ISBN : 2070126226
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.65/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres

À Paris, deux jours avant le premier tour des élections présidentielles,deux hommes cagoulés pénètrent dans un appartement du 17earrondissement. Une seule chose semble les intéresser : l ordinateurportable du propriétai... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 18 avril 2011

    caro64
    Paris, deux jours avant le premier tour des élections présidentielles. Un appartement dans le 17ème arrondissement. Deux hommes en cagoule sont surpris par le propriétaire des lieux, Benoît Soubise, en train de copier le disque dur de son portable. S'ensuit une courte lutte au cours de laquelle ce dernier meurt accidentellement. Les deux cambrioleurs prennent alors la fuite en emportant l'ordinateur portable. le commandant Pétrus Pâris, de la brigade criminelle, ne tarde pas à se rendre compte que ce cambriolage qui a mal tourné cache en réalité une affaire bien plus explosive impliquant les milieux politiques et industriels français, cette fameuse "honorable société". L'enquête de la brigade criminelle s'oriente en effet très rapidement vers l'entourage de pierre Guérin, ministre des Finances, candidat déclaré à la présidence de la République, et leurs amis industriels qui le soutiennent. La volonté féroce du commandant Pâris de faire toute la lumière sur cette affaire n'est pas du tout de leur goût. Il va leur falloir agir…
    Un roman noir écrit à quatre mains par Dominique Manotti et DOA, c'était la promesse d'une histoire riche, complexe et particulièrement documentée, la promesse d'un roman d'action sans temps morts, la promesse d'un thriller politique sans concession comme on en écrit trop rarement en France. Et toutes ces promesses sont très largement tenues, au point de faire réellement froid dans le dos et au risque de perdre ses dernières illusions sur ceux qui nous gouvernent. Ente hommes politiques pourris et capitaines d'industries corrompus, nos deux auteurs dressent un tableau noir et nauséabond des arcanes du pouvoir en France. Toute ressemblance avec des personnages vivantes ou ayant existé ne peut être fortuite ! La vérité dépasse malheureusement bien souvent la fiction. Alors, "Ouvrez les yeux, éteignez vos télés !" pour reprendre le slogan...
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 18 avril 2011

    caro64
    Une chronique de Christine

que je trouve très bonne… (Blog : Bibliofractale )
    Nous vivons une époque formidable. Si, je vous assure. Regardez autour de vous, et quoi qu'il se passe dans le monde, vous avez le choix.
Le choix de vous passionner pour telle ou telle cause, d'agir pour telle ou telle autre.
De vous indigner, de faire des pétitions, de voter, même.
Bien sûr, il est également possible de dire que tout se décide tout là-haut, dans les hautes sphères, et que nous, misérables fourmis, nous comptons pour du beurre fondu. 
Et même pas salé, le beurre, c'est dire…Et pourtant… Nous vivons une époque formidable dans laquelle des révolutions inimaginables peuvent se produire, parfois. Alors, cette léthargie, on la secoue ?

    C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser* …
    Benoit Soubise vient d'être assassiné. C'est sa récente maîtresse qui a découvert le corps et donné l'alerte. Un crime crapuleux comme beaucoup d'autres ?
    Pas si sûr.
    Il y a quelques éléments dans ce dossier qui sont perturbants.
    La brigade criminelle, sous la férule de Pétrus Pâris, constate que l'ordinateur de Soubise a disparu. Et que, de toute évidence, crime et « nettoyage » sont l'affaire de pros.
    Ceux qui ont, hum, emprunté l'ordinateur se rendent vite compte que ce dernier a été piraté.
    Benoit Soubise, officiellement ingénieur pour un sous-traitant d'AREVA, était en fait un conseiller proche de Cardona, patron du CEA (Commissariat à l'énergie atomique), et surtout, officier de police pour la DCRG (Direction centrale des renseignements généraux).
    Et Barbara Borzeix, sa maîtresse ? Oh, elle, elle dirige le service juridique du numéro 1 français du béton, PRG. le Picot-Robert Groupe. Dirigé d'une main de fer dans un gant de velours crissant par Elisa Picot-Robert.
    Parlons-en, d'Elisa. Saviez-vous qu'elle était proche, très proche, de Pierre Guérin ? Oui, LE Pierre Guérin candidat aux présidentielles ? Un candidat aux multiples relations, à l'appétit féroce, et prêt à toutes les promesses, toutes les alliances, pourvu qu'elles soient juteuses.
    Pâris commence à mettre son nez là où il ne le faut surtout pas. Et il est du genre têtu.
    Pourtant, les pressions se multiplient sur son dos pour que l'enquête s'oriente vers des suspects appartenant à un groupuscule écologiste. Vers trois jeunes qui ont eu la très mauvaise idée de pirater l'ordinateur de Soubise. Et pour que ce soient eux les seuls et uniques coupables.
    Ils vont se retrouver au cœur d'une affaire qui va rapidement les broyer.
    Car il faut éviter, que dis-je ? enterrer au plus vite !! tout ce qui pourrait indiquer que le futur gouvernement s'apprête à brader des entreprises d'état (et des plus « sensibles ») à des capitaux privés.
    Parler de nucléaire en période électorale n'est jamais une bonne chose, n'est-ce pas ?
    Oui, il faut à tout prix éviter les sujets qui fâchent.
    Et puis c'est tout.



    Moi, Adam et Eve, j'y crois plus, tu vois ? Parce que j'suis pas idiot, la pomme, ça peut pas être mauvais, c'est plein de pectine**…
    Ah…. Les tentations, croquer la pomme, c'est si facile dès qu'on a un peu de pouvoir. Affluence de courtisans, flatteries, corruption.
    Oup's, non ! Pas corruption ! Services mutuels entre gens de bonne compagnie.
    Oui, c'est mieux.
    Avec un style sec, nerveux, incisif, avec des phrases souvent très courtes et percutantes, voilà un roman à l'intrigue haletante et à la construction parfaitement maîtrisée.
    Il n'y a rien d'inutile, c'est dégraissé jusqu'à l'os, et on sent le formidable travail de documentation donner vie à un roman noir dans la plus pure des traditions.
    Celle qui est le témoin du monde actuel, celle qui décrypte tout ce que vous n'avez fait qu'entr'imaginer sans jamais oser aller jusqu'au bout.
    Parce que non ! Tout de même ! Ce n'est pas possible que ce soit aussi… noir ? Vil ? Choquant ?
    Mais si, c'est possible. Et l'écriture de ce livre, commencée il y a quelques années, donne un roman rattrapé par l'actualité.
    C'est effrayant de réalisme, sans jamais tomber dans le cynisme, oh non. Les auteurs sont bien trop malins pour cela. A vous de juger sur pièce, vous avez tous les éléments en main.
    Roman écrit à quatre mains, impossible de dire qui a fait quoi, c'est fluide, limpide, réussi.
    Chaque personnage prend vie, âme, personnalité, avec une profondeur étonnante.
    On les suit, on les aime, on les déteste, on frissonne pour eux, on s'indigne, on sursaute, une fois la lecture commencée, il est quasi impossible de laisser ce livre pour vaquer à autre chose.
    L'intrigue est au cordeau, ne laisse pas une minute de répit, chaque page vous saisit par son lot de révélations ou de rebondissements.
    Aucune concession, aucun compromis, un roman qu'on referme en se disant « Bon sang, quelle claque magistrale ».
    Mais bien sûr, il n'est pas besoin de préciser que ce n'est qu'une pure fiction, et que toute ressemblance etc. etc.
    Très sincèrement, une lecture indispensable, et je pèse mes mots.

    * Montesquieu De l'esprit des lois
    ** JC VanDamme


    Lien : http://bibliofractale.over-blog.com/article-l-honorable-societe-7055..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 30 avril 2012

    encoredunoir
    Un employé chargé de la sécurité du Commissariat à l'Énergie Atomique est assassiné entre les deux tours de l'élection présidentielle.
    Difficile de résumer ce roman polyphonique touffu dans lequel évoluent, se croisent ou se heurtent un candidat de droite ambitieux, égocentrique et caractériel (« Quand j'aurais les pleins pouvoirs, je me chargerai moi-même d'en pendre quelques-uns à des crocs de boucher ! »), un commandant de police qui n'a rien à perdre, un jeune procureur, des barbouzes, de jeunes écoterroristes de pacotille dépassés par les événements, une grande chef d'entreprise qui place de grands espoirs dans le candidat de droite, un journaliste d'investigation reconverti dans la critique gastronomique qui reprend le manche pour tirer sa fille du guêpier dans lequel elle s'est fourrée, un candidat de gauche avec quelques casseroles, une femme trahie, une femme sans illusions sur son mari…
    Pour autant jamais l'on ne se perd dans les méandres de cette histoire d'autant plus effarante que les auteurs ont choisi d'à peine masquer les personnages publics qu'ils mettent en scène et que le lecteur ne peut s'empêcher de se demander jusqu'où tout cela peut être crédible.
    Engagé mais pas démagogique, jamais pontifiant, L'honorable société n'est tendre avec personne et tous les protagonistes de cette histoire portent leur part de cynisme, d'opportunisme, de lâcheté ou de mauvaise foi, à l'image d'une société dans laquelle, peu à peu, l'effort collectif le cède à l'individualisme et à l'égotisme.
    Dominique Manotti et DOA devaient à l'origine travailler à quatre mains sur un scénario. On le ressent bien sûr dans la structure polyphonique du roman, la multiplication des points de vue, et sans doute aussi ce livre tire-t-il de ce projet originel la clarté de sa narration.
    le passage du scénario au roman explique sans doute aussi la sécheresse de l'écriture, sans fioriture, qui permet d'uniformiser le style mais aussi de se concentrer sur l'histoire et d'y entraîner le lecteur sans pour autant l'y noyer.
    Il faut enfin dire que ces deux là se sont bien trouvés, qui étaient déjà l'un comme l'autre lancés dans la politique-fiction. L'union a fait la force et les deux auteurs nous offrent avec L'honorable société un roman abouti qui mêle le meilleur de Nos fantastiques années fric et de Citoyens clandestins. Comme dans leurs ouvrages précédents, ils réussissent à nous faire réfléchir sans pour autant nous servir une morale lénifiante. La conjonction de ces deux talents dont on peut penser qu'ils en sont sortis encore plus aguerris fait que l'on se prend à croire que l'on tient là – mais on s'en doutait déjà – deux auteurs qui peuvent en remontrer aux spécialistes anglo-saxons du genre, James Grady, Larry Beinhart, Henry Porter ou Robert Littell.

    Lien : http://www.encoredunoir.com/article-o-tempora-o-mores-l-honorable-so..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par gruz, le 22 janvier 2012

    gruz
    Un tel sujet de polar, d'une brulante actualité, avait tout pour me faire me pourlécher les babines.
    Et bien, l'effet a fait un peu "pschitt", en ce qui me concerne.
    L'histoire est bien construite, on retrouve des caractères et des travers connus de notre société politique et économique actuelle, mais elle reste tout de même assez convenue.
    On sent que les auteurs savent de quoi ils parlent, et ont déroulé un récit crédible, aux multiples ramifications. le crédo du "tous pourris" accroche facilement le lecteur, mais paradoxalement j'ai souvent eu l'impression que la réalité arrivait à dépasser la fiction.
    Quant au style, il a vraiment été un problème pour moi. L'écriture épurée, quasi télégraphique par moments ; l'utilisation régulière de phrases sans verbe ou sans sujet ; l'utilisation conjointe de la première et de la troisième personne du singulier dans le même paragraphe, rendent le rythme alerte, mais ont été un frein pour ma plongée dans l'histoire.
    En résumé, pas mal, mais en deçà de mes attentes.
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    • Livres 3.00/5
    Par brusc, le 24 octobre 2011

    brusc
    Comme toujours chez Dominique Manotti, une exploration, via la fiction et le roman noir, de notre société et de ses turpitudes. L'action se situe entre les deux tours de l'élection présidentielle française. S'y affrontent un candidat de droite présentant de sacrées similitudes avec notre actuel président et un candidat de gauche, carrément falot. Sur cette toile de fond, de grandes manœuvres pour l'appropriation du gâteau du nucléaire français par une grande entreprise de BTP (suivez mon regard...). Barbouzes, écoterroristes, flics, journalistes d'investigation, magistrats, politiques et leurs conseillers sont les acteurs de cette intrigue bien menée par nos deux auteurs (DOA et Dominique Manotti) qui nous démontrent encore une fois que la fiction est souvent en deçà de la réalité. Les phrases brèves à la limite du style télégraphique (un peu trop quand même) donnent à ce réquisitoire la froideur d'un compte-rendu de médecin légiste.
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Critiques presse (2)


  • Lhumanite , le 18 juin 2011
    Un roman inquiétant, remarquablement construit, d’une intelligence rare, qui n’est pas sans évoquer le grand cinéma italien des années soixante-dix.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeMonde , le 14 juin 2011
    Du côté de l'impeccable roman de Manotti et DOA, il s'agit de mettre au jour les liens incestueux entre les grandes entreprises et le pouvoir, en offrant au passage une vision désespérée de la société.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 18 avril 2011

    Sonia est très calme. « Non seulement tu ne réponds pas au téléphone, mais tu n'as pas non plus consulté ta messagerie ? Faute professionnelle, mon chéri. Schneider a déclaré au journal de 13 heure de TF1 que le gouvernement auquel tu appartiens venait d'adopter en catimini un décret sur l'EPR de Flamanville qui enfonce la France dans une impasse technologique et lui fait perdre sa place dans ce domaine parmi la concurrence internationale. Il exige un débat public sur les choix nucléaire.

    - Quelle raclure ! Il était le premier à pousser pour l'adoption du décret avec tous ces traîtres qui se prétendent mes amis et n'attendent qu'une chose, me poignarder dans le dos ! » Depuis des mois, ses meilleurs ennemis, dans son propre camp, militent pour le lancement du chantier de Flamanville. Ils savent qu'une réussite dans ce domaine ferait grimper les prix et contrecarrerait ses plans avec PRG et le groupe Mermet. Il n'a accepté de céder que pour une raison, le temps joue pour lui. Les centrales à réacteur EPR ne seront pas au point avant longtemps. Ils ont au moins deux ou trois ans devant eux. Largement assez. « Ces connards de la presse n'ont pas de mémoire, ils l'ont oublié, ça !

    - Peut-être, mais les premiers échos qui remontent des journalistes sont plutôt positifs, et il n'est pas sûr que ton brillant numéro populiste suffise à détourner leur attention.

    - Ça se paiera, tu m'entends ? Quand j'aurai les pleins pouvoirs, je me chargerai moi-même d'en pendre quelques uns à des crocs de boucher !
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  • Par caro64, le 18 avril 2011

    Quand j’aurai les pleins pouvoirs, je me chargerai moi-même d’en pendre quelques-uns à des crocs de bouchers !
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  • Par Onclepaul, le 20 avril 2011

    Un type fasciné par le fric qui joue les tribuns populaires
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  • Par Onclepaul, le 20 avril 2011

    Quand j’aurai les pleins pouvoirs, je me chargerai moi-même d’en pendre quelques-uns à des crocs de bouchers
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Pour ce premier rendez-vous, un spécial Série Noire où passeront à table Aurélien Masson, directeur de la vénérable collection, et l'écrivain DOA, qui nous parlera de L'Honorable société, son roman à quatre mains écrit avec Dominique Manotti.








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