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ISBN : 2070121984
Éditeur : Gallimard (2008)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 559 notes)
Résumé :
Elena, une jeune Roumaine née en Bessarabie et ballottée par l'Histoire, rencontre à un bal en 1958 un homme dont elle tombe passionnément amoureuse. Il est juif, et ses parents s'opposent au mariage. Elena finit par épouser Jacob et par réaliser son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceausescu. Émigrer aux États-Unis. Elle devient américaine, et se fait appeler Helen. Elle a rompu avec le passé, mais l'avenir n'est plus un rêve. Helen est mainte... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
14 novembre 2016
  • 3/ 5
Le roman se déroule entre 1950 et 2006.
Elena vit en Roumanie sous le régime communiste.
Devenue jeune fille, elle épouse Jakob, un Juif contre l'avis de son père.
Ils arrivent en Amérique où ils ont tous deux un métier apprécié et reconnu. Ils sont naturalisés Américains.
Leur fils Alexandru fait des études pas assez poussées pour sa mère. A 26 ans, il connaît Marie, une Parisienne qui viendra vivre en Amérique avec lui. Ils auront une petite fille Camille.
Marie est rejetée par Helen qui n'accepte pas la différence de culture entre eux et la thèse que Marie a obtenue.
Les différentes époques du livre sont présentées avec de nombreux retours en arrière.
L'originalité du roman réside dans le fait que la vie d'Elena-Helen est scindée en plusieurs parties :
- Fille
- Amante
- Epouse et mère
- Veuve
Le fait qu'Helen a reproduit le même comportement que son père est étudié en psychogénéalogie de nos jours et c'est assez effrayant. Moi qui suis contre le déterminisme. Et pourtant...
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kathy
18 décembre 2012
  • 3/ 5
Les rapports complexes, les mésententes, les malentendus dans les relations humaines, les caprices du destin ont toujours fasciné Catherine Cusset.
Ainsi dans ce roman l'auteur nous raconte l'histoire d'une roumaine, Elena qui a grandi dans la Roumanie communiste de Ceausescu bousculée par l'histoire. Dans cette Roumanie antisémite, elle rencontre Jacob, juif, qu'elle épouse contre l'assentiment de ses parents. Son rêve : quitter la Roumanie, émigrer aux Etats-Unis afin d'offrir un brillant avenir à son fils unique, Alexandru.
Elena contrôle son destin pour offrir à son fils de brillantes études jusqu'au jour où rentre dans sa vie, sa belle-fille, française, qui risque de compromettre l'avenir dont elle avait rêvé pour lui.
Un brillant avenir c'est une histoire de FEMMES, une histoire de famille, au cours de laquelle Catherine Cusset décortique les relations d'Elena en tant que petite fille, amante, épouse et mère, puis veuve avec les différents membres de sa famille, dont sa belle-fille en particulier.
Roman qui oscille tour à tour entre présent et passé. Ce passé qui est ancré en nous et qui, à tout moment, peut remonter dans nos mémoires, nous habiter, et nous inciter à reproduire des schémas enfouis, sources de discorde et d'incompréhension.
Au final un roman où les sentiments, - l'égoïsme, la violence, la jalousie, mais aussi la tendresse et l'amour sont distillés petit à petit avec pudeur, finesse et tendresse.
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selena_974
01 juin 2012
  • 5/ 5
Helen et Jacob sont un couple d'un certain âge installés aux États-Unis après avoir émigré de Roumanie. Ils ont très bien réussi professionnellement à s'intégrer, et ont un fils, Alexandru, un jeune homme brillant, diplômé d'Harvard et marié à une française, Marie. le bonheur leur sourit. Mais le début de ce roman nous amène à un moment pas si heureux que ça. On y découvre une Helen qui n'en peut plus de prendre soin d'un Jacob malade, et qui, malgré l'amour qu'elle lui porte toujours, décide de ne plus partager son lit. Au milieu de la nuit, Helen découvre Jacob sans connaissance dans sa chambre glacée, avec un sachet plastique sur la tête... Il a essayé de se suicider. C'est le point de départ de cette histoire, mais également le point d'arrivée car les chapitres suivants sont composés de flashbacks plus ou moins récents dans le passé d'Helen.
On y découvre son enfance en Roumanie, sa réussite scolaire, sa rencontre avec Jacob et les conditions dans lesquelles ils ont dû fuir Bucarest pour se réfugier en Israël, en Italie et finalement aux États-Unis. Mais on vit parallèlement à sa jeunesse une période plus tardive, celle de sa rencontre avec celle qui deviendra sa belle-fille, Marie, qu'elle ne voit pas du tout comme la femme idéale dont elle avait rêvé pour son fils.
Des bribes de l'histoire d'Helen donc, qui nous permettent de rapprocher et de superposer son propre vécu à celui de Marie. C'est un portrait complet de ces deux femmes que nous brosse ici Catherine Cusset, deux femmes si différentes et qui ont malgré tout un point commun : leur amour pour Alexandru. A travers leur vécu, on assiste à un choc des cultures, à une véritable incompréhension de l'autre. Helen et Marie vont être confrontées tout au long du roman à ces différences, mais finiront petit à petit à se comprendre et à se respecter. En toile de fond, l'auteur nous parle de la Roumanie communiste, de l'antisémitisme, de l'immigration... Autant de sujets qui peuvent paraître lourds et indigestes, mais qui donnent une vraie profondeur à cette histoire et permettent au lecteur de comprendre qui est Helen.
Je voulais de la vraie littérature, je suis servie avec l'histoire de cette jeune fille brillante, si attachante, contrainte de quitter son pays et sa dictature, ses parents et leurs principes, et de suivre celui qu'elle aime dans un pays totalement inconnu dans le seul but d'être libre... Un ouvrage loin de ce que j'ai l'habitude de lire, mais tellement bien écrit !
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carre
14 janvier 2012
  • 4/ 5
Elena, une jeune Roumaine, tombe amoureuse de Jacob, juif.Malgré le refus de ces parents elle réussit à l'épouser et émigrée aux Etats-Unis ou elle choisit de s'appeler Helen. Fin de la première partie.
On retrouve Helen, quelques années plus tard, elle est devenue une parfaite américaine mais les années ont passés et elle doit s'occuper de Jacob malade. de plus son fils aimé, a choisit pour épouse une jeune française Marie. Elle va détester cette jeune femme belle, intelligente et libre qui risque de lui ravir ce fils adoré. Cette magnifique saga sur plusieurs générations est avant tout un très beau portrait de femmes, Catherine Cusset, elle même émigrée aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans raconte avec talent le déracinement, la solitude, la différence culturelle,la reconstruction d'une nouvelle vie et cette volonté de protéger ce qu'on a construit. Avec émotion elle réussit un roman virtuose et terriblement émouvant. Prix Goncourt des lycéens.
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Fourvin
25 mai 2013
  • 4/ 5
Fin portrait de femme, et même de femmes puisque cinq générations et les relations mères/filles et mère/belle-fille sont du voyage. Catherine Cusset sait garder le cap au milieu de ses choix stylistiques (éclatement dans le temps et recours au présent ou à l'imparfait), d'une écriture sans affectation, et nous rend sensible cette plongée en profondeur dans le caractère de son héroïne, sa façon de composer avec la vie, ses relations avec les autres, aussi imparfaites que nous sommes tous imparfaits et nous pouvons nous méprendre les uns sur les autres.
Il faut ajouter à cela l'éclatement géographique entre Bessarabie/Moldavie, Bucarest, New York, Israël, Paris, Rome... Catherine Cusset maîtrise très bien sa construction romanesque pour nous permettre d'apprivoiser le caractère quelque peu revêche de l'héroïne, en faisant mûrir notre bienveillance à son égard.
NB : c'est en consultant Babelio alors que la fin du roman était en vue, que j'ai découvert qu'il avait eu le Goncourt des Lycéens. Je me sens de plus en plus d'affinité avec ce prix, qui me procure ce troisième plaisir en quelques mois, après le mémorable "Club des incorrigibles optimistes" de Guénassia et le bon "Parle-leur de bataille, de rois et d'éléphants" d'Enard.
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Les critiques presse (1)
Lecturejeune01 décembre 2008
Lecture jeune, n°128 - Quatre périodes délimitent la vie d’une femme, et deux identités : Elena la petite roumaine, née dans les années trente en Bessarabie, devenue Helen, citoyenne américaine. La construction narrative alterne entre la jeunesse d’Elena et sa vie actuelle aux États-Unis. Le roman s’ouvre sur une scène poignante : le mari d’Helen, atteint par la maladie d’Alzheimer, choisit de se donner la mort. Le récit revient ensuite sur l’enfance difficile de la petite fille, ballotée, dans les années trente, entre les membres d’une même famille qui a émigré en Roumanie. Elena sera adoptée par son oncle et sa tante après la mort de sa mère. Étrangère au sein de ce couple distant, la jeune fille se réfugie dans la lecture et l’étude. L’intérêt majeur du roman est de découvrir l’adolescence dans un pays communiste. Elena tombe amoureuse de Jacob, qui est juif, et pour cela rejeté par sa famille, qui se conforme à l’antisémitisme ambiant. Seul compte pour eux l’avenir d’Elena. Devenue ingénieur chimiste, pour elle seul comptera l’avenir de son fils. Lorsque le jeune couple a réussi à imposer son mariage et à fuir en Israël, Elena voudra repartir aussitôt aux États-Unis, autant par ambition, que pour éviter à son fils d’avoir à défendre son pays.

La fin « heureuse » est assez inattendue pour ce livre qui présente l’incommunicabilité entre les cultures et l’incompréhension au sein d’une famille. L’individualisme forcené d’Helen, est-il un idéal à proposer aux adolescents ? Le roman est assez captivant, situant cette saga familiale dans les grands conflits de l’Histoire du XXe siècle. Si le roman bouscule la chronologie, chaque chapitre est daté. Phrases courtes, nombreux dialogues, style minimaliste, sans effet littéraire qui en font un roman de lecture facile. Il a obtenu le prix Goncourt des lycéens en novembre dernier et peut être soumis à une lecture (critique) des jeunes adultes.

Cécile Robin-Lapeyre
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy18 décembre 2012
Marie pleurait parce que Alex lui manquait terriblement et qu'elle ne comprenait pas ce qu'elle faisait dans cette ville du Connecticut à des milliers de kilomètres de l'homme qu'elle aimait. Helen ne le comprenait pas non plus. Elle s'était rendu compte que Marie était une victime aussi, et qu'il y avait en elle de la douceur et de la vulnérabilité. Une phrase que son fils lui avait dite trois ans plus tôt dans un accès de colère lui est tout à coup revenue : "Tu ne lui as jamais ouvert un coeur de mère, maman!".
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kathelkathel02 août 2011
Il y a l’avant et l’après.

L’avant. Pieds nus courant sur l’herbe. L’odeur de terre mouillée après la pluie. Les boutons-d’or qu’elle cueillait. Pour sa mère ? Elle imagine le visage aux pommettes écartées, le sourire, le fichu couvrant les cheveux châtain clair attachés en chignon, la robe bleu ciel et le tablier blanc.

« Les enfants ! Venez goûter ! » L’image de mère qu’elle a dû voir, plus tard, dans un livre pour enfants. Il y avait des animaux. Elle en est sûre. Les moutons contre lesquels elle se pelotonnait, les agneaux qui mangeaient des feuilles dans le creux de sa main. Elle les entend bêler. Et des vaches. Elle voit Bunica sur un tabouret de bois, en train de les traire. « Tiens, Nounoush. Bois. C’est bon pour toi. » Elle n’aimait pas le lait. Elle obéissait.
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MorriszappMorriszapp11 août 2009
Et sa réponse dépendait de facteurs qui n’avaient rien à voir avec eux : son humeur et le temps ce jour-là, ce qu’il avait mangé pour le déjeuner, son rapport avec son patron, sa vie familiale, le cas dont il s’était occupé juste avant. C’était si arbitraire qu’Elena se vit soudain sous la forme d’un pantin dont les ficelles étaient tirées par un enfant capricieux aux doigts gourds. (p. 358)
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jeunejanejeunejane14 novembre 2016
2003
Elle s'appuie contre la balustrade, allume une cigarette et regarde le miroir noir de l'Hudson entre les tours Trump. C'est une belle nuit claire de la mi-septembre, pleine d'étoiles.
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Melpomene125Melpomene12513 août 2016
Elle comprit en cet instant que ses parents n'avaient aucune idée de ce qu'était l'amour, puisqu'ils ne pouvaient concevoir d'autre raison à son désir d'épouser Jacob qu'un acte physique portant à conséquence. Elle sentit plus fort que jamais que ces gens n'étaient pas ses parents. Il n'y avait aucune relation entre eux et elle. Ils étaient brutaux et vulgaires. Qu'ils acceptent ou non sa décision d'épouser Jacob, cela n'avait aucune importance. Elle pourrait ne jamais les revoir. Même Bunica, qui ne disait rien mais prenait parti pour eux en ne défendant pas sa petite-fille. Jacob était le seul dont l'âme répondît à la sienne. Il était tout: son ami, son père, sa mère, sa grand-mère, son amant.
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Vidéo de Catherine Cusset
François Busnel reçoit une récente lauréate du prix Goncourt, Lydie Salvayre et Françoise Chandernagor, membre du jury. le dessinateur Jul est présent pour célébrer les 70 ans de Lucky Luke, ainsi que Jonathan Coe, pour «Numéro 11 : Quelques contes sur la folie des temps». Catherine Cusset et Véronique Ovaldé complètent la liste des invités.
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