> Sophie Mayoux (Traducteur)

ISBN : 2070357678
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres

Pas de quartier à Fatchakulla City ! Ça dépiaute sec, on étripe à tout va au détour des chemins sous la lune. Des marécages montent d'étranges ronronnements généralement suivis de découvertes macabres. Du... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Hahasiah, le 23 avril 2012

    Hahasiah
    Fatchakulla : ses collines verdoyantes, son étang paisible dans lequel s'ébattent d'adorables canetons, ses habitants sémillants, le charme suranné de ces paysages de cartes postales. Fatchakulla : un agréable lieu de villégiature, un paradis terrestre...ou pas ! Car « la vérité est ailleurs » dixit Fox Mulder. Fatchakulla est une petite bourgade pétrie de superstitions dans laquelle les habitants, tous plus étranges les uns que les autres, aiment à entretenir des croyances telles que celle du fantôme de Willie le Siffleur (pendant du légendaire Cavalier sans tête) et vouent un culte particulier aux chats atteints de malformations, je cite : « Les gens de Fatchakulla attachèrent de plus en plus de prestige à la possession de chats étranges ; en particulier les chats à six doigts portaient bonheur. Quant à l'heureux propriétaire de cet être hors pair, un chat à six doigts, à grosse tête, atteint de strabisme, il pouvait compter sur toute une vie de félicité. »
    La découverte de plusieurs restes humains qu'un plaisantin a habilement semés, tel un farceur Petit Poucet , va plonger les habitants de cette ville atypique dans une terreur sans précédent. Les habitants...Parlons-en justement ! Tous auraient pu figurer au casting de l'excellente et non moins envoûtante série Twin Peaks de David Lynch. de Arlie Beemis, shérif de ce bourg marécageux, misanthrope jusqu'au bout des ongles, en passant par Doc Bobo, médecin désabusé au nom prédestiné, à Linwood Spivey « la tête pensante » duquel on peut se demander s'il lui reste encore du sang dans l'alcool qui irrigue son cerveau. L'intéressé passe, en effet, le plus clair de son temps à siroter de la bière.
    Cet invraisemblable trio va traquer le serial killer qui, non content de commettre des crimes atroces, semble avoir un léger penchant pour le cannibalisme. Nous ne pouvons d'ailleurs lui en tenir rigueur...Force est de constater qu'il est difficile pour une personne soucieuse de conserver sa ligne de suivre un régime hyperprotéiné par les temps qui courent...Maudite crise!
    L'enquête va s'avérer difficile et riche en rebondissements. La majorité des singuliers habitants de Fatchakulla, peuvent prétendre au titre peu convoité de « meurtrier cannibale et expert ès démembrement ». Et si le fantôme de Willie le siffleur s'amusait à éliminer les habitants un par un ? Et si le meurtrier n'était autre qu'un féroce alligator vivant dans un des marécages environnants ? Un croco qui aurait les crocs et s'attaquerait aux humains. Qui peut bien en vouloir autant aux citoyens de Fatchakulla ? Pour le savoir, vous devinez à présent ce qu'il vous reste à faire...
    Cependant, pourquoi ne faut-il absolument pas lire ce roman ?
    1-Parce que les dialogues, empreints de cynisme, sont si savoureux qu'ils risquent de provoquer une crampe aiguë de vos zygomatiques et qu'arborer un sourire digne du personnage du Joker dans Batman est loin d'être tendance!
    2-Parce que si vous ouvrez ce livre vous risquez de ne plus le lâcher...
    L'originalité de l'histoire, l'humour noir constant et surtout ces personnages si particuliers font de La bouffe est chouette à Fatchakulla une valeur sûre.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 07 août 2008

    annie
    Le titre, surréaliste, donne le ton de ce polar halluciné, unique roman noir d'un ancien journaliste américain au style lui aussi singulier, mélange de réalisme cru et de lyrisme.
    Premières lignes :
    "Oren Jake Purvis était le plus fieffé salaud du canton de Fatchakulla. Même dans sa famille, on ne l'aimait pas, ce qui n'avait rien d'étonnant.
    Il avait fait interner sa pauvre mère par un juge corrompu de Platt City, parce qu'il convoitait la grande maison, les champs de haricots à rames et les étangs à grenouilles.
    Miss Sue Ella Purvis n'était pas vraiment folle, tout au plus un peu dérangée ; elle se livrait volontiers à des conversations polies avec les araignées qui tissaient leur toile sur la véranda ou les lézards en promenade.
    Cette vieille crapule d'Oren Jake l'avait quand même fait mettre au placard sans le plus petit pincement d'une conscience de toute façon inexistante."
    *
    Riche idée que la réédition à la Série Noire de cette espèce d'OVNI comme il en existe quelques-uns dans le catalogue de la célèbre collection.
    La bouffe est chouette à Fatchakulla !, paru pour la première fois en 1980 (N°1786), est l'oeuvre d'un certain Ned Crabb, ancien journaliste dont on connaît encore aujourd'hui très mal le CV, si ce n'est qu'il offrait avec ce titre son unique roman noir.
    *
    n chef d'oeuvre de brindezinguerie qui se déroule à ploucsville, dans le comté de Fatchakulla (Floride), où l'on aime les chats, la bière, la superstition, et les histoires à dormir debout dans le bayou.
    Une série de meurtres particulièrement sévères, avec dissection des corps et dispersion des cadavres façon puzzle, ensanglante la région et tourneboule les esprits sains. Enfin, apparemment sains. Car dans La bouffe..., tous les protagonistes sont limite, toujours un tantinet décalés, les pieds dans la normalité mais les orteils qui dépassent furieusement au bord du gouffre du n'importe quoi.
    D'Arlie Beemis le shériff qui déteste son métier et ce qu'est devenue sa femme, pourtant Miss Pêche-Grenouille 1955, à Linwood Spivey, champion incontesté de la chasse au raton-laveur et détective amateur et visionnaire, en passant par la mystérieuse famille Purvis dont la maison accueille sans doute quelques fantômes, tous les personnages ravissent, surprennent, et déclenchent à coup sûr l'hilarité.
    L'enquête et les différentes fausses pistes sont absolument secondaires tant l'ambiance, à mi-chemin entre Twin Peaks et Massacre à la tronçonneuse, emporte la conviction du lecteur le plus blasé.
    Et puis un roman qui finit par la phrase : « Il avait horreur du banjo » est forcément un roman sans fausse note. La bouffe... ? Un régal. La réédition actuelle est en fait la troisième, après celle en Carré Noir en 1985, et dix ans plus tard dans la Série Noire en texte intégral.
    http://www.polars.org/spip.php?article207
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    • Livres 4.00/5
    Par MissAlfie, le 27 mars 2012

    MissAlfie
    Quand on décide de lire un bouquin dont on ne sait rien, c'est parce qu'on est attiré par la couv, le titre ou la quatrième de couverture. Perso, le titre m'a fait marrer, la quatrième de couv aussi. Quand mon prêteur m'a confirmé que le contenu était du même acabit, je ne me suis pas fait prier. Donc, bienvenue à Fatchakulla, charmante petit bourgade floridienne !
    Enfin, bienvenue, faut le dire vite. Si t'aimes pas la bière, déjà, t'es mal barré parce que c'est un peu la nourriture principale des habitants. Ensuite, si t'es un peu superstitieux, reprends tout de suite ta mobylette ou ton tricycle et barre-toi. Parce que la terreur locale, Willie le Siffleur, rôde dans le bayou pour choper un peu tout ce qui bouge. Et Willie, c'est pas un tendre, tu vois, il démembre, il arrache, il décapite et il éparpille. Façon puzzle aurait dit Audiard. Heureusement, y'a Arlie, le sheriff. En bon mec terre-à-terre, il y croit pas trop à ces croyances de pécores. Bon, d'un autre côté, des meurtres à Fatchakulla, il en a jamais vu. Alors, quand il retrouve la tête du vieux Purvis sur le chemin de la rivière, il fait pas le fier. Il va donc s'aider de Doc Bobo, pseudo-médecin légiste et de Linwood, pseudo-enquêteur éclairé pour retrouver le salopard qui a commis ça.
    Roman policier déjanté, du début à la fin, La bouffe est chouette... réussit à accrocher par son style d'écriture loin d'être soutenu. Les personnages sont tous plus pittoresques les uns que les autres. J'ai même pas cherché à comprendre qui pouvait bien massacrer tout ce beau monde dans ce village de déglingos. Même si on peut émettre quelques hypothèses au fur et à mesure de l'histoire, on les abandonne bien vite pour se laisser porter par le style original et accrocheur de la narration. Il s'agit donc d'un roman surprenant, à l'image de ce dénouement qui pourrait en surprendre plus d'un. Mais quand on y songe, le fait que tout soit décalé voire déjanté fait que cette surprise finale laisse plus à sourire qu'à décevoir. Bref, un bon scénar pour les frères Coen ! Pis moi non plus, j'aime pas le banjo...

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2010/10/11/19301337.html
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    • Livres 4.00/5
    Par GabySensei, le 15 janvier 2012

    GabySensei
    Si vous avez aimé le Lézard lubrique de Melancoly Cove, ce livre est tout à fait dans le même esprit. Une bête, sorte de félin mutant sorti de nulle part, sème la terreur dans une petite ville américaine. L'occasion pour l'auteur de dénoncer les travers de ses contemporains (racisme, ignorance crasse, fondamentalisme religieux...) en nous faisant beaucoup rire.
    L'humour serait-elle une arme de destruction massive? Quand elle est bien utilisée, assurément!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Cely, le 21 décembre 2008

    Cely
    Fatchakulla est une petite bourgade tranquille plantée au milieu des marais du sud des États-Unis. Ses habitants sont tout aussi folkloriques que ses paysages, et les superstitions rythment le quotidien. La vie y est paisible : le shérif n'a pas rencontré une seule affaire de meurtre depuis qu'il y exerce. Mais là bas, on croit aux esprits et aux malédictions. Aussi le jour ou un gosse butte sur la tête de l'hurluberlu local, tout le monde croit à une intervention spectrale. Pour sûr, c'est un coup de Willie le Siffleur, ce fantôme qui terrorise la population au point que personne n'oserait s'aventurer près des marais la nuit... Seul le shérif pense à un tueur bien réel, intuition confirmée lorsque les meurtres se succèdent...
    Le shérif et ses deux acolytes forts en gueule et à la descente bien rôdée mênent l'enquête. Cette dernière va nous emmener à la rencontre des habitants du cru, tous assez déjantés pour faire de parfaits suspects.
    On découvre au fil des pages un excellent polar, original et agréable à lire, dont la fin vous laissera la bouche ouverte (ou pas) le sourire en coin. A découvrir absolument, c'est un vrai petit bijou !
    (...)

    Lien : http://lemonde2cely.canalblog.com/archives/2006/11/21/3223095.html
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Citations et extraits

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  • Par Hahasiah, le 23 avril 2012

    Clydette secoua la tête et essaya de se concentrer sur ce qu’elle entendait. Vraisemblablement, dans ce cerveau assez rudimentaire, l’ingestion constante de bourbon à 45 degrés avait grillé au fil des années plusieurs milliers de synapses. Pour peu qu’une information eut un caractère imprévu ou insolite, il lui fallait toujours quelques minutes pour l’analyser.
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  • Par Hahasiah, le 23 avril 2012

    Le temps, depuis, avait exercé ses ravages. Examinant maintenant l’amas informe de chair sous lequel s’affaissait le côté gauche du lit conjugal, Arlie Beemis ne parvenait pas à évoquer la vision radieuse qui avait captivé son cœur, bien des années auparavant, lors du 37e Festival Annuel de Pêche à la Grenouille et de Ramassage d’Asticots du canton de Fatchakulla.
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