> Robert Crumb (Adaptateur)
> Liliane Sztajn (Traducteur)

ISBN : 2207257061
Éditeur : Denoël (2009)


Note moyenne : 3/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres

Moi, R. Crumb, l'illustrateur de ce livre, Al, au mieux de mes aptitudes, fidèlement retranscrit chaque mot du texte original.

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Critiques et avis(4)

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  • Par jessfeuillie, le 05 février 2011

    jessfeuillie
    Robert Crumb, figure de proue de la bande dessinée underground américaine, revient dans les bacs avec «Genèse», un ouvrage épais (200 pages) où il se borne à interpréter le premier livre de La Bible sans chercher à y insérer ni sa satire habituelle, ni ses obsessions sexuelles ni sa subversion. Déclin me direz-vous ? Pas du tout ! Parti à l'origine pour faire grincer les dents de ses contemporains, il s'est rapidement rendu compte, en (re)lisant le texte, de la nécessité d'une retranscription visuelle fidèle : «À l'origine, je voulais faire une adaptation satirique d'Adam et Ève. Mais en relisant La Genèse, je me suis dit que c'était un texte d'une puissance si grande, qu'il n'était aucunement besoin d'en faire une adaptation."
    Cette fidélité volontaire à l'oeuvre initiale invite le lecteur à se plonger dans un texte difficile, repoussant, et, par voie de fait, à le saisir non plus comme un objet intouchable, sacré, mais comme un objet historique : la matérialisation, par le dessin, de la situation banalisée de l'esclavage, la description des mariages, la mise en perspective d'un Dieu paternaliste, etc. : le dessin de Crumb, par son goût prononcé du détail, dépouille le texte de sa sacralité pour mieux le réintroduire dans le giron des affaires humaines.
    Il révèle, matérialise une société holiste, où la subjectivité n'a pas sa place : les expressions sont figées, la parole est monopolisée, la sphère publique absente. Rien qui fasse penser aux moeurs démocratiques en somme ! C'est précisément en cet endroit, en cette volonté de fidélité au texte, que l'auteur réintroduit finalement son goût immodéré pour la satire : «je ne crois pas que La Bible soit la parole de Dieu. Je crois que c'est la parole des Hommes. Néanmoins, c'est un texte puissant avec plusieurs strates de sens qui plongent profondémment dans notre conscience collective, notre conscience historique si vous voulez» nous dit-il.
    Ainsi, pas besoin de sortir du texte pour ironiser. Il suffit de le mettre en image pour y parvenir : la sacralité du texte ne résiste en effet pas une seconde face au pouvoir historicisant du dessin réaliste. «Pas besoin d'en faire une satyre, c'est déjà de la folie furieuse» nous rappelle Crumb, signifiant par là l'absurdité des partisans d'une interprétation littérale des Livres des grandes religions, partisans en fait d'un monde déterminé, totalitaire.
    Pari réussit donc pour un auteur qui n'a eu de cesse de rappeler - je pense aux multiples facettes que Crumb donne à voir de lui même dans des oeuvres telles que «Mr. Snoïd» ou «Mes problèmes avec les femmes» -, combien l'Homme est enclin à l'aliénation, à la soumission et aux illusions rassurantes induite par tout manichéisme.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par jessfeuillie, le 05 février 2011

    jessfeuillie
    Robert Crumb, figure de proue de la bande dessinée underground américaine, revient dans les bacs avec «Genèse», un ouvrage épais (200 pages) où il se borne à interpréter le premier livre de La Bible sans chercher à y insérer ni sa satire habituelle, ni ses obsessions sexuelles ni sa subversion. Déclin me direz-vous ? Pas du tout ! Parti à l'origine pour faire grincer les dents de ses contemporains, il s'est rapidement rendu compte, en (re)lisant le texte, de la nécessité d'une retranscription visuelle fidèle : «À l'origine, je voulais faire une adaptation satirique d'Adam et Ève. Mais en relisant La Genèse, je me suis dit que c'était un texte d'une puissance si grande, qu'il n'était aucunement besoin d'en faire une adaptation."
    Cette fidélité volontaire à l'oeuvre initiale invite le lecteur à se plonger dans un texte difficile, repoussant, et, par voie de fait, à le saisir non plus comme un objet intouchable, sacré, mais comme un objet historique : la matérialisation, par le dessin, de la situation banalisée de l'esclavage, la description des mariages, la mise en perspective d'un Dieu paternaliste, etc. : le dessin de Crumb, par son goût prononcé du détail, dépouille le texte de sa sacralité pour mieux le réintroduire dans le giron des affaires humaines.
    Il révèle, matérialise une société holiste, où la subjectivité n'a pas sa place : les expressions sont figées, la parole est monopolisée, la sphère publique absente. Rien qui fasse penser aux moeurs démocratiques en somme ! C'est précisément en cet endroit, en cette volonté de fidélité au texte, que l'auteur réintroduit finalement son goût immodéré pour la satire : «je ne crois pas que La Bible soit la parole de Dieu. Je crois que c'est la parole des Hommes. Néanmoins, c'est un texte puissant avec plusieurs strates de sens qui plongent profondémment dans notre conscience collective, notre conscience historique si vous voulez» nous dit-il.
    Ainsi, pas besoin de sortir du texte pour ironiser. Il suffit de le mettre en image pour y parvenir : la sacralité du texte ne résiste en effet pas une seconde face au pouvoir historicisant du dessin réaliste. «Pas besoin d'en faire une satyre, c'est déjà de la folie furieuse» nous rappelle Crumb, signifiant par là l'absurdité des partisans d'une interprétation littérale des Livres des grandes religions, partisans en fait d'un monde déterminé, totalitaire.
    Pari réussit donc pour un auteur qui n'a eu de cesse de rappeler - je pense aux multiples facettes que Crumb donne à voir de lui même dans des oeuvres telles que «Mr. Snoïd» ou «Mes problèmes avec les femmes» -, combien l'Homme est enclin à l'aliénation, à la soumission et aux illusions rassurantes induite par tout manichéisme.
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    • Livres 2.00/5
    Par Theoma, le 22 juin 2011

    Theoma
    Robert Crumb est gonflé mais a-t-il de véritables coroñes pour s'être attaqué à l'un des textes fondateurs de l'occident ? Dans l'introduction, il nous l'annonce, il ne croit pas que la bible soit la parole de Dieu mais bel et bien celle des hommes. A son sens, la puissance du texte n'en est pas réduite et c'est donc avec un solide trait de crayon que l'artiste y laisse son emprunte.
    Mettons-nous d'accord tout de suite, le dessin de Crumb est d'une grande force. Pourtant, quelle est la différence avec une énième version de la bible illustrée ? Oui, le crayon de l'auteur apporte une dimension différente par rapport aux illustrations gentillettes d'autres éditions mais quel est l'intérêt d'un tel projet s'il ne produit rien de novateur ?
    En choisissant délibérément d'être fidèle au texte original (quoi que l'on peut remettre en question les similitudes de ce dernier avec les sources utilisées par l'auteur toutes écrites en anglais), Crumb nous propose une BD des plus ennuyeuses. Si on est obligé de relire La Genèse, autant prendre une bible et avoir la liberté de son imagination plutôt que de se voir imposer la vision franchement désuète d'un vieux Dieu à la barbe blanche.
    On le savait déjà, le texte fondateur de notre société patriarcale est profondément misogyne (d'ailleurs, quelle religion ne l'est pas ?) mais force est de constater qu'après le passage de Crumb sa crédibilité en prend un sacré coup. Déjà que je me demandais comment ils se sont procréés étant donné que les femmes n'ont enfanté que des fils... Plusieurs détails de ce genre sont donc visuellement mis en évidence et le texte n'en ressort pas, à mes yeux, grandi.
    Si tu n'aimes pas La Genèse, pourquoi avoir lu une BD intitulée La Genèse de Crumb ? Et bien, c'est une bonne question. J'ai fait une erreur. Je pensais admirer une libre interprétation, une œuvre spirituelle et non religieuse. Je regrette, encore une fois, la confusion entre les deux.

    Lien : http://www.audouchoc.com/article-la-genese-robert-crumb-62280093.html
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    • Livres 1.00/5
    Par csapin, le 30 avril 2012

    csapin
    J'avais bien essayé de lire la vraie en papier tout fin que c'est insupportable à compulser, histoire de ne pas mourir idiote... En vain. Trop pénible et passablement rebutant, d'un point de vue féministe. Je me suis dit qu'en BD, cela serait plus facile...
    Il n'en fut rien. Je mourrais idiote.
    Ou pas.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2010/03/09/charlotte-sapin-la-..
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Visite guidée : Et Robert Crumb croqua la femme .
La Rétrospective de ce maître des comics américains, compulsif et obsédé sexuel, à l??uvre radicale et inimitable s'ouvre au Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Visite guidée avec la dessinatrice Catherine Meurisse.Reportage réalisé par Laurence le Saux et Pierrick Allain








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