> Justine de Mazères (Traducteur)

ISBN : 2879295742
Éditeur : Editions de l'Olivier (2007)


Note moyenne : 3.11/5 (sur 62 notes) Ajouter à mes livres
Les femmes d’Arlington Park – une banlieue résidentielle en Angleterre – ont tout pour être heureuses. En apparence.

Car il n’en est rien. Derrière ces vies tirées au cordeau, frustrations, jalousies, déceptions règnent sans partage.

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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 15 janvier 2009

    Woland
    Arlington Park
    Traduction : Justine de Mazères
    Commençons, si vous le voulez bien, par les qualités de ce livre.
    Tout d'abord, le sens du portrait de son auteur dont l'analyse des caractères est souvent subtil. Rachel Cusk plonge et approfondit, scrute pratiquement à la loupe la moindre parcelle de la personnalité de ses héroïnes.
    Ensuite, le don réel de suggérer ce qu'elle ne dit pas un peu comme le faisait la regrettée et inégalée Katherine Mansfield.
    Et puis - j'en suis désolée - nous nous arrêterons là pour les compliments.
    Car je n'ai toujours pas compris comment on pouvait - comment on osait - qualifier "Arlington Park" de roman. En fait, il s'agit d'une suite de Nouvelles plus ou moins longues et évidemment inégales tournant autour des désillusions de cinq femmes mariées. le fond est féministe et, si l'auteur parvient à éviter la caricature, elle ne fait pas non plus oeuvre originale.
    Le mariage d'abord, l'égoïsme du mari en matière de tâches ménagères (à l'exception de celui de Christine, je crois, mais, manque de chance, celui-là , Rachel Cusk laisse entendre qu'il fait du racisme primaire), l'ingratitude des enfants et leur égocentrisme, l'esclavage inhérent à la condition féminine, de quelque côté de la planète qu'on se trouve, voilà les grands thèmes. Certes, ils existent mais il n'y a ici aucune flamme pour les attaquer ou les railler - et ça fait une sacrée différence.
    Rien de nouveau donc sous le soleil - ou plutôt sous la pluie car il pleut beaucoup sur Arlington Park, élément naturel que Cusk dépeint, je l'admets, avec cette passion unanimement partagée par les Celtes et les Anglo-Saxons.
    En outre, il n'y a pas d'intrigue. Les personnages se rencontrent, échangent leurs points de vue, vont faire quelques courses, etc ... Tout cela dans le cercle circonscrit d'Arlington Park. Ces dames se plaignent, pleurent, estiment leur vie ratée, ne se projettent que dans un avenir lui aussi borné et puis voilà.
    D'abord incrédule, puis impatient et enfin résigné, le lecteur accueille la dernière page avec une indicible sensation de soulagement. (En poche, de toutes façons, cela vous fait 263 pages.) Ouf ! Il a quand même lu le livre recommandé, dans un choeur parfait, par les libraires français. Il en vient à se demander si lesdits libraires, eux, l'ont bel et bien lu jusqu'au bout - pour moi, je vous le dis, j'en doute fort - mais ça, c'est une autre histoire ...
    Roman et nouvelle, on ne le répétera jamais assez, sont deux arts diamétralement opposés. Si la seconde peut se contenter de suggérer à traits si fins qu'ils finissent par ressembler à un filigrane, si elle n'a pas non plus besoin d'une intrigue cohérente et/ou complexe, le premier, au contraire, exige profondeur, véhémence, difficultés, avec des personnages qui ne passent pas trois cents pages à discourir sur les beautés de leur nombril, et une, voire des intrigues solides, cadencées avec, au minimum, un ou deux rebondissements.
    Rachel Cusk n'est pas une romancière. Elle n'en a ni le souffle, ni la carrure, ni l'art du récit. En revanche, en tant que nouvellistes, elle a toutes ses chances - pourvu qu'elle travaille aussi durement que le firent un Tchékhov, une Mansfield ou un Maugham. Pour l'instant en effet, elle est en devenir, c'est tout. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 16 avril 2012

    brigittelascombe
    "Qu'adviendrait-il d'elle si elle était incapable d'aimer?"
    Cette question, cette remise en question qui concerne Juliet Randall, 36 ans mère de deux enfants, professeur à mi-temps, mariée à un autre prof, habitante d' une banlieue résidentielle (Arlington Park) de Londres, est en fait celle de toutes les femmes (logées à la même enseigne) du roman féministe de Rachel Cusk (écrivaine anglaise dont Saving Agnes a été lauréat du Whitbread First Novel Award 1993).
    Comment ne pas penser à Desperate House wifes, la célèbre série télévisée américaine? Sur fond de vague à l'âme plus intellectualisé (et sexe en moins, la pluie envahit tout !), l'amertume, les frustrations, l'angoisse devant le temps qui passe et ravage,la fuite de l'amour dans une vie "d'esclavage domestique", le ras le bol des grossesses qui tuent l'élégance, l'inégalité des sexes, on retrouve tout ça chez Juliet, Amanda,Maisie,Sollie, ces bonnes mères, bonnes épouses,juste bonnes à tout faire. Alors on papote, on potine, on s'invite entre relations de bon voisinage. Tout sauf l'ennui qui vide et ronge inexorablement.Tout sauf penser qu'il y aurait peut-être une autre vie en dehors de cette famille qui vous vampirise littéralement.
    Un roman que je qualifierais de féministe. Christine, plus philosophe livre au lecteur une fin plus acceptable que cette déprime ambiante: "Il faut aimer la vie..Il faut aimer juste...le fait d'être en vie". Sage conclusion de Rachel Cusk!
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    • Livres 4.00/5
    Par valeriane, le 26 août 2009

    valeriane
    5 vies, 5 parcours, dans la banlieue anglaise d'Arlington Park.
    5 femmes au foyer différentes, mais qui se ressemblent sur un point : une vie qui oscille dangereusement vers le désespoir.
    Sous une façade de vie de famille parfaite se cachent les rêves qu'elles ont effacés pour s'occuper des mari, enfants et maisons.
    Loin du regard humoristique porté sur les desperate housewives de Wisteria Lane, l'auteur nous décrit des portraits plus acides et amers. Avis à celui ou celle qui recherche une translation britannique de la série made in US, passez votre chemin. Si vous cherchez un regard sur un mode de vie, un voyage psychologique à travers la société anglaise... tournez la première page, sortez votre parapluie et laissez-vous entrainer...
    Points, 2008, 263 pages, 3 étoiles
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    • Livres 3.00/5
    Par vilvirt, le 10 juin 2011

    vilvirt
    Je dois dire que j'ai particulièrement apprécié le style de Rachel Cusk. Loin d'être un coup de coeur, la découverte de cet auteur anglais m'a tout de même procuré beaucoup de plaisir malgré le sujet abordé...
    Les épouses et mères de famille d'Arlington Park mettent leurs âmes à nu l'espace d'une journée. Quoique la plupart d'entre elles aient réussi et soient confortablement installées dans la vie, la vérité est tout autre. Les nombreuses maternités, une vie professionnelle banale ou tout bonnement inexistante et des désirs souvent étouffés nous révèlent des personnalités à mille lieues de ce qu'on pourrait imaginer derrière ces façades prospèrent. Juliet n'est épanouie que lorsqu'elle rejoint son club de lecture chaque vendredi soir. Maisie regrette d'avoir quitté Londres et de s'être volontairement enterrée dans cette petite banlieue résidentielle. Solly accueille de jeunes étrangères chez elle et entrevoit d'autres vies plus palpitantes que la sienne... Toutes sont marquées par l'amertume d'une vie consacrée aux autres. le renoncement est palpable chez chacune d'entre elles, et lorsque le passé refait surface et apporte son lot de nostalgie elles deviennent blasées, se sentent invisibles et aspirent à d'autres choix.

    Arlington Park est un récit assez féministe au style surprenant, parfois même poétique quand l'auteur évoque cette pluie qui s'abat sans discontinuer sur la ville, et qui rythme les heures de cette journée tournée vers l'introspection et l'amertume. On tourne les pages de ces existences remplies par la routine et les corvées, marquées par le passage du temps et la répétition des jours gris qui apportent chaque matin leur lot de désillusion et de vacuité.
    Définitivement hors norme et déstabilisant, c'est un roman qui peut prêter à sourire, et c'est quelque part un peu agaçant d'être confronté à ce revers de la médaille : la vie de ces femmes qu'elles jugent sans consistance, mais à qui tout semble sourire, et qui restent malgré tout désoeuvrées et avides d'autre chose. J'ai quant à moi apprécié cette brève incursion à Arlington Park, au milieu de toutes ces personnalités insatisfaites qui toutes ont quelque chose qui les rapproche et à qui, parfois, on pourrait presque s'identifier...

    Lien : http://tranchesdelivres.blogspot.com/2011/06/arlington-park-rachel-c..
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  • Par sylvie, le 17 novembre 2010

    sylvie
    Attention ! Femmes au foyer désespérées, s'abstenir au risque de mal tourner...
    Ce texte peut devenir harassant tant le mal être des héroïnes en question est suggéré avec justesse.
    Ce livre est gris comme la pluie qui tombe dans ce coin de banlieue huppée de Londres.
    Il vire au noir lorsque des éclairs de lucidité traversent les âmes de ces cinq femmes noyées dans l'ennui de leur morne quotidien.
    Il explose en rouge quand elles font éclater leurs colères trop longtemps contenues.
    On peut parfois y apercevoir du vert, mais ce n'est pas celui de l'espoir, c'est celui de la rage.
    J'imagine en effet ces personnages féminins avec un teint olivâtre tellement elles semblent malades de rancunes, contres elles mêmes, leur mari, le monde entier.
    Quand elles en viennent à considérer le sort de l'humanité à l'aune de leur condition, elles n'épargnent plus rien ni personne. Elles sont trop pleines de déceptions, de fatigues, de frustrations ou de vide.
    Mais ces temps de réflexion et de retour sur soi sont très brefs et bien rangés dans leur for intérieur. Ils n'ont pas la place de s'épanouir parce qu'ils restent coincés entre les trajets de la maison à l'école, du supermarché au frigo de la cuisine, du jardin public au salon pour un café entre voisines.
    Voilà un livre bien saignant sur une certaine condition féminine dans un milieu favorisé.
    On se prend à y chercher quelques vestiges de pensées féministes comme on le ferait au fond d'un sac à main :- " Mais où avons nous bien pu mettre nos aspirations à l'égalité des sexes ? Nous les aurait-on volées ? Les aurions nous égarées ? "
    De très beaux passages descriptifs des lieux comme des âmes révèlent un regard acide et acéré qui m'a convaincue.
    Des liens sur le blog...

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2010/11/arlington-park-rachel-cu..
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Citations et extraits

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  • Par MarianneDesroziers, le 10 juin 2010

    Juliet Randall fouilla ses cheveux devant la glace et elle était là : une chose, une sorte de cafard, de sept centimètres de long et cinq de large, incrustée dans son cuir chevelu, agitant les pattes d'une manière triophale. Elle le montra à son mari. Regarde, dit-elle, regarde ! Elle pencha la tête en avant, tout en maintenant ses cheveux de côté. Benedict regarda. Oh, comme ça grattait ! Comme c'était dégoûtant ! Il n'y avait aps moyen de l'enlever ? Son mari ne paraissait pas le penser. Il était manifestement content que la bête n'ai pas décidé de faire son nid dans ses cheveux. Fais quelque chose! Juliet hurla, ou essaya de hurler, mais c'était un de ces rêves où on tente d'émettre un son et où on découvre soudain qu'on en est incapable. Elle se débattit dans son linceul de sommeil. Puis, dans un grand effort, elle le déchira et ouvrit les yeux.
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  • Par sylvie, le 29 octobre 2010

    Maintenant, des enfants plus âgés entraient dans le parc : des groupes de filles pubères avec de longues queues de cheval, de grands garçons maigres, la cravate de leur école défaite, des terminales parlant au téléphone. Leurs corps semblaient lutter contre leurs vêtements. Il faisait froid, mais la plupart portaient leurs manteaux et leurs chandails sur le bras, leurs chemises dépassant de la ceinture, le col déboutonné. C'était comme s'ils étaient faits d'une substance à laquelle les vêtements refusaient d'adhérer. Les filles poussaient des cris aigus, secouaient leurs cheveux et parlaient avec excitation tout en marchant. Elles criaient comme si tout les chatouillait; comme si le monde entier les chatouillait et assaillait leurs formes sensibles agitées de contorsions. Les terminales traînaient les pieds, dos voûté, et remuaient les lèvres, collés à leur portable.
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  • Par line70, le 19 mars 2011

    Elle se demanda si les livres qu'elle aimait la consolaient précisément parce qu'ils étaient les manifestations de son propre isolement. Ils étaient pareils à de petites lumières sur une étendue déserte, une lande: de loin ils semblaient serrés les uns contre les autres, innombrables, mais de près on voyait que des kilomètres et des kilomètres d'obscurité et de vide les séparaient.
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  • Par MissAlfie, le 26 juillet 2010

    Pendant un temps, [Juliet] avait attaché du prix à l'idée d'une maison, d'un mari et d'enfants, comme si ces choses étaient rares, comme si elles représentaient un nouveau raffinement de l'expérience humaine. Puis elle les avaient eues, et elles commença à sentir le plomb s'installer dans ses veines, un peu plus chaque jour. Le jour où elle avais compris que si elle n'allait pas acheter à manger il n'y aurait rien dans la maison ; le jour où Benedict était revenu du travail, une semaine après la naissance de Barnaby, et qu'elle avait compris qu'il faudrait qu'elle s'occupe de lui seule ; les fois innombrables où une tâche domestique lui était échue, de sorte qu'elle avait acquis de l'expérience et préféré s'en charger parce que c'était plus facile que de le demander à Benedict - tout cela était surprenant pour elle, scandaleux presque. Avec son sen sde la justice, elle s'était attendue à ce qu'à un certain moment le scandale soit découvert et qu'on en parle, mais tel ne fut évidemment pas le cas.
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  • Par brigittelascombe, le 16 avril 2012

    Ce n'est pas qu'elle et Martin eussent besoin d'argent,au sens d'une nécessité urgente.C'était surtout ce qu'elle faisait elle, Solly, qui avait un prix; et une fois qu'on commençait à envisager les choses de cette manière, on devenait sensible.On se voyait dans une sorte de chute libre, incontrôlée,à l'issue de laquelle menaçait une immense précarité.
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Video de Rachel Cusk

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[Rachel Cusk : Egypt Farm]
Dans un salon de la fondation Deutsch de la Meurthe, à la Cité internationale universitaire de Paris, Olivier BARROT présente le livre de Rachel Cusk "Egypt Farm". Banc titre photo de Rachel Cusk.








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