[note de lecture tronquée]
J'avais prévu de le lire par petits bouts quand j'en aurai marre d'un cours ou qu'il y aurai du soleil sans vent dehors. La quantité de matières à réviser ne m'autorise pas raisonnablement à en avoir marre (ou alors c'est pour descendre faire des gâteaux parce que les caractères imprimés je ne peux plus me les voir) et il n'y a pas eu de soleil sans vent dehors. C'est donc hier soir que je m'y suis mise à ce petit livre. J'avais prévu de lire quatre ou cinq nouvelles et de passer à autre chose, je l'ai lu en entier.
C'est la première nouvelle qui a donné l'impulsion, "Les Poissons rouges". Dans tous les recueils de nouvelles il y en a qui plaisent beaucoup, d'autres qui déplaisent. Ici je ne crois pas que je puisse dire que j'en ai aimé une plus que toutes les autres, "Confidences" est une perle, "Cheval destroy" est extrêmement bien trouvée, "Le reflet" je ne vous en parle même pas parce qu'en deux pages
Daeninckx fait tout. Même quand on se doute de la fin, comme pour "La mort en huit chiffres" on dévore tous les mots. Il doit y en avoir deux ou trois seulement qui me m'ont pas plu, "Les versets étatiques" en particulier, et peut être d'autres dont les titres m'échappent. Même "La page cornée" qui trainait un peu a une fin magnifique, du coup j'ai culpabilisé de l'avoir lue un peu en diagonale par moments alors je l'ai relue.
Une fois qu'on est dedans l'effet pervers bien connu du "encore une" prend tout son sens. Je ne crois pas que j'aurai pu le lire en plusieurs fois. Je l'aurai refermé, éteint la lumière, puis rouvert quelques minutes plus tard en me disant que cette nouvelle sera la dernière pour ce soir.
J'ai compté 20 nouvelles sur 120 pages, certaines font deux pages, d'autres sont bien plus longues.
Sous la forme de faits divers on passe du racisme à la maison de vacances sans problème, on se laisse guider. On pourrait croire à une certaine légèreté des petites nouvelles noires mais dans chacune il y a ce petit truc qui nous renvoie à la société et à la vie actuelles, à la notion de normalité. Sont toujours mêlées réalité et fiction avec une habilité formidable. La seule exception réside dans "La page cornée" qui est un très bel hommage à
Eugène Dabit et à la littérature en général.
C'est concis, rapide, surprenant, réussi.
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