"Il est peu de dire que
Paris parias est un livre formidable, un livre puissant. Des esprits chagrins vous assureront que l'on a déjà lu ce genre d'histoire mille et une fois - Crifo fait mieux qu'écrire la mille et deuxième version des errances nocturnes et citadines de pauves hères broyés par une société plus avide de bénéfices égoïstes que de partages généreux : il réinvente la formule à sa manière. Sa nuit est zébrée de rock'n'roll. Sa ville nous est familière et pourtant sans cesse revisitée. Ses parias sont plus que jamais nos frères et soeurs en humanité. La plume de
Thierry Crifo, d'une féroce tendresse, ne triche pas : en multipliant les points de vue, elle tricote les fils du Destin avec l'art implacable d'une Parque. (Extrait de la préface de
Jean-Hugues Oppel)
Je lui ai rendu son sourire, en silence, un sourire que je savais coincé, même si je n'aspirais qu'à une seule chose. Etre enfin peinard. Avec elle. Pourtant, je savais qu'en dedans je ne pouvais m'empêcher de déchanter. Libre, un Martien ?"
Ça, c'est la fin, pour changer de la quatrième. Ce livre, c'est du noir foncé. Avec une touche d'optimisme au final. Ce n'est pas un conte de fées, c'est un conte de faits. Trajectoires d'anciens taulards et d'autres qui y ressemblent. Dure, très dure réalité.
Lecture assez difficile au début, avec des phrases à n'en plus finir et une alternance de personnages que l'on peut confondre. Ça passe. Je me suis attaché à ces paumés, avec leur volonté de ne pas craquer, leur incroyable résistance à un milieu qui les rejette mais qu'ils ne peuvent faire autrement qu'accepter.
Comme le dit Oppel en préface : la plume de Criffo est d'une féroce tendresse.
Du bon.