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> Anne Damour (Traducteur)

ISBN : 2266102621
Éditeur : Pocket (2001)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 340 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Il s'agit d'un jeu de miroir entre trois personnages et trois époques : le fil directeur est 'Mrs Dalloway', le roman phare de Virginia Woolf, et ses vingt-quatre heures dans la vie d'une femme. On suit donc les trajectoires de ces trois femmes en parallèle sous une plu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 16 avril 2015

    latina
    Virginia Woolf. Ecrivaine. Femme rebelle à l'autorité masculine encore si prégnante en 1923, rebelle aux conventions sociales, rebelle à la figure féminine docile et maîtresse d'elle-même, rebelle à la vie calme et endormante de la banlieue londonienne...et pourtant soucieuse d'agir « comme il faut », soucieuse d'obéir à son mari si aimant, soucieuse de ne pas déplaire à sa cuisinière. Mais Virginia est tellement autre chose ! Tellement complice de l'âme des autres, de ce qui ne se dit pas, et à la recherche du style qui révèlera la profondeur qui est en elle. Elle écrit « Mrs Dalloway ». Elle essaie, du moins, car elle est en proie à de terribles migraines qui sont le terrain de la folie...
    Nous y voilà : « Mrs Dalloway » crée un réseau de correspondances avec d'autres femmes, d'autres époques.
    Clarissa Vaughan, Américaine moderne d'une cinquantaine d'années, surnommée « Mrs Dalloway » par son meilleur ami. Lesbienne, essayant d'être dans le courant de la vie, de ne pas se laisser hanter par le vieillissement. Désespérée de voir son meilleur ami en train de dépérir du Sida, le cerveau ravagé par la folie. Une femme qui se veut forte, qui prend son destin en mains, même si elle se rend compte qu'il lui échappe, souvent.
    Laura Brown, enfin, mariée et mère au foyer, enceinte de son 2e enfant, prise au piège de la servitude des faux-semblants, empêchée de rayonner. Car nous sommes en 1949, et c'est un devoir de servir son mari héros de guerre. Elle voudrait tant avoir le temps de lire « Mrs Dalloway » et de s'accomplir par elle-même.
    D'un chapitre à l'autre, nous passons de l'une à l'autre, et ce continuel va-et-vient tisse un entrelacs de complicité, de féminité, de désir d'être soi et de faire du bien aux autres, quand même. Difficile, car la dépression, la folie et son cortège de cauchemars pouvant mener jusqu'au suicide sont là, tapis, prêts à mordre.
    Je termine en mélangeant des expressions de l'auteur pour construire ma propre définition de ce roman : « Méditation exhaustive sur 3 femmes, qui veut pénétrer l'opacité des choses, les canaux obstrués, atteindre l'or, un autre soi presque indescriptible, ou plutôt un soi parallèle, un second soi plus pur. »
    Ce roman atteint à l'essence même des êtres. J'ai adoré cette plongée dans les eaux troubles de l'âme, servie par la langue mélodieuse et vraie de l'auteur. Sublime !
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    • Livres 5.00/5
    Par darkmoon, le 03 octobre 2013

    darkmoon
    1. Critique du roman :
    The Hours représente Les Heures propices et fugitives que trois femmes subissent: trois femmes dépressives qui vivent malgré Elles dans une époque où Elles ne s'affirment pas; trois femmes qui vivent le mal être de leurs vraies sexualités; trois femmes qui préfèrent renier leur existence plutôt que de la subir lors de ces heures qui ne finissent pas ; trois femme unies par un seul bouquin intitulé "Mrs Dalloway" que l'une écrit, une autre lit, et une autre vit.
    A la base il y a Virginia Woolf, sa vie, son œuvre, son suicide. Et surtout son roman phare, Mrs Dalloway, qui bercera trente ans plus tard de sa litanie douce-amère l'existence morne et pleine de regrets de Laura Brown. Puis qui, à l'aube du nouveau millénaire, donnera à Clarissa Vaughn son surnom, celui par lequel l'appelle son ami, poète condamné. Trois destins croisés aux ramifications multiples, complexes, enfouies.
    C'est vrai qu'au début de cette histoire, il ne se passe pas grand-chose: description de différentes vies banales, sans grand intérêt. On s'attend à une énième histoire à l'eau de rose qui endort plus qu'elle n'éveille l'attention du lecteur. Cependant, fort est de constater la puissance de ce roman dans les deux derniers tiers. The Hours bascule dans l'émouvant, le déroutant, voir l'inquiétant à certains moments. L'intrigue gagne de plus davantage d'intérêt lorsque l'on commence à cerner les liens qui existent entre ces trois destins. Ainsi, la recherche du bonheur personnel, la fragilité de la vie, la futilité de l'existence dans un corps et dans une vie que l'on peine à appréhender prennent alors tout leur sens.
    The Hours est à lui seul un roman fleuve, une œuvre contemplative qui se délivre à nous sous la forme d'un triptyque. L'histoire de trois femmes vivant toutes des difficultés surmontables ou insurmontables. Trois femmes qui se distinguent par leur mal être et où le mot bonheur ne signifie plus rien. Une œuvre qui se veut « dépressive » ou complexe tant par la dureté des propos que par l'osmose qui peut y renier. Un drame marquant de par le désœuvrement psychologique dont les personnages s'adonnent et s'abandonnent, un lâché-prise total et irréversible. Les notes d'espoir pèsent bien peu face au mal-être de ces destins croisées qui sombrent, debouts et surtout conscients, dans les abîmes obscures des leurs espérances inaccessibles ou inassouvies.
    The Hours est un roman qui vous vide de toutes émotions, qui vous rend amoureux de la vie, et qu'on quitte le cœur gros, très gros. Michael Cunningham réalise sans conteste son œuvre la plus troublante, la plus aboutie et la plus terrible. On suit des femmes qui souffrent de l'âme, des écorchées vives qui cultivent les apparences et les faux-semblants pour mieux pleurer, puis s'effondrer en cachette. On est au-delà de la justesse : on atteint un niveau d'empathie phénoménale pour ces trois héroïnes.
    2. critique du film :
    Du manuscrit original, pour lequel l'auteur reçut le Pulitzer, on pouvait craindre une adaptation au mieux réductrice : il n'en est rien. Daldry illustre les innombrables imbrications par un montage magistral, donne un corps à l'infinité de parallèles et de niveaux de lectures, leur rend tout leur sens, toute leur force. La reconstitution de la banlieue trop calme où s'éteint la romancière anglaise, celle du quartier 50's empli de joie artificielle sont éminemment réussies. Mais c'est bien le casting qui crève l'écran. Nicole Kidman est éblouissante, Julianne Moore bouleversante ; en face Meryl Streep, pourtant pas manchote d'habitude, respire l'Actor studio. Derrière Elles se croisent un Ed Harris très appliqué, un Jeff Daniels étonnamment subtil, un Claire Danes délicieuse, un épatant petit Jack Rovello. Tant de mélancolie n'atteint pas toujours sa cible, mais l'ensemble est indéniablement d'une puissance rare.
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    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 20 octobre 2013

    Under_The_Moon
    Il y a 10 ans, quelques mois avant de passer le BAC, j'ai été voir le film "The Hours" pour penser à autre chose. Même si je ne me souviens pas bien du film, je me souviens que j'en suis ressortie en me disant que le sens profond m'avait échappé.
    Alors, quand j'ai vu le livre sur les étagères de la médiathèque, je me suis dit que c'était l'occasion de me rattraper! Et avec un peu de chance, avec 10ans de plus je comprendrais sans doute mieux !
    1ère impression : tiens ! le livre s'ouvre sur la même scène que le film ! Scène assez peu réjouissante certes, puisqu'il s'agit d'un suicide, celui de la célèbre Virginia Woolf, qui se retrouve être l'un des 3 personnages principaux de ce récit.
    Les Heures, c'est un roman qui met en valeur la voix de 3 femmes qui bien que différentes en apparence sont prises de tourments similaires à des moments de leur vie. Ces femmes ont en commun d'être insatisfaites de leur vie à cause des choix qu'Elles ont fait, guidées par la "Raison" (ou plutôt, les conventions de leur époque et de leur milieu social) plus que par leurs envies.
    Michael Cunningham nous offre des descriptions du quotidien - de ses personnages - dans sa dimension angoissante : la futilité des apparences, les gestes et tâches mécaniques... Tout un amas de "petites choses" anodines qui servent à masquer les frustrations.
    "Desperate Housewives" avant l'heure me direz-vous ? Peut-être. Mais sans la dimension caustique / humoristique.
    Mais que faire face à ce quotidien qui étouffe, emprisonne et rassure à la fois - et oui, après des années de "faire semblant", comment être soi ?
    Pour chacune d'Elles, la sexualité et le désir (homosexuel, notamment) constituent l'essence même de la vitalité et de la jeunesse et les moyens de retrouver ce fameux "élan" qui permet de se senti en vie. Voilà pour l'Eros...
    ... mais comme dans toute littérature qui se respecte, son comparse Thanatos n'est jamais bien loin !
    Et oui, après la pulsion de vie, vient la pulsion de mort. de manière lancinante, à demi-mots (ou non), Virginia, Clarissa et Laura sont amenées à penser au suicide comme moyen de reprendre le contrôle de leur vie et de leurs envies....
    Autant je me suis ennuyée dans la lecture des 50 premières pages, puis au milieu aussi, autant d'un seul coup j'ai été emportée par ce roman. le personnage de Laura notamment m'a beaucoup "parlé". Me trouvant aussi à un moment de la vie où on est amené à réfléchir à tout ce qu'on a fait et à l' "après", j'ai pu apprécier la complexité et la richesse de ce roman.
    Des voix touchantes et des femmes dont le questionnement me semble universel et intemporel.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 28 février 2015

    Sando
    Elles sont trois : Clarissa Vaughan, Virginia Woolf et Laura Brown. Trois femmes d'horizons et d'époques différents et néanmoins liées entre Elles par une même connivence de l'esprit, une même sensibilité proche du désespoir et de la détresse.

    La première, surnommée « Mrs Dalloway » par son meilleur ami, est éditrice dans le New-York de la fin du XXème siècle. La seconde, que l'on ne présente plus, est écrivain à Londres dans Les années 20. Quant à la troisième, elle vit à Los Angeles dans Les années 50 et n'est autre qu'une lectrice assidue, plongée dans le roman « Mrs Dalloway » au moment où on la rencontre et cherchant désespérément à fuir sa vie de famille morne et préfabriquée par le biais de la littérature.

    Trois femmes dont les portraits se dessinent peu à peu à travers d'étranges similitudes. On retrouve en chacune une solitude, une insatisfaction et une dépression proche de la folie qui les pousse à faire de leur vie un malheur, et pour certaines une tragédie…

    Pas étonnant que Michael Cunningham ait reçu le Pulitzer en 1999 pour ce magnifique roman ! Je n'avais jusque-là rien lu de cet auteur pourtant talentueux mais j'ai tout de suite été séduite par la finesse de sa plume et sa capacité à rendre avec justesse les états d'âme de ces trois femmes. Trois personnages borderline, inadaptés à leur monde en raison de leur fragilité et de leur grande sensibilité et dont le désir de vivre fluctue parfois dangereusement… Des femmes dont on se sent tout de suite proche et que l'on a envie de protéger.

    Par ailleurs, j'ai trouvé la construction narrative originale et intéressante. L'alternance des portraits, qui se fait sur quelques heures d'une même journée, permet de rythmer le récit et de découvrir chaque personnage par petits bouts. Chaque partie se lit en miroir des deux autres et se déploie progressivement pour prendre tout son sens à la fin, ménageant un rebondissement pour le moins inattendu... Un très beau roman donc, que l'on a envie de reprendre depuis le début à peine la lecture achevée !

    Challenge Variétés : Un livre qui a reçu le Pulitzer
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    • Livres 4.00/5
    Par fredho, le 31 octobre 2012

    fredho
    Inspiré du livre "Mrs Dalloway" de Virginia Woolf, Les Heures de Cunningham met en scène trois femmes dans trois époques différentes.
    Nous suivons en parallèle la journée de Virginia l'écrivaine, Clarissa l'éditrice et Laura la lectrice avec leurs souvenirs, leurs envies, leurs ressentis et leurs désillusions.
    Trois destinées et un point commun...
    C'est une histoire de femmes, écorchées vives, souffrant du même syndrome, histoire basée sur des thèmes forts tels que la condition féminine dans Les années 1940, l'homosexualité, la folie et le suicide.
    La fin de l'histoire nous ramène à revisiter certaines pages du livre, ce qui fait le charme de ce roman.
    Un roman intense avec une écriture saisissante et puissante, les femmes ont une place omniprésente et l'auteur Michaël Cunningham a su avec délicatesse dévoiler toutes leurs émotions.
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Citations et extraits

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  • Par latina, le 15 avril 2015

    D’abord viennent les migraines, qui ne sont en aucune manière des douleurs banales. Elles la pénètrent. Elles l’habitent plutôt qu’elles ne l’affligent, comme les virus habitent leurs hôtes. Des filaments douloureux l’envahissent, projettent dans ses yeux des éclats de lumière avec tant d’insistance qu’elle a du mal à croire que les autres ne les voient pas. La douleur la colonise, se substitue de plus en plus à elle, Virginia, et son avancée est si irrésistible, ses contours déchiquetés si perceptibles, qu’elle l’imagine aisément comme une entité ayant une vie propre. Elle pourrait la voir tandis qu’elle marche au côté de Leonard dans le parc, une masse scintillante couleur d’argent qui flotte au-dessus des pavés, hérissée de pointes, fluide et compacte telle une méduse.
    « Qu’est-ce que c’est ? » demanderait Leonard. « C’est ma migraine, répondrait-elle. N’y prête pas attention. »
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  • Par latina, le 16 avril 2015

    Peut-être commence-t-on à mourir ainsi : en s'abandonnant aux soins d'une fille devenue adulte, au confort d'une pièce. Il y a l'âge, aussi. Place aux petites consolations, à la lampe et au livre. Place à un monde de plus en plus dirigé par d'autres que vous; qui réussiront ou échoueront; qui ne vous regardent pas lorsqu'ils vous croisent dans la rue.

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  • Par latina, le 16 avril 2015

    Elle aimerait lui dire quelque chose, quelque chose d'important, et elle ne trouve pas les mots. "Je t'aime" est plutôt facile. "Je t'aime" est devenu presque banal. (...)
    Elle a envie de dire quelque chose de plus, quelque chose qui aille au-delà de la gentillesse et du réconfort, au-delà même de la passion. Ce quelle voudrait dire lui est inspiré par tous ceux qui sont morts; par le sentiment d'avoir une chance extraordinaire et la crainte d'une perte imminente, dévastatrice.(...)
    Ce qu'elle voudrait dire concerne la félicité et également la peur constante, envahissante, qui est l'autre face de cette félicité.
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  • Par latina, le 16 avril 2015

    C'est sans doute ça être un fantôme. C'est un peu comme lire, n'est-ce pas - avoir la sensation de connaitre les gens, les décors, les situations, sans jouer de rôle particulier, excepté celui de l'observateur attentif.

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  • Par Under_The_Moon, le 03 octobre 2013

    (...) nous nous escrimons à écrire des livres qui ne changent pas la face du monde, malgré nos efforts obstinés, nos espoirs les plus extravagants. Nous menons nos vies, nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons - c'est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d'entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s'épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l'exception des enfants (et peut-être eux aussi) que ces heures seront inévitablement suivies d'autres, ô combien plus sombres et plus ardues.
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