> Maryvonne Pettorelli (Traducteur)

ISBN : 2264033576
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Enterré sans les funérailles d'usage, Ermelindo Mucanga rêve d'une belle mort.
Un esprit lui permet de se réincarner dans la peau d'un inspecteur de police qui ne va pas tarder à être assassiné. Avec lui, Ermelindo enquête sur un crime commis dans un asile de vie... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par papillote88, le 19 mai 2012

    papillote88
    Un roman empreint de poésie, de philosophie, écrit d'une écriture vivante et novatrice, que l'on se plaît à relire aussitôt pour en apprécier encore davantage les subtilités.
    En arrière-fond, les séquelles et souvenirs de l'histoire du Mozambique, la guerre d'indépendance (1964/74, indépendance en 1975), et la guerre civile (1976/1992) qui fit 900.000 morts.
    Un frangipanier occupe la véranda d'une ancienne forteresse coloniale, devenue après l'indépendance un asile pour vieillards.
    Un homme est enterré au pied de l'arbre : c'est Ermelindo, qui fulmine de n'avoir pas eu droit aux funérailles rituelles, et qui tempête plus encore quand son compagnon le pangolin (halakavuma) lui apprend qu'il va être déterré pour des funérailles de héros national ! Lui qui n'a jamais eu rien d'un héros. Ah non ! Plutôt mourir ! Pardon, Ermelindo l'est déjà...
    Le pangolin lui suggère de se réincarner temporairement dans un vivant qui soit au seuil de la mort... Ce sera donc dans la peau d'Izidine, un inspecteur de police...
    En effet, Izidine a débarqué dans la forteresse pour enquêter sur la mort du directeur de l'asile, le vile mulâtre Vasto Excelêncio.
    Le policier essaie de commencer ses interrogatoires auprès des personnes vivant sur place (mais des presque morts !): Navaïa Caetano l'enfant-vieux, Domingo Mourao le vieux Portugais, Nhonhoso le vieux noir qui titille Domingo le vieux blanc, Man Nenni la sorcière, Marta Gimo l'infirmière... Chacun déclare avoir commis le meurtre, pour ses raisons propres...
    Ce roman traite des ravages de la guerre, la guerre d'indépendance, la guerre civile, toutes les guerres. Les populations après ces excès de violence ont perdu leurs repères d'humanité. Les petits vieux du roman de Mia Couto, isolés dans leur asile, "sont les gardiens du temple".
    L'arrivée du policier les perturbe, mais finalement au fil de leurs récits, de leurs confessions, de leurs élucubrations aussi, la réalité point. Et le policier, humain, compréhensif (interpellé aussi par les écailles de pangolin qu'il ne cesse de découvrir dans ses affaires), qui devait être éliminé par les forces adverses (les trafiquants d'armes d'après-guerre) sera sauvé grâce à l'intervention des éléments de la nature (un orage formidable qui foudroiera l'hélicoptère ennemi), des croyances (le serpent des orages), et de l'amitié d'Ermelindo, le mort qui l'habite temporairement.

    Lien : http://coquelicoquillages.blogspot.fr/2012/05/mia-couto-la-veranda-a..
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Citations et extraits

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  • Par papillote88, le 19 mai 2012

    Le coupable que vous cherchez, cher Izidine, n'est pas quelqu'un. C'est la guerre. C'est la guerre la coupable de toutes les fautes. C'est elle qui a tué Vasto. C'est elle qui a déchiré ce monde où les gens âgés avaient jadis lustre et légitimité. Ces vieillards qui pourrissent ici, avant le conflit on les entourait. Il y avait un monde qui les aimait, les familles se mettaient en peine pour les vieux. Après, la violence a entraîné d'autres urgences. Et les vieillards ont été expulsés, hors du monde, hors de nous-mêmes.
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  • Par papillote88, le 19 mai 2012

    Je vous le dis avec tristesse: le Mozambique que j'ai aimé se meurt. il ne reviendra jamais. il me reste seulement ce tout petit espace où je me tiens à l'ombre de l'océan. Ma nation est une véranda.
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  • Par papillote88, le 19 mai 2012

    Aujourd'hui je sais: l'Afrique nous vole notre être. et elle nous vide a contrario: en nous remplissant d'âme.
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  • Par Moumoune, le 19 février 2011

    Je suis mort. Si j'avais une croix ou une plaque de marbre on errait écrit dessus : Ermelindo Mucanga.Mais j'ai trépassé de conserve avec mon nom cela fait presque deux décades. J'ai été des années durant un vivant patenté, une personne de race autorisée. Je peux avoir mené ma vie avec droiture, je ne m'en suis pas moins disqualifié lors de mon décès. Cérémonie et tradition m'ont manqué lorsqu'on m'a enterré. Il ne s'en est même pas trouvé un seul pour me replier les genoux.
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