Elle est jeune, elle vit à Paris et travaille à la gare du Nord. Invisible, elle annonce l'arrivée des trains, les horaires, les départs et les voies, accompagne l'éloignement, la séparation ou l'espoir. Seule elle rentre chez elle, elle attend l'appel de l'homme qu'ell... > voir plus
Je t'appellerai. Je t'appelle. La nuance est subtile. Faut-il interpréter? Ce passage du futur au présent n'est-il qu'une manière de parler ou dénote-t-il un début d'engagement? Un besoin de se rapprocher de l'action envisagée? Un code à déchiffrer?
Sa vie avait été un passage plus ou moins douloureux de choses et d'êtres. Son erreur avait été sans doute de ne pas les avoir retenus. On était passé en elle, sur elle, à côté d'elle et puis l'on était parti sans qu'elle sache très bien ce qu'elle aurait dû faire pour que l'on reste avec elle.
On raconte pourtant qu'en trouvant l'homme, la procréation va de soi. Elle est l'exception qui confirme la règle. Tout cela lui semble contre nature. Intrusion plutôt que fusion. Elle n'est pas faite pour donner la vie, c'est tout. Trop noble et trop anormal pour elle.
Les souvenirs, au fur et à mesure de leur utilisation, deviennent des fables que nous nous ressassons pour ne pas oublier qui nous sommes et dont la morale nous sert à nous apaiser ou nous à torturer.
Elle pense à sa mort. Comme à une cessation, la nette interruption d'un courant, l'anéantissement de ce qui est elle. N'importe quand. Elle se concentre sur la durée physique du temps. Chaque instant peut être le dernier, mais chaque instant aussitôt fini se transforme en sursis.