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ISBN : 2072451418
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Pour Eugène Varlot, ancien Poilu de la Grande Guerre reconverti en détective privé, les lendemains de victoire ont un goût plutôt amer. Tenaillé par un cauchemar obsédant qui le replonge dans l'enfer des tranchées, le voici engagé par un certain colonel Fantin. L'homme ... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par nameless, le 23 juillet 2015

    nameless
    Les livres de Didier Daenincks sont intemporels, ils peuvent se lire à n'importe quel moment sans être jamais démodés, peu importe leur date de parution, puisqu'ils trouvent leur origine dans l'histoire contemporaine. Pas n'importe quelle histoire, pas celle javellisée qui est aux programmes des collégiens ou lycéens, entendons-nous. Didier Daenincks, écrivain citoyen, écrivain engagé nous oblige à gratter les écrouelles qui nous démangent pour découvrir ce qu'il y a sous ces croûtes qui se refusent à cicatriser : La guerre d'Algérie, la 1ère et la seconde guerre mondiale, pas dans leurs victoires universellement flattées et applaudies, mais dans tous leurs petits dérapages immondes que l'Etat cannibale aurait bien aimé garder secrets.

    Rappelons que la profession de détective privé est née après la première guerre mondiale. L'invraisemblable nombre de disparus au cours de cette boucherie intégrale, est devenu une mâne pour les petits malins qui aidaient les femmes de tous les pays partenaires de l'apocalypse, y compris australiennes, soit à divorcer, soit à devenir officiellement veuves, prêtes à reconnaître n'importe quel corps démembré pour être libérées et éventuellement recueillir les pauvres bénéfices secondaires de leur décès. Surtout, ne leur jetons pas la pierre !

    René Griffon, détective, sur rendez-vous, 15 rue du Maroc, Paris 19ème, a créé sa propre officine. Sa carte de visite aurait ainsi pu être libellée : “Détective Ducon, croix de guerre avec citation”. C'est lui qui le dit page 20. Parmi ses faits de guerre, celui qui l'a le plus traumatisé, c'est d'avoir défoncé à coups de crosse la tête d'un copain breton de tranchée qui venait de se suicider d'une balle dans la tronche, pour éviter que l'on déniche “un bureaucrate dans le service chargé de répertorier les pertes, trop heureux de détecter un “suicidé”, un lâche qui avait choisi de mourir de sa propre main plutôt que d'affronter les balles boches !” (p.51).

    René est maqué avec Irène, sa secrétaire et néanmoins copine de sexe, avec laquelle il partage de bons moments bien justifiés. Quand le Colonel de Larsaudière fait appel à lui pour une banale histoire d'adultère, le lecteur comprend bien qu'il ne s'agit que d'un prétexte pour Didier Daenincks pour photographier le Paris d'après la première guerre mondiale. L'histoire policière sert de squelette que l'auteur recouvre de muscles et de graisse à travers les innombrables anecdotes que l'on devine documentées au millimètre. Les stocks américains laissés en jachère par un Etat US qui ne pensait pas conclure aussi rapidement, Cochon, qui aide les plus démunis à trouver un logement , les anarchistes et communistes en pleine ébullition. Il ne manque pas au passage de rappeler à notre mémoire défaillante l'épisode de la mutinerie russe à la Courtine. Je vous laisse découvrir cette honteuse page de l'histoire française au cours de laquelle le tsar-sanglant a envoyé ses opposants se faire massacrer pour aider la guerre mondiale : 800 obus tirés sur les rebelles, neuf morts, appréciez la véracité des informations officielles.

    J'arrête là, non sans préciser que les fusillés pour l'exemple de 1917, sont souvent passés au poteau, pour masquer les errances de leurs chefs, ou quelquefois leur lâcheté face à l'ennemi. Il fallait, à tout prix, que la rébellion ne soit pas contagieuse. Elle n'a pas été.

    Dans ce roman, l'aspect documentaire prend le pas sur l'écriture, le récit ressemble davantage à un article de journal, mais je ne vais pas m'en plaindre, on manque tellement de journalistes qui nous relatent les faits objectifs.
    Si l'histoire vous intéresse, n'hésitez-pas. Pour moi, c'est trop, il y aurait trop à dire. Il reste tant à découvrir si l'on veut que la vérité soit rétablie, faites confiance à Didier Daenincks. Le der des Ders, un grand Daenincks, mais il n'en existe pas de petits.

    Bonne lecture !
    ps : Sur le plateau de Millevaches, une place raconte cette histoire éternelle des "hommes contre". Un monument dressé au coeur du village de Gentioux. Un enfant en blouse grise d'écolier dresse de poing devant la liste des jeunes hommes morts à la guerre. Ses doigts pliés affleurent une inscription : "Maudite soit la guerre".
    Pendant près de 70 ans, toute manifestation patriotique était interdite devant ce monument, et les troupes qui le trouvaient sur leur chemin avaient ordre de détourner la tête ! Certains soldats, dit-on, serraient le point en passant, pour marquer leur solidarité avec l'écolier de Gentioux (Didier Daenincks dixit)

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    • Livres 4.00/5
    Par chapochapi, le 27 avril 2014

    chapochapi
    Polar ou roman noir ? c'est la première question que l'on peut se poser lorsqu'on lit le der des ders. Car s'il y a bien enquête, Daenickx se plait surtout à rendre vivant l'immédiat après-guerre : ses stocks de produits américains revendus à prix cassés, ses blessés empilés dans des hôpitaux périphériques, ses gradés trop soucieux de leur honneur, ses anarchistes révoltés etc. L'ensemble est servi par un argot savoureux et des personnages auxquels on veut croire.
    Certes, il y a bien une enquête, avec ses méandres, ses impasses, ses doutes, et elle est plutôt bien fichue cette intrigue qui en défrisera plus d'un. Elle commence lorsque le colonel Fantin de Larsaudière fait appel à René Griffon, ancien soldat reconverti dans les enquêtes privées. Ce dernier, souvent narrateur de cette aventure, nous fait le portrait d'un colonel soucieux de préserver son honneur : sa femme le tromperait trop visiblement. Pas très intéressant en apparence, du moins rien d'extraordinaire : rien que du travail habituel. Mais René a un peu d'intuition et de furieux doutes sur cette enquête trop évidente, sur cette épouse trop docile à la filature, sur ce père trop peu soucieux de la tentative de suicide de sa fille. Alors René creuse. Et René trouve.
    Encore une fois, le roman vaut autant pour cette énigme très bien menée que par la plongée dans le Paris des années 20 : pas de coupes garçonnes ici mais du corned mutton en boite, pas de jazz mais la dernière voiture à la mode et une société encore traumatisée qui ne cesse de clamer « si Jaurès avait été là ! ». Un plaisir double à la lecture de ce livre qui joue sur les rythmes, les encadrés qui cassent la page à la manière des surréalistes (je pense au Paysan de Paris) et les changements de narrateurs qui basculent sans cesse d'une vision omnisciente au point de vue interne. de fait, pas moyen de s'ennuyer !
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    • Livres 3.00/5
    Par le-mange-livres, le 16 mars 2011

    le-mange-livres
    Pour me changer les idées de Douglas Kennedy, j'enchaîne sur un Daeninckx, polar historique post - Première Guerre mondiale.
    Nous voilà dans les pas de René Griffon, ex-Poilu reconverti en détective privé dans le Paris de la fin des années 1910. Au volant de sa Packard, Griffon vit d'identifications de soldats inconnus et de de divorces. Jusqu'au jour où il est sollicité par le colonel Fantin de Larsaudière, qui l'engage pour mettre la main sur un maître chanteur qui utilise les infidélités de Madame pour salir l'honneur de Monsieur. Mais il apparaît bien rapidement que cette affaire de chantage dissimule des intérêts beaucoup plus troubles.
    Lecture plutôt agréable. Court et vite lu, style sans immense prétention mais très fluide.
    Outre l'intrigue policière, ce qui est intéressant c'est évidemment la reconstitution de l'ambiance de l'immédiat après-guerre ; c'est instructif sans être lourdaud. Les petits détails de la vie quotidienne sont cocasses - ainsi on apprend que pendant la guerre, on avait débaptisé tout ce qui semblait trop allemand, et on parlait d'eau de Louvain ou de berger d'Alsace (sic). On retrouve le dégoût des anciens combattants, les gueules cassés, les gazés, les secrets militaires ... mais aussi les débuts de la circulation automobile dans Paris (qui conduit les autorités à instaurer les premières mesures de sécurité routière, avec la rue Caumartin qui devient la première rue à sens unique !), les boîtes de nuit et le début des années folles. On retrouve aussi les thèmes chers à Daeninckx (la mémoire, la guerre, le Paris populaire et la plaine de France).
    Si vous avez aimé le der des ders, vous aimerez sûrement les romans de Philip Kerr, qui reprend le même principe, entre autres dans sa "trilogie berlinoise" (L'été de cristal, La pâle figure, Un requiem allemand), qui s'inscrit dans le cadre de l'Allemagne des années 1930.

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.com/2011/02/le-der-des-ders-didier-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 08 juin 2014

    zembla
    Dans les années 1920, Eugène Varlot un ancien poilu reconverti comme détective privé, se voit confié une enquête par le colonel Fantin de Larnaudière qui est au prise avec un maitre chanteur. Ce qui de loin ressemble a une simple histoire de moeurs, de près va se transformer en une histoire plus complexe dans laquelle notre héros Eugène Varlot va devoir jouer serré pour essayer de démêler le vrai du faux.
    Polar noir dans la plus pure tradition américaine pour ce qui est de l'intrigue mais polar bien français pour ce qui est du contexte. Une intrigue rondement menée, bien construite et assez emberlificotée écrite dans un style efficace et un fin inattendue très loin des standards du genre. Au delà de l'intrigue ce qui frappe le lecteur c'est la qualité de la reconstitution de ce Paris d'après guerre dans laquelle l'auteur réussit a l'immerger. Une réalité où l'on croise les laissés pour compte de cette guerre, ceux qui en sont revenus mais pour lesquels rien n'a été prévu pour les réinsérer dans la vie. Ma note 7.5/10 pour ce polar simple mais efficace.

    Lien : http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par pdbloti, le 20 avril 2014

    pdbloti
    Bonne histoire ancrée dans la désillusion d'après guerre.

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Citations et extraits

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  • Par nameless, le 22 juillet 2015

    - Vous n'aimez pas les flics, vous non plus ! Je n'en suis pas un. Détective privé. Je travaille à mon compte.
    - Vous faites le boulot en direct, en vous passant de l'Etat... C'est pas bête. Les troufions auraient dû y penser en 14, je ne serais pas là à me racler les bronches pour virer tous ces satanés résidus d'ypérite. Tu parles d'un bon air qu'on avait sur la Marne... J'ai jamais pu me faire à la campagne !

    Page 79 - Folio Policier
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  • Par nameless, le 21 juillet 2015

    En 17, les Ricains étaient partis pour une guerre de dix ans. Ils n'avaient pas hésité sur l'intendance ; tout ce que nécéssitait la vie d'un bon million d'hommes durant des mois était empilé bien droit dans des multitudes de hangars disséminés sur le territoire français. Manque de pot, en un an c'était réglé. Guillaume kaput...

    Page 30 - Folio policier
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  • Par nameless, le 22 juillet 2015

    C'était bien la première fois qu'on évoquait devant moi une guerre franco-russe à l'automne 1917 dans le département de la Creuse ! Pourquoi pas un championnat du monde de boxe opposant Foch au roi des Pygmées !

    Page 83 - Folio policier

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