> Philippe Garnier (Traducteur)

ISBN : 2070307239
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Sughrue, détective privé, doit retrouver Trahearne, un écrivain parti écluser les bars en délaissant ex-épouse, femme et mère. Il finit par le dégoter dans un bistrot. S'étant découvert le même penchant pour l'alcoo... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Eskalion, le 04 septembre 2010

    Eskalion
    C.W Sughure est détective privé. Il s'est spécialisé dans la recherche de jeunes fugueurs. Un travail pas très passionnant, mais qu'il connait bien et qui lui permets de se payer des plongées sous la ligne de flottaison des glaçons de son verre de whisky, quand il est accoudé aux bars qu'ils croisent sur sa route.
    Et des bars, Sughure va en visiter plus d'un au cours de ses pérégrinations, à la recherche d'un mari écrivain envolé, que la femme de ce dernier lui demande de retrouver et de ramener.
    Quand enfin il lui remet la main dessus, un petit séjour à l'hôpital s'impose pour celui-ci. le temps de la convalescence, notre détective s'en retourne au bar de Rosie, où la chasse à l'écrivain avait pris fin quelques heures plus tôt dans des conditions un peu tumultueuses, histoire d'écluser quelques verres et d'y faire mourir le temps.
    C'est là, au cours de la discussion que Rosie va demander à Sughure de fouiner à droite à gauche pour retrouver sa fille disparue. Sughure accepte, sans trop y croire, la piste étant froide depuis plus de 10 ans !
    James Crumley c'est d'abord une écriture, un style vraiment unique. Sa plume, trempée dans l'encre d'un humour caustique, dresse les contours des lieux , plante en quelques mots les atmosphères avant d'y faire évoluer des personnages abîmés , gueules cassées et loosers sublimes, qui tentent de survivre en s'accrochant à la mélancolie de leur existence.
    « Pas besoin de te dire ce que ca donne, vu de près. Je suppose que tu sais. Mais je me suis forcé à regarder. Je me suis forcé à pas flancher. Et après ca j'ai su ce que c'était, la guerre. Ca n'avait rien à voir avec la politique, ni avec la survie ni rien de ces conneries là. C'était juste tuer sans flancher, vivre sans flancher(…) C'est comme ca que j'ai vécu depuis cette nuit là. Et c'est bien ça le drame. Quand on est plus capable de flancher, autant être mort. »
    Crumley a le soucis du détail, du mot juste. Aucune dépense narrative inutile. Chaque mot, chaque phrase de son roman est une pièce de l'édifice qui ne manquerait pas de s'écrouler si on en retirer qu'une seule. Son écriture est unique. On lirait presque du Crumley juste pour le plaisir de faire courir ses yeux sur la poésie de sa narration.
    «Quand j'ai finalement rattrapé Abraham Trahearne, il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord ; en train de vider le cœur d'une superbe journée de printemps.

    Et si vous cherchez dans le « dernier baiser » une histoire faite d'actions, de rebondissements, de suspens haletant, et d'hémoglobine au litre, alors il vaudrait mieux que vous passiez votre chemin. Car ici l'histoire s'efface presque devant les personnages, taillés à la plume, dans le moindre détail.
    A commencer par ce bouledogue alcoolique, qui sera trimballé à droite à gauche, se prendra une balle dans bide, et qui, devenu momentanément infirme, aura la descence de se cacher derrière un buisson pour faire ses besoins, afin masquer le fait qu'il n'est plus en capacité de lever la patte !
    Un chien plus souvent ivre que sobre, comme le reste des personnages de ce roman, et qui connaîtra le choc des cultures le jour où il découvrira la bière japonaise.
    Si l'histoire en elle-même ne me laissera pas un souvenir impérissable (mais là ne reside pas l'essentiel) , nul doute par contre que les personnages que j'ai croisés au fil des pages reviendront souvent dans mes souvenirs de lecteur.
    Quant à James Crumley, celui-ci s'en est allé un bout jour de septembre 2008.

    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par nina2loin, le 13 mai 2012

    nina2loin
    Voici un vrai roman noir. Sughrue, célibataire, détective privé peu ordinaire, spécialisé dans la recherche d'enfants fugueurs raconte à la première personne. Ce qui frappe, dès le début, ce sont les dialogues dans lesquels l'auteur n'utilise pas les contractions comme " dit-il ", par exemple mais " il a dit, il a fait, j'ai fait " etc, et ce, tout au long de l'histoire. Ce n 'est pas habituel dans les polars que j'ai pu lire jusque là. La lecture de ce roman laisse une impression de road-movie, les personnages hors du commun sont souvent sur la route, boivent de l'alcool jusqu'à plus soif, même Fireball Roberts, bouledogue de son état, présent tout au long de l'intrigue. le style particulier de James Crumley avec ses dialogues incisifs, son humour caustique nous donne un récit dans lequel on ne s'ennuie pas.
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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 29 février 2012

    le_Bison
    Une fois de plus, je me retrouve dans un bar poussiéreux du Montana. Que des ivrognes, péquenots de surcroit, autour de moi. Comme d'habitude, en fait ; sauf qu'en plus des traditionnels déchets humains défilant au bar, sdf, Putes et maquereaux, amateurs de porno, j'y croise toute une série de dégénérés post-hippies. Accoudé au zinc, je commande à la dame une bière bien fraîche et son allié, un shot de bourbon à vous brûler l'œsophage. J'attends donc la rencontre. Je sais qu'il viendra dans ce bar, dans la banlieue éloignée de San Francisco, en provenance directe de Meriwether. Donc autant resté au zinc à me bourrer la gueule comme ces autres habitués.
    Le voilà ! Sughrue dans toute sa splendeur, un peu moins paumé que Milo, quoique... Dans un de mes rares moments de lucidité, j'ai décidé de le suivre dans sa nouvelle ancienne enquête : retrouver un mari ivrogne et fugueur arpentant les bars de la région et une fille disparue depuis une décennie. Une droguée et une hippie, le mélange détonnant du monde Peace & Love vivotant de plaisir dans les contours de la ville de San Francisco. J'entends déjà les vieux tubes des Grateful Dead, Hot Tuna ou Jefferson Airplane sortir de l'auto-radio de mon vieux pick-up.
    « Des fois j'arrive plus à savoir si c'est moi qui débloque ou si c'est le monde qu'est devenu une fosse septique. »
    Il a sacrément raison ce pauvre Sughrue. Comme quoi le bourbon amène à la philosophie à moins que cela soi l'inverse... J'ai bien aimé cette littérature où de grands penseurs se rencontrent accoudés sur un zinc poussiéreux. Pour ma part, je ne pense pas, mais je ne refuse jamais de m'assoir au zinc, surtout ici où la chaleur humaine me donne toujours envie de boire et de photographier des bouteilles vides. Ma soif ne sera jamais étanchée, le bourbon et les livres, un bon mélange pour me divertir.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 27 janvier 2011

    maltese
    Voici le premier volume de la (courte) série consacrée par James Crumley à son personnage C.W. Sughrue.
    Notre homme, vétéran du Viet Nam, est détective privé dans le Montana.
    Au début du roman, il attend nonchalamment le client lorsqu'il est contacté par Catherine Trahearne qui souhaite qu'il se lance à la poursuite de son ex-mari, Abraham Trahearne, poète et romancier, évaporé dans la nature pour une virée alcoolique de bar en bar d'une ville à l'autre, comme il en a l'habitude.
    Sughrue va finir par retrouver Trahearne mais sera mis sur la piste d'une femme disparue depuis dix ans, fille de la propriétaire du bouge dans lequel s'est arrêté notre écrivain en balade.
    Crumley campe une belle galerie de personnages, principaux comme secondaires, tous plus ou moins marqués par l'existence, et promène son héros sur les routes américaines dans une quête de vérité loin du voyage d'agrément.
    Trahearne a en commun avec Sughrue un besoin immodéré d'alcool, et tous deux ont de nombreux traits que l'on retrouvait chez l'auteur lui-même.
    Le détective est un personnage balloté par les événements et les gens qu'ils côtoient. Il mettra du temps avant de démêler l'affaire et de s'y retrouver dans cet imbroglio où chacun est perdu par ses sentiments.
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  • Par sbrodj, le 18 juin 2011

    sbrodj
    Un détective dans la grande tradition américaine. de l'humour et une ... atmosphère. Un régal!
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Citations et extraits

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  • Par nina2loin, le 14 mai 2012

    ― Salut, elle a dit comme ça, une journée splendide, vous ne trouvez pas ?
    ― Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins, fortifiez-moi avec des pommes, car je suis malade d'amour.
    ― Hein, quoi ? elle a fait, délicieusement interloquée.
    ― De la poésie, je crois.
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  • Par deserticsoul, le 10 mars 2008

    Après son départ je me suis traîné pendant des jours et des jours, comme dans les vapes, à me répéter sans arrêt quel beau crétin j'étais, à essayer de faire passer la pierre que j'avais au creux de la poitrine à grands coups de whisky. On était en juin, et dans le Montana on est assez haut sur l'échelle des latitudes nord pour se croire en avril. En avril ne te découvre pas d'un fil. Tu parles. Le ciel bleu régnait comme un idiot, les montagnes verts scintillaient comme des mirages et le soleil se levait tous les matins poour me regarder sous le nez avec les yeux vides mais touchants d'un débile mental. J'ai pris ma voiture et j'ai roulé jusqu'à Elko pour trouver un paysage qui convienne mieux à mes états d'âme, mais les giboulées de printemps avaient fait fleurir le désert et les nuits étaient fraîches et résonnantes d'étoiles.
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  • Par Eskalion, le 09 janvier 2011

    Pas besoin de te dire ce que ca donne, vu de près. Je suppose que tu sais. Mais je me suis forcé à regarder. Je me suis forcé à pas flancher. Et après ca j’ai su ce que c’était, la guerre. Ca n’avait rien à voir avec la politique, ni avec la survie ni rien de ces conneries là. C’était juste tuer sans flancher, vivre sans flancher(…) C’est comme ca que j’ai vécu depuis cette nuit là. Et c’est bien ça le drame. Quand on est plus capable de flancher, autant être mort.
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  • Par le_Bison, le 29 février 2012

    Le bon temps, c’est le cinquième verre qu’on prend dans un patelin inconnu, ou soulager une gueule de bois avec une douche bien chaude et une bière bien froide dans une chambre de motel, ou alors avec le goût salé d’un sein d’autostoppeuse à demi morte de fatigue dans la saleté duveteuse de son sac de couchage. Right on. The good times are hard times, mais c’est le seul bon temps que je connaisse.
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  • Par nina2loin, le 12 mai 2012

    Comme on fait son lit on se couche, et c'est là que je suis allé finalement pour dormir. Je savais qu'en me levant je ferais ce que j'avais à faire ― payer tout ce que je devais aux femmes.
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