par exarkun1979, le 21 septembre 2012

    exarkun1979
    J'ai trouvé ce roman vraiment troublant. Je me suis aussi rendu compte à quel point je ne connaissais vraiment rien de cet horrible carnage. Je me demande vraiment comment on peut encore en venir là après avoir vu l'horreur de l'Holocauste. Ce qui est aussi troublant c'est de voir l'inaction et même l'indifférence des pays occidentaux face à ce génocide.
    C'est un livre vraiment dur à lire, surtout pour la seconde partie. En même temps, c'est important de ne pas laisser à l'oubli un événement aussi horrible.
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    • Livres 4.00/5
    Par moravia, le 01 avril 2013

    moravia
    Premier ouvrage que j'ouvre de cet auteur et j'ai eu la main heureuse...
    Je suis vraiment très bon public pour ce genre de roman qui mélange réalité et fiction.
    Mais ici pas besoin d'être préparé à ce genre de lecture, car tout de suite l'évidence nous frappe : c'est un grand roman et Gil Courtemanche est digne de porter le nom d'écrivain.
    Qualité de narration, pas de pathos pour ce sujet périlleux qu'est le génocide des Tutsies au Rwanda.
    Aucune extravagance, on sent l'auteur soucieux de ne pas faire une production hollywoodienne pleine d'anachronismes.
    Une grande réussite malgré une fin difficile ( d'où (que) 4 étoiles ).
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Critiques presse (1)


  • Chatelaine , le 02 juillet 2014
    Fondée en 1907, capitale du Rwanda depuis 1962, Kigali est « la ville aux mille collines », décrite de façon somptueuse par l’auteur.
    Lire la critique sur le site : Chatelaine

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Citations et extraits

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  • Par Sachenka, le 13 avril 2015

    Les gens possèdent un peu l'âme de leur paysage et de leur climat. Ceux de la mer sont comme les courants et les marées. Ils vont et viennent, découvrent de multiples rivages. Leurs paroles et leurs amours imitent l'eau qui glisse entre les doigts et ne se fixent jamais. Les gens de la montagne se sont battus contre elle pour s'y installer. Une fois qu'ils l'ont conquise, ils la protègent, et celui qu'ils voient venir de loin dans la vallée risque bien d'être l'ennemi. Les gens de la colline s'observent longuement avant de se saluer. Ils s'étudient puis s'apprivoisent lentement, mais une fois la garde baissée ou la parole donnée, ils demeurent solides comme leur montagne dans leur engagement.
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  • Par Sachenka, le 12 avril 2015

    Nous pouvons tous nous transformer en assassins, avait toujours soutenu Valcourt, même l'être le plus pacifique et le plus généreux. Il suffit de quelques circonstances, d'un déclic, d'une faillite, d'un patient conditionnement, d'une colère, d'une déception. Le prédateur préhistorique, le guerrier primitif vivent encore sous les vernis successifs que la civilisation a appliqué sur l'humain. Chacun possède dans ses gènes tous le Bien et tout le Mal de l'humanité. L'un et l'autre peuvent toujours surgir comme une tornade apparait et détruit tout, là où quelques minutes auparavant ne soufflaient que des brises chaudes et douces.
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  • Par Sachenka, le 12 avril 2015

    - Gentille, comment peux-tu rire aussi facilement?
    - Parce qu'ils sont drôles. Parce qu'ils rient. Parce que maintenant il fait chaud et bon. Parce que tu es là. Parce que la bière me chatouille le dedans des joues et que j'aime bien Cyprien et Georgina... Tu veux que je continue? Alors je continue : parce que les oiseaux, la mer que je ne vois pas et que je n'ai jamais vu, parce que le Canada que je verrai peut-être un jour. Parce que maintenant je vis, parce que les enfants vivent et parce que maintenant nous sommes bien. Tu veux que je continue?
    Il secoua la tête. Gentille avait raison.
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  • Par Sachenka, le 12 avril 2015

    Gentille lui avait dit en entrant dans la chambre : "Fais-moi encore jouir avec des mots." Il avait pris son exemplaire des Oeuvres complètes de Paul Éluard et l'avait menée sous le ficus.

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  • Par Sachenka, le 12 avril 2015

    La mort, ici, commençait-il à comprendre, n'était rien d'autre qu'un geste quotidien.

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