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> Anne Damour (Traducteur)

ISBN : 2266102621
Éditeur : Pocket (2001)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 308 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Il s'agit d'un jeu de miroir entre trois personnages et trois époques : le fil directeur est 'Mrs Dalloway', le roman phare de Virginia Woolf, et ses vingt-quatre heures dans la vie d'une femme. On suit donc les trajectoires de ces trois femmes en parallèle sous une plu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par darkmoon, le 03 octobre 2013

    darkmoon
    1. Critique du roman :
    The Hours représente Les Heures propices et fugitives que trois femmes subissent: trois femmes dépressives qui vivent malgré Elles dans une époque où Elles ne s'affirment pas; trois femmes qui vivent le mal être de leurs vraies sexualités; trois femmes qui préfèrent renier leur existence plutôt que de la subir lors de ces heures qui ne finissent pas ; trois femme unies par un seul bouquin intitulé "Mrs Dalloway" que l'une écrit, une autre lit, et une autre vit.
    A la base il y a Virginia Woolf, sa vie, son œuvre, son suicide. Et surtout son roman phare, Mrs Dalloway, qui bercera trente ans plus tard de sa litanie douce-amère l'existence morne et pleine de regrets de Laura Brown. Puis qui, à l'aube du nouveau millénaire, donnera à Clarissa Vaughn son surnom, celui par lequel l'appelle son ami, poète condamné. Trois destins croisés aux ramifications multiples, complexes, enfouies.
    C'est vrai qu'au début de cette histoire, il ne se passe pas grand-chose: description de différentes vies banales, sans grand intérêt. On s'attend à une énième histoire à l'eau de rose qui endort plus qu'elle n'éveille l'attention du lecteur. Cependant, fort est de constater la puissance de ce roman dans les deux derniers tiers. The Hours bascule dans l'émouvant, le déroutant, voir l'inquiétant à certains moments. L'intrigue gagne de plus davantage d'intérêt lorsque l'on commence à cerner les liens qui existent entre ces trois destins. Ainsi, la recherche du bonheur personnel, la fragilité de la vie, la futilité de l'existence dans un corps et dans une vie que l'on peine à appréhender prennent alors tout leur sens.
    The Hours est à lui seul un roman fleuve, une œuvre contemplative qui se délivre à nous sous la forme d'un triptyque. L'histoire de trois femmes vivant toutes des difficultés surmontables ou insurmontables. Trois femmes qui se distinguent par leur mal être et où le mot bonheur ne signifie plus rien. Une œuvre qui se veut « dépressive » ou complexe tant par la dureté des propos que par l'osmose qui peut y renier. Un drame marquant de par le désœuvrement psychologique dont les personnages s'adonnent et s'abandonnent, un lâché-prise total et irréversible. Les notes d'espoir pèsent bien peu face au mal-être de ces destins croisées qui sombrent, debouts et surtout conscients, dans les abîmes obscures des leurs espérances inaccessibles ou inassouvies.
    The Hours est un roman qui vous vide de toutes émotions, qui vous rend amoureux de la vie, et qu'on quitte le cœur gros, très gros. Michael Cunningham réalise sans conteste son œuvre la plus troublante, la plus aboutie et la plus terrible. On suit des femmes qui souffrent de l'âme, des écorchées vives qui cultivent les apparences et les faux-semblants pour mieux pleurer, puis s'effondrer en cachette. On est au-delà de la justesse : on atteint un niveau d'empathie phénoménale pour ces trois héroïnes.
    2. critique du film :
    Du manuscrit original, pour lequel l'auteur reçut le Pulitzer, on pouvait craindre une adaptation au mieux réductrice : il n'en est rien. Daldry illustre les innombrables imbrications par un montage magistral, donne un corps à l'infinité de parallèles et de niveaux de lectures, leur rend tout leur sens, toute leur force. La reconstitution de la banlieue trop calme où s'éteint la romancière anglaise, celle du quartier 50's empli de joie artificielle sont éminemment réussies. Mais c'est bien le casting qui crève l'écran. Nicole Kidman est éblouissante, Julianne Moore bouleversante ; en face Meryl Streep, pourtant pas manchote d'habitude, respire l'Actor studio. Derrière Elles se croisent un Ed Harris très appliqué, un Jeff Daniels étonnamment subtil, un Claire Danes délicieuse, un épatant petit Jack Rovello. Tant de mélancolie n'atteint pas toujours sa cible, mais l'ensemble est indéniablement d'une puissance rare.
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    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 20 octobre 2013

    Under_The_Moon
    Il y a 10 ans, quelques mois avant de passer le BAC, j'ai été voir le film "The Hours" pour penser à autre chose. Même si je ne me souviens pas bien du film, je me souviens que j'en suis ressortie en me disant que le sens profond m'avait échappé.
    Alors, quand j'ai vu le livre sur les étagères de la médiathèque, je me suis dit que c'était l'occasion de me rattraper! Et avec un peu de chance, avec 10ans de plus je comprendrais sans doute mieux !
    1ère impression : tiens ! le livre s'ouvre sur la même scène que le film ! Scène assez peu réjouissante certes, puisqu'il s'agit d'un suicide, celui de la célèbre Virginia Woolf, qui se retrouve être l'un des 3 personnages principaux de ce récit.
    Les Heures, c'est un roman qui met en valeur la voix de 3 femmes qui bien que différentes en apparence sont prises de tourments similaires à des moments de leur vie. Ces femmes ont en commun d'être insatisfaites de leur vie à cause des choix qu'Elles ont fait, guidées par la "Raison" (ou plutôt, les conventions de leur époque et de leur milieu social) plus que par leurs envies.
    Michael Cunningham nous offre des descriptions du quotidien - de ses personnages - dans sa dimension angoissante : la futilité des apparences, les gestes et tâches mécaniques... Tout un amas de "petites choses" anodines qui servent à masquer les frustrations.
    "Desperate Housewives" avant l'heure me direz-vous ? Peut-être. Mais sans la dimension caustique / humoristique.
    Mais que faire face à ce quotidien qui étouffe, emprisonne et rassure à la fois - et oui, après des années de "faire semblant", comment être soi ?
    Pour chacune d'Elles, la sexualité et le désir (homosexuel, notamment) constituent l'essence même de la vitalité et de la jeunesse et les moyens de retrouver ce fameux "élan" qui permet de se senti en vie. Voilà pour l'Eros...
    ... mais comme dans toute littérature qui se respecte, son comparse Thanatos n'est jamais bien loin !
    Et oui, après la pulsion de vie, vient la pulsion de mort. de manière lancinante, à demi-mots (ou non), Virginia, Clarissa et Laura sont amenées à penser au suicide comme moyen de reprendre le contrôle de leur vie et de leurs envies....
    Autant je me suis ennuyée dans la lecture des 50 premières pages, puis au milieu aussi, autant d'un seul coup j'ai été emportée par ce roman. le personnage de Laura notamment m'a beaucoup "parlé". Me trouvant aussi à un moment de la vie où on est amené à réfléchir à tout ce qu'on a fait et à l' "après", j'ai pu apprécier la complexité et la richesse de ce roman.
    Des voix touchantes et des femmes dont le questionnement me semble universel et intemporel.
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    • Livres 4.00/5
    Par fredho, le 31 octobre 2012

    fredho
    Inspiré du livre "Mrs Dalloway" de Virginia Woolf, Les Heures de Cunningham met en scène trois femmes dans trois époques différentes.
    Nous suivons en parallèle la journée de Virginia l'écrivaine, Clarissa l'éditrice et Laura la lectrice avec leurs souvenirs, leurs envies, leurs ressentis et leurs désillusions.
    Trois destinées et un point commun...
    C'est une histoire de femmes, écorchées vives, souffrant du même syndrome, histoire basée sur des thèmes forts tels que la condition féminine dans Les années 1940, l'homosexualité, la folie et le suicide.
    La fin de l'histoire nous ramène à revisiter certaines pages du livre, ce qui fait le charme de ce roman.
    Un roman intense avec une écriture saisissante et puissante, les femmes ont une place omniprésente et l'auteur Michaël Cunningham a su avec délicatesse dévoiler toutes leurs émotions.
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    • Livres 4.00/5
    Par alex23, le 25 décembre 2012

    alex23
    Cela faisait des mois que ce livre trainait dans ma bibliothèque. Je dois même dire que je l'avais complètement oublié. Je l'ai acheté un peu par hasard, sans trop savoir qu'elle était l'histoire, juste parce que la couverture et la 4ème de couverture m'avaient plu.
    Les Heures nous relate tour à tour une journée dans la vie de 3 femmes. La première, Virginia (Woolf) est écrivaine en 1923, la seconde Laura, est une fervente amatrice de lecture en 1949, quant à la 3ème Clarissa elle est éditrice fin des années 90.
    Toutes ces femmes ont un point commun: le livre de Virginia Woolf; "Mrs Dalloway".
    A peine plongée dans le début du livre, le prologue m'a vraiment surprise et je me suis demandée où l'auteur voulait nous emmener. Cette question c'est posée à plusieurs reprises au fil de ma lecture...
    J'ai vraiment bien aimé ce roman, même si j'ai apprécié certains passages moins que d'autres. J'ai eu un peu de mal au début avec les chapitres sur Clarissa. Je ne suis pas trop arrivée à m'attacher à ce personnage avant la fin du livre. J'ai de loin préférer ceux sur Virginia et Laura.
    Durant toute la lecture, on ressent un sentiment de mal être chez les différentes protagonistes très présent et très pesant. Je trouve que l'auteur a vraiment su trouver le style d'écriture et les mots justes.
    Je ne vous dévoilerai pas la fin, mais je la trouve assez en accord avec le reste du livre.
    Je n'ai pas encore eu l'occasion de livre Mrs Dalloway, mais c'est un livre que rajoute à la liste de ceux que je voudrais absolument découvrir !

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    • Livres 4.00/5
    Par fran6h, le 08 juin 2013

    fran6h
    Quel trio ! quel brio !
    Au delà de l'hommage à Virginia Woolf et à son personnage emblématique "Mrs Dalloway", ce roman nous trace une journée particulière dans la vie de ces trois femmes. Passent Les Heures. Ici à Londres en 1923, là à Los Angeles en 1949 ou bien encore à New-York à la fin du XXème siècle. Passent Les Heures, et d'autres suivront, pour Virginia (Woolf) pour Laura (Brown) et pour Clarissa (Vaughan, alias Dalloway) unies par le même destin : celui du livre de Virginia.
    Virginia l'écrit, Laura le lit et Clarissa le vit.
    L'auteur conduit son roman de façon magistrale à travers le temps qui passe. La maladie, la mort qui vient, l'amour et l'homosexualité, le suicide sont abordés avec beaucoup de sensibilité et les pages fuient comme le temps, comme Les Heures, certaines rapides et d'autres lentes.
    Les personnages sont brossés avec tendresse et la construction du roman est remarquable. Bref un très bon moment de lecture pour qui aura au préalable apprécié le "Mrs Dalloway" de Virginia Woolf. Cette lecture pourra utilement être complétée par l'excellent film de Stephen Daldry avec Nicole Kidman, Meryl Streep et Julianne Moore et une magnifique musique de Philip Glass.

    Lien : http://animallecteur.canalblog.com/archives/2013/06/08/27357767.html
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Citations et extraits

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  • Par Under_The_Moon, le 03 octobre 2013

    (...) nous nous escrimons à écrire des livres qui e changent pas la face du monde, malgré nos efforts obstinés, nos espoirs les plus extravagants. Nous menons nos vies, nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons - c'est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d'entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s'épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l'exception des enfants (et peut-être eux aussi) que ces heures seront inévitablement suivies d'autres, ô combien plus sombres et plus ardues.
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  • Par darkmoon, le 11 août 2013

    Il est temps que le jour prenne fin. Nous donnons nos réceptions ; nous abandonnons nos familles pour vivre seuls au Canada ; nous nous escrimons à écrire des livres qui ne changent pas la face du monde, malgré nos dons et nos efforts obstinés, nos espoirs les plus extravagants. Nous menons nos vies, nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons – c’est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d’entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s’épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l’exception des enfants (et peut-être eux aussi) que ces heures sont inévitablement suivies d’autres, ô combien plus sombres et plus ardues. Pourtant, nous chérissons la ville, le matin ; nous voudrions, plus que tout, en avoir davantage.
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  • Par Just13, le 03 octobre 2011

    Mon chéri,
    Je suis entrain de sombrer dans la folie à nouveau, j'en suis sûre: je sais que nous n'arriverons pas à bout de ces horribles crises. Et cette fois je ne guérirai pas. Je recommençe à entendre des voix, et n'arrive pas à concentrer mes pensées.
    Aussi vais-je faire ce qui semble la meilleure chose à faire. Tu m'as rendue parfaitement heureuse. Tu as été pour moi ce que personne d'autre n'aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu connaître si grand bonheur jusqu'à ce que je commençe cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter d'avantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et je sais que tu le feras. Tu vois, je n'arrive même pas à écrire correctement. Je n'arrive pas à lire. Ce que je veux dire, c'est que je te dois tout le bonheur de ma vie. tu t'es montré d'une entière patience avec moi et indiciblement bon. Tout le monde le sait. Si quelqu'un avait pu me sauver, c'eût été toi. Tout m'a quitté excepté la certitude de ta bonté. Je ne veux pas continuer à gâcher plus longtemps ta vie. Je ne crois pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été...
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  • Par Under_The_Moon, le 01 octobre 2013

    Ici, dans cette cuisine, il y a des assiettes blanches empilées à la perfection, comme des objets sacrés, derrière des portes de placards vitrées. De vieux pots de faïence, vernissés dans différentes nuances de jaune craquelé, sont disposés en rang sur le comptoir en granit. Clarissa reconnaît ces objets mais y est étrangère. Elle sent la présence de son propre fantôme ; la part d'elle-même la plus rémanente et la moins distincte ; la part qui ne possède rien ; qui observe avec émerveillement et détachement, tel un touriste dans un musée, une rangée de pots vernis jaunes et un comptoir sur lequel il n'y a qu'une seule miette, un robinet chromé duquel une unique goutte tremble, grossit et tombe. Sally et elle ont acheté toutes ces choses, elle se rappelle chaque transaction, mais ces choix lui paraissent maintenant arbitraires, le robinet, le comptoir et les pots, la vaisselle blanche. Ce ne sont que des choix, un objet et puis un autre, oui ou non, et elle se rend compte qu'elle pourrait facilement échapper à cette existence - à ces motifs de satisfaction vides et artificiels.
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  • Par Nadael, le 08 novembre 2010

    Nous menons nos vies, nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons -- c'est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d'entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s'épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l'exception des enfants ( et peut-être eux aussi) que ces heures seront inévitablement suivies d'autres , ô combien plus sombres et plus ardues. Pourtant, nous chérissons la ville, le matin ; nous voudrions, plus que tout, en avoir davantage.
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