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ISBN : 2070408833
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 372 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
1931, l'Exposition coloniale. Quelques jours avant l'inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d'une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d'un coup. Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirq... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Coriolis, le 10 avril 2015

    Coriolis
    Sous les toits de Paris 
    Tu vois ma p'tit' Nini 
    On peut vivre heureux et bien uni...
    Les toits de Paris admirablement immortalisés par René Clair n'attirent plus les regards en ce 1er mai 1931. Même la tradition des vendeurs de muguet haranguant la foule est un peu oubliée. le parfum des fragiles brins n'étourdit plus les têtes. Paris vibre pour un autre événement en pleine préparation qui s'annonce grandiose. Demain, l'Exposition coloniale doit être inaugurée par Gaston Doumergue, actuel président de la République. Il faut marquer le coup. On a donc spécialement recréé l'ambiance des colonies en ayant cure d'utiliser des clichés ô combien éculés. La jungle urbaine se nimbe d'exotisme. Éléphants, lions, crocodiles sont présents. Il ne manque que quelques cannibales pour compléter le tableau... On a donc pris quelques Kanaks et on leur a habilement fait croire qu'ils étaient les invités d'honneur de cette manifestation exceptionnelle afin d'y représenter l'Océanie. On les a ensuite déshabillés, déguisés, dépossédés de leur culture pour les transformer en redoutables anthropophages. On leur a même appris à avoir l'air agressif pour leur donner un semblant d'authenticité. Quel souci du détail ! Tout est fin prêt. L'ensemble des crocodiles, peu acclimaté à l'air parisien, vient toutefois de rendre l'âme. Il faut improviser, faire preuve d'inventivité. On s'en fait prêter quelques-uns par le cirque Höffner se trouvant en Allemagne. En échange des impressionnants reptiles, on propose au cirque de leur céder quelques kanaks. Il faut bien les dédommager...Et puis, un kanak de plus ou de moins...
    Gocéné, Minoé sa promise et Badimoin, tous trois kanaks, firent partie de cette pathétique farce. le sort fera que Minoé sera envoyée en Allemagne. Les kanaks ont des valeurs. le sens de l'unité est sacré pour eux. S'ils ont bien voulu un temps se prêter à cette gigantesque mascarade, ils ne se laisseront pas abuser sans agir. On savait la bêtise humaine et la cruauté infinies. Voilà un court roman qui témoigne de l'ignominie de l'homme et de son intolérance face à la différence.
    Inspirée d'un fait réel, cette oeuvre, teintée d'amertume, nous amène à nous interroger sur notre attitude face à l'inconnu. L'envie de découvrir les us et coutumes de peuples auxquels nous n'appartenons pas nous donne-t-elle tous les droits ? Est-il nécessaire de contraindre des personnes à se grimer, à se convertir en « monstres de foire » pour assouvir notre curiosité ?
    Un ouvrage grinçant qui devrait être mis entre bon nombre de mains. Un bouquin de chevet idéal pour les amateurs de safaris photos exaspérants, les touristes irrespectueux et autres nostalgiques du colonialisme.
    Sous les toits de Paris 
    Tu vois ma p'tit' Nini 
    On sépare famille et amis...
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 19 février 2014

    Sando
    Paris est en pleine effervescence. On est en 1931 et l'Exposition Coloniale s'apprête à ouvrir ses portes. Les représentants de chaque colonie sont venus en groupes du monde entier. Mais loin de vouloir mettre en valeur leur culture, leur singularité et leur richesse, on leur demande de se comporter en sauvages. Parquée dans un enclos, entre les lions et les crocodiles, une tribu de Kanak (c'est à dire les habitants de Nouvelle-Calédonie) va ainsi subir les mauvais traitements des français et va devoir jouer le rôle d'anthropophages primaires, ne communicant que par les grognements et par la danse ! Et, comme si cela ne suffisait pas, une partie de la tribu va être envoyée dans un cirque en Allemagne en échange du même nombre de crocodiles afin de remplacer ceux morts de manière inexpliquée dans l'enclos d'à côté… Pour Badimoin et Gocéné, chargés de protéger leur clan, s'en est trop et tous deux décident de se lancer à la recherche des disparus sans se douter de l'hostilité qui les attend dans la capitale…

    Avec « Cannibale », Didier Daeninckx pointe du doigt un épisode particulièrement honteux de notre histoire dont, pour ma part, j'ignorais tout. le récit, raconté par Gocéné des années plus tard, nous plonge dans le Paris des années 30 vu par les yeux d'un étranger qui ne comprend pas le monde qui l'entoure mais qui le ressent et se heurte à ses dangers, ses préjugés et son hypocrisie. C'est le récit sincère, juste et néanmoins sans rancune, d'un homme qu'on a avili, humilié et traité comme un animal dans le simple but de divertir un public en mal d'exotisme… Un texte court, facile à lire et cependant d'une grande richesse, qui donne à réfléchir et bouleverse par sa brutalité et l'injustice à laquelle il renvoie. Je comprends mieux pourquoi il est si souvent prescrit au collège !
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    • Livres 3.00/5
    Par Jackiedream, le 03 juin 2013

    Jackiedream
    Gocéné est un kanak, c'est à dire un autochtone de Nouvelle Calédonie. Sur la route de son village, accompagné de son ami Caroz, il est bloqué par deux jeunes rebelles kanaks. Ceux ci rejettent Caroz, car celui-ci est blanc. Gocéné va alors se replonger dans sa jeunesse pour leur raconter ses aventures et peut être leur faire changer d'avis...
    Gocéné a été envoyé avec ses camarades à Paris, au moment de l'exposition coloniale de 1931. Une fois arrivé là bas, les belles promesses des dirigeants se sont envolés. Assimilés à des "cannibales", les kanaks sont parqués comme des bêtes, obligés de danser nus, de grogner, de se battre...pour distraire les visiteurs. Aucune de leurs traditions n'est respectée, ils sont maltraités, mangent mal...De plus, un jour tout un groupe de kanaks est envoyé à Francfort, dans un cirque qui en échange envoie des crocodiles à Paris. Dans ce groupe, il y a Minoé, la "promise" de Gocéné. Ayant promis à son père de veiller sur elle à tout prix, il essaie de retrouver sa trace, accompagné de son fidèle ami Badimoin.
    J'ai aimé ce livre car les personnages sont attachants et courageux, plongés dans un monde qui leur est inconnu. J'ai apprécié le fait que l'action soit mise au service de l'engagement de l'auteur; En effet celui-ci rend hommage à ce peuple humilié et maltraité. Il ne veut pas que ce qui leur est arrivé tombe dans l'oubli. Il dénonce cette exposition qui n'était qu'une façade pour masquer l'horreur dans les colonies. le fait que le récit de Gocéné s'inscrive dans un autre récit, moderne est très intéressant. La lecture est très facile, le style agréable et bon. Par ce récit, l'auteur exprime son opinion plus clairement qu'avec un long discours. Il met constamment en parallèle deux mondes opposés qui vont se rencontrer à cause de la colonisation. Ce livre nous replonge dans L Histoire avec un grand H de façon agréable grâce à l'histoire imaginée par l'auteur. Les péripéties des deux personnages dans le Paris de l'époque m'ont plu de même que la fin du roman, très inventive...
    Après, il est vrai que ce n'est pas forcément le genre de livre qui me transcende mais c'est un roman très intéressant. C'est bien que certains écrivains laissent une trace de ce qui c'est passé...Comme le dit si bien l'auteur, le respect ne se voit pas à la naissance, ni grâce à notre couleur de peau, mais par nos actes et nos choix...Ce roman est donc un appel à la tolérance, court mais efficaces qui nous rappelle les mentalités de l'époque.
    Grâce à ce livre, j'ai pu me dire : tant de chemin parcouru, et pourtant tant de choses restent à faire !
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    • Livres 4.00/5
    Par BMR, le 06 août 2007

    BMR
    On connaissait de Didier Daeninckx ses polars engagés et militants.
    Avec Cannibale, le voici dans un registre proche, qui nous donne une petite mais édifiante leçon d'Histoire, à faire figurer dans notre florilège des opuscules minuscules.
    Sobre épisode (une centaine de pages écrites sans fioritures) mais sombre épisode.
    En 1931 (oui, y'a pas de faute de frappe : 1931 et non pas 1831), pour l'Exposition Coloniale qui verra la naissance du zoo de Vincennes et de Babar, une centaine de canaques sont "amenés" de Nouvelle-Calédonie, déguisés en sauvages et parqués à côté des singes.
    Une partie de cette "cargaison humaine" sera même échangée contre une autre curoisité, des crocodiles d'un zoo allemand.
    Didier Daeninckx brode sur cette histoire véridique une petite fable effarante.
    D'une écriture simple, sans développer de thèse politique sentencieuse : juste un oeil ouvert quelques instants sur quelques moments de notre histoire.
    En tissant discrètement, comme en filigrane, un autre épisode, situé lui dans les années 80, pendant "Les Evénements" quand les kanaks agitèrent l'île calédonienne, 50 ans après l'Exposition Coloniale.
    Comme pour mettre tout cela en perspective historique.
    Mais notre lecture effarée de cette affaire de 1931 (oui : 1931, pas 1831) peut éclairer également un autre parallèle historique : quand on voit l'arrogance et le racisme de la bêtise coloniale de cette époque, comment s'étonner que le monde ait basculé dans la barbarie moins de 10 ans plus tard ?
    Edifiant ....
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    • Livres 5.00/5
    Par patatipatata, le 22 juin 2012

    patatipatata
    Didier Daeninckx agit comme un aiguillon. Il s'applique de livre en livre à remuer la vase, pour faire remonter à la surface des faits sociaux ou historiques que notre mémoire collective préférerait oublier.
    Dans «Cannibale», il revient sur un épisode récent et peu glorieux de notre histoire. L'exposition coloniale de 1931, où des Kanak furent exhibés dans un zoo entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles.
    «... nous sommes restés dans le froid, sans vêtements, avec juste un bout de manou autour des hanches. On nous a mis derrière des grilles, comme des bêtes sauvages, entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles... Tout le monde nous présente comme des cannibales, les enfants nous jettent des cacahuètes, on prétend que nous vivons avec plusieurs femmes alors que nous sommes tous fervents catholiques...
    .../nos compagnes étaient obligées d'exhiber leurs seins, alors que chez nous elles gardent leur robe missionnaire même pour se baigner dans la mer. Les gardiens nous frappent si nous oublions de pousser des cris d'animaux féroces devant les visiteurs ! Ce qu'on nous donne à manger, nos chiens s'en détournent...»
    Dans «Main courante» l'auteur se penche sur le registre des faits divers d'un commissariat de police et va, sous forme de nouvelles, radiographier notre société au quotidien. Certaines histoires font froid dans le dos. Une écriture vivante qui se lit d'une traitre comme un polar, pour nous amener à la chute et déranger notre conscience.
    Deux petits livres subversifs, qui ne tombent pas des mains.
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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 19 décembre 2011

    - Tu vas te taire, à la fin ! Si tu n'essaies pas de t'échapper, si tu ne hurles pas, on ne te fera pas de mal... on veut seulement parler avec toi. Tu vas venir avec nous sans faire d'histoires...
    Il a marmonné contre ma main, en roulant des yeux et en relevant ses sourcils. Badimoin a assuré sa prise puis il l'a obligé à escalader le monticule. Nous nous sommes arrêtés à l'autre extrémité du relief qui formait une sorte de terrasse naturelle au-dessus du marigot. On entendait distinctement les clapotements, les respirations inquiétantes, les claquements de mâchoires des sauriens affamés. J'ai fait glisser ma main, libérant ses lèvres.
    - Qu'est-ce que vous me voulez tous les deux ? Vous vous croyez dans votre jungle !
    Badimoin, qui lui interdisait tout mouvement s'est penché à son oreille.
    - Si ça n'avait tenu qu'à nous, on y serait restés...
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  • Par mgeffroy, le 07 mars 2008

    Nous avons longé la Seine, en camion, et on nous a parqués derrière des grilles, dans un village kanak reconstitué au milieu du zoo de Vincennes, entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles. Leurs cris, leurs bruits nous terrifiaient. [...] Au cours des jours qui ont suivi, des hommes sont venus nous dresser, comme si nous étions des animaux sauvages. Il fallait faire du feu dans des huttes mal conçues dont le toit laissait passer l'eau qui ne cessait de tomber. Nous devions creuser d'énormes troncs d'arbres, plus durs que la pierre, pour construire des pirogues tandis que les femmes étaient obligés de danser le pilou-pilou à heures fixes. [...] J'étais l'un des seuls à savoir déchiffrer quelques mots que le pasteur m'avait appris, mais je ne comprenais pas la signification du deuxième mot écrit sur la pancarte fichée au milieu de la pelouse, devant notre enclos : Hommes anthropophages de Nouvelle-Calédonie.
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  • Par Pavi33, le 01 août 2013

    — Ah, c’est enfin vous, Grimaut ! Cela fait bien deux heures que je vous ai fait demander... Que se passe-t-il avec les crocodiles ? J’ai fait le tour du parc ce matin, avant de venir au bureau, je n’en ai pas vu un seul dans le marigot...
    Grimaut commence à transpirer. Il baisse les yeux.
    — On a eu un gros problème dans la nuit, monsieur le haut-commissaire... Personne ne comprend ce qui a bien pu se passer...
    — Cessez donc de parler par énigme ! Où sont nos crocodiles ?
    — Ils sont tous morts d’un coup... On pense que leur nourriture n’était pas adaptée... Á moins qu’on ait voulu les empoisonner...
    L’administrateur reste un instant sans voix, puis il se met à hurler.
    Grimaut déglutit douloureusement.
    — Morts ! Tous morts ! C’est une plaisanterie... Qu’est-ce qu’on leur a donné à manger ? De la choucroute, du cassoulet ? Vous vous rendez compte de la situation, Grimaut ? Il nous a fallu trois mois pour les faire venir des Caraïbes... Trois mois ! Qu’est-ce que je vais raconter au président et au maréchal, demain, devant le marigot désert ? Qu’on cultive des nénuphars ? Ils vont les chercher, leurs crocodiles, et il faudra bien trouver une solution... J’espère que vous avez commencé à y réfléchir...
    L’adjoint a sorti un mouchoir de sa poche. Il se tamponne le front.
    — Tout devrait rentrer dans l’ordre au cours des prochaines heures, monsieur le haut-commissaire... J’aurai une centaine de bêtes en remplacement, pour la cérémonie d’ouverture. Des crocodiles, des caïmans, des alligators... Ils arrivent à la gare de l’Est, par le train de nuit...
    — Gare de l’Est ! Et ils viennent d’où ?
    Grimaut esquisse un sourire.
    — D’Allemagne...
    — Des sauriens teutons ! On aura tout vu... Et vous les avez attrapés comment vos crocodiles, Grimaut, si ça n’est pas indiscret ?
    L’adjoint se balance d’un pied sur l’autre.
    — Au téléphone, tout simplement. Ils viennent de la ménagerie du cirque Höffner, de Francfort-sur-le-Main. C’était leur attraction principale, depuis deux ans, mais les gens se sont lassés. Ils cherchaient à les remplacer pour renouveler l’intérêt du public, et ma proposition ne pouvait pas mieux tomber...
    Albert Pontevigne fronce les sourcils.
    — Une proposition ? J’ai bien entendu... J’espère que vous ne vous êtes pas trop engagé, Grimaut.
    — Je ne pense pas... En échange, je leur ai promis de leur prêter une trentaine de Canaques. Ils nous les rendront en septembre, à la fin de leur tournée.
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  • Par annie, le 14 avril 2009

    - "Tous les enfants de la tribu m'entourent et me demandent comment c'était la France, Paris. Je leur invente un conte, je leur dis que c'est le pays de merveilles. Mais très tard, je raconte pour les Anciens. Je leur explique qu'on nous obligeait à danser nus, hommes et femmes; que nous avions pas le droit de parler entre nous, seulement de grogner comme des bêtes, pour provoquer les rires des gens, derrière la grille; qu'on insultait le nom légué par nos ancêtres." (p. 47)
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  • Par annie, le 14 avril 2009

    - "Tu vois, on fait des progrès : pour lui nous ne sommes pas des cannibales mais seulement des chimpanzés. Je suis sûr que quand nous serons là-bas, nous serons redevenus des hommes." (p. 41)

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Didier Daeninckx - Caché dans la maison des fous .
A l'occasion du Festival de littérature franco-irlandais "Crime Fiction" à Dublin, rencontre avec Didier Daeninckx qui nous présente son ouvrage "Caché dans la maison des fous" à paraître le 21 mai 2015 aux éditions Bruno Doucey. Note de Musique : © Mollat https://www.facebook.com/Librairie.mollat/ https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/ https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemollat/ http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/








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