> Philippe Bouquet (Traducteur)

ISBN : 2742751491
Éditeur : Actes Sud (2004)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
1946. Un journaliste erre dans les ruines des villes allemandes anéanties par les bombardements. Il se nomme Stig Dagerman, il est là pour les besoins d'un reportage mais il est avant tout écrivain. Quelques semaines durant, il va observer, questionner, descendre dans l... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par lonesloane, le 15 août 2011

    lonesloane
    Automne 1946, quelque part dans les ruines d'un reich qui devait durer mille ans. L'auteur, essayiste et reporter suédois, poursuit des investigations journalistiques dans un pays ravagé par les bombes, dans un pays aux centaines de milliers de disparus, dans un pays ou la misère et la faim se lisent sur les visages laiteux et les corps faméliques d'une population plaine de rancoeur et de tristesse.
    Des familles vivent dans les caves d'immeubles éventrés, les chevilles plongées dans une eau stagnante. Les enfants sont malades, les vieillards agonisent, on suit avec effroi la lute résignée d'une population en quête de survie. La vie ne tient plus qu'à un fil pour de nombreuses personnes, entre marché noir, vol et rapine (pour les plus forts d'entre eux), les tribunaux de dénazification ne font qu'exacerber une sorte de désillusion qui s'insinue dans l'esprit des gens. Beaucoup de dignitaires de l'ancien régime sont passés entre les mailles du filet, alors qu'on cherche avec acharnement à prouver un passé nazi au citoyen lambda.
    Il y a aussi ce fossé qui se creuse entre les populations urbaines et rurales, les uns considèrent que les autres les ruinent en vendant à prix d'or le produit de leurs récoltes, tandis qu'à l'inverse, les ruraux accusent les citadins de tout prendre sans rien produire. C'est un monde de chaos dans lequel l'Allemagne s'est enfoncé en l'espace d'un an. Ou comment passer du statut de Grand Reich à celui de "sous-nation" divisée et occupée.
    C'est un témoignage bouleversant que nous propose Stig Dagerman, sans prendre parti, il présente une société ravagée physiquement et moralement, une société gangrénée par la suspicion et la haine, dans laquelle règne la loi du plus fort... Mais plus encore qu'un "simple" état des lieux dans les ruines d'un passé fasciste, l'auteur invite le lecteur à se plonger dans une réflexion autour de la notion de "punition" de tout un peuple, ou comment ressentir une sorte d'indulgence à l'égard de personnes qui ont commis avec méthode des actes plus qu'odieux.
    Une lecture dérangeante et difficile, mais qui a selon moi la vertu de proposer au lecteur un éclairage différent sur une des pire période de l'histoire de l'humanité.


    Lien : http://testivore.com/automne-allemand/
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Bunee, le 30 mai 2008

    Bunee
    La préface du traducteur donne vite un aperçu de qui était l'auteur:
    Ce voyage au bout de l'angoisse a été écrit par un jeune homme de vingt trois ans, un journaliste et écrivain suédois dont toute la production littéraire fut concentrée en l'espace de cinq ans, un Rimbaud du Nord (mis à part le fait qu'il n'écrivit guère qu'en prose) qui choisit lui aussi de se taire, avant de disparaître de sa propre main à l'âge de trente et un ans.
    Pour découvrir plus avant ce Jérôme Bosch littéraire, auteur d'œuvres majeures comme L'île des condamnés ou encore comme Le serpent, dont les nuances passent du répertoire de Kafka à celui de Cioran, vous pouvez vous attarder sur ces quelques pages :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Stig_Dagerman
    http://cabanel.jennifer.free.fr/reserve_2/stig_dagerman.doc
    (Pour ceux qui liraient le suédois : http://www.dagerman.se/ ).
    En 1946, tandis que l'Allemagne est un immense champ de cendres encore fumantes, Stig Dagerman se rend sur les ruines du pays afin d'élaborer plusieurs reportages, dont la compilation sera effectuée dans cette œuvre (...)
    http://lelabo.blogspot.com/2006/08/stig-dagerman-automne-allemand.html
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 26 octobre 2009

    ay_guadalquivir
    Le parcours d'un Suédois dans l'Allemagne dévastée. le regard qui s'habitue aux amas de pierres, mais qui scrute surtout la réalité de la vie humaine dans ce chaos absolu. Culpabilité collective ? Punition massive ? le chemin est étroit pour comprendre comment chacun s'anime dans cette vie à reprendre, dans quelle humanité chacun pourra se reconstruire.
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    • Livres 4.00/5
    Par clamy, le 29 mars 2012

    clamy
    Il est rare que l'on écrive sur l'immédiat après guerre ; on a écrit beaucoup sur la guerre elle-même autant sur la guerre en France qu'en Allemagne, mais dans ce roman qui en fait est plus un reportage qu'un roman, la guerre est terminée et l'auteur explore un champ de ruines dans les différentes villes allemandes bombardées. En interrogeant les habitants qui restent et qui se terrent comme des rats, Stig Dagerman essaie de se fondre parmi la masse, essaie de nous faire pénétrer cette ambiance glauque, essaie de provoquer l'empathie chez le lecteur pour mieux appréhender le quotidien vécu par les populations survivantes. On ne ressort pas indifférent de ce texte, mais contrairement à certains écrits, on ne trouve pas de description de l'horreur, on trouve à la fois un accablement, une tristesse profonde, et en même temps un immense espoir de jours meilleurs. Un texte fort, incisif.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lunoelle, le 22 novembre 2009

    Lunoelle
    Très beau projet! il fallait le faire de partir en Allemagne après la fin de la guerre pour partager la détresse de ces gens!
    ça nous donne à point de vue qu'on peut rarement trouver, à nous, orgueilleux français.
    Un peu d'objectivité ne fait de mal à personne.
    Mais bien que le sujet soit exeptionnel, il est dur de lire Dagerman je trouve. Beaucoup de ces pensées viennent interrompre le fil du reportage, et parfois certains passages sont trop longs...on perd le fil!
    Accrochez vous donc, ou lisez simplement quelques pages, mais ce livre vaut la peine de s'y pencher!
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Citations et extraits

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  • Par lonesloane, le 15 août 2011

    Berlin, le 13 février 1945, pendant un bombardement. Cette date figure en tête d"un chapitre de roman publié dans une revue allemande. L'auteur raconte la dernière après-midi d'un receveur de tramway. Cet homme rentre chez lui et trouve sa maison vide à une heure anormale. Sa fille souffre d'épilepsie et il envisage le pire. Et tandis qu'une attaque générale américaine se déchaîne sur Berlin, Max Eckert, receveur de tramway, se lance dans une épouvantable odyssée qui se termine dans la station de métro où, selon toute certitude, les membres de sa famille ont été brûlés vifs, en compagnie de milliers d'autres personnes, et ne peuvent être identifiés. Dans un accès de fureur, il attaque un agent de police qui le salue d'un "Heil Hitler" et il est abattu.
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  • Par Hebephrenie, le 29 juillet 2010

    Quelle distance y-a-t-il entre la littérature et la souffrance? Est-elle fonction de la nature de la souffrance, de son intensité ou de l'espace qui les sépare? L'œuvre littéraire est-elle plus proche de la souffrance que cause le reflet du feu ou de celle qui naît du feu lui-même? Des exemples proches, aussi bien dans l'espace que dans le temps, montrent qu'il existe des rapports pratiquement directs entre la littérature et la souffrance éloignée, fermée, et il est peut-être possible d'affirmer que le fait de souffrir avec les autres est une forme de littérature qui cherche ardemment ses mots. La souffrance immédiate, ouverte, se distingue de la souffrance lointaine en particulier par le fait qu'elle ne cherche pas ses mots en tout cas pas au moment où elle est ressentie. En comparaison de la souffrance fermée, la souffrance ouverte est timide, renfermée et avare de ses paroles.
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  • Par Margotte, le 25 mars 2011

    L'Allemagne tout entière pleure ou rit devant le spectacle de la dénazification, cette comédie dans laquelle les Spruchkammen jouent pitoyablement le rôle ambigu de l'ami de la famille, ces tribunaux dont les procureurs présentent leurs excuses à l'accusé avant que la sentence ne soit rendue, ces énormes moulins à papier qui offrent fréquemment, dans cette Allemagne qui manque de papier, le spectacle d'un accusé qui présente une vingtaine de certificats attestant une conduite irréprochable et qui consacrent un temps considérable à des milliers de cas absurdes et sans importance tandis que les cas véritablement graves semblent disparaître par quelque trappe secrète.
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  • Par mustango, le 18 octobre 2010

    A l'entendre parler ainsi, on a l'impression que les Allemands ont occupé la Norvège pour pouvoir faire des sports d'hiver.
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Vidéo de Stig Dagerman

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier - Texte ecrit par Stig Dagerman chanté par les Têtes Raides dans leur Album Banco.











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