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ISBN : 2070406490
Éditeur : Gallimard

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.88/5 (sur 206 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s'oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d'histoire, a le tort de
passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l'ombre si, ving... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par clude_stas, le 16 octobre 2014

    clude_stas
    En tant que Belge, je ne savais pas ce qui s'était passé dans la soirée du mardi 17 octobre 1961. Et je n'avais pas conscience de cette répression meurtrière, par la police française, d'une manifestation d'Algériens organisée à Paris par le FLN, que Didier Daeninckx décrit ici minutieusement. Et l'auteur nous explique également à quel point le sujet, bien des années plus tard, est resté un brulôt incandescent. Mais je pense qu'il en est de même dans mon pays à propos des événements de la décolonisation au Congo.
    Ainsi, après quelques pages décrivant la manifestation et sa tragique conclusion, Daeninckx nous raconte un meurtre idiot, une bavure, pensons-nous, le meurtre d'un innocent professeur d'histoire par un (faux) CRS. Puis nous faisons un bond dans le temps : nous voilà à Toulouse, au début des années 1980, et le fils du professeur d'histoire se fait à son tour assassiné en pleine rue, au grand jour. L'inspecteur Cadin prend l'affaire au sérieux quitte à remuer des secrets d'Etat, à fouiller dans les strates de l'ignominie humaine, à chercher inlassablement le ou les coupables, sans laisser tranquilles les responsables. Et il ne se doute guère de ce qu'il va découvrir.
    Daeninckx fait le portrait de la France mitterrandienne, une France qui commence à affronter les fantômes de son passé. Mais cela se fait dans la poussière des archives, dans le questionnement de témoins amnistiés, dans le secret des cabinets ministériels. En effet, comme tout chercheur, Cadin (nous) apprend un grand nombre d'éléments inutiles pour l'enquête mais qui installent le décor, les lieux aussi bien que l'époque. Si bien que tout cela, bien plus ancien que moi, subitement, redevient d'une brûlante actualité. La démocratie ne doit pas s'endormir sur ses lauriers, si ce n'est au risque de permettre aux totalitaires de la pervertir.
    De plus, l'auteur peut en quelques lignes aux détails bien sentis (une publicité, une marque désormais oubliée, un slogan sur un mur) jouer avec notre mémoire, insufflant un peu de cette nostalgie pour un âge d'or qui n'a pas existé. En effet, le ver était déjà dans le fruit à l'époque. Nous n'avons fait que le laisser grandir.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 07 janvier 2012

    carre
    1961. Un jeune professeur se retrouve par hazard au milieu d'une manifestaionn d'algériens en colère qui va dégénèrer à cause de violences policières. Ce drame serait resté sans réponse si vingt plus tard, à Toulouse son fils se faisait à son tour désinguer. L'inspecteur Cadin va tenter d'élucider le double drame. Daeninckx met en lumière une des hontes que la France a tenté de cacher pendant deux décennies, la répression épouvantable d'une manifestation avec la bénédiction de l'état. Bien évidemment, l'histoire est mené de façon classique lié au genre, mais Daeninckx, y ajoute des faits historiques qui font tout l'intérêt du livre. D'ailleurs Daeninckx aime s'appuyer sur des faits réels pour dénoncer des injustices, des drames trop longtemps occultés. Avec ce meurtre pour mémoire, l'auteur frappe un grand coup et réalise un polar brillant et dérangeant.
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    • Livres 4.00/5
    Par bdelhausse, le 01 mai 2015

    bdelhausse
    Documenté, sincère, au propos percutant, courageux, engagé, le roman de Didier Daeninckx ne laisse pas indifférent.
    Deux meurtres à 20 ans d'intervalle. Un père et son fils. Historiens tous les deux, des gens sans histoire. Noyé dans le triste bilan de la manifestation des Algériens à Paris en 1961, le meurtre du père est classé sans suite. Lorsque le fils meurt assassiné à Toulouse, la machine policière se met en route, sous la plume d'un des meilleurs écrivains engagés que compte la France.
    Commençons par les choses qui m'ont gênées. Didier Daeninckx ne décrit pas bien les scènes d'action. On est davantage dans un récit à la Simenon que dans les échanges musclés d'un Izzo, très à l'aise quand cela remue. C'est dommage, car il se produit quelques pertes de rythme.
    Ensuite, le dénouement expliqué en long et en large. J'ai trouvé cela inutile, mais le roman est écrit en 1983, et les événements décrits n'étaient peut-être pas si connus, ou en tout cas on ne voulait sans doute pas les voir. Personnellement, je suis né dans les années 60 en Belgique et à l'école, les événements du Congo et la Seconde Guerre Mondiale n'étaient pas enseignés.
    Autre revirement improbable, le mea culpa du tueur... OK, petit spoiler, mais à peine...
    Car, comme je l'ai dit, le traumatisme est grand sur la Guerre d'Algérie et cette manifestation réprimée dans le sang à Paris. Voici plusieurs années, FR3 a diffusé de longs reportages sur cette guerre sordide. le lendemain de la première diffusion, un ami français m'a téléphoné en pleurs pour me demander pardon. Pas à moi spécialement, mais il fallait qu'il le fasse. Il n'avait pas dormi, il était dévasté. Il savait que la guerre est moche et injuste, il ignorait qu'elle l'avait été à ce point.
    Ce que fait Didier Daeninckx est fortiche. Il entremêle Seconde Guerre Mondiale et déportation des Juifs et Guerre d'Algérie. le tout dans quelques chose de tout à fait cohérent (jusqu'au chapitre 9). Son problème principal (et on peut le comprendre pour un premier roman), c'est de refuser d'aller jusqu'au bout de sa logique noire et désespérée. Là où un Izzo nous aurait mené au bord du gouffre, dans un final amer et sans porte de sortie, Daeninckx se retient. Personnellement, je ne lui en veux pas. Devant de telles atrocités, il faut savoir se laisser une respiration et une source d'espoir, croire dans la vie et les belles choses.
    Le roman est exceptionnel à plus d'un titre. Dans sa construction, dans son courage. Dans le portrait qui est fait de ce type, fusion de Bousquet (d'ailleurs originaire de Toulouse... coïncidence?) et de Papon... En 1983... Bien sûr, ces personnages étaient connus, leurs exactions, leurs méfaits aussi. On signalera toutefois que le gouvernement français n'a reconnu les morts de 1961 à Paris qu'en 1997... Et seulement 40 morts sont officiellement répertoriées, au lieu de 200 estimées. Daeninckx présente les mêmes ordres de grandeur. Chapeau bas.
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    • Livres 4.00/5
    Par fannyvincent, le 12 septembre 2014

    fannyvincent
    Le 17 octobre 1961, en marge d'une manifestation des algériens à Paris, un professeur d'histoire, Roger Thiraud, est assassiné. Vingt ans plus tard, son fils Bernard est à son tour assassiné à Toulouse, en sortant des archives locales. L'inspecteur Cadin se voit confier l'enquête sur ce second meurtre…

    « Meurtres pour mémoire » est un très bon polar, lu en une journée. L'histoire est assez prenante, notamment pour sa dimension historique, malgré quelques digressions qui n'apportent pas forcément grand-chose à l'intrigue. Elle met en lumière les agissements peu glorieux de l'Administration à certaines époques. Ce roman constitue ainsi un éclairage assez intéressant sur les dramatiques évènements du 17 octobre 1961, et sur la sévère répression policière conduisant à la mort de très nombreux manifestants.
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    • Livres 5.00/5
    Par Chiwi, le 23 décembre 2011

    Chiwi
    17 octobre 1961, un prof d'histoire rentre du travail. Il se trouve à proximité de la manifestation organisée par le FLN. Il est tué par un policier.
    Vingt ans plus tard, son fils est assassiné à Toulouse. Un policier va enquêter sur cette mort et mettre au jour des secrets que certains auraient préféré garder secrets.
    Meurtres pour mémoire a la forme d'un roman policier mais son sujet le transforme complètement.
    Deux événements servent de base au roman : la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale et la manifestation du 17 octobre 1961 réprimé violemment par les forces de police.
    Ecrit en 1983, ces deux éléments de l'histoire étaient peu médiatisés, l'Etat français avait un rôle peu reluisant. Encore aujourd'hui l'Etat ne veut pas reconnaître sa responsabilité dans la répression de la manifestation .
    Le haut-fonctionnaire visé par Daeninckx est Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de Gironde condamné pour complicité de crimes contre l'humanité et préfet de police, impliqué dans la répression de la manifestation d'octobre 1961.
    Le roman est sobre même s'il se permet quelques pointes d'humour.
    5/5
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Critiques presse (1)


  • ActuaBD , le 07 février 2012
    Daeninckx a choisi de coller aux faits et d’ajouter en parallèle un personnage témoin particulièrement pertinent.
    Lire la critique sur le site : ActuaBD

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Citations et extraits

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  • Par bdelhausse, le 01 mai 2015

    On tente d'assimiler les couches sociales les plus durement touchées par la crise, à des groupes présentant des dangers pour le reste de la société. Un véritable tour de passe-passe ! Les victimes sont transformées en épouvantails. Et ça marche ! La grand-mère la mieux attentionnée serre son sac à main sur son ventre dès qu'elle croise un garçon aux cheveux trop bouclés !. Rien que cette peur permet de légitimer, par avance, les mesures prises à l'encontre de ces gens. (p.127)
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  • Par sevm57, le 10 juin 2015

    -en plus, ils jouent à domicile ! Ça ne va pas être facile. Si je ne viens pas, ils mettront le gars d'El Oued dans les buts, pour me remplacer. C'est une vraie couscoussiere.
    -on dit "une passoire " en français.
    -et "El Oued", tu crois que c'est français !

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  • Par sevm57, le 20 juin 2015

    -Vous avez le chic pour mettre le nez dans les affaires les plus vaseuses, Inspecteur, mais ce n'est pas en remuant la boue qu'on parvient à en sortir....
    -Comment alors ?
    -Tout simplement en y plongeant les autres.

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  • Par sevm57, le 16 juin 2015

    Dalbois avait eu le génie du geste, lorsqu'à l'évocation de mon éventuel mariage, il avait établi la réalité du sien en tapotant son ventre. Mme Dalbois se résumait à cela : une serviette bien remplie.

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  • Par loreleirocks, le 02 juillet 2012

    Certains avaient intérêt à donner une image négative du peuple de la zone. Ils ont utilisé le thème du rejet pour les chasser de la périphérie immédiate de la ville. Ça continue avec l'utilisation actuelle du thème de l'insécurité. On tente d'assimiler les couches sociales les plus durement touchées par la crise, à des groupes présentant des dangers pour le reste de la société. Un véritable tour de passe-passe! Les victimes sont transformées en épouvantails. Et ça marche!
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Vidéo de Didier Daeninckx

Didier Daeninckx - Caché dans la maison des fous .
A l'occasion du Festival de littérature franco-irlandais "Crime Fiction" à Dublin, rencontre avec Didier Daeninckx qui nous présente son ouvrage "Caché dans la maison des fous" à paraître le 21 mai 2015 aux éditions Bruno Doucey. Note de Musique : © Mollat https://www.facebook.com/Librairie.mollat/ https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/ https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemollat/ http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/








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