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ISBN : 2738111254
Éditeur : Odile Jacob (25/01/2002)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 163 notes)
Résumé :
La majorité des enfants vivant des situations ou dans des conditions extrêmement difficiles en verront leur avenir, leur épanouissement, leur développement compromis.

Pourtant, dans une certaine proportion, ils panseront leurs plaies, deviendront des hommes et femmes équilibrés et réussiront leur vie sociale et affective. Comment expliquer cette capacité à se remettre par exemple de la guerre ou de l'inceste, et même parfois à transformer l'horreur en... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
27 juillet 2013
Un livre très sérieux de Boris Cyrulnik, traitant une fois encore de la résilience. Bon document, bien écrit, intéressant. Lire cet auteur n'est jamais une perte de temps.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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patachinha
12 juillet 2013
J'avais déjà entendu ce mot "résilience" sans connaître précisément sa signification. Boris Cyrulnik a l'art de nous l'expliquer de façon abordable pour ceux qui ne maîtrisent pas le jargon psychiatrique, et les exemples donnés illustrent bien ses propos.


La résilience est cette capacité à triompher de l'adversité, à se développer malgré les épreuves douloureuses que l'on ait pu traverser. le résilient est quelqu'un qui réussit à construire quelque chose de positif là ou d'autres échouent. Ce n'est pas nécessairement quelqu'un de joyeux, montrant une immense joie de vivre, on peut même être dépressif et résilient! Cela correspond à une faculté de rebondir face aux coups du sort et non pas une aptitude au bonheur.

Cyrulnik met en exergue l'idée que le traumatisé peut rarement s'en sortir seul sans l'aide de ce qu'il appelle judicieusement un "tuteur de développement". Celui-ci sert de point de repère, de modèle ou de guide dans sa tempête intérieure. Cela peut être un parent, un frère, un membre de la famille avec un statut important, un professeur, un éducateur, un psy, un ami... quelqu'un qui l'aidera à intellectualiser les évènements traumatiques, à entreprendre un travail de deuil puis de renaissance.

Biensûr l'essentiel du cheminement se fait dans le for intérieur. La résilience permet à défaut de pouvoir oublier son passé, de composer notre devenir en fonction des milieux "écologiques, affectifs et verbaux". le rêve et l'intellectualisation jouent un rôle primordial chez le résilient, car ils sont souvent le point de départ de l'élaboration d'une théorie de vie.
Cyrulnik nous démontre à quel point les traumas sont inégaux car ils surviennent à des moments différents sur des constructions psychiques différentes. L'âge est un facteur important, l'enfant a tendance à se souvenir de tout dans les moindres détails alors que l'adulte théorise ses souvenirs dans des reconstructions sociales où l'évènement prend sa place. Comme exemple très pertinent il cite la mort du président Kennedy, dont il ne se souvient pas précisément comment il a reçu cette information mais se souvient de détails insignifiants comme la chambre, le lit, le temps qu'il faisait etc. En racontant son passé, on le reconstruit, on ne le revit pas, ce qui ne signifie pas non plus qu'on l'invente.

Il ne faut pas perdre de vue, que chacun se construit en fonction de l'image qu'il renvoie consciemment ou non de sa personnalité, et de l'image que la société renvoie de soi.
Meurtri, le résilient doit souvent faire face à une certaine "culture" qui considère que son destin est tracé, que la répétition est inévitable, que rien ne peut sauver la personne. Ce qui est vrai si effectivement le sujet n'a personne sur qui compter, il ne pourra pas s'en sortir tout seul. Curieusement il existe une ambivalence dans le regard porté aux résilients. Souvent, on les aime tant qu'ils sont dans un état lamentable, puis ils deviennent suspects dès lors qu'ils s'en sortent par la grande porte...

"Afin qu'un merveilleux malheur vous donne des idées heureuses", c'était votre petite dédicace au salon du livre monsieur Cyrulnik. Merci pour cet ouvrage accessible et utile ...
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Tatooa
10 juin 2013
J'ai un léger souci avec le concept de résilience de Cyrulnik... Car quelque part, il semble excuser ce qui nous a rendu "résilient" (violence parentale, violence de la société, etc), et ça me dérange profondément et me paraît un tantinet superficiel... de plus, les contradictions sont légions dans ses bouquins...
Si tous les enfants maltraités ne deviennent pas maltraitants, c'est oublier un peu vite ceux qui n'arrivent pas à "résilier". Les dépressifs chroniques, les délinquants et violents divers et variés (j'y inclue les "fous") que notre société produit à grande échelle actuellement.
Ses bouquins m'intéressent, ils rejoignent ceux d'Alice Miller quand elle dit qu'un seul "témoin lucide" dans la vie d'un enfant maltraité suffit pour qu'il comprenne que ce qu'il vit en subissant des maltraitances n'est pas normal, et qu'il peut ensuite grandir sans le devenir à son tour. Sauf que là où Alice Miller ne pardonne pas et se contente d'expliquer, Cyrulnik, lui, "excuse" les bourreaux. du moins, le laisse sous-entendre car je n'ai jamais lu ou entendu de sa part quoi que ce soit de clair à ce sujet... Or, je pense que pardonner quelqu'un qui se fiche comme d'une guigne de nous avoir fait du mal, nous amène à nous faire nous-même encore plus de mal... Point n'est besoin de pardonner pour vivre sans haine et apaisé, contrairement aux idées reçues et aux poncifs véhiculés par de trop nombreux auteurs psys ou autres. Quand on a été un enfant maltraité, humilié, ne serait-ce même que psychologiquement rabaissé, le chemin est long avant d'arriver déjà à s'aimer soi-même, et sans amour de soi, l'amour ou le pardon qu'on prétend avoir pour les autres n'est qu'un leurre, une illusion rassurante, une façon de se sentir supérieur et meilleur que ceux qui nous ont blessés, mais en aucun cas cela ne guérit de quoi que ce soit... Ce n'est qu'un emplâtre sur une jambe de bois. Et dessous, le mal est toujours là...
Et comme l'homme (Cyrulnik) me met mal à l'aise à chaque fois que je regarde ses interviews, je n'ai pas l'impression qu'il soit aussi bien dans sa peau (donc aussi "résilient") qu'il le prétend...
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feanora
03 juin 2015
Outre le fait que j'ai vraiment apprécié le thème du livre, j'ai l'impression d'avoir compris enfin les raisons pour lesquelles des personnes qui avaient enduré d'immenses souffrances ne les avaient jamais révélées car la société ne souhaitait surtout ne rien entendre, si ce n'est que des faits "arrangés"à son goût..
Toutefois, je considère ce livre comme un réconfort même si tous les enfants victimes de violences insupportables ne réussissent pas à se reconstruire car ils n'ont pas rencontré rencontré les êtres qui auraient pu leur apporter l'aide nécessaire pour tricoter les premières mailles.
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Bellisa55
17 décembre 2014
Orphelin ayant échappé in extremis à la déportation, Boris Cyrulnik est un exemple vivant de la capacité psychique qui consiste à se construire après avoir vécu un ou plusieurs traumatismes et que l'on nomme la résilience.
L'auteur s'attache ici à observer ceux qui ont traversé des épreuves difficiles et qui, contre toute attente, ont réussi à valoriser le positif qui étaient en eux, pour comprendre les moyens que ces "blessés de l'âme" ont mis en oeuvre. A travers des témoignages et des études de cas, le lecteur découvre comment il est possible d' "apprendre à vivre" malgré l'adversité.
C'est une véritable petite note d'espoir que nous délivre Boris Cyrulnik.
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Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria27 juillet 2013
"C'est dur, quand on a six ans, d'être condamné à mort", raconte Bernard. "Une nuit, j'ai donc été arrêté. C'est la lumière qui m'a réveillé. Lumière brutale, ça veut dire quelque chose. Il y avait dans ma chambre à peu près six hommes, je crois. Je n'avais pas peur tant j'étais étonné. La chambre était petite et les hommes s'étaient répartis autour du lit. Les civils m'ont étonné, bien plus que les soldats. Ils portaient des lunettes noires, en pleine nuit. Un chapeau-feutre sur le col relevé de leur canadienne leur donnait bel aspect. Ils pointaient sur moi un révolver et dans l'autre main tenaient une torche électrique. Les soldats allemands, en retrait, avaient gardé leur fusil sur l'épaule."
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HekahmHekahm14 décembre 2015
Quand on essaie d'évaluer, dans une population, les échelles de stress au cours des épreuves de la vie, on obtient un classement où la mort du conjoint vaut cent doses de stress, le maximum. Le divorce, même souhaité, vaut à peu près autant de doses que l'emprisonnement ou...le mariage. La retraite est bien placée également dans les échelles de stress. Elle est plus agressive que les dettes ou les pertes d'emploi. Tout en bas de l'échelle, on évalue tout de même à dix points l'agression provoquée par les vacances, les fêtes de Noël et les contraventions. Mais l'échelle ne dit pas que le pire stress, c'est l'absence de stress, car le manque de vie avant la mort provoque un sentiment désespérant de vide avant le vide.
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Dixie39Dixie3923 novembre 2014
c'est la peur du retour de la meurtrissure qui nous engage à travailler pour qu'elle ne revienne jamais. La souffrance du manque, la douleur de la perte nous contraignent au symbole. L'art fait revivre les morts, comme la philosophie panse les blessures.
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Dixie39Dixie3923 novembre 2014
Peut-être n'y a t-il pas de familles sans secret ? Peut-être des objets sensés remplissent-ils nos maisons de discours officiels qui mettent dans l'ombre quelques bibelots murmurant des récits inavouables ? Mais l'objet qui parade attire moins l'attention que celui qui murmure.
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BigDreamBigDream06 février 2015
"Alors, aux abords de l'humour, je l'ai éprouvé, il y a de la mort, du mensonge, de l'humilité, de la solitude, une tendresse insupportable et tendue, un refus des apparences, la préservation d'un secret, le fait d'une distance infinie, un cri en contrecoup de l'injustice."
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>Psychologie différentielle et génétique>Psychologie de l'enfant>Généralités : développement sensoriel, physiologique, intellectuel (42)
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