> Anne Damour (Traducteur)

ISBN : 2266102621
Éditeur : Pocket (2001)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 113 notes) Ajouter à mes livres
Il s'agit d'un jeu de miroir entre trois personnages et trois époques : le fil directeur est 'Mrs Dalloway', le roman phare de Virginia Woolf, et ses vingt-quatre heures dans la vie d'une femme. On suit donc les trajectoires de ces trois femmes en parallèle sous une plu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par le_Bison, le 07 février 2012

    le_Bison
    Autant l'avouer de suite, le démarrage a été quelque peu poussif. L'amorce du roman me semblait compliqué et surtout ne m'intéressait guère. Je me surprenais souvent à refermer le livre et à relire cette couverture. Comme si j'avais besoin d'être convaincu par cette littérature new-yorkaise aux accents londoniens. Est-ce que l'histoire de ces trois femmes vaut le coup d'être lu jusqu'au bout ? Cette petite voix intérieure, tel un vieux démon, obnubile mon esprit et tente de me faire oublier ces trois destins féminins. Pourtant, je ne suis pas lâche et ne vais pas abdiquer aussi facilement. Michael Cunningham, tu n'auras pas ma peau. Je n'ai pas l'habitude d'abandonner une lecture en cours. Par conséquent, je passe outre ces recommandations démoniaques pour, petit à petit, m'attacher à Clarissa, à Virginia et surtout à Laura.
    Une force spirituelle semble habiter et lier ces trois femmes. Cette lumière qui illumine donc la vie de ces trois héroïnes, est allumée par une certaine Mrs Dalloway. le fameux roman de Virginia Woolf est donc au centre du roman de Michael Cunningham. Fameux, peut-être mais ignoré du pauvre et inculte lecteur que je suis... (Tout comme son auteur ; et c'est peut-être de cette immense lacune qu'a découlé mon si départ laborieux). Trois univers qui sont reliés ensemble par d'infimes et insignifiants détails, cela doit être cela le mystère de la Vie. Comment un roman, œuvre de fiction, peut-il construire la destinée de ces trois femmes ?
    Au fil du temps, les pages jaunies de mon livre se tournent de plus en plus vite. Les sentiments virevoltent sous mes yeux devant la fluidité des mots. L'affection qui découle des destins tragiques de ces trois merveilleuses femmes a finalement réussi à me transporter hors de mon imaginaire, et cela bien malgré moi. Profondément ému, une fois « Les Heures » achevées et le parcours de Laura touchant à sa fin, je m'interroge sur la possibilité de suivre d'autres aventures de Michael Cunningham. Sa littérature ne fut peut-être pas des plus aisée à suivre en naviguant à travers les époques et les âges, en se référant à des classiques littéraires qui restent pour moi inconnus, mais depuis, j'entends cette petite voix intérieure qui me suggère de poursuivre dans cette voie... Pourquoi pas ? Un jour, une heure...
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ikebukuro, le 14 octobre 2010

    Ikebukuro
    Trois destins de femmes qui se croisent au fil des pages de ce roman particulièrement émouvant et d'une intensité bouleversante. Trois femmes à un moment décisif de leur vie, surprises dans leur intimité, dans leur quotidien à trois époques distinctes et dans des contextes complètement différents. Trois femmes qui se retrouvent liées par un même livre, Mrs Dalloway de Virginia Woolf, qui interfère dans la vie de chacune d'entre elles de différentes manières et à des degrés divers : Virginia en est l'auteur, Laura mère au foyer dans Les années quarante le lit et Clarissa porte le prénom de son héroïne et représente une version contemporaine de cette dernière.
    C'est très difficile pour moi de résumer ce livre, tellement dense et prenant sans trop dévoiler du destin de chacune, même si l'on devine dès le début que le bonheur ne fait pas vraiment partie de leur vie. C'est un livre d'ambiance et de moments volés où le lecteur a le sentiment de passer à travers ces trois histoires en spectateur indélicat, sur la pointe des pieds... La mélancolie très présente tout au long du livre dépose sa petite musique au fil des pages à travers la personnalité de chacun des personnages. le ton du roman, tout en retenue, esquisse doucement les sentiments et les doutes de chacune à travers leurs silences car toutes trois donnent l'impression de vivre par procuration. Virginia vit à travers ses oeuvres et son travail d'écriture, son mal-être interpelle le lecteur jusqu'à la fin comme une évidence, Laura vit à travers son mari et son enfant et Clarissa vit à travers sa reconnaissance professionnelle et sociale. Et toutes ont en commun ce sentiment de vide qui les étouffe et qu'elles n'arrivent pas à formuler vraiment.
    J'ai beaucoup aimé ce livre malgré la mélancolie qui s'en dégage. Un texte où chaque histoire se reflète dans la suivante et y retrouve son propre écho. Les destins de ces femmes s'imbriquent les uns dans les autres pour former un ensemble cohérent et pleinement maîtrisé où tout prend son sens. Je n'ai pas vraiment tenté de retrouver des similitudes avec Mrs Dalloway, même si elles apparaissent régulièrement de façon assez flagrantes, notamment dans les thèmes développés par l'auteur que l'on retrouve aussi dans l'oeuvre de Virginia Woolf. Je vous laisse les découvrir par vous-même si vous choisissez de lire ces romans. C'est difficile de ne pas avoir envie de lire ou de relire Mrs Dalloway après avoir lu Les Heures car on devine que les deux récits sont liés et se répondent.
    Je vous invite aussi à découvrir The Hours, le très beau film de Stephen Daldry avec des actrices et des acteurs formidables. Un film bouleversant et très réussi.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    Trois femmes : Clarissa (éditrice), Virginia (écrivain), Laura (sans profession).
    Trois lieux, trois époques : New-York-fin du XXème siècle, Angleterre (1923), Los Angeles (1949).
    Trois réfexions :
    Clarissa, cinquantenaire, lesbienne, amitié/amour avec Richard malade du sida, aimante, enthousiaste, au bilan de sa vie sans aucune amertume, quelque peu fataliste devant Les Heures qui s'égrènent.
    Virginia, écrivain tourmenté, obsédé par les mots, le style, l'idée précise au détriment de sa santé mentale ("On a en permanence en soi un meilleur livre que ce que l'on parvient à coucher sur le papier"), une souffrance en butte continuelle contre la réalité banale des heures quotidiennes. Femme fragilisée par une lucidité hors norme.
    Laura, femme qui se révolte devant un destin où toutes Les Heures sont pareilles, avec son lot de joies et de peines, de niaiseries, de fumisteries, d'interdits, d'obligations, sans véritable choix personnel. Elle n'hésitera pas à entraîner dans la tourmente de ses questionnements, un être innocent, son fils.
    Une présence : Mrs Dalloway, fil conducteur de ce roman subtil dont l'aboutissement nous révèle la correspondance entre les trois histoires.
    Mon ressenti : destins parallèles sans l'être, ces trois portraits nous entraînent dans les méandres de trois esprits en proie à des doutes existentiels dont la lecture peut provoquer un malaise. Malaise du bilan de la vie, malaise de la présence de la mort, malaise de l'incommunicabilité entre les êtres, malaise devant tout ce l'on imagine donner et qui n'est jamais suffisant, tout ce que l'on imagine recevoir et qui n'est jamais assez. Ce livre se lit facilement, campe bien lieux et personnages et atteint son but : ne pas laisser indifférent. Il perdure de sa lecture un questionnement qui atteint notre propre vie, nos relations..., cela dépend peut-être de l'âge du lecteur. Quelques observations nous renvoient à notre façon d'être, observations si humaines... Enfin,cette présence continue de Mrs Dalloway nous pousse à lire ou relire l'ouvrage de Virginia Woolf pour tenter de comprendre encore un peu plus, encore un peu mieux.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par 270778, le 10 juin 2010

    270778
    Je crois que le roman me plaît plus que le film (que j'ai vu avant), car il est plus complexe, il y a plus de personnages et certains sont beaucoup plus creusés là où dans le film ils sont réduits à des silhouettes à peine esquissées et simple décor de l'histoire des héroïnes (Sally, la compagne de Clarissa et Louis, au cœur d'un trio amoureux avec Clarissa et Richard quand ils étaient étudiants). Bien sûr, on ne peut s'empêcher d'avoir en tête Méryl Streep, Nicole Kidman et Julianne Moore en lisant le livre. Par contre, comme pour le film, c'est le personnage de Virginia qui me convainc le moins, même si on voit que l'auteur a fait ça à l'américaine, en se documentant beaucoup : c'est crédible, il ne trahit pas ce qu'on sait d'elle mais pour moi qui l'ai beaucoup lu, il manque un peu l'essence de Virginia. Reste les autres personnages : profonds, complexes dans leurs désirs, leurs relations aux autres, leurs regrets du passé. Et bien sûr, la construction narrative complexe où une rose jaune fait le lien entre les différents personnages, vivant à des endroits différents à différentes époques, sans oublier la révélation finale. Un bon roman qui peut (qui doit ?) donner envie à tous de découvrir l'oeuvre de Virginia Woolf ou de l'explorer plus en profondeur.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Les-lectures-de-Cachou, le 17 juin 2009

    Les-lectures-de-Cachou
    RESUME :
    Clarissa est éditrice à New York à la fin du XXe siècle ; Virginia est écrivain en 1923 dans la banlieue de Londres ; Laura est mère au foyer à Los Angeles en 1949. Tandis que s'écoulent Les Heures d'une journée particulière, un réseau de résonances subtiles apparaît peu à peu entre ces trois femmes en quête de bonheur, jusqu'à la révélation finale, bouleversante.


    MON AVIS :
    Que dire sans paraître bêtement élogieuse ? Michael Cunningham arrive, en un petit livre de 222 pages, à nous faire vivre une histoire d'une intensité incroyable. La manière dont cette journée dans la vie de ces trois femmes se complète et apporte un éclairement nouveau à l'histoire est subtile et très travaillée. On sent à chaque page l'intelligence dénuée de prétention de l'auteur de ce livre.
    Michael Cunningham crée ici des images de femmes intéressantes, fragiles et fortes à la fois, déterminées mais parfois perdues, féminines et pourtant féministes au final. En brisant les moules et en se jouant de nos préjugés, il nous présente ainsi une artiste incroyable pour qui la vie n'est plus supportable pourtant, une mère qui a besoin de s'éloigner de sa famille pour survivre à ce monde qui l'étouffe, et une femme accomplie, éditrice, bisexuelle mais à qui sa sexualité ne pose pas un problème d'identité, mère et amante comblée. Ces trois femmes différentes sont tout autant marquantes et nous arrivons à les aimer, chacune pour leurs ressemblances et leurs différences.
    En bref, « Les Heures » est une histoire profonde, intense, dont vous vous souviendrez longtemps et dont vous pourrez compléter l'expérience en regardant le film « The Hours », très bonne adaptation.


    RESTONS OBJECTIFS :
    Michael Cunningham possède l'art de faire vivre ses personnages en quelques lignes, de les immerger directement dans l'histoire qui les possèdera.
    Un exemple : dans les premières lignes sur Clarissa :
    « La porte du vestibule s'ouvre sur une matinée de juin si pure, si belle que Clarissa s'immobilise sur le seuil ainsi qu'elle le ferait au bord d'une piscine, regardant l'eau turquoise lécher la margelle, les mailles liquides du soleil trembler dans les profondeurs bleutées. Et, comme si elle se tenait au bord d'une piscine, elle retarde un instant le plongeon, l'étau subit du froid, le choc de l'immersion. New York, avec son vacarme et sa brune et austère décrépitude, son déclin sans fond, prodigue toujours quelques matins d'été comme celui-ci ; des matins imprégnés d'une promesse de renouveau si catégorique qu'on en rirait presque […]. »
    Ne sentez-vous pas la fraîcheur et la beauté de cette matinée vous saisir en lisant ça ?
    Il faut préciser que ce livre a reçu le prix Pen Faulkner et le prix Pulitzer en 1999 (excusez-moi du peu…). On ne se demande pas pourquoi.

    CÔTE : * * * * *


    Lien : http://leslecturesdecachou.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par Just13, le 03 octobre 2011

    Mon chéri,
    Je suis entrain de sombrer dans la folie à nouveau, j'en suis sûre: je sais que nous n'arriverons pas à bout de ces horribles crises. Et cette fois je ne guérirai pas. Je recommençe à entendre des voix, et n'arrive pas à concentrer mes pensées.
    Aussi vais-je faire ce qui semble la meilleure chose à faire. Tu m'as rendue parfaitement heureuse. Tu as été pour moi ce que personne d'autre n'aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu connaître si grand bonheur jusqu'à ce que je commençe cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter d'avantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et je sais que tu le feras. Tu vois, je n'arrive même pas à écrire correctement. Je n'arrive pas à lire. Ce que je veux dire, c'est que je te dois tout le bonheur de ma vie. tu t'es montré d'une entière patience avec moi et indiciblement bon. Tout le monde le sait. Si quelqu'un avait pu me sauver, c'eût été toi. Tout m'a quitté excepté la certitude de ta bonté. Je ne veux pas continuer à gâcher plus longtemps ta vie. Je ne crois pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été...
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  • Par EMOTION, le 06 août 2011

    Dans les yeux des gens, dans leur démarche chaloupée, martelée, ou traînante; dans le tumulte et le vacarme; les attelages, les automobiles, les omnibus, les camions, les hommes-sandwichs qui se frayent un chemin en tanguant; les fanfares; les orgues de barbarie; dans le triomphe et la petite musique et le drôle de bourdonnement là-haut d'un avion, dans tout cela se trouvait ce qu'elle aimait: la vie; Londres; ce moment de juin.
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  • Par Nadael, le 08 novembre 2010

    Nous menons nos vies, nous faisons ce que nous avons à faire, et puis nous dormons -- c'est aussi simple et banal que cela. Certains se jettent par la fenêtre ou se noient ou avalent des pilules ; plus nombreux sont ceux qui meurent par accident ; et la plupart d'entre nous, la vaste majorité, est lentement dévorée par une maladie ou, avec beaucoup de chance, par le temps seul. Mais il y a ceci pour nous consoler : une heure ici ou là pendant laquelle notre vie, contre toute attente, s'épanouit et nous offre tout ce dont nous avons jamais rêvé, même si nous savons tous, à l'exception des enfants ( et peut-être eux aussi) que ces heures seront inévitablement suivies d'autres , ô combien plus sombres et plus ardues. Pourtant, nous chérissons la ville, le matin ; nous voudrions, plus que tout, en avoir davantage.
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  • Par liratouva2, le 11 juillet 2011

    Mrs Dalloway dit qu’elle se chargerait d’acheter les fleurs.Car Lucy avait bien assez de pain sur la planche. Il fallait sortir les portes de leurs gonds; les serveurs de Rumpelmayer allaient arriver. Et quelle matinée, pensa Clarissa Dalloway: toute fraîche, un cadeau pour des enfants sur la plage. Laura Brow essaie de se perdre. Non, ce n’est pas tout à fait exact - elle essaie de rester elle-même en gagnant l’entrée d’un monde parallèle. Elle pose le livre ouvert contre sa poitrine. Déjà sa chambre (non, leur chambre) paraît plus habitée, plus réelle, parce qu’un personnage du nom de Mrs Dalloway est sorti acheter des fleurs.
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  • Par Aifelle, le 02 août 2011

    "Elle sent la migraine monter peu à peu le long de sa nuque. Elle se raidit. Non, c'est le souvenir de la migraine, c'est sa peur de la migraine, tous les deux si nets qu'ils se confondent avec un début de migraine. Elle se tient droite, dans l'attente. Tout va bien. Tout va bien. Les murs de la pièce ne vacillent pas ; aucun murmure ne s'entend à l'intérieur des murs. Elle est à, debout, avec un mari à la maison, avec des domestiques, des tapis, des oreillers et des lampes".

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