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ISBN : 2070406490
Éditeur : Gallimard
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.9/5 (sur 248 notes)
Résumé :
Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s'oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d'histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l'ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s'était fait truffer de plomb, à Toulouse.
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Mladoria
Mladoria10 février 2016
  • Livres 3.00/5
Un père et un fils sont assassinés à 20 ans d'intervalle. Une enquête s'engage alors pour déterrer de sombres secrets enfouis dans les méandres administrative.
J'ai été agréablement surprise de voir démarrer cette histoire dans un contexte que je connaissais peu voire pas. Les flics fouineurs et les hauts pontes véreux sont campés avec un style particulièrement juste et le suspense reste entier jusqu'au dénouement qui, malheureusement, ne reste pas, comme je l'avais espéré dans ce contexte peu courant mais prend place dans une époque rebattue par la littérature. Peu d'originalité dans ce sens.
Une belle enquête malgré tout et un auteur à découvrir pour son allant verbal, son joli phrasé et ses personnages justement dosés.
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sevm57
sevm5720 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
J'avais envie de lire ce classique de la littérature policière depuis longtemps, notamment parce que je trouvais son titre formidable et évocateur. Et effectivement, Meurtres pour mémoire a été tout à fait à la hauteur de mes attentes.
J'ai beaucoup aimé le fait que ce roman policier s'appuie sur un contexte historique extrêmement bien documenté.
J'ai également beaucoup aimé le style de l'auteur, tellement différent des page-turners américains , et pourtant tout aussi efficace pour créer une atmosphère et rendre une intrigue passionnante.
Les meurtres de Roger et Bernard Thiraud resteront en tout cas dans ma mémoire.
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carre
carre07 janvier 2012
  • Livres 4.00/5
1961. Un jeune professeur se retrouve par hazard au milieu d'une manifestaionn d'algériens en colère qui va dégénèrer à cause de violences policières. Ce drame serait resté sans réponse si vingt plus tard, à Toulouse son fils se faisait à son tour désinguer. L'inspecteur Cadin va tenter d'élucider le double drame. Daeninckx met en lumière une des hontes que la France a tenté de cacher pendant deux décennies, la répression épouvantable d'une manifestation avec la bénédiction de l'état. Bien évidemment, l'histoire est mené de façon classique lié au genre, mais Daeninckx, y ajoute des faits historiques qui font tout l'intérêt du livre. D'ailleurs Daeninckx aime s'appuyer sur des faits réels pour dénoncer des injustices, des drames trop longtemps occultés. Avec ce meurtre pour mémoire, l'auteur frappe un grand coup et réalise un polar brillant et dérangeant.
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clude_stas
clude_stas16 octobre 2014
  • Livres 4.00/5
En tant que Belge, je ne savais pas ce qui s'était passé dans la soirée du mardi 17 octobre 1961. Et je n'avais pas conscience de cette répression meurtrière, par la police française, d'une manifestation d'Algériens organisée à Paris par le FLN, que Didier Daeninckx décrit ici minutieusement. Et l'auteur nous explique également à quel point le sujet, bien des années plus tard, est resté un brulôt incandescent. Mais je pense qu'il en est de même dans mon pays à propos des événements de la décolonisation au Congo.
Ainsi, après quelques pages décrivant la manifestation et sa tragique conclusion, Daeninckx nous raconte un meurtre idiot, une bavure, pensons-nous, le meurtre d'un innocent professeur d'histoire par un (faux) CRS. Puis nous faisons un bond dans le temps : nous voilà à Toulouse, au début des années 1980, et le fils du professeur d'histoire se fait à son tour assassiné en pleine rue, au grand jour. L'inspecteur Cadin prend l'affaire au sérieux quitte à remuer des secrets d'Etat, à fouiller dans les strates de l'ignominie humaine, à chercher inlassablement le ou les coupables, sans laisser tranquilles les responsables. Et il ne se doute guère de ce qu'il va découvrir.
Daeninckx fait le portrait de la France mitterrandienne, une France qui commence à affronter les fantômes de son passé. Mais cela se fait dans la poussière des archives, dans le questionnement de témoins amnistiés, dans le secret des cabinets ministériels. En effet, comme tout chercheur, Cadin (nous) apprend un grand nombre d'éléments inutiles pour l'enquête mais qui installent le décor, les lieux aussi bien que l'époque. Si bien que tout cela, bien plus ancien que moi, subitement, redevient d'une brûlante actualité. La démocratie ne doit pas s'endormir sur ses lauriers, si ce n'est au risque de permettre aux totalitaires de la pervertir.
De plus, l'auteur peut en quelques lignes aux détails bien sentis (une publicité, une marque désormais oubliée, un slogan sur un mur) jouer avec notre mémoire, insufflant un peu de cette nostalgie pour un âge d'or qui n'a pas existé. En effet, le ver était déjà dans le fruit à l'époque. Nous n'avons fait que le laisser grandir.
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bdelhausse
bdelhausse01 mai 2015
  • Livres 4.00/5
Documenté, sincère, au propos percutant, courageux, engagé, le roman de Didier Daeninckx ne laisse pas indifférent.
Deux meurtres à 20 ans d'intervalle. Un père et son fils. Historiens tous les deux, des gens sans histoire. Noyé dans le triste bilan de la manifestation des Algériens à Paris en 1961, le meurtre du père est classé sans suite. Lorsque le fils meurt assassiné à Toulouse, la machine policière se met en route, sous la plume d'un des meilleurs écrivains engagés que compte la France.
Commençons par les choses qui m'ont gênées. Didier Daeninckx ne décrit pas bien les scènes d'action. On est davantage dans un récit à la Simenon que dans les échanges musclés d'un Izzo, très à l'aise quand cela remue. C'est dommage, car il se produit quelques pertes de rythme.
Ensuite, le dénouement expliqué en long et en large. J'ai trouvé cela inutile, mais le roman est écrit en 1983, et les événements décrits n'étaient peut-être pas si connus, ou en tout cas on ne voulait sans doute pas les voir. Personnellement, je suis né dans les années 60 en Belgique et à l'école, les événements du Congo et la Seconde Guerre Mondiale n'étaient pas enseignés.
Autre revirement improbable, le mea culpa du tueur... OK, petit spoiler, mais à peine...
Car, comme je l'ai dit, le traumatisme est grand sur la Guerre d'Algérie et cette manifestation réprimée dans le sang à Paris. Voici plusieurs années, FR3 a diffusé de longs reportages sur cette guerre sordide. le lendemain de la première diffusion, un ami français m'a téléphoné en pleurs pour me demander pardon. Pas à moi spécialement, mais il fallait qu'il le fasse. Il n'avait pas dormi, il était dévasté. Il savait que la guerre est moche et injuste, il ignorait qu'elle l'avait été à ce point.
Ce que fait Didier Daeninckx est fortiche. Il entremêle Seconde Guerre Mondiale et déportation des Juifs et Guerre d'Algérie. le tout dans quelques chose de tout à fait cohérent (jusqu'au chapitre 9). Son problème principal (et on peut le comprendre pour un premier roman), c'est de refuser d'aller jusqu'au bout de sa logique noire et désespérée. Là où un Izzo nous aurait mené au bord du gouffre, dans un final amer et sans porte de sortie, Daeninckx se retient. Personnellement, je ne lui en veux pas. Devant de telles atrocités, il faut savoir se laisser une respiration et une source d'espoir, croire dans la vie et les belles choses.
Le roman est exceptionnel à plus d'un titre. Dans sa construction, dans son courage. Dans le portrait qui est fait de ce type, fusion de Bousquet (d'ailleurs originaire de Toulouse... coïncidence?) et de Papon... En 1983... Bien sûr, ces personnages étaient connus, leurs exactions, leurs méfaits aussi. On signalera toutefois que le gouvernement français n'a reconnu les morts de 1961 à Paris qu'en 1997... Et seulement 40 morts sont officiellement répertoriées, au lieu de 200 estimées. Daeninckx présente les mêmes ordres de grandeur. Chapeau bas.
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Les critiques presse (1)
ActuaBD07 février 2012
Daeninckx a choisi de coller aux faits et d’ajouter en parallèle un personnage témoin particulièrement pertinent.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre17 juillet 2016
il n’était pas rare au XIIIe siècle de voir la nourrice, dès que le bébé perçait des dents, mastiquer la nourriture avant de la glisser dans la bouche de l’enfant.
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oranoran30 mai 2016
Daeninckx a écrit un roman policier, mais il se sert de cette intrigue pour pouvoir reparler d’évènements terribles qui se sont produits à différentes époques :
D’abord pendant la Seconde guerre mondiale :
Drancy, en Seine-Saint-Denis, principal lieu de déportation des Juifs vers les camps d'extermination nazis, pour la majorité des convois vers Auschwitz. Au total, de 1942 à 1944, une soixantaine de convois français de déportés juifs sont partis de Drancy, d'où son surnom d’ antichambre de la mort ». En période de pointe, le camp a connu le départ de deux ou trois convois par semaine.
Jusqu'au 17 août 1944, le camp fonctionne comme lieu principal de rassemblement et de déportation. Sur 76 000 hommes, femmes et enfants juifs déportés de France, 67 000 le furent à partir de Drancy. Moins de 2 000 des déportés de Drancy sont revenus, soit à peine 3 %.
Daeninckx s’est certainement inspiré de Maurice Papon qui sévissait pas loin de Toulouse, à Bordeaux, comme secrétaire général de la préfecture de la Gironde. A l’issue de la guerre non seulement il ne va pas être inquiété mais il va encore avoir de la promotion et occuper le poste de Préfet de police à Paris, c’est lui qui va ordonner la répression du 17 octobre 1961. Inculpé en 1983, c’est-à-dire un an avant la publication du roman, pour les faits de 1942, Maurice Papon est jugé à partir de 1997 et condamné, en 1998, pour complicité de crimes contre l’humanité (arrestation et séquestration de 72 Juifs). Il est condamné à 10 ans de prison. Il meurt le 17 février 2007.
Puis Daeninckx évoque un autre fait terrible :
La répression suite à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961
Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris Le préfet de police de Paris, Maurice Papon, qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens pour dénoncer le couvre-feu imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d’être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h.…). Cette manifestation rassemble environ 30.000 personnes. Le préfet de police de Paris, Maurice Papon (encore lui !), qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens.
Enfin Daeninckx évoque aussi d’autres faits d’actualité des années 1980 comme les « situationnistes » Le situationnisme désigne un mouvement contestataire philosophique, esthétique et politique incarné par l'Internationale situationniste, "plate-forme collective", fondée par huit artistes en 1957.
Enfin, il décrit la vie dans un commissariat, l’actualité quotidienne comme la grève des fossoyeurs…
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Marti94Marti9421 février 2016
La voie était libre ; ils purent distinguer, au loin, l’Arc de Triomphe illuminé à l’occasion de la visite officielle du Shah d’Iran et de Farah Dibah. Comme à leur habitude, les femmes prirent la tête. On voyait même des landaus entourés d’enfants. Qui pouvait se douter que trois cents mètres plus bas. Masqués par la nuit, les attendait une escouade de Gendarmes Mobiles épaulée par une centaine de Harkis. À cinquante mètres, sans sommations, les mitraillettes lâchèrent leur pluie de balles. Omar, un jeune garçon de quinze ans, tomba le premier. La fusillade se poursuivit trois quarts d’heure.
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sevm57sevm5706 septembre 2015
Si les pavillons trouvaient preneurs, les premiers skyscrapers français ne rencontraient pas le succès auprès du public qu'en attendaient leurs promoteurs. Des étages demeuraient vides malgré la modicité des loyers. Il fallut se rendre à l'évidence, les lapins n'étaient pas mûrs pour leurs cages !
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bdelhaussebdelhausse01 mai 2015
On tente d'assimiler les couches sociales les plus durement touchées par la crise, à des groupes présentant des dangers pour le reste de la société. Un véritable tour de passe-passe ! Les victimes sont transformées en épouvantails. Et ça marche ! La grand-mère la mieux attentionnée serre son sac à main sur son ventre dès qu'elle croise un garçon aux cheveux trop bouclés !. Rien que cette peur permet de légitimer, par avance, les mesures prises à l'encontre de ces gens. (p.127)
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