> Henry Louis Gates (Éditeur scientifique)
> Isabelle Maillet (Traducteur)

ISBN : 222890208X
Éditeur : Payot et Rivages (2007)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
En 2001 à New York, un professeur d' Harvard, spécialiste d'histoire afro-américaine,fait l' acquisition d' un étrange manuscrit. A l' issue d'une minutieuse enquête, il publie l'année suivante ce qui s'avère être le premier roman écrit aux Etats-Unis par une esclave ay... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 05 août 2008

    Woland
    The Bondwoman's narrative
    Edition établie, annotée et préfacée par Henry Louis Gates Jr
    Traduction : Isabelle Maillet
    Cette autobiographie romancée est surtout remarquable par le fait que, selon les enquêtes effectuées, elle constituerait le premier document rédigé par une Noire avant la Guerre civile américaine. En effet, jusqu'aux années 1860, il y eut, bien entendu, des écrits (fictionnels ou non) rédigés par des Blancs oeuvrant en tant que Blancs ou se faisant passer pour Noirs, des textes pro-abolitionnistes comme pro-esclavagistes. Mais il semble bien que, jusque là, aucun Noir n'avait pris la plume pour raconter l'esclavage.
    Les obstacles, on s'en doute, étaient évidemment légion pour le malheureux homme de couleur qui y aurait songé. Mais assez curieusement, ce n'est pas l'illettrisme et l'ignorance qui, selon Henry Gates, sont ici à mettre en cause : le fait qu'un Noir put exprimer tout simplement son opinion personnelle sur l'esclavage ne venait à l'esprit de personne, pas même dans le Nord abolitionniste.
    Le manuscrit d'Hannah Crafts fut redécouvert au XXème siècle, lors d'une vente aux enchères spécialisée. Il se présente comme un hybride mêlant allègrement ce que nous appelons le roman populaire à une part autobiographique et à la fascination, très XIXème, pour les histoires gothiques.
    Hannah Crafts - appelons ainsi cette femme dont nous ignorerons toujours l'identité réelle - était certainement une ancienne esclave qui, après mille avatars, était parvenue à s'enfuir dans le Nord et à s'y faire une vie libre. Enfant curieuse et douée, elle avait appris à lire et à écrire un anglo-américain tout ce qu'il y a de plus honorable, que renforce et égaie çà et là un sentiment poétique inné. Les prêches constituant à l'époque la seule ressource de l'esclave, les citations bibliques abondent - un peu trop - surtout en début de chapitre, de même que les sentences habituelles sur la sagesse divine.
    Voilà pour le style. Côté intrigue et péripéties, Hannah Crafts a certainement lu pas mal de romans, des bons et des moins bons mais, comme elle réfléchissait à ce qu'elle lisait et possédait une grande sensibilité, elle a su en retirer la leçon. Elle a dû beaucoup apprécier Dickens et les grands romans gothiques à la Brontë et ce penchant lui a permis de développer une technique narrative qui, malgré quelques coups de théâtre, respecte la logique de la vie.
    Les portraits qu'elle fait, des Blancs comme des Noirs, sont très vivants et pleins de ces petits détails qui "font" le personnage. Elle rappelle notamment que, parmi les Noirs eux-mêmes, une ségrégation puissante existait entre les esclaves des champs et les esclaves de maison, entre ceux qui avaient le teint vraiment sombre et ceux qui l'avaient plus clair. Avec un naturel qui, compte tenu des influences religieuses qu'elle a certainement subies, surprend assez, elle n'hésite pas à évoquer le douloureux problème de la sexualité entre maîtres et esclaves. Et l'on devine alors la femme de tête qu'elle fut sûrement, dans sa quête éperdue de dignité et de liberté, une femme forte et qui, tout en gardant sa foi dans un paradis céleste, a dû penser bien souvent : "Aide-toi, le Ciel t'aidera ..."
    Le manuscrit fut-il remanié ? ... Voilà une autre énigme. Gates affirme ne pas y avoir touché et on peut le croire. Mais avant lui ? ... Les portraits des planteurs sont plutôt convenus et les abolitionnistes sont pour ainsi dire des anges. Enfin, l'un dans l'autre, cette "Autobiographie d'une esclave", si romancée qu'elle soit - un peu trop pour mon goût - se laisse lire et, surtout, incite à vouloir en savoir plus sur la scission entre le Sud et le Nord des Etats-Unis. ;o)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par ides60, le 20 septembre 2011

    ides60
    J'ai trouvé le prologue de ce livre beaucoup trop long. Certes, il était important de savoir d'où venait ce manuscrit mais on entre vraiment dans le détail et c'est finalement un passage plus saoûlant qu'autre chose. A part ça, le livre se lit avec intérêt et très aisément car il est écrit de façon très simple.
    Par contre le récit d'Hannah est anachronique et ne traduit certainement pas la réalité de l'esclavagisme ordinaire. D'abord parce que cette esclave est davantage une suivante, une servante et ne subit donc pas les pénibles travaux des champs, d'autre part parce qu'elle semble être relativement épargnée par les maîtres qui l'acquiert, ensuite parce qu'elle a passé plusieurs mois à fuir pour enfin pouvoir se marier. Néanmoins il est intéressant de voir combien son éducation est très stricte et tous les actes de sa vie dictés par les autres, ça c'est ancré dans ses gènes.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par torevan, le 23 septembre 2011

    En me retrouvant ainsi, sans avoir commis aucun crime, introduite dans l'une des forteresses légales d'un pays célébré dans le monde entier pour la liberté, l'équité et la magnanimité prônées par ses lois, je ne pus m'empêcher de penser aux étranges notions de droit et de justice qui semblaient avoir usurpé leur place dans l'opinion publique, puisque le seul hasard de la naissance - un fait que les hommes n'avaient pas la moindre possibilité de changer ou de modifier - constituait un motif de châtiment et d'emprisonnement.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Autobiographie d'une esclave par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (9)

> voir plus

Quiz

    New York, New York

    Comment s'appelle le fameux hôtel new-yorkais dans lequel s'installèrent de nombreux artistes et écrivains ?

    •   Le Brixton Hotel
    •   Le Chelsea Hotel
    •   Le Soho Hotel
    •   Le Hyde Park Hotel

    10 questions - 63 lecteurs ont répondu
    Thème : new york

    Créer un quiz sur ce livre.